Leçon 10








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1 » très exactement, dans ce qu'on appelle élément des ensembles.
Ceci n'est point assez remarqué dans le texte

auquel je fais allusion pour une célèbre raison, c'est que justement cette réflexion sur ce que c'est

qu'un « 1 » n'est point fort élaborée, même par ceux qui, dans la théorie mathématique la plus moderne, en font pourtant l'usage le plus clair, le plus manifeste.
Cet « 1 » comme tel, en tant qu'il marque

la différence pure, c'est à lui que nous allons

nous référer pour mettre à l'épreuve, dans notre prochaine réunion, les rapports du sujet au signifiant.
Il faudra d'abord que nous distinguions le signifiant

du signe, et que nous montrions en quel sens le pas qui est franchi est celui de la chose effacée.
Les diverses « effaçons »

si vous me permettez de me servir de cette formule

…dont vient au jour le signifiant, nous donneront précisément les modes majeurs de la manifestation du sujet.
D'ores et déjà, pour vous indiquer, vous rappeler les formules sous lesquelles pour vous j'ai noté

par exemple la fonction de la métonymie :

fonction grand S, pour autant qu'il est dans une chaîne qui se continue par (S′, S′′, S′′′,…) c'est ceci qui doit nous donner l'effet que j'ai appelé du « peu de sens », pour autant que le signe moins désigne, connote,

un certain mode d'apparition du signifié

tel qu'il résulte de la mise en fonction de S, le signifiant, dans une chaîne signifiante.
f(S′, S′′, S′′′,…) = S (–) s
Nous le mettrons à l'épreuve d'une substitution à ces S et S' du « 1 » en tant que justement, que cette opération est tout à fait licite, et vous le savez mieux que personne, vous autres pour qui

la répétition est la base de votre expérience :



  • ce qui fait le nerf de la répétition, de l'automatisme de répétition pour votre expé­rience : ça n'est pas que ce soit « toujours la même chose » qui est intéressant c'est ce pourquoi ça se répète,




  • ce dont justement le sujet, du point de vue de son confort biologique n'a, vous le savez, vraiment strictement aucun besoin, pour ce qui est des répétitions auxquelles nous avons affaire, c'est–à–dire des répétitions les plus collantes, les plus emmerdantes, les plus symptomagènes.




  • C'est là que doit se diriger votre attention pour y déceler l'incidence comme telle de la fonction du signifiant.


Comment peut–il se faire, ce rapport typique

au sujet constitué par l'existence du signifiant comme tel, seul support possible de ce qui est pour nous originalement l'expérience de la répétition ?
M'arrêterai–je là, ou d'ores et déjà vous indiquerai–je comment il faut modi­fier la formule

du signe pour saisir, pour comprendre ce dont

il s'agit dans l'avè­nement du signifiant ?
Le signifiant

à l'envers du signe, n'est pas ce qui

représente quelque chose pour quelqu'un

c'est ce qui représente précisément le sujet pour un autre signifiant.
Ma chienne est en quête de mes signes et puis elle parle, comme vous le savez.
Pourquoi est–ce que son parler n'est point un langage ?
Parce que justement je suis pour elle quelque chose qui peut lui donner des signes, mais qui ne peut pas lui donner de signifiant.
La distinction de la parole…

comme elle peut exister au niveau préverbal

…et du langage consiste justement dans cette émergence de la fonction du signifiant.


13 Décembre 1961 Table des séances


Μονἀς ἐστι Χαθ ἤν ἕκαστον τῶν ὄντων ἓν λέγεται

Ἀριθμὁς δἑ τὁ ἑκ μονάδων συγκείμενον πλῆθος


( EUCLIDE, Éléments, VII, 1–2 )

[ L’Unité : cela selon quoi toute chose qui est se nomme une.

Le Nombre est une multitude composée de plusieurs unités. Traduction Didier Henrion , 1632 ]


Cette phrase est empruntée au début du Septième livre des

Élé­ments d'EUCLIDE41, et qui m'a parue à tout prendre, la meilleure que j'ai trouvée pour exprimer,

sur le plan mathématique cette fonction sur laquelle

j'ai voulu attirer votre attention la dernière fois,

de l'« 1 » dans notre problème.
Ce n'est pas que j'aie dû la chercher,

que j'aie eu de la peine à trouver chez

les mathématiciens quelque chose qui s'y rapporte :

les mathématiciens…

au moins une partie d'entre eux,

ceux qui à chaque époque ont été en flèche

dans l'exploitation de leur champs

…se sont beaucoup occupés du statut de l'unité,

mais ils sont loin d'être arrivés tous

à des formules également satisfaisantes.
Il semble même que pour certains, cela soit allé dans leurs définitions, droit dans la direction oppo­sée à ce qui convient.
Quoi qu'il en soit, je ne suis pas mécontent

de penser que quelqu'un comme EUCLIDE…

qui tout de même en matière de mathématiques

ne peut pas être considéré autrement

que comme de bonne race

…donne cette for­mule…

justement d'autant plus remarquable

qu'articulée par un géomètre

…que ce qui est l'unité

car c'est là le sens du mot Μονἀς [monas] :

c'est l'unité au sens précis où j'ai essayé

de nous la désigner la dernière fois

sous la désignation de ce que j'ai appelée…

je reviendrai encore sur ce pourquoi

je l'ai appelé ainsi

le trait unaire, le trait en tant qu'il est le support comme tel de la différence c'est bien le sens qu'a ici Μονἀς, il ne peut pas en avoir un autre comme la suite du texte

va nous le montrer.
Donc Μονἀς [monas]

c'est–à–dire cette unité au sens du trait unaire tel qu'ici je vous indique qu'il recoupe, qu'il pointe dans sa fonction ce à quoi nous sommes arri­vés l'année dernière [Cf. séminaire Le transfert…, séance du 07–06 ] dans le champ de notre expérience à repérer dans le texte même de FREUD comme l'einziger Zug

ce par quoi chacun des étants est dit être « 1 »

avec ce qu'apporte d'ambiguïté cet ἕν neutre de εἶς qui veut dire un en grec, étant précisément ce qui peut s'employer en grec comme en français pour désigner la fonction de l'unité en tant qu'elle est ce facteur de cohérence par quoi quelque chose se distingue de ce qui l'entoure, fait un tout, un 1 au sens unitaire de la fonction

…donc Μονἀς [monas] c'est par l'intermédiaire de l'unité que chacun de ces êtres vient à être dit « 1 »…

l'avènement dans le dire de cette unité comme caractéristique de chacun des étants,

est ici désignée, elle vient de l'usage de la Μονἀς [monas] qui n'est rien d'autre que le trait unique.
Cette chose valait d'être relevée juste­ment sous

la plume d'un géomètre, c'est–à–dire de quelqu'un qui se situe dans les mathématiques d'une façon telle apparemment que…

pour lui au minimum devons–nous dire

…que l'intuition conservera toute sa valeur originelle.
Il est vrai que ce n'est pas n'importe lequel des géomètres, puisqu'en somme nous pou­vons le distinguer dans l'histoire de la géométrie comme celui qui

le premier introduit, comme devant absolument la dominer, l'exigence de la démonstration sur ce qu'on peut appeler l'expérience, la familiarité de l'espace.
Je termine la traduction de la citation :

« …que le nombre, lui, n'est rien d'autre que cette sorte de multiplicité qui surgit précisément de l'introduction des unités », des monades, dans

le sens où on l'entend dans le texte d'EUCLIDE.
Si j'identifie cette fonction du trait unaire, si j'en fais la figure dévoilée

de cet einziger Zug de l'identification, où nous avons été menés

par notre chemin de l'année dernière, pointons ici…

avant de nous avancer plus loin et pour que

vous sachiez que le contact n'est jamais perdu avec ce qui est le champ le plus direct de notre référence technique et théorique à FREUD

…pointons qu'il s'agit de l'iden­tification de la deuxième espèce,

page 117, volume 13 des Gesammelte Werke de FREUD42.

C'est bien en conclusion de la définition

de la deuxième espèce d'identifica­tion qu'il appelle régressive, pour autant que c'est lié à quelque abandon

de l'objet qu'il définit comme « l'objet–aimé »…

qui se désigne humoristiquement dans le dessin de TŒPFFER43 avec un trait d'union, cet objet–aimé va de la femme élue aux livres rares.

Fi! comme disait quelqu'un de mon entourage

avec quelque indignation pour ma bibliophilie

…c'est toujours en quelque mesure lié à l'aban­don

ou à la perte de cet objet que se produit, nous dit FREUD, cette sorte d'état régressif d'où surgit cette identification, souligne–t–il, avec quelque chose qui est pour nous source d'admiration, comme chaque fois que le découvreur désigne un trait assuré de son expérience dont il semblerait au premier abord que rien ne le nécessite, que c'est là un caractère contingent.

Aussi bien ne le justi­fie–t–il pas, sinon par son expérience.
Il est bien remarquable que dans cette sorte d'identification où le moi copie dans la situation, tantôt l'objet non aimé tantôt l'objet aimé, mais que dans les deux cas cette identification est partielle

höchst beschränkte, hautement limitée, mais qui est accentué au sens d'étroit, de rétréci

…que c'est nur einen einzigen Zug, seulement un trait unique de

la personne objectalisée, qui est comme l'« ersatz » emprunté du mot allemand.
Il peut donc vous sembler qu'aborder cette identification par

la deuxième espèce, c'est moi aussi me beschränken, me limiter, rétrécir la portée de mon abord, car il y a l'autre, l'identification de la première espèce, celle singulière­ment ambivalente qui se fait sur le fond de l'image de la dévoration assimilante.
Et quel rapport a–t–elle avec la troisième ?

Celle qui commence tout de suite après ce point

que je vous désigne dans le paragraphe freudien : l'identification à l'autre par l'intermédiaire du désir, l'identification que nous connaissons bien, qui est hystérique, mais justement que je vous ai appris

qu'on ne pouvait bien distin­guer…

je pense que vous devez suffisamment

vous en rendre compte

…qu'à partir du moment où on a structuré…

et je ne vois pas que quiconque l'ait fait ailleurs qu'ici et avant que cela se fît ici

…le désir comme supposant dans sa sous–jacence exactement, au minimum toute l'articulation que

nous avons don­née des rapports du sujet nommément

à la chaîne signifiante, pour autant que

cette relation modifie profondément la structure

de tout rapport du sujet avec chacun de ses besoins.
Cette partialité de l'abord, cette entrée,

si je puis dire « en coin » dans le pro­blème,

j'ai le sentiment que, tout en vous la désignant,

il convient que je la légi­time aujourd'hui,

et j'espère pouvoir le faire assez vite

pour me faire entendre sans trop de détours

en vous rappelant un principe de méthode pour nous :

que…

vu notre place, notre fonction, ce que

nous avons à faire dans notre défriche­ment

…nous devons nous méfier, disons, du général

et ceci poussez–le aussi loin que vous voudrez …du genre, et même de la classe.
Cela peut vous paraître singulier que quelqu'un

qui pour vous accentue la prégnance dans notre articulation des phé­nomènes auxquels nous avons affaire, de la fonction du langage, se distingue ici d'un mode de relation qui est vraiment fondamental dans le champ de la logique.
Comment indiquer, parler d'une logique qui doit,

au premier temps de son départ, marquer la méfiance, que j'entends poser tout à fait originelle,

de la notion de « la classe » ?
C'est bien justement en quoi s'originalise, se distingue

le champ que nous essayons ici d'articuler.
Ce n'est aucun préjugé de principe qui me mène là. C'est la nécessité même de notre objet à nous,

qui nous pousse à ce qui se développe effectivement au cours des années, segment par segment :

une articulation logique qui fait plus que suggérer, qui va de plus en plus près, nom­mément cette année je l'espère, à dégager des algorithmes qui me permettent d'appeler « logique » ce chapitre que nous aurons

à adjoindre aux fonctions exer­cées par le langage dans un certain champ du réel, celui dont nous autres,

êtres parlants, sommes les conducteurs.
Méfions–nous donc au maximum de toute

Κοινονία τῶν γενῶν [Koinonia ton genon] pour employer un terme platonicien [Platon, Le sophiste, 254b], de tout ce qui est la figure

de communauté dans aucun genre, et tout spécialement dans ceux qui sont pour nous les plus originels.
Les trois identifications ne forment probable­ment pas une classe.

Si elles peuvent néanmoins porter le même nom

qui y apporte une ombre de concept,

ce sera aussi sans doute à nous d'en rendre compte.

Si nous opérons avec exactitude, cela ne semble pas être une tâche au–dessus de nos forces.
En fait, nous savons d'ores et déjà que c'est

au niveau du particulier que tou­jours surgit ce qui pour nous est fonction universelle, et nous n'avons pas trop à nous en étonner au niveau du champ où nous nous déplaçons puisque, concer­nant la fonction de l'identification, déjà nous savons…

nous avons assez tra­vaillé ensemble pour le savoir

…le sens de cette formule, que ce qui se passe se passe essentiellement au niveau de la structure.
Et la structure… Faut–il le rappe­ler… ?

Et justement je crois qu'aujourd'hui, avant de faire un pas plus loin, il faut que je le rappelle

…c'est ce que nous avons introduit nommément comme spéci­fication, registre du symbolique.
Si nous le distinguons de l'imaginaire et du réel,

ce registre du symbolique

je crois aussi devoir pointer tout ce qu'il pourrait y avoir là–dessus d'hésitation à laisser en marge ce dont je n'ai vu personne s'inquiéter ouvertement, raison de plus pour dissiper là–dessus toute ambiguïté

…il ne s'agit pas d'une définition ontologique :

ce ne sont pas ici des champs de l'être que je sépare.


Si à partir d'un certain moment…

et justement celui de la naissance de ces séminaires

…j'ai cru devoir faire entrer en jeu cette triade

du Symbolique, de l'Imaginaire et du Réel
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