1 Histoire naturelle du cancer








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date de publication11.09.2017
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UE 4-Urologie-Nephrologie

Pr J Verine

17 /12/2013 13h30-15h30

Ronéotypeur : Olivier COLLIN

Ronéolecteur : Théo FERREIRA

Cours 22

Cancers du rein, des voies urinaires, de la prostate (lésions élémentaires)

I Rappel

1 ) Histoire naturelle du cancer

2 ) Dysplasie.

3 ) Carcinome in situ.

4 ) Caractéristiques histologiques des tumeurs

A - Morphologie de la cellule cancéreuse.

B - Place de l'anatomopathologiste en cancérologie

C - Nomenclature des tumeurs

D - Degré de différenciation des tumeurs.

E - Grade histopronostic.

F - Stade d’extension TNM.

G - Compte rendu histologique, contenu.
II Les tumeurs du rein.

1 ) Rappels anatomiques

2 ) Généralités.

3 ) Tumeurs d'origine conjonctive: Angiomyolipome

4 ) Tumeurs à cellule rénales

A - Oncocytome

B - carcinome rénal à cellules claires

1 - Généralités

2 - Aspect macroscopique

3 - Aspect histologique

C - carcinome papillaire rénal

1 - Généralités

2 - Aspect macroscopique

3 - Aspect microscopique

D - carcinome à cellules chromophobes

1 - Généralités

2 - Aspect macroscopique

3 - Aspect microscopique

E - carcinome des tubes collecteurs (anciennement de bellini)

1 - Généralités

2 - Aspect macroscopique

3 - Aspect microscopique

5 ) Grade nucléaire de Fürhman et TNM

6 ) Maladie de Von Hippel Lindau

7 ) Syndrome de Birt-Hogg-Dubé
III Tumeurs de la vessie et des voies excrétrices urinaires.

1 ) Rappels anatomiques

2 ) Généralité

3 ) grades histopronostique

4 ) TNM

5 ) Types histologiques des tumeurs de vessie.

6 ) Cytologie urinaire
IV Les lésions de la prostate.

1 ) Rappels anatomiques et histologiques

2 ) Hypertrophie bénigne de la prostate.

3 ) Cancer de la prostate.

4 ) Score de Gleason.

A - Grade histopronostic de Gleason

B - Score de Gleason

5 ) Stade pTNM.
V Pathologie testiculaire.

1 ) Rappels anatomiques et histologiques.

2 ) Torsion testiculaire.

3 ) Tumeur du testicule.

A - Généralités.

B - Tumeurs du testicule.

C - Néoplasie germinale intra tubulaire.

D - Tumeurs germinales du testicule

1 - Séminomes (35%)

2 - Tumeurs non-séminomateuses

E - TNM

F - Tumeurs des cordons sexuels.

1 - Tumeur à cellules de Leydig

2 - Tumeur à cellules de Sertoli

Je commence la ronéo en vous mettant la dernière diapo qui reprend les points importants du cours à connaitre, comme ça vous saurez où aller pêcher dans la ronéo ce qu'il faut retenir. Ce qui n'est pas là n'est pas à retenir, c'est pour notre culture.

- Comprendre les termes : Dysplasie, CIS, carcinome infiltrant.

- Connaître les caractéristiques histologiques des cellules cancéreuses.

- Nomenclature des tumeurs.

- Comprendre les principes :

- Degré de différenciation.

- Grade histopronostique.

- TNM.

- Carcinome rénal à cellules claires et grade de Führman.

- Adénocarcinome prostatique infiltrant et score de Gleason.

- Tumeurs urothéliales de la vessie

- Tumeurs germinales du testicule

- Adénomyofibrome prostatique

I Rappel

1 ) Histoire naturelle du cancer

Une tumeur (synonyme de néoplasme ou néoplasie) désigne une prolifération cellulaire excessive aboutissant à une masse tissulaire ressemblant plus ou moins au tissu normal d'origine (notion de différentiation), ayant tendance à persister et à croître, témoignant de son autonomie biologique.

Tumeur ≠ cancer; une tumeur peut être bénigne ou maligne. On parle de cancer uniquement pour les tumeurs malignes.

L'histoire naturelle du cancer peut être divisée schématiquement en plusieurs étapes. La transformation cancéreuse d'une cellule, puis son expansion clonale jusqu'à la formation d'une masse tumorale qui devient cliniquement détectable. Cette tumeur va infiltrer et aboutir à une invasion loco-régional (invasion vasculaire et tissus avoisinant). Les cellules cancéreuses vont éventuellement disséminer à distance du foyer tumoral initial et former des foyers tumoraux secondaires: les métastases. Certains cancers, même très infiltrant, ne donnent jamais de métastases (ex: carcinome baso-cellulaire)

2 ) Dysplasie.

La dysplasie est une lésion précancéreuse. Elle correspond à des troubles acquis de l'homéostasie cellulaire résultant de l'accumulation d'anomalies génétiques qui altèrent le contrôle de la prolifération et la maturation cellulaire. La dysplasie n'est décrite que dans les épithéliums (col utérin, tube digestif, voies aériennes glandes mammaires, voies urinaires..), et constitue la première étape de la carcinogenèse. Les étapes du développement du carcinome avant la phase d'invasion correspondent aux étapes strictement intra-épithéliales. L'épithélium normal va progressivement se transformer, dysplasie de bas grade puis dysplasie de haut grade.

Les lésions dysplasiques sont des lésions précancéreuses car elles peuvent se transformer en lésions cancéreuses par accumulation d'autres anomalies génétiques. La phase initiale du cancer correspond au carcinome in situ (pas de franchissement de la membrane basale). La transformation en cancer est inconstante et le délai est très variable.

Les lésions dysplasiques peuvent être associées à:

- Inflammation chronique (gastrique à hélicobacter, Endobrachyoesophage par reflux, Maladie inflammatoire chronique : Crohn).

- Infection virale (HPV: condylomes à papillomavirus du col utérin)

- Tumeurs bénignes (adénomes du colon).

3 ) Carcinome in situ.

Le CIS correspond à une Lésion cancéreuse strictement intra épithéliale. La prolifération de cellules épithéliales cancéreuses ne franchit pas la membrane basale et n'envahit pas le tissu conjonctif (pas de métastase possible). Le CIS est dit "non invasif". La distinction entre CIS et dysplasie de haut grade est difficile à établir, mais importe peu puisque l'attitude thérapeutique sera identique.

4 ) Caractéristiques histologiques des tumeurs

A - Morphologie de la cellule cancéreuse.

Caractères nucléaires 

- Noyau taille augmentée.

- Anisocaryose.

- Forme anormale, encochée, bourgeonnant, polylobée, etc.

- chromatine abondante (polyploïdie) de répartition irrégulière, condensée, en motte.

- Nucléoles volumineux

- Augmentation du nombre de mitose (index mitotique élevé). Peuvent être irrégulière, cad tripolaire, quadripolaire.

● Caractères cytoplasmiques 

- Rapport nucléoplasmique toujours augmenté (taille noyau / cytoplasme)

- Cytoplasme + /- abondant

- +/-Différenciation +/- vacuole +/-

● - Absence de spécificité et de constance 

Une cellule d’aspect cancéreuse peut être non cancéreuse (dystrophie post radiothérapie, virose), et inversement (ex: liposarcome lipoma-like).

B - Place de l'anatomopathologiste en cancérologie

Le diagnostic de cancer est un diagnostic anatomopathologique. le pathologiste dispose de différents outils pour établir le diagnostic:

- Cytologie de dépistage : Diagnostic +/- pronostic.

- Biopsies +/- guidées : Diagnostic +/- pronostic.

- Pièce opératoire : Diagnostic, pronostic, traitement.

Examen extemporané: rapidité, sur coupe conglées, pour guider le geste opératoire

Examen macroscopique: état frais et après délai de fixation

Examen histologique: HES, colorations spéciales

- Autres techniques : diagnostic, marqueur pronostiques, recherche : immunohistochimie, biologie moléculaire, banque de tissu frais.

C - Nomenclature des tumeurs (cf cours 1, UE 2)

- Suffixe « ome » : tumeur bénigne ou maligne.

- Préfixe « adéno » : epithéliale glandulaire.

- Préfixe « carcin » : Epithélial malin.

- Préfixe « sarc » : Conjonctif malin.

- Adénome : tumeur épithéliale glandulaire bénigne.

- Carcinome : tumeur épithéliale maligne.

- Adénocarcinome : Tumeur épithéliale glandulaire maligne.

- Sarcome : Tumeur conjonctive maligne.

En urologie, on s'intéressera essentiellement aux tumeurs d'origine épithéliale et embryonnaire (testicule)

D - Degré de différenciation des tumeurs.

Plus une tumeur est différenciée, plus son aspect morphologique est proche du tissus normal, et plus son pronostic est favorable. Mais cette notion n'est vrai que pour des tumeurs d'un même type histologique. Elle n'est pas nécessairement vrai pour des tumeurs d'origines différentes. exemple: un adénocarcinome du pancréas bien différentié est de moins bon pronostic qu'un adénocarcinome moyennement différentié de la prostate.

E - Grade histopronostique.

Le grade histopronostique d'un cancer se propose d'établir une certaine estimation de son agressivité, ou degré de malignité. Le grade varie selon l’organe, basé sur plusieurs critères:

- Différenciation

- Atypie cytonucléaire

- Nombre de mitoses.

- Nécrose tumorale.

Exemple :

- Grade de Scarff, Bloom et Richardson (sein): Différentiation, atypies nucléaires, mitoses.

- Score de Gleason (prostate): Différentiation, architecture.

- Score de Führman (rein): Caractéristiques nucléaires.

F - Stade d’extension TNM.

Le stade TNM est un système international de classement des cancers selon leur extension anatomique qui permet d’harmoniser les traitements entre les patients de mêmes stades. c'est un élément pronostic majeur qui évalue l'extension locale de la tumeur.

Différentes classification TNM :

- pTNM : Classification Anapath.

- cTNM : Classification clinique.

- rTNM : Classification radiologique.
Cette classification dépend du site anatomique et évolue en permanence.



G - Compte rendu histologique, contenu.

Le compte rendu histologique doit contenir le type histologique de la tumeur, le degré de différentiation, c'est à dire sa ressemblance au tissus normal (glandulaire: vacuoles de mucus, malpighienne: kératine..), son grade histopronostique (score histologique différent selon l'organe, corrélé au pronostic), et le stade TNM (variable selon l'organe considéré).

NB: exemples de lésions élémentaires

- Engaînement périnerveux: glandes tumorales qui s'enroulent autour d'un filet nerveux. mode d'extension de certains cancer (Prostate) et élément de mauvais pronostic.

- Emboles lymphatiques: présence de cellules tumorales dans la lumière du vaisseau lymphatique. Élément de mauvais pronostic par extension ganglionnaire

- invasion vasculaire: infiltration de la paroi des vaisseaux sanguins par les cellules tumorale

- métastase ganglionnaire

II Les tumeurs du rein.

1 ) Rappels anatomiques



2 ) Généralités.

Le cancer du rein représente 2-3% du cancer de l'adulte. C'est le troisième cancer urologique après le cancer de la prostate et les tumeurs de la vessie. L'âge moyen de découverte est de 60 ans et touche plus souvent l'homme que la femme (sex ratio 2/1). Les facteurs favorisant l'apparition de cancer du rein sont le tabac, l'obésité, la maladie kystique acquise du dialysé développé par les insuffisants rénaux chroniques sous dialyse (surtout tumeurs papillaires), des facteurs héréditaires (Maladie de von Hippel-Lindau), la polykystose rénale (héréditaire).

Les Principales tumeurs du rein sont:

  • Tumeurs à cellules rénales (90%)  développées à partir des cellules tubulaires:

- Bénignes :

- Oncocytome.

- Adénome papillaire.

- Malignes :

- Carcinome à cellule claire. (75%)

- Carcinome papillaire. (10-15%)

- Carcinome à cellule chromophobes. (5-10%)

- Carcinome des tubes collecteurs (de Bellini) (1%)

  • Tumeurs conjonctives

Angiomyolipome (bénigne)



  • Tumeurs embryonnaires

Nephroblastome

3 ) Tumeurs d'origine conjonctive: Angiomyolipome

L'angiomyolipome est une tumeur conjonctive bénigne du rein. Elle représente 3% des tumeurs rénales. Tout est dans la terminologie. Elle associe classiquement 3 contingents tissulaires. Des vaisseaux sanguins mal formés ("Angio"), du tissu musculaire lisse ("myo") et du tissu adipeux ("lip"). Au dessus d'une certaines tailles (3-4cm) le risque hémorragique est important donc on enlève la tumeur. La proportion de chaque contingent tissulaire est variable. La présence de graisse est importante en imagerie (scanner) car elle permet de faire un diagnostic radiologique (plus difficile si le contingent musculaire est prédominent -> biopsie).

4 ) Tumeurs à cellule rénales

A - Oncocytome

L'oncocytome est une tumeur bénigne qui représente 5 à 7% des tumeurs rénales. Elles sont formées à partir des cellules oncocytaires, qui sont des cellules à cytoplasme abondant, très éosinophiles car très riches en mitochodries. Sur le plan macroscopique, c'est une tumeur ronde, solide homogène, de couleur brun acajou, présentant fréquemment une cicatrice centrale (imagerie +++).

B - carcinome rénal à cellules claires

1 - Généralités

C'est le cancer du rein à connaitre. Il représente 70-75% des cancers du rein et se développe à partir des tubes contournés proximaux. Il peut être unique ou multifocal, voire bilatéral. Lorsqu'il est multifocal ou bilatéral, il est plus fréquemment rencontré dans la forme héréditaire (Maladie de Von Hippel-Lindau). Il est associé à une altération entrainant une inactivation du gène suppresseur de tumeur VHL. Dans les formes sporadiques d'apparition du carcinome à cellule claires, il peut y avoir une mutation du gène VHL (40-50%), une délétion du locus du gène en 3p25.1 quasi systématique (>95% des cas) ou méthylation du promoteur (20%).

2 - Aspect macroscopique

Les tumeurs sont uni ou multilobées, très hétérogènes, et sont de couleur jaune safran car très chargées en lipide. Elles s'entendent fréquemment dans la veine rénale pour former un "thrombus" tumoral. Le bourgeon tumoral est alors dans la lumière vasculaire, mais non adhérent à la paroi de la veine.

3 - Aspect histologique

Sur le plan cytologique, on observe des cellules claires à cytoplasme optiquement vide (lipides dissous par le toluène) ou plus éosinophile (+ haut grade). Le stroma tumoral est richement vascularisé de type endocrine avec une angiogenèse intense (TTT angiogénique).

C - carcinome papillaire rénal

1 - Généralités

Le carcinome papillaire représente 10-15% des cancers du rein et se retrouve plus fréquemment chez l'insuffisant rénal chronique. La tumeur présente des papilles: structure plus ou moins fine centrée par un axe conjonctivo-vasculaire bordé par un revêtement épithélial. c'est un cancer volontier multifocal et/ou bilatéral.

2 - Aspect macroscopique

Sur le plan macroscopique, c'est une tumeur bien délimitée, de couleur variable beige-blanchâtre jaunâtre ou volontier chocolat parce que très nécrosée.

3 - Aspect microscopique

On distingue 2 types histologiques:

- type 1: Cellules basophiles, grade de Fürhman variable de 1 à 4, présentant des anomalies chromosomiques de nombre (trisomie 7, 17, perte du Y chez l'homme). C’est ce type qui apparait chez l'insuffisant rénal

- type 2: identifié récemment, cellules éosinophiles, toujours de haut grade (Führman 3 ou 4), remaniements chromosomiques complexes, de pronostic moins favorable (circonstances de découverte souvent déjà métastatique).

D - carcinome à cellules chromophobes

1 - Généralités

Tumeur qui se colore très mal en HES, elle représentent 5% des cancers du reins et les cellules d'origine sont les cellules intercalaires de type B du tube collecteur. C'est une tumeur de bon pronostic.

2 - Aspect macroscopique

Tumeur bien délimitée, compacte, homogène, de couleur beige-rosée (plus claire que le parenchyme rénal de voisinage, présentant (rarement) des remaniements nécrotique (tumeurs évoluées).



3 - Aspect microscopique

Cellules tumorales de grande taille, à cytoplasme clair, ne prenant pas les colorants (=chromophobe), non optiquement vide. La membrane cytoplasmique est bien visible (aspects "en cadre").elles présentent un noyau chiffonné, à contour très irrégulier et halo clair périnucléaire.

E - carcinome des tubes collecteurs (anciennement de bellini)

1 - Généralités

Ils représentent moins de 1% des cancers du rein, mais c'est un cancer de très mauvais pronostic. C’est le carcinome le plus agressif. 1/3 des carcinomes du TC sont métastatiques au moment du diagnostic.

2 - Aspect macroscopique

Volontier multinodulaire à localisation médulaire ou à la jonction cortico-médulaire. Les nodules sont mal limités de couleur blanc-grisâtre

3 - Aspect microscopique

L'architecture est très irrégulière, avec un stroma tumoral très abondant, fibreux et inflamatoire(PNN). Le grade de Führman est toujours élevé (3 ou 4).

5 ) Grade nucléaire de Führman et TNM

On s'intéresse dans ce grade au noyau et de façon plus spécifique aux nucléoles.



NB: le tableau n'est pas à retenir. Seulement savoir que c'est un grade basé sur la morphologie nucléaire.

  • Le TNM dépend de la taille de la tumeur. Les détails ne sont pas à connaitre.

6 ) Maladie de Von Hippel Lindau

C'est une maladie héréditaire à transmission autosomique dominante de fréquence 1/40 000. Elle est liée à une mutation germinale du gène VHL (3p25-26) avec plus de 200 mutations décrites. Il y a mutation ponctuelle dans 70% des cas, et délétion partielle ou totale du locus dans 30% des cas. la maladie se révèle par l'apparition de tumeurs, bénignes ou malignes.

  • Manifestation cliniques majeures :

- Hémangioblastome. (rétine et SNC).

-Atteinte rénale: kyste rénaux, carcinome à cellules claires

- Pancréas: kystes séreux multiples, tumeur neuroendocrine

- Phéochromcytome (tumeur bénigne ou maligne de la medullosurrénale).

- Tumeur du sac endolymphatique (oreille interne).

- Cystadénome papillaire de l'épididyme (bénigne)

Pour établir le diagnostic de Maladie de von Hippel-Lindau, il faut 2 lésions majeures dont un hémangioblastome ou 1 lésion majeure +ATCD familiaux

Sur le plan moléculaire, le gène VHL intervient sur les protéines HIF (Hypoxia Inducible Factor). la sous-unité HIFβ est synthétisée de façon constitutive et la régulation se fait sur HIFα. En présence d'oxygène (normoxie), la sous-unité HIFα est hydroxylée par la prolyl-hydroxylase. HIFα-OH est alors ubiquitinylée par VHL permettant sa dégradation par le protéasome. En situation d'hypoxie, la prolyl hydroxylase est inactive, VHL ne peut pas ubiquitinyler HIFα, augmentant sa stabilité. HIFα est alors transloqué dans le noyau et va se fixer sur l’élément HRE (Hypoxia Response Element) pour activer les gènes cibles favorisant l’angiogenèse (VEGF, érythropoïétine, etc...). La situation sera la même si il y a mutation de VHL induisant une stabilité de HIF.





7 ) Syndrome de Birt-Hogg-Dubé

Le syndrome de Birt-Hogg-Dubé est une maladie autosomique dominante dont la prévalence est estimée à 1/200 000. Elle est liée à une mutation du gène de la folliculine (17p11.2).

Il associe:

- Des lésions cutanées: fibrofolliculomes (prolifération circonscrite de collagene et de fibroblastes autour des follicules pileux distordus), trichodiscome et des acrochordons.

- Des tumeurs rénales: oncocytomes, tumeurs hybrides oncocytaires, carcinomes à cellules chromophobes, plus rarement carcinomes à cellules claires.

- Des kystes pulmonaires: dilatation kystique des espaces alvéolaires allant d'une taille microscopique à quelques millimètres de diamètre. la rupture des kystes mène au pneumothorax.

III Tumeurs de la vessie et des voies excrétrices urinaires.

1 ) Rappels anatomiques

La vessie est un muscle composé d'une musculeuse épaisse et d'une muqueuse fine. L’urothélium est un épithélium paramalpighien ou transitionnel. Au niveau de la vessie, l'urothélium qui borde sa face interne est un epithélium pseudo-stratifié.

2 ) Généralité

90-95% des tumeurs urothéliales sont des tumeurs de vessie. Elles représentent 3-4% des cancers de l'adulte et se développent à partir du revêtement urothélial normal (paramalpighien ou transitionnel) de la vessie. Elles prédominent chez les hommes (sex ratio 3-5 hommes / 1 femme). Les facteurs favorisant l'apparition sont le tabac (30-40% des cancers de la vessie), les carcinogènes industriels (amines aromatiques et dérivés), le cannabis (chez le sujet jeune). La découverte d'un cancer de la vessie se révèle dans 70% des cas sur un mode superficiel, dans 25% des cas sur un mode infiltrant et 5% sur un mode métastatique. Le cancer de la vessie est une maladie de l'urothélium (par opposition au cancer qui se propage à partir d'une seule cellule) et donc les lésions récidivent très fréquemment.

NB important: la notion d'infiltration des tumeurs urothéliales différent entre l'anatomo-pathologiste et l'urologue. Pour le pathologiste, une tumeur urothéliale non infiltrante signifie qu'il n'y a pas de franchissement de la membrane basale (ex: lésions papillaires, CIS). Pour l'urologue, une tumeur superficielle est une tumeur non infiltrante ou infiltrant le chorion vésical mais sans infiltration du muscle détrusor. Cette notion est importante pour la prise en charge thérapeutique et chirurgicale (superficielle = pas de cystectomie, sinon cystectomie)

3 ) grades histopronostique

Les différents grades concernent les tumeurs non infiltrantes. Ils ne sont pas à connaitre mais je vous mets la diapo quand même



4 ) TNM

Le TNM repose uniquement sur le degré d'infiltration de la tumeur et non sur la taille de la lésion. Les détails ne sont pas à connaitre.



5 ) Types histologiques des tumeurs de vessie.

  • Tumeurs et carcinomes urothéliaux (>90% des cas). ils se développent à partir du revêtement urothélial normal (paramalpighien ou transitionnel) de la vessie.



  • Carcinome épidermoide: 1 à 2%des cancers de la vessie dans les pays développés (type majoritaire en Égypte). Il se développe sur des lésions pré existantes de métaplasie épidermoide (Bilharziose vésicale +++, tabac)



  • Adénocarcinome primitif de la vessie (<2%) : On distingue les adénocarcinomes de l'ouraque qui se développent sur les reliquats de l’ouraque (dôme vésical) et les adénocarcinomes non ouraquiens (plus fréquent) qui se développent à partir de métaplasie glandulaires.



  • Carcinome neuro-endocrine à petites cellules (>1%)

6 ) Cytologie urinaire

- Urines fraichement émises.

- Analyse des cellules urothéliales desquamées.

- Examen simple, peu sensible (nombreux faux négatif) mais très spécifique (très peu de faux positifs)

- n'a de valeur que si elle est positive (= cellules tumorales)

- intérêt dans le diagnostic initial et surtout dans suivi des patients (car récidives +++)

On retrouve dans les cellules tumorales:

- hyperchromatisme nucléaire

- anisocaryose

- noyaux de contour irréguliers

- rapport nucléo-cytoplasmique élevé.

- monstruosité nucléaires

- +/- mitoses

IV Les lésions de la prostate.

1 ) Rappels anatomiques et histologiques

La prostate est une glande de la taille et de la forme d'une châtaigne (20g) qui entoure le col de la vessie et l'urètre prostatique, et traversée par les canaux éjaculateurs. il y a une segmentation anatomique en 3 zones, la zone transitionnel, la zone centrale autour des canaux éjaculateur et la zone périphérique. Les différentes glandes (50 environ) sont regroupées et constitue des lobes.

Sur le plan histologique, la prostate est constituée d'un tissu épithéliale glandulaire, avec des glandes festonnées, contournées, disposées dans un tissu conjonctif fibro-musculaire lisse.

Les glandes prostatiques contiennent 2 assises de cellules: 1 assise de cellules glandulaires (luminale, sécrétrice = PSA, PAP), et une assise de cellules basales.

2 ) Hypertrophie bénigne de la prostate.

Sur le plan histologique c'est un adénomyofibrome, donc une hyperplasie constituée de glandes, de muscles et de tissu fibreux en proportion variable. Cette lésion apparait dans la zone transitionnelle, autour de l'urètre.

NB: pour les ECN, il est à retenir que c'est une tumeur bénigne, mais en réalité c'est une lésion dystrophique pas si bénigne que ça.

3 ) Cancer de la prostate.

C'est la première cause de cancer de l’homme > 50 ans et la deuxième cause de décès de cancer en France après le cancer du poumon. Les facteurs de risque sont l'âge, l'origine afro-antillaise et les ATCD familiaux. Il se situe préférentiellement dans la zone périphérique (70%), à 20% dans la zone centrale, et 10% dans la zone de transition.

Sur le plan macroscopique, il est souvent non visible, mais peut apparaitre jaunâtre ou grisâtre et il est inclus dans la prostate.

Sur le plan morphologique, c'est un adénocarcinome (90%) avec des glandes dont les noyaux présentent des nucléoles proéminents et il ne présente pas d'assise basal (très infiltrant). Plus rarement, on trouve un carcinome neuroendocrine (10%) qui, lorsqu'il est présent, est généralement associé à l'adénocarcinome. Lorsqu'il y a un carcinome neuroendocrine seul, il n'y a pas de sécrétion de PSA augmentée.

4 ) Score de Gleason.

A - Grade histopronostic de Gleason

Grade histopronostique du cancer de la prostate qui évalue le degré de différentiation (+++) du cancer et repose sur l'architecture tumorale. Il est composé de 5 grades, de 1 à 5, du plus différentié au moins différentié, et donc du meilleur pronostic au moins bon. Rq: Le grade 1 correspond à des lésions glandulaires bénignes avec un aspect pseudo tumoral. Ce grade n'existe plus aujourd'hui. Donc grade de Gleason de 2 à 5



B - Score de Gleason

On associe les deux grades de gleason les plus importants dans un score. ce score varie donc de 4 à 10. Il est dépendant du type de prélèvement que l'on analyse. On ne raisonne pas de la même façon si on regarde une biopsie ou une prostatectomie radicale. Pour une biopsie, on ajoute le grade du contingent le plus représenté au grade du contingent le plus agressif. Pour une RTUP (résection trans-urétrale de la prostate) ou prostatectomie radicale, on ajoute les deux contingents tumoraux les plus représentés +/- troisième grade si présence d'un grade plus agressif (grade 5)

Exemple : adénocarcinome prostatique infiltrant constitué de :

- Un contingent de grade 3 (60%)

- Un contingent de grade 4 (35%)

- Un contingent de grade 5 (5%)
Diagnostiqué sur des biopsies prostatiques: Score 8 (3 + 5)

Diagnostiqué sur une prostatectomie: Score 7 (3+4) + Grade 5 (5%)

5 ) Stade pTNM.

Le prof a sauté cette partie donc pour vous:

Repose sur l’étendu de l’infiltration.

- T1 : Cancer limité à un lobe.

- T2 : Deux lobes.

- T3 : Cancer s’étend en dehors de la prostate.

- T4 : Atteinte des organes adjacents, ex : vessie.

V Pathologie testiculaire.

1 ) Rappels anatomiques et histologiques.

Les testicules sont des glandes situées dans le scrotum. Le testicule enveloppé dans un diverticule du péritoine appelé vaginale. Le parenchyme testiculaire est divisé en lobules spermatiques dans lesquels on trouve des canaux: 3-4 tubes séminifères qui se relient dans la rete testis pour former l'épididyme.

Histologiquement, les tubes séminifères se composent de 2 types cellulaires, les cellules de sertoli (cellules de soutien) et les cellules germinales. Entre ces tubes séminifères, on retrouve un interstitium formé de cellules de Leydig qui constituent la partie endocrine des testicules responsables de la fabrication de la testostérone.

2 ) Torsion testiculaire.

C'est une urgence. Il y a risque de nécrose hémorragique du testicule par torsion du cordon spermatique. La torsion empêche l'apport de sang artériel mais également le retour veineux.

3 ) Tumeur du testicule.

A - Généralités.

Il représente 1% cancer chez l’homme (Tout âge confondu) mais c'est le cancer le plus fréquent chez le jeune adulte (30% des cancers entre 25-30 ans).

Facteurs favorisants :

- Atrophie testiculaire : Dysgénésie gonadique (Klinefelter etc) Post traumatique, infectieuse etc.

- Cryptorchidie et ectopie testiculaire.

B - Tumeurs du testicule.

  • Tumeurs germinales (maligne) (90%) :

- Seminomes : tumeurs germinales séminomateuse.

- Tumeurs germinales non séminomateuse :

- Carcinome embryonnaire.

- Tumeur vitelline (yalk sac tumor)

- Choriocarcinome.

- Tératome.

- + /- Séminome (si il y a association d'un contingent séminomateux avec une autre tumeur, par exemple un carcinome embryonnaire, c'est une tumeur germinale non séminomateuse)

  • Tumeurs des cordons sexuels (10%) 

- Tumeur à cellule de Sertoli (90 % bénigne)

- Tumeur à cellule de Leydig (90 % bénigne)

  • Tumeurs hématopoiétiques (leucémie, lymphomes)

  • Métastases 

C - Néoplasie germinale intra tubulaire.

Toutes les tumeurs germinales naissent d'une lésions d'une cellule germinal des tubes séminifère, appelée néoplasies germinale intra-tubulaire (équivalent au CIS pour les carcinomes). Il n'y a donc pas franchissement de la membrane basale.

D - Tumeurs germinales du testicule.

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1 - Séminomes (35%)

Macroscopiquement, ce sont des tumeurs uni ou plurilobulaires, bien limitées de consistance ferme, blanchâtres ou rosées et homogènes. Histologiquement, on retrouve une population cellulaire monomorphe, avec de grandes cellules au cytoplasme clair. Les noyaux sont volumineux et fortement nucléolés. Le stroma est extrêmement inflammatoire. la dissémination de ces tumeur se fait essentiellement par voie lymphatique (ganglions rétropéritonéaux).

2 - Tumeurs non-séminomateuses

Macroscopiquement, ce sont des tumeurs très hétérogènes qui présentent de nombreux remaniements nécrotiques et hémorragiques.

● Tumeurs constituées d’un seul type histologique :

- Carcinome embryonnaire (20%): Tumeur de haute malignité, grand pouvoir de dissémination métastatique lymphatique et sanguine (méta viscérales)

- Choriocarcinome (0.5-1%) : Tumeur de haute malignité, grand pouvoir de dissémination métastatique lymphatique et sanguine (méta viscérales), β HCG dosable !

- Tumeur vitelline : plus fréquente chez l'enfant; α Foetoprotéine dosable !

- Tératome (5%) : tumeur bénigne chez l’enfant mais à considérer maligne chez l’adulte.

●Tumeurs mixtes (40%) : tumeur associant 2 ou plusieurs types histologiques (séminome compris). ex: Carcinome embryonnaire et tératome (tératocarcinome: association la plus fréquente)

E - TNM (pour la culture génarale)

Dépend du degré d’invasion.

- Tx: tumeur non evaluable (en l'absence d'orchidectomie, Tx est utilisé)

- T0 : Pas de tumeur primitive.

- Tis : CIS

- T1 : Tumeur limitée au testicule et épididyme sans invasion vasculaire ni lymphatique. la tumeur peut envahir l'albuginée, mais pas la vaginale.

- T2 : Tumeur limitée au testicule et épididyme avec invasion vasculaire ni lymphatique, ou tumeur étendue à l'albuginée avec envahissement de la vaginale.

- T3 : invasion du cordon spermatique, avec ou sans invasion vasculaire ou lymphatique.

- T4 : envahissement du scrotum, avec ou sans invasion vasculaire ou lymphatique.

F - Tumeurs des cordons sexuels.

1 - Tumeur à cellules de Leydig

- Enfant entre 3 et 9 ans

- Adulte entre 30 et 60 ans

- Circonstance de découverte:

Enfant: puberté précoce.

Adlute: gynécomastie, infertilité, masse palpable

Syndrome de klinefelter (47, XXY)

- Développée aux dépens de cellules de Leydig

- Macroscopie: Tumeur bien limitées, homogènes, jaune orangées

- Microscopie:

Cellules éosinophiles assez monomorphes ressemblant aux cellules de Leydig

Cristalloïdes de Reinke: petits battonets intra-cytoplasmique (30% des tumeurs)

Disposition en nappes, travées, cordons

- Evolution:

Enfant: Tumeurs bénignes

Adulte: Tumeurs bénignes dans 90% des cas

2 - Tumeur à cellules de Sertoli

-Essentiellement chez l'adulte

- Circonstance de découverte:

Gynécomastie, masse palpable

Syndrome dysgénétique

- Macroscopie: Tumeur bien limitées, homogènes, jaune, grisâtre ou blancâtre

-Microscopie: Aspect très variable

-Evolution: Tumeurs bénignes dans 90% des cas



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Pouvant aisément m'enorgueillir du statut honorifique de meilleur géniteur de l'Amphi, c'est vers ma plus grande Victoire que se dirige ma première pensée.

Cela fait maintenant plus de 30ans que j'attends ce moment, faire une dédicace publique à mon ami Johnny Malabry, celui qui fut mon tortionnaire à la maternelle. Accablé par le malheur de notre séparation lorsqu'il dut partir en CPPN, que ne fut ma joie de le retrouver à l'adolescence lorsqu'il me déroba ma mobylette. Johnny, c'est pour toi.

Qu'aurait été mon adolescence sans Jamiroquai, Kurt Cobain, RATM, Herbie Hancock et tous ces groupes de ce temps révolu où on faisait encore du son qui sortait des amplis - mon plus grand deuil quand Miles Davis nous a quitté, une putain de fiesta quand la France fut championne du monde (DU MONDE).

Ca y est, je suis un vieux con.

Aller, a tous. Au détour d'un stage j'espère.


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