Aspects medicaux de la preparation des plaisanciers aux navigations hauturieres au travers d'une experience personnelle








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3.3La spécificité de la santé, des urgences et des soins en mer




3.3.1les généralités



En 2005, les CROSS ont organisé près de 3752 opérations de secours maritimes rien que pour les plaisanciers (dont près de 2000 pour les bateaux de plaisance à moteur et environ 1500 pour les bateaux de plaisance à voile). Toujours en 2005, le nombre de personnes impliquées dans des opérations de secours maritime s'élève à 10 397, dont 45 décédées, 18 disparues, 8 925 secourues, 338 retrouvées, et 1071 tirées d'affaire seules. Plus simplement rien que pendant le mois de juin 2006, on dénombre 226 noyades dont 23% liées au nautisme. Lourd bilan dû pour une fraction considérable à un manque global de sécurité dans la navigation(16).

Lorsque la navigation tourne mal, lorsque l’infortune de mer se présente, il faut être pleinement à même de faire face. Il faut savoir utiliser ses fusées, feux à main et autres fumigènes, son radeau de survie, appeler les secours, repêcher un homme à la mer, se faire remorquer par la SNSM,  enfiler sa combinaison de survie, se faire hélitreuiller ou récupérer par un cargo, tenter de maîtriser un feu à bord, etc...

Dans ces situations, la question de la sécurité devient éminemment pratique. Or cela ne s'improvise pas. Pour prévenir les accidents, les situations à risques, et de tels dangers maritimes, il faut connaître les spécificités de la plaisance.

3.3.2Les particularités de la vie à bord




3.3.2.1Les aspects psychologiques



Les études psychologiques en milieux isolés réalisées lors des expéditions en milieux extrêmes ou lors de séjours sur les TAAF montrent que l’obscurité et les conditions climatiques exercent de sévères restrictions que les participants peuvent mal vivre sur le plan émotionnel. De plus, l’absence d’intimité et l’environnement hostile ont un effet délétère sur les relations sociales, tout spécialement entre hommes et femmes.

Les principaux symptômes psychologiques qui découlent de ces expéditions sont des perturbations du sommeil, des troubles cognitifs (altérations de la mémoire, difficultés de concentration, vigilance réduite...), une humeur dépressive, de l’angoisse, de l’irritabilité. Les tensions et conflits interpersonnels sont courants(17,18).

Dans un espace restreint, tel que la plaisance hauturière, ces conditions d’isolement peuvent dans une moindre mesure être comparables et aboutir aux même troubles cognitifs. Le changement de repère, l’équilibre physiologique mis a mal par un environnement en perpétuel mouvement, une alimentation inadaptée, un sommeil insuffisant et les situations de stress font que chaque équipier peut éprouver des difficultés personnelles. L’inquiétude ou la sensation de danger, l’anxiété diffuse ou les réelles angoisses, les difficultés relationnelles comme l’agressivité ou au contraire le retrait social, les tensions, les émotions exacerbées, non verbalisées, peuvent finir par déclencher des situations de crise impossibles à gérer (19).

3.3.2.2Le sommeil à bord



Bien dormir tout en naviguant est sans doute une des difficultés majeures de la vie en mer. En effet, une navigation hauturière se déroule sans arrêt pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Pendant tout ce temps, il faut barrer, manœuvrer, régler, surveiller, étudier la meilleure option. Ainsi l'activité à bord est soumise aux exigences du bateau et malgré le bruit incessant, les mouvements violents, l'humidité permanente, il faut vivre, dormir et se nourrir. Dans ces conditions la gestion du sommeil est primordiale. Les coureurs connaissent bien ces difficultés. En croisière, le problème est moins crucial, même s’il faut un courage indéniable pour se lever à trois heures du matin et prendre la barre, dans le froid et sous les paquets de mer. Ces quarts de nuit, en opposition avec les rythmes chronobiologiques qui font de la nuit une période de repos, resteront de toute façon toujours difficiles.

Les études menées avec les coureurs au large ont montré qu’il existe 2 périodicités principales de sommeil fractionné. Les périodes de sommeil de 15 à 30 minutes dites « ultracourtes » qui sont de véritables “ concentrés de sommeil ” et des périodes d’1h30 à 2 heures qui correspondent à la durée moyenne d’un cycle de sommeil : le sommeil fractionné. (20) 

   En croisière, le sommeil ultracourt est réservé aux conditions difficiles : navigation en équipage réduit, mauvais temps, zone de trafic intense. Ce sommeil de l’extrême ne peut se prolonger au delà de quelques jours. Le sommeil fractionné avec des périodes de sommeil de 3 heures est le plus souvent pratiqué.

Enfin, il faut prendre le temps de bien se réveiller avant de monter sur le pont. Un manque de vigilance peut avoir parfois des conséquences dramatiques.

3.3.2.3L’alimentation




L’alimentation en mer doit être adaptée aux conditions de vie particulières. Les dépenses énergétiques sont accrues. Effort physique intense, lutte contre le chaud ou le froid, trouble du sommeil…, se pose en mer le problème de l’avitaillement et la conservation des aliments, du stockage de l’eau et de sa potabilité (21).

3.3.2.4Un environnement dangereux



Le bateau est une menace permanente pour l’équipage. Les mouvements rapides et intenses dûs à la houle, les positions peu ergonomiques tenues longtemps lors d’un même bord, n’épargnent pas les articulations, les genoux, le rachis. Les déplacements sur le pont qui bouge sans cesse, augmentent les risques et les chocs possibles avec les éléments du bord (Winch, poulies, taquets…). Ce même matériel soumis à des contraintes non prévues, défectueux ou trop vieux, peut se transformer en arme fatale. La rupture d’une poulie de grand voile ou d’une bastacle libère des tensions de plusieurs tonnes.

3.3.2.5La piraterie



La piraterie maritime moderne prend pour cible des navires de commerce, aussi bien que des bateaux de plaisance. Ces actions sont la plupart du temps violentes, les pirates n’hésitent pas à se servir de fusils d’assaut ou de lance-roquettes, et se produisent aussi bien dans les ports et points de mouillages qu’en pleine mer. Le but des pirates est de prendre possession des bâtiments pour s’approprier leurs cargaisons. Les prises en otages des plaisanciers ou des équipages sont également très courantes. En 2007, l’Organisation Maritime Internationale (rattachée aux Nations unies) a recensé 263 actes de piraterie dans le monde mais de très nombreux actes demeurent cependant non déclarés.

Le Ministère des Affaires Etrangères à émis des conseils généraux à l'intention des naviganteurs qui doivent:

-s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio VHF...) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar...) fonctionnent de façon optimale.

-s’informer auprès des ambassades et consulats français et des autorités portuaires ou maritimes compétentes avant d’entreprendre une navigation ou une traversée.

-informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter.

-maintenir une surveillance anti-piraterie 24h sur 24, assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles.

-éviter de mouiller trop près des côtes dans des zones sensibles, éviter le cabotage de nuit.10

3.3.3Les pathologies proprement dites




3.3.3.1Le mal de mer



Le mal de mer est une des cinétoses ( troubles de l’équilibre déclenchés par les transports) les plus répandues. Schématiquement, le mal de mer provient du fait que le corps et les sens (dont bien sûr la vision) doivent s'adapter à un nouveau rythme (celui de la mer) qui traditionnellement n'est pas le leur. Les symptômes apparaissent généralement dès le premier jour et ce n'est qu'au fil du temps que l'organisme va s'habituer au rythme du navire. A noter qu'à l'inverse, au retour sur terre, l'organisme peut avoir également à se réadapter, entraînant ce que l'on appelle couramment "le mal de terre".

Les ennemis du plaisancier sont le froid, l’humidité, la fatigue, la faim, le manque de sommeil ; d’où l’importance de l’équipement et dans la mesure du possible l'importance de s’amariner progressivement par des sorties de courte durée (22).

Le traitement médicamenteux est le lot des sujets sensibles, mais aussi un recours en cas de mauvais temps. Il n'existe pas encore de traitement miracle, dans tous les cas, il faut s’assurer des effets secondaires que peuvent entraîner certains d'entre eux.

3.3.3.2La noyade



La chute des marins à l’eau est la principale cause de décès et de disparitions en mer. Prévenir la chute est indispensable; savoir y faire face est nécessaire. Des études réalisées au Canada montrent que la navigation de plaisance est la première cause de noyade. En 2000, environ le tiers de tous les décès liés à l’eau sont survenus lors de navigation de plaisance. 85% des décès liés à la navigation en 2000 (près de 90% au cours des dix dernières années) avaient une même cause : la victime ne portait pas de vêtement de flottaison individuel (VFI) ou de gilet de sauvetage (23).

3.3.3.3L’hypothermie



L’environnement marin expose particulièrement les plaisanciers au risque d’hypothermie. Elle survient lorsque le corps perd plus de chaleur qu’il n’en crée. La perte de chaleur se fait par plusieurs mode : la radiation, l’évaporation, et la conduction. Le vent, l’eau froide, et la température ambiante sont les facteurs responsables de l’hypothermie en mer. Elle s’installe plus ou moins progressivement en fonction de ces paramètres. La meilleure prévention reste la protection contre le froid: il faut se protéger du vent, des embruns par des vêtements techniques, protéger les zones du corps de grande perdition thermiques comme la tête et le cou et il faut également une alimentation suffisante pour compenser les pertes caloriques11.

3.3.3.4Les dangers du soleil



Sur un plan d’eau on cumule à la fois le rayonnement direct du soleil et la réverbération de l’eau qui est environ 5 à 10 % du rayonnement solaire. Ces rayonnements agressifs pour la peau, et les yeux sont responsables de coup de soleil, d’un vieillissement prématuré de la peau et augmentent les risques de cancers cutanés. De plus, la chaleur excessive favorise l’évaporation d’eau et peut conduire à une déshydratation voir un coup de chaleur. Une protection efficace doit être systématique pour éviter le coup de soleil et une hydratation suffisante, en augmentant les apports en fonction de la température, doit permettre d’éviter l’insolation ou coup de chaleur.

3.3.3.5La « bobologie » de la plaisance



Les conditions particulières de vie en mer, les contraintes physiologiques de la pratique de la voile sont responsables d’affections dermatologiques quasi systématiquement. L’hygiène moins bonne, les vêtements synthétiques, les frottements, l’humidité, les paquets de mer et le contact permanent avec l’eau salée participent à la pathogénie de lésions telles que la dermite du siège, les infections fongiques, plaies, salabrasions, conjonctivites…La plupart des plaisanciers s’en accommodent, pourtant une prévention simple et des règles hygiéniques peuvent éviter à ces lésions « basiques » de s’aggraver, de se surinfecter (24).
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