Brève histoire de l’évolution de la statistique appliquée








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Brève histoire de l’évolution de la statistique appliquée

à l’université de Montréal avant 1970
Le monde de la statistique appliquée est un monde souvent oublié et incompris quoique passionnant et fort important. Monsieur Jacques St-Pierre (PhD.1954, Chapel Hill, Caroline du Nord), fonda le Centre de Statistique du département de mathématiques de l’Université de Montréal en 1957. Ce centre était alors une sous-branche du département de mathématiques. Monsieur St-Pierre fit acheter un ordinateur, la ‘fameuse’ LGP 30 du département de mathématiques. Celle-ci devait servir aux étudiants de maîtrise et de doctorat pour faciliter et aller plus loin dans leurs analyses de données statistiques que ceux-ci devaient faire. De plus, les autres étudiants du département de mathématiques avaient ainsi l’opportunité de suivre un cours de programmation informatique.
Il y a eu quatre de doctorat en mathématique de 1957 à 1962 dont monsieur Alexis Zinger (PhD 1957)-premier étudiant de l’université de Montréal à obtenir un doctorat en statistiques; il y eut aussi de nombreux étudiants en maîtrise en statistique qui allèrent faire leurs études de doctorat dans des universités anglophones du Canada et dans des université américaines. Parmi ceux qui devinrent professeurs , nommons : André Plante (PhD 1962, U.of T.), Pierre Robillard (PhD 1968, Chapel Hill, N.C.), Robert Cléroux (PhD 1965, UdeM).
Au début des années 1960, le département de mathématiques de l’université de Montréal ne jugeait pas prioritaire le développement de la statistique. Pour fin de comparaison, même à l’université McGill, la statistique n’était pas très développée au département de mathématiques; c’était dans les sciences biologiques que l’on faisait très activement de la statistique. Ronald Fisher n’était-t-il pas un généticien! Historiquement et en général, la statistique (appliquée ou non) s’est développée dans les départements de mathématiques. Ce n’est que beaucoup plus tard que l’on réussit à adjoindre le nom de statistique au nom des départements de mathématiques et aussi à créer des départements autonomes de statistiques. Par exemple, le baccalauréat en statistique de l’Université Laval a été créé en 1980 grâce aux efforts de messieurs Robert Côté et Philippe Capéraâ. Tout de fois n’oublions pas qu’à cette époque, la statistique se développait aussi dans les départements de biologie (Jolicoeur), économie (Matuchevsky) et que le département de sociologie a développé un centre de sondages.


Avec l’arrivée de madame Constance van Eeden et de monsieur Charles Kraft en 1965,la concentration en statistique est devenue plus visible : la statistique-mathématique prenait son essor. Remarquons que la concentration en statistique existait auparavant et que monsieur St-Pierre était davantage intéressé par la statistique appliquée, ce qui n’empêchait pas l’harmonie de régner entre tous les statisticiens. Madame van Eeden a fait épanouir la facette mathématique des statistiques c.à.d. les statistiques mathématiques. Elle a dirigé de nombreux doctorats et maîtrises. Soulignons aussi que l’intuition statistique de monsieur Kraft était remarquable et la matière enseignée dans ses cours apportait des connaissances exceptionnelles aux étudiants.
En 1966, Monsieur St-Pierre désirait que le Centre de Calcul (créé en 1964) soit accompagné d’un département d’informatique dont la vocation serait l’enseignement et la recherche en informatique. Celui-ci voulait associer dans un même département, les domaines de la recherche opérationnelle, de la statistique appliquée et de l’informatique. Le département de recherche opérationnelle et d’informatique fut alors créé en compagnie de messieurs Pierre Robert et Gabriel Thierrin du département de mathématiques. Initialement ce département portait le nom de département d’informatique même si l’on y faisait aussi des travaux de recherches opérationnelles.
Quant l’idée fut lancée d’ouvrir un département d’informatique et de recherche opérationnelle, le département de mathématiques s’y opposa. ‘Vous êtes des fous’ leur dit-on! ‘L’informatique, c’est de la cuisine!’ ‘Vous allez vous casser le cou!’ ‘La statistique appliquée, c’est bon pour les tourneurs de manivelle’. En 1975, le professeur Donald Knuth (Standford University) voulu même donner en exergue au livre ‘Mariage Stable’, une citation humoristique reliant cuisine et informatique; ce livre fut écrit à partir des conférences que celui-ci donna dans une série de séminaires Eisenstdat. Remarquons que celui-ci avait intégré des analyses statistiques sur la performance des algorithmes dans sa nouvelle théorie qu’il présentait à l’Université de Montréal (nombre moyen d’itérations, variance, etc.).
Le premier département d’informatique au Québec était créé. Ce fut le début d’un succès qui continue toujours à faire son nom. Le rêve des statisticiens appliqués étaient réalisés. Pierre Robillard , Robert Cléroux, Urs Maag (PhD 1965, U.ofT.), tous dévoués à la statistique appliquée, associèrent statistique, application et informatique. D’autres professeurs de statistique se rajoutèrent à cette équipe et de nombreux doctorats y furent décernés. Le retour de ces statisticiens au département de mathématiques ne s’est fait que récemment en 1994.
Monsieur St-Pierre fut aussi le premier président de la Société Statistique de Montréal dont un des buts étaient d’établir des liens entre les statisticiens des universités et des industries de la région de Montréal.

Je peux rendre compte de la pertinence des cours que l’on y donnait et rendre hommage, par la présente, au regretté professeur Robillard qui m’a donné un cours sur l’analyse des données en 1974. Je crois être la seule professeure en statistique qui fut auparavant son étudiante et qui puisse lui rendre cet hommage. Monsieur Robillard rapportait de Chapel Hill les plus récents développements en statistique appliquée. Dans son cours en 1974, on y étudiait entre autre, l’estimation des fonctions de densité, le clustering, le positionnement multidimesionnel métrique et non métrique (metric et non metric multidimensional scaling), etc.. On utilisait l’ordinateur pour analyser des ensembles de données réelles fort intéressants (sur la jurisprudence, sur la philosophie, etc.); on implantait les différentes méthodologies sur l’ordinateur, on faisait des graphiques, on faisait des rapports d’analyse de données. C’était ce que l’on appelle de nos jours un cours de forage de données. Remarquons que messieurs Marc More, Christain Genest et David Bellhouse ont déjà fait des compte-rendus des activités de monsieur Robillard pour la Société Statistique du Canada.
Celui-ci est décédé trop tôt. La statistique appliquée aurait eu un tout autre envol dans le Québec si la vie de monsieur Robillard s’était prolongée. Je crois même que mes compatriotes d’autres universités en auraient été jaloux. En effet, je crois que c’est beaucoup plus tard que, dans les autres universités, on a enseigné ces différents sujets. Remarquons que le fait que la statistique et informatique était unie dans un même département facilitait l’utilisation de l’ordinateur par les étudiants.
Comme dernière remarque sur la statistique appliquée : le Bureau de la statistique du Québec a été créé en 1913.

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Biographie de Pascale Rousseau
Après avoir terminé mon baccalauréat en mathématiques en 1962, je pris 10 ans pour fonder une famille de trois enfants. Puis, je revins faire ma maîtrise en statistique au département de mathématiques de l’université de Montréal (1974) et obtins mon doctorat en 1978 au département d’informatique et de recherches opérationnelles (sous la direction de David Sankoff, attaché au centre de recherches mathématiques). Ma thèse de doctorat portait sur l’analyse statistique des données binaires : le but étaient de résoudre un problème pratique provenant de la linguistique. Des développements théoriques en statistique ont été élaborés, puis ils furent appliqués en linguistique. Ce qui nécessita de la programmation mathématique et informatique afin d’implanter cette méthodologie sur ordinateur. Des discussions, sur les résultats obtenus, avec la linguiste Suzanne Laberge eurent lieu afin de confirmer la pertinence des analyses. Mon domaine de recherches est en analyse de données multidimensionnelles depuis le début de ma carrière.

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