Comment les couples résistent au temps








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La Croix 23 décembre 2010

Comment les couples résistent au temps
Ils vivent ensemble depuis des dizaines d’années. Et, avec le temps, leur union semble se fortifier. Sans recette miracle, un couple se construit à deux, au quotidien. Comme celui, rayonnant, du film « Another Year » de Mike Leigh
Gerri et Tom cultivent leur jardin. La pluie survient. Réfugiés sous un abri, ils savourent leur thé, l’un à côté de l’autre. Ils sont heureux. C’est l’une des scènes du beau film anglais de Mike Leigh, Another Year. « Une année de plus » dans la vie de ce couple de sexagénaires que nous suivons au fil des quatre saisons. Leur grand fils a quitté la maison. Des amis célibataires viennent réchauffer leur cœur solitaire à leur table généreuse et accueillante. Cette situation est fréquente : les couples durables et heureux rayonnent, attirent comme des aimants (lire l’entretien p. 15). Ils rassurent, ils fascinent, ils intriguent aussi.
Comment font-ils pour rester ensemble, contre vents et marées, dans une ère médiatique qui prône l’épanouissement individuel à tous crins, le zapping, le jetable ? Et dans une société qui fonde l’amour et le mariage, non plus sur le désir de fonder une famille, encore moins sur la raison, mais sur le seul sentiment amoureux ? Attention, fragile ! Lorsque ce lien s’émousse, tout s’écroule, on se quitte : voici ce qui arrive, hélas, dans une forte proportion de cas (lire les Repères) . Ce constat alarmant fait s’interroger, dans son dernier essai Le mariage d’amour a-t-il échoué ? , l’écrivain Pascal Bruckner qui propose de « remettre de la raison dans le sentiment » (1).
L’engagement raisonné, Antoine et Chantal d’Audiffret, responsables de Cap Mariage (2), l’appellent aussi de leurs vœux. « Les jeunes couples croient que tout est donné, déplorent-ils, ils n’ont pas compris que lorsque le sentiment amoureux s’étiole, il y a quelque chose à construire et qu’ils doivent y travailler ensemble. » Autrement dit, lorsque la passion s’achève, tout commence. Après cette période délicieuse de l’amour (phase d’idéalisation) durant laquelle on voit, avec les yeux de Chimène, son partenaire doté de toutes les qualités, il faut ensuite s’adapter, accepter les différences de l’autre, si l’on veut s’engager dans une relation vraie et durable. D’autant que les couples ont devant eux une durée de vie commune beaucoup plus longue qu’au siècle dernier. Cinquante années de mariage n’a plus rien d’exceptionnel. Les conjoints traversent donc de nombreuses crises, et doivent se réadapter à chaque évolution : naissances, accidents de la vie, départ des enfants, retraite, vieillesse…
« Au démarrage du couple, un acte de foi fonde, même de façon un peu irrationnelle, l’engagement des deux membres, celui de s’aimer pour toujours. Ils doivent y croire et se donner les moyens d’y croire, estime Martine Bracq, conseillère conjugale et thérapeute de couple, au Cler. Pour cela, ils vont devoir apprendre à accepter un minimum de frustration. » Chacun doit être capable de se décentrer de ses propres rêves ou grilles de valeurs. Comme un voyageur découvre un nouveau pays et se familiarise à la nouveauté, chacun s’efforce, sous le regard bienveillant de l’autre, de s’adapter à lui et à une réalité qu’il ne maîtrise pas. Cette dimension intégrée, on détient en soi les ressources pour surmonter les premières difficultés. Ce qui ne manquera pas d’arriver à la naissance du premier enfant. Un bébé vient bousculer les certitudes, les habitudes. Cette frustration fait accéder à un autre statut, à d’autres joies, d’autres formes d’amour. On découvre en soi et chez l’autre des compétences insoupçonnées. À chaque étape, il faut veiller à trouver l’équilibre entre le territoire de l’épanouissement de chacun et celui où le couple va s’épanouir, le jardin secret de chaque conjoint venant enrichir l’échange du couple. Celui-ci va se développer sur un projet commun, où ils existent ensemble sans être en concurrence, que ce soit l’éducation des enfants, la rénovation d’une maison, une entreprise à gérer…
Pour Yvon Dallaire, psychologue-sexologue, un couple heureux est celui qui a appris à partager le pouvoir. Après la période dite de «lune de miel», explique-t-il, vient la phase de «lutte pour le pouvoir»: chacun veut, avec amour et en toute bonne foi, imposer ses règles à l’autre, en affirmant ses besoins. La troisième phase, dite de «partage du pouvoir», conduit à établir un nouveau jeu à partir des règles de chacun: le couple négocie des ententes à double gagnant puisque l’objectif est d’être heureux ensemble. Cette métaphore vaut leçon: il faut se mettre d’accord pour vivre avec des désaccords. Et ne pas chercher à changer l’autre. Si l’un est dépensier, l’autre économe, par exemple, le couple «gagnant» est celui qui négocie un budget en tenant compte du besoin de sécurité de l’un et du besoin de nouveauté de l’autre.
Dans son ouvrage Le Couple face au temps , le sociologue Pascal Duret, professeur à l’université de La Réunion, s’est intéressé aux facteurs d’usure et de renforcement du couple à travers une centaine de cas. Si la routine est un poison à diffusion lente, la reconnaissance se révèle un antidote efficace. « On reconnaît un couple heureux à la qualité de la reconnaissance mutuelle que chacun apporte à l’autre, ce qui sous-tend un respect non négociable, une reconnaissance de sa valeur personnelle, de ses mérites, et enfin une reconnaissance de son identité latente, c’est-à-dire son futur, ses possibilités », précise le sociologue. Aimer, c’est croire en l’autre.
«Le secret, c’est de communiquer», martèlent Antoine et Chantal d’Audiffret. Créer ce lien d’intimité, parler de soi, de ses sentiments, de ses blessures. Construire un pont entre deux mondes: au début, cela paraît évident mais petit à petit le pont est encombré, hérissé de défenses. On se ferme, on s’éloigne. Ce couple de sexagénaires en parle en connaissance de cause: à la retraite, ils ont réalisé qu’ils ne partageaient plus rien. «Nous vivions paisiblement l’un à côté de l’autre, mais sur des rails parallèles », témoigne Chantal d’Audiffret. Une réadaptation s’imposait. Tous deux ont appris à se redécouvrir. Forts de leur expérience, ils insistent: «La priorité, c’est de consacrer du temps à son couple, de trouver des terrains d’entente, de nourrir des projets communs. » Martine Bracq conseille ainsi aux retraités de se montrer inventifs dans leur vie conjugale. Pourquoi ne pas envisager, par exemple, un second voyage de noces?
Enfin pour durer, il faut accepter le conflit et ne pas avoir peur de s’affronter. Les couples solides savent qu’ils peuvent, en confiance, se parler de ce qui ne va pas sans remettre leurs liens en question. Pour surmonter une crise grave, ils peuvent se faire aider. Selon les cas, par un conseil conjugal, une thérapie de couple, ou un accompagnement spirituel. Les couples chrétiens ont la chance de disposer d’outils dans le cadre de la pastorale familiale (lire les Repères). Ils y découvrent entre autres qu’il n’existe pas de modèle idéal de couple, et que durer, c’est aussi avoir la volonté de durer.


TÉMOIGNAGES
Les couples heureux ont une histoire
Ils conjuguent le plaisir d’être ensemble, partagent des goûts communs, préservent leur intimité, communiquent entre eux, révélant ainsi les secrets de leur longévité.
RECUEILLI PAR F. L.
« On ne s’endort pas avant d’avoir fait la paix »

Hélène et Michel Quarante-quatre ans de mariage, six enfants
« On s’est rencontrés dans une association artistique. Nous sommes restés plusieurs années amis avant de nous fiancer. Le fait que nous soyons de milieux différents a posé un problème à nos familles. Notre amour a tenu bon malgré les pressions. Nous avions le projet d’avoir plusieurs enfants. Nous en avons quatre biologiques et deux adoptés. Nous n’avons jamais été inquiets l’un par rapport à l’autre. Nous sommes sûrs de nos sentiments. Si on se dispute, on ne s’endort pas avant d’avoir fait la paix. C’est une règle que nous avons transmise à nos enfants. Nous sommes très attentifs l’un à l’autre. Chacun tient compte de la parole de l’autre pour avancer. La communication est une clé pour nous. Nous avons le souci de ne pas tomber dans la routine. On se prend des petits moments pour être tous les deux, se montrer de l’affection, en gestes et en mots. La retraite est arrivée en douceur. Le départ des enfants aussi. Nous nous y étions préparés. Nous avons toujours eu plaisir à faire des choses ensemble, comme du golf ou des balades en montagne tout en conservant chacun nos activités. Nous soignons notre couple pour qu’il reste actif et vivant.»

« Nos liens sont renforcés par nos souvenirs communs »

Claire et Hervé Vingt-quatre ans de vie commune, trois enfants
« On se connaît depuis le cours préparatoire. Après s’être perdus de vue, on s’est retrouvés à l’âge de 20 ans et mariés quelques années plus tard. Je n’ai jamais pensé que c’était pour toujours. Je suis incapable d’avoir des certitudes. Cela me donnerait le vertige. Notre histoire se construit au jour le jour. On a envie de continuer à vivre ensemble. Le sentiment amoureux s’est transformé en relations harmonieuses à tout point de vue. Nous avons beaucoup de goûts communs, mais nos caractères sont différents et nos personnalités complémentaires. Je suis optimiste, il est pessimiste. Je suis littéraire, il est scientifique. Nous nous sommes toujours soutenus professionnellement. L’un devenant le pilier financier lorsque l’autre en avait besoin dans ses choix de carrière. Chez nous, il n’y a pas de répartition des tâches. Celui qui est plus disponible en fait plus. Nous sommes sur la même longueur d’onde sur le plan politique, en matière d’éducation des enfants, dans notre façon de vivre dans la simplicité et la sobriété. Notre seul luxe, c’est de voyager en famille. Ce qui use parfois, c’est la fatigue de nos rythmes de vie qui fait que nous sommes moins disponibles l’un pour l’autre. On part une fois par an pour le plaisir de se retrouver en tête en tête. Ce qui renforce nos liens, c’est le temps passé ensemble, les souvenirs communs. La vie est trop courte pour s’imaginer pouvoir recommencer à zéro. Nous ne sommes pas un couple fusionnel. Je cultive par ailleurs de belles amitiés. Mais la confiance règne entre nous. On aime discuter, faire le point, sans craindre le conflit. Nous ne voulons pas donner aux enfants l’image d’un couple parfait. Eux aussi auront à affronter des difficultés. Et puis se disputer ne signifie pas qu’on ne s’aime plus. Ce que l’on vit, ce que l’on a vécu sont des forces qui nous permettent d’avancer. Il vaut mieux améliorer ce qu’on possède que rêver ailleurs. Dépensons notre énergie pour le présent ! Nous entretenons beaucoup de relations et d’amitiés de longue date qui contribuent à construire et consolider notre couple. Si on se séparait, tout un pan de notre vie s’écroulerait. Nous veillons à accueillir nos amis divorcés, même séparément, pour continuer à faire vivre leur passé. »

« Amoureux comme au premier jour »

Agnès et Pierre Cinquante-six ans de mariage, quatre enfants
Pierre : « On se connaît depuis l’enfance grâce à nos parents artistes. Je me suis d’abord marié avec une autre femme dont j’ai divorcé. Je suis devenu protestant pour épouser Agnès. Notre vie s’est construite autour de la peinture. Agnès a été plus une épouse qu’une mère. Elle s’est toujours bien occupée des enfants, mais notre couple a toujours été prioritaire. Je suis toujours amoureux de ma femme. Je la trouve belle. J’ai toujours envie de la voir nue. Le temps renforce nos liens. Nous partageons les mêmes goûts. Agnès a su s’adapter à mon univers, à mes racines. J’ai toujours considéré ma femme comme mon égale. Bien sûr, il nous arrive de nous disputer. Agnès est d’une jalousie maladive. Si une visiteuse s’arrête dans mon atelier, mon épouse arrive dans les trois minutes ! Je n’aurais pas supporté une femme qui travaille. Son épanouissement, c’est moi. Mais je l’ai laissée aussi trouver ses propres domaines d’intérêt personnel. »
Agnès : « Le fondement de notre mariage, c’est la peinture. Je suis sa secrétaire, son encadreuse, sa critique, sa responsable de relations publiques… Nous faisons le même métier. D’ailleurs je dis “notre” peinture ! Lorsque je regarde Pierre, je le trouve toujours bel homme. Il est un charmeur sans égal. Alors, je le surveille ! L’amour change de forme mais il est toujours beau. Si on a des ennuis, on serre les dents et on continue. On vit comme au premier jour, sans retraite ni dimanche. Lorsque les enfants sont devenus grands, nous avons retrouvé une liberté extraordinaire. Chez nous le travail est sacré. Pierre travaille le matin. Je ne prévois jamais rien avant l’après-midi. Rien ne m’amuse si je dois le faire sans lui. »

ENTRETIEN
«Un couple heureux est attirant»

Sophie Martin-Grzybowski, conseillère conjugale et familiale au Cler (1)
RECUEILLI PAR F. L.

Une spécialiste du couple commente les relations qui existent entre les personnages principaux du film « Another Year »
Dans le film de Mike Leigh, Gerri, conseillère psychologique, et son mari Tom, géologue, sont mariés depuis une trentaine d’années. Comment voyez-vous ce couple ?
Sophie Martin-Grzybowski : On les sent ancrés tous deux dans la terre, au sens propre comme au figuré. Dans son métier d’écoute, Gerri plonge au fond de l’être, et Tom descend dans les profondeurs du sol. Ils aiment jardiner ensemble. Tous deux ont une façon d’être pleinement incarnés. Ils partagent le goût des joies simples, du plaisir des sens, des saveurs de la vie. Le mari aux fourneaux fait goûter à sa femme une sauce tomate relevée. Une de ces petites attentions qui « pimentent » la vie ordinaire. Gerri est nourrie par la tendresse conjugale qui lui donne une sagesse de la vie. Tom a le don de créer du lien autour de lui. On sent entre les époux une complicité quotidienne, dans les soucis et les joies qu’ils savent partager. On les voit faire beaucoup d’activités ensemble. C’est un fonctionnement de couple parmi d’autres. D’autres conjoints peuvent être en communion sans avoir les mêmes centres d’intérêt.
Gerri et Tom forment un couple ouvert sur l’extérieur…

Ils sont fidèles à leurs amis d’enfance, certains en piteux état, et les reçoivent avec beaucoup d’amitié, sans chercher à les sauver. L’hospitalité de leur maison correspond à celle de leur cœur. Ils ont le souci de laisser une place à l’autre. Lorsqu’elle est vécue ensemble, l’hospitalité favorise la durée du couple. Les époux ne sont pas en relation duelle, c’est-à-dire en face-àface permanent. Ils sont ouverts à l’altérité. Par ailleurs, la fidélité en amitié est aussi une marque de fidélité à soi-même, qui est la base de la fidélité affective.
Comment peut-on surmonter une infidélité ?

L’infidélité peut être sexuelle ou émotionnelle, lorsque, par exemple, l’un des conjoints fait des confidences répétées à la même personne extérieure à leur couple. Les femmes la vivent très mal. Tandis que les hommes souffrent davantage de l’adultère physique. Dans les deux cas, elle traduit un défaut d’intimité à l’intérieur du couple. Il faut alors entamer un chemin de réconciliation avec soi-même et de restauration du lien.
Quelle place occupe le fils dans la famille ?

Les parents ont une attitude assez juste vis-à-vis de leur enfant unique. Leur fils leur manque mais ils sont respectueux de sa vie. Ils ne sont pas dans l’attente. Ils continuent à vivre. Le départ des enfants représente une épreuve importante pour un couple. C’est le « syndrome du nid vide ». La recherche d’un nouvel équilibre va alors se produire. Comme dans toute crise, il y a danger et opportunité. Et donc la possibilité pour le couple de se réajuster et d’aller de l’avant.
On sent un couple uni sur le plan de la sensualité…

C’est vrai. Ils se font de bons petits plats, échangent des regards et gestes de tendresse, se taquinent… On sent chez eux l’importance des rites, notamment lorsqu’ils rentrent du jardin. Le rituel est très structurant. Il est un ancrage qui suscite du plaisir. Gerri et Tom rapportent du potager les fruits de leur travail, que l’on peut élargir au bonheur d’être ensemble et à la fécondité conjugale. Dans un couple, le fait que l’autre vieillisse n’entraîne pas une baisse du désir. Le désir s’adapte à l’âge. Il faut toutefois veiller à rester désirant, désiré et désirable. Autrement dit, on ne peut pas désirer si on ne se sent pas soi-même désirable, pour être à son tour désiré. À partir d’un certain âge, chez la femme, peut se reposer la question du sens de sa sexualité. Au-delà du fait d’être source de procréation et de plaisir, elle a pour finalité la communion des corps et des cœurs, comme un foyer auquel l’on vient se réchauffer. Un couple qui va bien est attirant. Une sexualité accomplie ne passe pas forcément par la jouissance mais aussi par les câlins, la gratitude, la tendresse, la douceur… La parole permettant d’ajuster le désir de chacun.
Quelles leçons retenir de ce film ?

Il est plein de ressources. Ce couple est dans l’accueil du présent et de l’autre. Dans l’acceptation des événements de la vie, du temps qui passe. Pour autant, le bonheur ne « tombe pas du ciel ». Il faut choisir les bons outils pour préparer la terre, semer, enlever les mauvaises herbes, entretenir, irriguer, éloigner les prédateurs. Le jardin est ici une allégorie de la vie conjugale.

(1) Cler amour et famille (lire Repères, page 13).

Je t’aime de tout mon cerveau

F. L.

La neurobiologiste Lucy Vincent a découvert le rôle clé d’une hormone dans l’amour et l’attachement. Olivier Florant, conseiller conjugal et théologien, s’appuie sur cette donnée scientifique pour célébrer la fidélité conjugale.
Depuis l’origine de l’espèce humaine, l’amour est un comportement essentiel à sa survie et ancré dans sa biologie. Plusieurs expériences scientifiques ont mis en évidence le rôle des odeurs et des phéromones (molécules inodores présentes dans la sueur, la salive…) dans l’attirance sexuelle. Le coup de foudre serait le résultat de l’action de ces molécules, relayée par d’autres facteurs sensitifs et intellectuels. Portés par la nécessité de se reproduire, l’homme serait ainsi inconsciemment plus réceptif à une femme féconde, et la femme, portée vers un partenaire capable d’assurer la survie de son foyer. Selon la neurobiologiste Lucy Vincent, l’état amoureux serait génétiquement programmé pour durer environ trois ans, le temps nécessaire pour que leur enfant tienne debout. Durant cette période, le cerveau « baigne » dans l’ocytocine, hormone de l’attachement maternel et du renforcement du lien amoureux. Après cette phase d’amour euphorique, le cerveau reprend une activité « normale ». L’amour à long terme peut alors commencer sur la base d’une intimité profonde. Les actes, gestes et paroles d’affection continueront de stimuler la libération d’ocytocine, responsable du sentiment de bien-être que l’on ressent près de son partenaire.
À l’appui de ces recherches, le conseiller conjugal et théologien Olivier Florant souligne la fonction unitive de la sexualité conjugale. En suscitant la confiance, la bienveillance et le don de soi, elle contribue à la qualité du lien qui unit le couple parental et lui permet de durer. À ce titre, le spécialiste met en garde les femmes qui deviennent plus mères qu’épouses. Si la femme est comblée par les soins maternels, le mari peut devenir irritable. L’homme a besoin de continuer à être désiré.
« Si elle veut maintenir de doux liens, prévient Olivier Florant, la femme veillera à solliciter son conjoint dans des actes de tendresse et de respect mutuel. Et à rester active au plan de la sexualité, car c’est elle qui en détient les clés. »
Petits arrangements avec l’amour, de Lucy Vincent, Odile Jacob poches, 202 p., 6,30 €. Ne gâchez pas votre plaisir, il est sacré, d’Olivier Florant, Presses de la Renaissance, 240 p., 18 €.

REPÈRES
Quelques chiffres

251478 mariages ont été enregistrés en France en 2009. Soit une baisse de 5,2 % par rapport à 2008. • 134000 couples ont divorcé en 2007, soit une augmentation de 12 % par rapport à 1996. • 175000 couples ont choisi le pacte civil de solidarité (pacs) en 2009. Soit une hausse de 20 % par rapport à 2008. On compte deux pacs pour trois mariages.
Quelques adresses

Conseil conjugal

AFCCC. Association française des centres de consultation conjugale. TÉL.: 01.46.70.88.44.
L’école du couple. Anne et Jean-Paul Sauzède-Lagarde, Gestalt thérapeutes, proposent des thérapies de couples. 8, rue de la Madeleine, 30000 Nîmes. TÉL.: 04.66.67.90.05/ 04.66.36.29.10.
Conseil conjugal chrétien


Cler Amour et famille. 65, boulevard de Clichy, 75009 Paris. TÉL.: 01.48.74.87.60.

SITE: www.cler.net Grandir en couple sur le plan spirituel et humain

Équipes Notre-Dame. TÉL.: 01.43.31.96.21. Site: www.equipes-Notre-dame.com

Cana-couples. Sessions pour les couples organisées par la communauté du Chemin Neuf. TÉL.: 04.74.67.28.06. SITE: www.chemin-neuf.org

Consolider son couple

Parcours «Elle et Lui, un couple ça se construit» et conférences organisées par le mouvement chrétien «Parcours alpha» dans les paroisses chrétiennes. TÉL.: 01.82 .28.75.80. SITE: www.elleetlui.org
Quelques livres

L’Art de vivre à deux, de Chantal et Antoine d’Audiffret, Éd. de l’Atelier, 175 p., 18 €.

Chroniques conjugales: pour tous les couples qui s’aiment et qui veulent continuer de s’aimer, d’Yvon Dallaire, Éd. Québécor, 181 p., 17, 90 €.

Le Couple face au temps, de Pascal Duret, 253 p., 25,70 €. Et aussi, du même auteur:

S’aimer quand on n’a pas les mêmes valeurs, 238 p., 17,50 €, tous deux chez Armand Colin.

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