Leçon 1 18 novembre








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03 février 1954 Table des séances



Nous sommes arrivés la dernière fois à un point où, en somme, nous nous demandions :

quelle est la nature de la résistance ?
Je voudrais aujourd'hui faire quelques remarques, vous induire dans un cer­tain mode d'appréhension

d'un phénomène pris au niveau de l'expérience,

au moment où quelque chose, comme vous allez voir, par rapport à une certaine façon de traiter

notre vocabulaire, qui est à plusieurs faces…

ce qui ne veut pas dire qu'il y ait ambiguïté

…je voudrais vous faire voir d'une certaine façon où nous pouvons reconnaître à la source ce qui apparaît…

dans l'expérience orien­tée vers l'analyse

…être la résistance.
Vous avez bien senti l'ambiguïté…

et pas seulement la complexité

…de notre approche par rapport à ce phénomène

qu'on peut appeler de résistance.
Il nous semble par plusieurs témoignages,

par plusieurs formulations de FREUD que la résistance émane de ce qui est à révéler, de ce qu'on appelle

en d'autres termes le refoulé, le verdrängt, ou encore l'unterdrückt.
Les premiers traducteurs ont traduit unterdrückt par étouffé, c'est bien mou. Est–ce la même chose l'un et l'autre, verdrängt ou unterdrückt ?
Nous n'allons pas entrer dans ces détails.

Nous ne verrons cela que quand nous aurons commencé

à saisir, à voir s'établir les perspectives,

les distinctions entre ces phénomènes.

Je voudrais vous amener aujourd'hui à quelque chose qui me paraît…

dans les textes mêmes que nous avons

commentés, ces petits Écrits techniques

…qui me paraît être un de ces points où

la perspective s'établit.
Avant de manier le voca­bulaire, comme toujours,

il s'agit d'essayer de comprendre,

d'être dans un endroit où les choses s'ordonnent.
À la présentation de malades du vendredi, je vous ai annoncé quelque chose et je vais essayer de tenir ma promesse.

Voyez–vous, il y a quelque chose qui au beau milieu de ce recueil s'appelle La dynamique du transfert 8.
Comme tous les articles traduits dans ce recueil,

on ne peut pas dire que nous ayons lieu d'être entièrement satisfaits de cette traduc­tion.

Il y a de singulières inexactitudes qui vont jusqu'aux limites de l'impro­priété.
Il y en a d'étonnantes, et elles vont toutes dans

le même sens qui est d'effacer les arêtes du texte.

À ceux qui savent l'allemand, je ne saurais trop recommander de se reporter au texte allemand.

Ils verront beaucoup de choses dans cet article

sur la dynamique du transfert.
Il y a beaucoup à dire sur le plan de la traduction, et en particulier une coupure, un point mis à l'avant–dernière ligne, qui isole une toute petite phrase qui a l'air de venir là on ne sait pourquoi :
« Enfin rappelonsnous que nul ne peut être tué « in absentia » ou « in effigie ». »
alors que dans le texte allemand, c'est :
[ Es ist unleugbar, dass die Bezwingung der Übertragungs­phänomene dem Psychoanalytiker die grössten Schwierigkeiten bereitet, aber man darf nicht vergessen, dass gerade sie uns den unschätzbaren Dienst erweisen, die verborgenen und vergessenen Liebesregungen der Kranken aktuell und manifest zu machen, denn schliesslich kann niemand in absentia oder in effigie erschlagen werden. ]
« …car il faut se rappeler que nul ne peut être tué in absentia ou in effigie. »

C'est articulé à la dernière phrase.

Alors qu'isolée cette phrase semble incompréhensible, la phrase de FREUD est parfaitement arti­culée.

Ce passage, que je vous ai annoncé comme étant particulièrement significatif, je veux vous le lire.

Il semble qu'il s'articule directement avec ce à quoi j'ai essayé de vous introduire en vous rappelant ce passage important des Studien dans l'article sur la psychothérapie où il s'agit de cette résistance rencontrée par approximation dans le sens radial, comme dit FREUD, du discours du sujet quand il se rapproche du noyau profond, ce que FREUD appelle le noyau patho­gène.

C'est ennuyeux de devoir le lire en français.
[Verfolgt man nun einen pathogenen Komplex von seiner (entweder als Symptom auffälligen oder auch ganz unscheinbaren).]
« Étudions un complexe pathogène dans sa manifestation parfois très appa­rente

et parfois presque imperceptible
Si l'on sait le texte allemand, on peut traduire à la rigueur par « sa manifestation » mais « parfois très apparente et par­fois… » en allemand, c'est entre parenthèses.
ou bien apparent comme symp­tôme, ou bien tout à fait impossible à appréhender,

tout à fait non manifeste. »
Il s'agit de la façon dont le complexe se traduit,

et c'est de cette traduction du complexe qu'il s'agit quand on dit qu'elle est apparente ou qu'elle est imperceptible.

Ce n'est pas la même chose que de dire

que le complexe, lui… Il y a un déplacement qui suffit à donner une espèce de flottement.
[ Vertretung im Bewussten gegen seine Wurzel im Unbewussten hin, so wird man bald in eine Region kommen, wo der Widerstand sich so deutlich geltend macht, dass der nächste Einfall ihm Rechnung tragen und als Kompromiss zwischen seinen Anforderungen und denen der Forschungsarbeit, erscheinen muss. ]
« Depuis sa manifestation dans le conscient jusqu'à ses racines dans l'in­conscient, nous parvenons bientôt dans une région où la résistance se fait si nettement sentir que l'association qui surgit alors en porte la marque

(De cette résistance)

et nous apparaît comme un compromis entre les exigences de cette résistance

et celles du travail d'investigation. »
Ce n'est pas tout à fait « l'association qui surgit », c'est nächste Einfall, la plus proche, la prochaine association.

Enfin, le sens est conservé.

[ Hier tritt nun nach dem Zeugnis der Erfahrung die Übertragung ein. Wenn irgend etwas aus dem Komplexstoff (dem Inhalt des Komplexes) sich dazu eignet, auf die Person des Arztes übertragen zu werden, so stellt sich diese Übertragung her, ergibt den nächsten Ein­fall und kündigt sich durch die Anzeichen eines Widerstandes, etwa durch eine Stockung, an. Wir schliessen aus dieser Erfahrung, dass diese Übertragungsidee darum vor allen anderen Einfallsmöglichkeiten zum Bewusstsein durchgedrungen ist, weil sie auch dem Widerstände Genüge tut. ]
« L'expérience – là est le point capital – montre que c'est ici que surgit le trans­fert, lorsque quelque chose parmi les éléments du complexe, dans le contenu de celuici, est susceptible

de se reporter sur la personne du médecin, le trans­fert a lieu, fournit l'idée suivante et se manifeste sous forme d'une résistance, d'un arrêt des associations par exemple. De pareilles expériences nous ensei­gnent que l'idée de transfert est parvenue de préférence à toutes les autres associations possibles à se glisser jusqu'au conscient, justement parce qu'elle satisfait la résistance. »
Ceci est mis par FREUD en italique.
[ Ein solcher Vorgang wiederholt sich im Verlaufe einer Analyse ungezählte Male. Immer wieder wird, wenn man sich einem pathogenen Komplex annähert, zuerst der zur Übertragung befähigte Anteil des Komplexes ins Bewusstsein vorgeschoben und mit der grössten Hartnäckigkeit verteidigt. ]
« Un fait de ce genre se reproduit un nombre incalculable de fois au cours d'une analyse, toutes les fois qu'on se rapproche d'un complexe pathogène, c'est d'abord la partie

du complexe pouvant venir comme transfert qui se trouve poussée vers le conscient

et que le patient s'obstine à défendre avec la plus grande ténacité. »
Donc les deux éléments de ce paragraphe à mettre

en relief sont ceux–ci :



  • « Nous arrivons bientôt dans une région où la résistance se fait nettement sentir. »


Nous sommes donc dans le registre où cette résistance propre émane du pro­cessus même, l'approximation, si je puis dire, du discours.


  • Deuxièmement « L'expérience montre que c'est ici que surgit le transfert. »



  • Et troisièmement, le transfert se produit :


« justement parce qu'il satisfait la résistance. »


  • Quatrièmement :


« Un fait de ce genre se reproduit un nombre incalculable de fois

au cours d'une psychanalyse. »
Il s'agit bien d'un phénomène observable, sensible, dans l'analyse.

Et cette partie du complexe qui s'est manifestée

sous la forme transfert se trouve :
« poussée vers le conscient » à ce moment–là,

et « le patient s'obstine à la défendre avec la plus grande ténacité. »
Ici s'accroche une note qui va mettre en relief

le phénomène dont il s'agit, ce phénomène qui est en effet observable, quelquefois avec une pureté vraiment extraordinaire, et que nous marque sans aucun doute l'ordre d'interventions suggéré par la pratique, l'indication, les recettes qui peuvent nous avoir été transmises, celles–là directement émanées d'un autre texte de FREUD [éd. Puf, p.52 ] :
[[Fußnote] Woraus man aber nicht allgemein auf eine besondere pathogene Bedeutsamkeit des zum Übertragungswiderstand gewählten Elementes schließen darf. Wenn in einer Schlacht um den Besitz eines gewissen Kirchleins oder eines einzelnen Gehöfts mit besonderer Erbitterung gestritten wird, braucht man nicht anzunehmen, daß die Kirche etwa ein Nationalheiligtum sei oder daß das Haus den Armeeschatz berge. Der Wert der Objekte kann ein bloß taktischer sein, vielleicht nur in dieser einen Schlacht zur Geltung kommen..]

« Quand le patient se tait, il y a toutes les chances que ce tarissement de son discours

soit dû à quelque pensée qui se rapporte à l'analyste. »
Ce à quoi, dans un maniement technique qui n'est pas rare, mais tout de même nous avons appris chez

nos élèves à mesurer, à réfréner, ceci se traduit fré­quemment par la question suivante :
« Sans doute avez–vous quelque idée qui plus ou moins se rapporte à moi

ou quelque chose qui n'en est pas loin ? »
Cette sollicitation va en effet dans certains cas cristalliser les discours du patient dans quelques remarques qui concernent soit la tournure, soit la figure, soit le mobilier, soit la façon dont l'analyste

a accueilli le patient ce jour–là et ainsi de suite.
Mais bien entendu ceci n'est pas sans être fondé.

En effet, quelque chose peut habiter à ce moment–là l'esprit du patient qui est de cet ordre.
Et il y a une grande variété de relations établies dans ce qu'on peut ainsi extraire en incitant

le patient à diriger le cours de ses associations,

en les focalisant sur une certaine orientation.

Il y a déjà là une grande diversité.
Mais l'on observe…

parmi ce « nombre incalculable de fois »

…quelquefois quelque chose qui est infiniment plus pur, c'est qu'au moment où il semble prêt à se manifester, à formuler quelque chose qui soit plus près,

plus authentique, plus brûlant que cela n'a jamais été atteint au cours de la vérité du sujet,

le sujet s'in­terrompt et est capable dans certains cas de manifester, de formuler en paroles,

comme quelque chose qui peut être ceci :
« Je réalise – dit–il soudain, à ce moment – le fait de votre présence. »
C'est une chose qui m'est arrivée plus d'une fois dans mon expérience, et à quoi – je pense –

les analystes peuvent facilement apporter

leur témoignage d'un phénomène semblable.
Il y a là quelque chose qui s'établit en connexion avec la manifestation sen­sible, concrète de la résistance qui parmi tous ces faits intervient

en fonction du transfert, au niveau du tissu même

de notre expérience.
Il y a là quelque chose qui prend une valeur en quelque sorte tout à fait élective parce que le sujet res­sent lui–même comme une sorte de brusque virage du discours.
Il n'est pas capable, en raison même de l'aspect caractéristique pour lui subjectivement du phénomène, d'en donner quelque témoignage, mais en même temps, ce témoi­gnage, il le manifeste comme l'expression

de quelque chose d'autre, d'un subit tournant qui

le fait passer d'un versant à l'autre du discours,

et on pourrait presque dire d'un accent à un autre

de la fonction de la parole.
Je vais reprendre.

J'ai voulu simplement tout de suite mettre devant vous le phénomène bien centré, focalisé,

tel que je le considère comme éclairant notre propos aujourd'hui, et le point qui va nous permettre de repartir pour poser certaines questions.
Je veux, avant de poursuivre cette marche, me réarrêter

au texte de FREUD, pour bien vous montrer combien,

au moment où FREUD lui–même nous le signale, ce dont je vous parle est la même chose que ce dont il parle.
Je veux, bien vous montrer qu'il faut que vous vous dégagiez pour un instant de l'idée que la résistance est quelque chose qui est cohérent avec toute cette construction qui fait que l'inconscient est…

dans un sujet donné, à un moment donné

…contenu et – comme on dit – refoulé.
Il s'agit d'un phénomène que FREUD localise, focalise dans l'expérience ana­lytique, quelle que soit l'extension que nous puissions donner ultérieurement au terme de résistance dans ses rapports,

sa connexion avec l'ensemble des défenses,

et c'est pour cela que la petite note [éd. Puf p.55 ]

que je vais adjoindre à la lecture est importante.
Là, FREUD met les points sur les i :
[[Fußnote] Woraus man aber nicht allgemein auf eine besondere pathogene Bedeut­samkeit des zum Übertragungswiderstand gewählten Elementes schliessen darf. Wenn in einer Schlacht um den Besitz eines gewissen Kirchleins oder eines einzelnen Gehöfts mit besonderer Erbitterung gestritten wird, braucht man nicht anzunehmen, dass die Kirche etwa ein Nationalheiligtum sei, oder dass das Haus den Armeeschatz berge. Der Wert der Objekte kann ein blos taktischer sein, vielleicht nur in dieser einen Schlacht zur Geltung kommen. ]
« Il ne faudrait pas conclure cependant à une importance pathogénique
C'est bien ce que je suis en train de vous dire,

il ne s'agit pas de ce qui est important dans

le sujet en tant que nous faisons après coup la notion de ce qui a motivé – au sens profond du terme – motivé les étapes de son développement.

à une importance pathogénique particulièrement grande de l'élément choisi en vue de la résistance de transfert. Quand au cours d'une bataille les combattants se disputent avec acharnement

la possession de quelque petit clocher, ou de quelque ferme, nous n'en déduisons pas que cette église est un sanctuaire national ou que la ferme abrite les trésors de l'armée. Là l'intérêt des lieux peut être tactique et n'exister que pour ce seul combat. »
Vous voyez bien le phénomène dont il s'agit,

c'est quelque chose en rapport avec ce mouvement

par où le sujet s'avoue.

Dans ce mouvement FREUD nous dit qu'il apparaît quelque chose qui est résistance.

Quand cette résistance devient trop forte,

c'est à ce moment que surgit le transfert.
C'est un fait, il ne dit pas « phénomène », le texte de FREUD est précis. S'il avait dit « apparaît un phénomène de transfert », il l'aurait mis, mais là il ne l'a pas mis.
Et la preuve qu'il l'aurait mis, c'est qu'à la fin de ce texte, dans la dernière phrase, celle qui commence en français par :
« Avouons que rien n'est plus difficile en analyse
on a traduit en français :
que de vaincre les résistances »
tandis que le texte dit :
[ Es ist unleugbar, dass die Bezwingung der Übertragungs­phänomene dem Psychoanalytiker die grössten Schwierigkeiten bereitet, aber man darf nicht vergessen, dass gerade sie uns den unschätzbaren Dienst erweisen, die verborgenen und vergessenen Liebesregungen der Kranken aktuell und manifest zu machen, denn schliesslich kann niemand in absentia oder in effigie erschlagen werden
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