Leçon 1 18 novembre








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35, une ignorance docte,

ce qui veut dire non pas savante mais formelle,

et c'est par là qu'elle peut être, pour le sujet, formante.
La tentation est évidemment grande…

parce qu'elle est dans l'air du temps, et peut–être pas absolument sans rapport avec la façon dont je l'ai située tout à l'heure, par rapport à la haine

…c'est que l'ignorantia docta devient facilement ce que

j'ai appelé, ce n'est pas d'hier, une ignorantia docens.
Si le psychanalyste croit savoir quelque chose,

en psychologie par exemple, c'est pour lui déjà

le commencement de sa perte, pour la bonne raison

que tout le monde sait qu'en psychologie personne

ne sait grand–chose, sauf exactement dans la mesure où la psychologie elle–même est, sur l'être humain,

une erreur de perspective.
Voilà ce que signifie l'introduction de cette triade

au niveau de la réalisation de l'être dans la fonction de la parole,

et très proprement dans la dialectique où nous engageons l'analysé dans l'analyse.
Il faudrait remanier cela sous toutes les formes,

et sous des formes d'exemples absolument cruciaux,

et destinés juste­ment à changer les qualifications que vous donnez à tout instant à ce qui se pro­duit dans cette dimension de l'être, parce que vous le mettez malgré vous dans une fausse perspective,

dans la perspective d'un faux savoir.
Il faut prendre des exemples tout à fait banaux, communs.

Il faut tout de même bien vous apercevoir que quand l'homme dit « je suis », ou « je serai », voire « j'aurai été », ou « je veux être », il y a toujours un saut, un élément

de béance radicale.
Il est tout à fait aussi extravagant par rapport

à la réalité de dire « je suis psychanalyste », que de dire

« je suis roi ». L'un et l'autre sont pourtant des affirmations entièrement valables, et que rien jamais ne justi­fie, dans l'ordre de ce qu'on peut appeler

la mesure des capacités, le fait qu'un homme assume ce qui d'ailleurs lui est conféré par d'autres, en fonction de toute une série de légitimations symboliques, qui échappent entièrement à l'ordre des habilitations capacitaires, si je puis dire.
Quand un homme refuse d'être roi, c'est quelque chose

qui n'a pas du tout la même valeur que quand il l'accepte.

Ce n'est pas du tout symétrique.

Par là même qu'il refuse, il ne l'est pas.

Il est un petit bourgeois, par exemple, voyez par exemple le Duc de WINDSOR. L'homme qui, au bord d'être investi de la digni­fication de la couronne, dit « Je veux vivre avec la femme que j'aime », par là même

reste en deçà du domaine d'être roi.
Mais quand l'homme se dit…

et l'étant, en l'étant en fonction d'un certain système de relations symboliques

…dit « je suis roi », ce n'est pas quelque chose qui est simplement de l'ordre de l'acceptation d'une fonction.
Ce n'est pas dans l'ordre de la captation que cela

se juge : cela change d'une minute à l'autre le sens de tout ce qu'il est, si vous voulez, justement

dans l'ordre des qualifica­tions psychologiques.
Cela donne un sens complètement différent

à ses pas­sions, à ses desseins, à sa sottise, même.
Tout devient, du seul fait qu'il est à partir de

ce moment–là roi, d'autres fonctions, des fonctions royales.

Son intelligence devient tout à fait autre chose, dans le registre de la royauté, ses incapacités également, elles deviennent fondations d'un autre ordre, elles deviennent par elles–mêmes polarisations, structurations, de toute une série de destins autour de lui qui sont profondément modifiés dans leur sens, pour la raison que l'autorité royale est exercée selon tel ou tel mode par le personnage qui en est investi.
Ceci se rencontre au petit pied tous les jours, le fait qu'un monsieur qui a des qualités fort médiocres,

et qui montrerait toutes sortes d'inconvénients dans tel ou tel emploi inférieur, soit élevé à ce qui est…

plus ou moins camouflé, mais tou­jours présent

une investiture en quelque façon souveraine dans un domaine si limité soit–il, change du tout au tout, vous n'avez qu'à l'observer, tous les jours, couramment, la portée autant de ses forces que de ses faiblesses, et peut curieu­sement en inverser le rapport.
C'est aussi bien pourquoi…

je ne sais pas si vous remarquez

…ceci se voit dans une façon effacée, non avouée, dans le monde même que ce qui constitue les habilitations, les examens…
Pourquoi…

depuis le temps que nous sommes deve­nus

de si forts psychologues

…n'avons–nous pas réduit les franchissements divers qui avaient autrefois une valeur initiatique de barrières : licences, agrégations ?
Pourquoi, à partir du moment où tout d'un coup nous aurions aboli tout à fait cette qualité d'investiture, ne la réduirions–nous pas à une sorte de totalisation du travail acquis, des notes ou des points enregistrés dans l'année, ou même à un pur et simple ensemble

de tests ou d'épreuves, où on mesurerait ce

qu'on pourrait appeler la capacité de tel ou tel ?
Pourquoi est–ce qu'on garde à ces exa­mens, je ne sais quel caractère qui, dans cette perspective, examen ou concours, garde ce caractère archaïque en fin de compte, avec tous ces éléments autour desquels

nous nous insurgeons…

à la façon des gens qui tapent aux murailles

de la prison qu'ils ont eux–mêmes construite

…tous ces éléments de hasard, voire de faveur,

et tout ce qui s'ensuit ?
C'est simplement parce qu'un concours, en tant

qu'il revêt le sujet d'une certaine qualification

qui est symbolique, ne peut pas avoir la structure entièrement rationalisée de ce que j'appellerai

tout à l'heure la totalisation d'un certain nombre

de choses qui se mesurent dans le registre pure­ment

de l'addition de la quantité.
Alors quand nous rencontrons ça, nous faisons

des découvertes, parce que naturellement nous sommes des malins, nous disons : « Mais oui, on va faire un grand article psychanalytique, pour montrer le caractère initiatique de l'exa­men. »
Évidemment… C'est évident !

C'est heureux qu'on s'aperçoive !

Qu'il est malheureux qu'en s'en apercevant le psychanalyste ne l'explique pas toujours très bien.
Il fait une découverte partielle. Il est obligé

de l'expliquer en termes d'« omnipotence de la pensée »,

de « pensée magique » et autres choses. Alors que c'est simplement la dimension du symbole en tant que fondamental.
Ai–je suffisamment répondu à Mme AUBRY.

Peut–être un peu rapidement ?

Qui a d'autres questions à me poser ?
BEJARANO, esprit fécond et astucieux ?
Angelo BEJARANO
Je pense à un exemple concret, le cas Dora, dans lequel on ver­rait la figuration… Il faudrait dans le cas Dora, à un moment crucial essayer de nous montrer comment les différents registres sont suivis, passés…
LACAN
Dans le cas Dora…

puisque vous proposez le cas Dora

…on reste un peu à la porte de ça, mais on peut

quand même vous expliquer un peu les choses.
Je voudrais quand même…

puisque je suis arrivé, grâce aux questions posées,

à pousser aujourd'hui assez loin ce discours

…pouvoir peut–être, à l'intérieur de ça, vous situer le cas Dora.
Reprenons le schéma…

Schéma, ou plutôt symbole.

Pour reprendre la question du transfert dans son ensemble et apporter une sorte de formule conclusive, qui est une autre façon de présenter la question, nous dirons ceci :

à l'intérieur de l'expérience instaurée par les premières découvertes de FREUD sur le trépied :

rêve, psychopathologie de la vie quotidienne, trait d'esprit,

qui est toujours…

ce que je vous ai expliqué

…la parole qui s'avère au–delà de ce discours,

qui est incluse dans ce quelque chose qui est essentiellement analogue à ce qui en forme le quatrième élément, de ce trépied : rêve, lapsus, trait d'esprit,

qui est le symptôme qui lui aussi, est un mode de rapport sur la base de l'organisme en tant qu'il peut servir non pas de verbum, lui…

puisqu'il n'est pas fait de phonèmes

…mais de signum, si vous vous souvenez des différentes sphères incluses du texte d'AUGUSTIN.
À l'intérieur de ça et avec un retard, FREUD lui–même a dit avoir été apeuré, quand on isole le phénomène du transfert…

et on l'isole pour autant

qu'on ne l'a pas reconnu

…que de ce fait il a opéré comme obstacle au traitement, et en le reconnaissant, c'est la même chose :

on s'aperçoit qu'il est le meilleur appui du traitement.
C'est–à–dire que c'est FREUD qui s'en aperçoit…

Ça ne veut pas dire qu'il ne l'avait pas déjà désigné.
Dans la Traumdeutung, il y a déjà une définition

de l'Übertragung, et justement en fonction de ce double niveau de la parole.
Vous vous souvenez ce passage de la Traumdeutung

que je vous ai dit, c'est pré­cisément en tant :



  • qu'il y a des parties du discours désinvesties de significations,



  • qu'une autre signification vient les prendre par derrière, qui est la signification inconsciente.


C'est à propos du rêve qu'il le montre.

C'est encore plus clair. Je vous l'ai montré

par des exemples, dans les lapsus tout à fait éclatants…

Je n'en ai malheureusement que peu parlé cette année.
C'est quelque chose de tout à fait spécial, puisque c'est la face, si on peut dire, radicale de non–sens qu'il y a juste­ment derrière tout sens, car il y a

un point où, forcément, le sens émerge et est créé.
Mais en son point où il est créé, l'homme peut très bien sentir qu'il est en même temps anéanti,

que c'est même parce qu'il est anéanti qu'il est créé.
La fonction du trait d'esprit est exactement l'irruption du non–sens dans un dis­cours qui a l'air d'en avoir un, et l'irruption calculée.
Octave MANNONI – Le point ombilical de la parole.
LACAN
Exactement !

De même qu'il y a un ombilic du rêve, qui est, lui,

extrê­mement confus. Inversement, dans le trait d'esprit il y a un ombilic parfaite­ment aigu, en fin de compte : le Witz.

Et ce qui en exprime l'essence la plus radicale, c'est le non–sens.
Eh bien, ce transfert, nous nous apercevons

qu'il est d'abord notre appui.
Je vous ai donné, non pas dans un développement chronologique et histo­rique, mais vous ai montré trois directions dans lesquelles il est compris

par les différents auteurs.
Et en vous donnant cette tripartition, qui a un certain carac­tère didactique, arbitraire, mais ça doit vous permettre de vous retrouver et de vous retrouver dans les tendances actuelles de ce qu'on appelle

de l'analyse, à savoir que ça n'est pas brillant !
En somme, nous pouvons prendre notre division : l'imaginaire, le réel, le symbolique.

Il y a une certaine façon de comprendre le phénomène du transfert par rapport au réel, c'est–à–dire en tant que phénomène actuel. On a cru casser une grande vitre en parlant de l'hic et nunc, et que toute l'analyse doit porter sur l'hic et nunc. On croit avoir trouvé quelque chose d'éblouissant, avoir fait un pas hardi.
Mais nous trouvons des gens dans le genre d’EZRIEL qui écrivent des choses touchantes, qui enfoncent des portes ouvertes. Bien entendu, le transfert est là.
Il s'agit simplement de savoir ce que c'est.

Si nous le prenons sur le plan du réel voilà ce que ça donne : ça veut dire que c'est un réel qui n'est pas réel. C'est ce qu'on appelle un illusoire :

c'est tout à fait réel que le sujet est là, en train de me parler de se démêler avec son épicier.

Et par là, en m'en parlant, et en râlant contre son épicier, c'est moi qu'il engueule. C'est un exemple d'EZRIEL, ce n'est pas moi qui l'invente. Bon, c'est fort bien, c'est entendu ! Ce dont il s'agit, c'est justement de lui démontrer qu'il n'y a vraiment aucune raison qu'il m'engueule à propos de son épicier.
Je lui ai montré la distinction qu'il y a entre

ce comportement réel, en tant qu'il est illusoire,

et la situation réelle dont il se détache dans le réel.

Cette grande découverte qu'on a faite récemment

est simplement liée à une impuissance totale d'approfondir

ce que FREUD nous a désigné depuis longtemps

dans le phénomène du transfert.
Et ceci aboutit à quelque chose qui…

comme vous le voyez et quoi qu'on en dise

…a quelque référence aux émotions, à l'affectif,

à l'abréaction et autres termes qui désignent en effet un certain nombre de phénomènes parcellaires qui se passent pendant l'analyse, n'en aboutit pas moins…

je vous le fais remarquer

…à quelque chose d'essentiellement intellec­tuel.
Car en fin de compte, procéder ainsi aboutit

tout à fait directement…

sous une forme qui ne nous apparaît pas

comme telle, parce qu'elle peut vaguement apparaître comme neuve

…à quelque chose qui est tout à fait équivalent

aux pre­mières formes d'endoctrination qui nous scandalisent tellement dans la pre­mière façon d'opérer de FREUD avec ses premiers cas.
Nous apprenons au sujet à se comporter dans le réel. Nous lui montrons qu'il n'est pas à la page.

Si ce n'est pas de l'éducation et de l'endoctrination, je me demande ce que c'est.
Bien entendu, ça ne touche pas au fond du phénomène, cette façon de prendre les choses d'une façon essentiellement superficielle, que peut s'autoriser FREUD comme étant une source du transfert, à savoir la réédition, il l'a dit : abrégée, mais modifiée, corrigée. Et c'est là que commence le problème.

Wladimir GRANOFF
C'est de la position de DE SAUSSURE, dont vous parlez ?
LACAN
Laissons DE SAUSSURE tranquille.

Ce n'est pas un personnage qui, même dans l'ordre

de la sottise, soit tellement représentatif.
Il y a une autre façon d'aborder ce problème du transfert.

Il est bien évident que c'est cet étage, ce niveau absolument essentiel, c'est justement celui dont

on ne manque pas, ici, de souligner l'importance,

qui est celui de l'imaginaire, et dans lequel le développement relativement récent de toute l'expérience de com­portements – d'animaux nommément – nous permet d'aborder certainement une structuration plus claire que tout ce que FREUD a pu faire.
Encore que cette dimension est même nommée comme telle – imaginari – existe dans le texte de FREUD,

parce qu'elle ne peut pas être évitée.

C'est exactement pour cela que je vous ai fait étudier cette année l'introduction au narcissisme.
Le rapport du vivant comme tel à ses objets

est justement lié en tant que rapport qu'il désire,

  • à des conditions imaginaires,

  • à des conditions de Gestalt,

…qui situent comme telle, dans le rapport entre vivants, la fonction de l'imaginaire.
Ceci, bien entendu non seulement n'est absolument pas méconnu dans la théorie analytique, mais c'est tellement si universellement présent que,

pour se limiter à des notions aussi bornées que ce qui se passe dans le transfert, il faut se tirer deux volets sur chaque oreille pour ne plus, tout d'un coup, penser ni entendre ce dont il s'agit quand on parle de ce quelque chose d'absolument fon­damental

dans l'expression analytique :

l'identification qui est de ce registre.
Seulement, il s'agit de ne pas l'employer à tort et à travers, et de voir que c'est cet imaginaire par lequel, dans un comportement comme celui du couple animal quelconque, dans la parade sexuelle, par rapport auquel chacun des individus se trouve capté dans une situation justement essentiellement duelle, pour laquelle

le simple examen des phénomènes nous montre

qu'il s'établit, par le truchement, par la fonction de cette relation imaginaire, une certaine sorte d'identification

momentanée sans doute chez l'animal,

liée au cycle instinctuel

…qui nous fait vrai­ment nous apercevoir,

dans toutes les actions liées au moment de la pariade,

de l'appariement des individus, pris dans le cycle du comportement sexuel, qui nous fait toujours apparaître…

au moins dans les espèces observables sur ce point et qui ont servi de fondement à cette élaboration du comportement instinctuel

un registre de parade.
Ce n'est pas la même chose la parade et la pariade,

dans lequel nous voyons justement le sujet s'accorder dans une sorte de lutte imaginaire d'au­tant plus saisissante qu'elle est toujours sur le versant du combat et

de la création, mais que cette régulation imaginaire permet

la plupart du temps, et dans les cas les plus frappants, entre les adversaires, une espèce de régulation à distance qui transforme la lutte en une sorte de temps accordé.
Et que même dans ce qui se passe au moment de

la pariade, dans les actions de lutte entre les mâles,

il y a, à un moment donné, une espèce de choix des rôles, de reconnaissance de la domina­tion de l'adversaire, sans qu'on en vienne,

je ne dirai pas aux mains,

mais aux griffes et aux dents, ni aux piquants,

et qui fait qu'un des partenaires subit,

prend l'attitude passive, subit la domination

de l'adversaire, se dérobe devant lui, adopte

un des rôles, manifestement en fonction de l'autre,

en fonction de ce que l'autre a excipé sur le plan

de la Gestalt, a pris le caractère dominant.
Et sans qu'on soit forcé d'en venir – bien entendu, ça arrive – à une lutte abou­tissant à la destruction d'un adversaire, c'est déjà la régulation imaginaire, qui assure un certain choix à l'intérieur d'une situation totale, et qui est dyadique, essentielle, dans un rapport de l'être à l'image de l'autre comme telle.
Ceci est essentiel pour comprendre quelque chose

à la fonction imaginaire chez l'homme. Parce que c'est à partir de là qu'on peut voir que chez l'homme elle est

à la fois aussi réduite, aussi spécialisée, aussi centrée sur ce que j'appel­lerais l'image spéculaire, et ce qui fait à la fois les impasses et la fonction de cette relation imaginaire.

Je pense tout de même y avoir suffisamment insisté pour pouvoir vous la rap­peler simplement en quelques termes.

À savoir que, si vous voulez que cette image du moi,

qui du seul fait qu'il est image, est un moi idéal qui se forme quelque part et qui résume toute la rela­tion imaginaire chez l'homme qui se produit à un moment

et à une époque où, les fonctions étant inachevées,

elle présente à la fois cette valeur salutaire, assez exprimée dans l'assomption jubilatoire du phénomène du miroir, mais qui est en relation avec un certain déficit de rapport

à l'objet, à une certaine prématu­ration vitale, à une certaine béance mortifère, tout à fait originelle,

et qu'elle lui reste liée dans sa structure.


Cette fonction, il ne la retrouvera sans cesse comme cadre à toutes ses catégo­ries, à toute son appréhension du monde–objet, que par l'intermédiaire de l'autre.
C'est dans l'autre qu'il retrouvera toujours ce moi idéal, cette image de soi, et c'est à partir de là que

se développe toute le dialectique de ses relations à l'autre, et que selon que l'autre sature cette image, c'est–à–dire la remplit, il devient positivement l'objet d'un investissement narcissique, qui est celui de la Verliebtheit.
Rappelez–vous l'exemple de WERTHER, que je vous ai donné, la rencontre de Charlotte au moment

où elle a dans les bras cet enfant :

il tombe en quelque sorte pile dans l'imago narcissique

du jeune héros du roman.
Ou au contraire, ce qui est exactement le même versant, comme frustrant le sujet de son idéal et de sa propre image, et engendrant la tension destructrice maxima.


C'est autour de ce quelque chose qui à un rien près tourne dans un sens ou dans l'autre, qui donne

la clé d'ailleurs des questions que se pose FREUD,

à propos de la transformation possible et subite, précisément dans la Verliebtheit, entre l'amour et la haine.

Il suffit d'un rien pour que ce soit l'un ou l'autre.
C'est autour de ça que tourne le phénomène d'investissement imaginaire, pour autant que nous le voyons jouer un rôle dans le transfert.
Comment allons–nous appeler ce rôle ?

C'est un rôle pivot.

Le transfert…

s'il est vrai qu'il s'établit comme je vous

le dis, dans et par la dimen­sion de la parole

…n'inclut la révélation de ce rapport imaginaire que parvenu en cer­tains points cruciaux de la rencontre parlée avec l'autre, c'est–à–dire avec l'analyste.
C'est dans la mesure où le discours, dénoué

d'un certain nombre de ses conven­tions par la loi dite de la règle fondamentale, se met à jouer

plus ou moins libre­ment…

j'entends « librement » par rapport

aux conventions du discours ordinaire

…d'une façon qui justement permette au sujet d'être au maximum ouvert à cette méprise féconde, par où

la parole plus vraie rejoint le discours de l'erreur.
Mais c'est dans la mesure aussi où cette parole fuit cette révélation, cette méprise féconde

et se développe dans la tromperie.
Je l'ai toujours souligné :

c'est la dimension essentielle qui ne nous permet pas d'éliminer le sujet comme tel de l'expérience,

qui ne nous permet en aucun cas de réduire dans

des termes objectaux, que nous voyons se manifester, selon que la méprise réussit ou ne réussit pas,

la révélation des points qui n'ont pas été intégrés, ont été refusés, ou pour mieux dire refoulés

dans l'assomption, par le sujet, et de son histoire.
C'est en tant que le sujet prend son accord là…

et développe dans le discours analytique quelque chose

qui est sa vérité, son intégration, son his­toire,

et ses tendances, qu'il y a des trous dans cette histoire

…que nous ren­controns quoi ?

Justement les points où s'est produit le quelque chose qui n'a pas été assumé, qui a été refusé, verworfen ou verdrängt :


  • verdrängt, ça veut dire que c'est venu à un moment au discours, et que ça a été rejeté,



  • verwor­fen, ça peut être tout à fait essentiel comme rejet, originel.

La distinction, je vous l'ai indiquée un peu dans l'allusion à L'Homme aux loups. Je ne veux pas m'y étendre pour l'instant.


Mais le phénomène du transfert en tant qu'il rencontre

la cristallisation ima­ginaire, c'est pour autant en quelque sorte qu'il tourne autour, qu'il doit le rejoindre, que c'est de cela qu'il s'agit, que c'est que le sujet retrouve ici (en O') et dans l'autre, la totalisation des divers accidents qui sont arrivés ici (O) dans son histoire, sur le plan imaginaire, des captivations…

ou fixations, comme nous disons

imaginaires, qui ont été inassimilables à l'action de

la parole, à la loi du discours, au développement symbolique de son histoire.



C'est pour cela que le transfert – comme nous dit FREUD – devient essentiel­lement un obstacle quand

il est excessif.
Dans le sens érotique, qu'exprime–t–il ?

Ou dans le sens agressif, ça veut dire quoi ?

Que, si vous voulez, les échos du discours…

qui se répartissent dans cette zone entre O et le miroir B

…se sont approchés trop rapidement, d'une façon anticipée, ont été trop vite trop près du point O', pour qu'il ne se produise pas à ce moment–là,

entre O' et le miroir B, quelque chose de tout à fait critique, qui comme il le dit, évoque au maximum

la résistance, et la résistance sous la forme la plus aiguë, sous laquelle on puisse la voir se manifester, c'est–à–dire, ce qui est un des corrélatifs du

trans­fert trop intense, à savoir : le silence.
Il faut bien dire aussi que si ce moment arrive

en temps utile, en temps opportun, au juste temps,

ce silence est aussi un silence qui prend toute

sa valeur de silence, c'est–à–dire non pas simplement négatif, mais d'un audelà de la parole.
Car je vous ai assez souligné ce qu'aussi représentent

de positif certains moments de silence dans le transfert,

à savoir littéralement l'appréhension la plus aiguë de la présence de l'autre, comme tel.
Je vous prie, à la lumière de ces réflexions,

ou considérations, développe­ments, de relire maintenant…

quand vous m'aurez quitté pour des vacances

que je vous souhaite bonnes

…ces précieux petits textes des Écrits techniques de FREUD.
Relisez–les, et vous verrez à quel point ces textes prendront pour vous un sens nouveau, plus vivant,

et vous verrez ces contradictions apparentes du texte à propos du transfert qui est à la fois résistance

de transfert et moteur de l'ana­lyse.
Vous verrez comme quoi ceci se comprend uniquement dans le rapport de cette dialectique de l'imaginaire

et du symbolique.
Qu'est–ce à dire ?
Il est bien évident que tout ce qui se profère est là, miroir A, du côté du sujet.

Mais que ce qui se profère se fait entendre là en B, du côté de l'analyste, et fait entendre pas seulement pour l'analyste, mais pour le sujet.


Le rapport en écho du discours est le même symétrique que le rapport de l'image par rapport au miroir, que ce dont il s'agit et qui se passe alors sur le plan imaginaire

c'est quelque chose, dont je vous ai

expliqué comment on pouvait le concevoir

…se fond grâce à ce modèle, par rapport à de menus déplacements du miroir, qui permettent justement

de compléter là, dans l'autre, projeté sur l'autre (O'), ce que le sujet, par définition essentiellement méconnaît de son image structurante

ou image du moi qui est là (O).
Pas besoin de vous refaire tout l'appareil optique. Ceux qui n'étaient pas là au moment où je l'ai expliqué en tant que disposition de l'appareil optique : tant pis…

Je crois que vous étiez à peu près tous là !
Qu'est–ce qui se passe ?

Quelque chose qui peut se schématiser ainsi :

le pas­sage, de O à O', la réalisation par le sujet,

la complémentation par le sujet des éléments imaginaires en tant qu'ils ont fixé, pointé, je dirais « capitonné »

son déve­loppement imaginaire, et « capitonné » se rapporte à son expression dans l'ordre symbolique.
C'est–à–dire qu'en certains points le symbole n'a pas pu assimiler ces éléments imaginaires en tant que ça veut dire que c'était traumatique. Il se passe ceci : ce qui vient là de C en O, est ce quelque chose que le sujet assume dans son discours en tant qu'il le fait entendre à l'autre.

Mais vous voyez ce que j'ai fait, une ligne courbe

de B à O, je l'ai fait venir là, en O.

C'est une erreur, car c'est toujours d'un point

qui est là, entre A et O…

qu'il le sache, ou ne le sache pas

…et bien entendu beaucoup plus près de O,

c'est–à–dire de la notion inconsciente de son moi

que n'importe quel point.
Mais justement, c'est de cela qu'il s'agit, de savoir où va se faire l'assomption parlée de cet ego ?

En O’, à mesure qu'il se réalise en son imaginaire O’.
Si vous voulez, c'est là que ce petit schéma peut prendre pour vous toute sa signification essentiellement par rapport à ce registre,

j'espère que vous allez bien entendre, et qui sera

la conclusion de ce que je vous explique aujourd'hui.
Des analystes – non sans mérite – ont exposé que

la technique la plus moderne de l'analyse, celle qui se pare du titre d'analyse des résistances, consiste à déga­ger dans le moi du sujet, à singleout, à isoler

le terme est de BERGLER, et cité dans un article de BERGLER sur le premier stage de la plus prime enfance, auquel j'ai eu à faire allusion à propos de BALINT

…je vous en ai donné à ce moment–là la référence dans l'ego du sujet un certain nombre de patterns pour autant qu'ils se présentent comme mécanismes de défense.
Entendez bien qu'il s'agit là d'une perversion,

à proprement parler radicale de la notion de défense, telle qu'elle a été introduite dans les premiers écrits de FREUD, et réintroduite par lui au moment de

Inhibition, symptôme, angoisse, qui est l'un des articles

les plus dif­ficiles de FREUD, et qui ont prêté

au plus de malentendus.
À l'aide de cette opération, ce dont il s'agit actuellement dans l'analyse, sous le nom d'analyse des résistances, ou analyse de l'ego, c'est très proprement à propos de cette opération…

intellectuelle, alors, celle–là pour le coup, …d'isolement d'un certain nombre de patterns considérés comme tels, comme mécanismes de défense du sujet,

et du sujet par rapport à quoi ?
À l'analyste qui est là pour lui en démontrer

le caractère non pas symbolique, mais d'obstacle à

la révélation d'une sorte d'au–delà qui d'ailleurs n'est pas là qu'en tant qu'au–delà, car…

lisez FENICHEL

…vous verrez à cet égard que tout est également,

peut être également pris sous cet angle de la défense, que si le sujet vous produit à un certain moment, sous la forme la plus élaborée, l'expression de tendances ou de pul­sions dont le caractère sexuel ou agressif est tout à fait avoué, du seul fait qu'il vous les dit, on est très capable de chercher comme au–delà quelque chose de beaucoup plus neutre que ce que la dialectique fait là, tout à fait inversé, comme la célèbre plaisanterie de M. Jean COCTEAU :

il est tout à fait aussi intelligible de dire

à quelqu'un que s'il rêve de parapluie, c'est pour

la raison sexuelle, que de dire que s'il a vu se précipiter sur lui, ou elle, un aigle armé d'intentions agres­sives les plus manifestes, c'est parce qu'il, ou elle, a oublié son parapluie.
Dans cette perspective en effet, puisqu'il s'agit

de défense pour tout ce qui sera présenté d'abord, tout peut toujours et légitimement être considéré comme quelque chose qui doit être ailleurs,

quelque chose qui masque.
Mais, à centrer l'intervention analytique sous ce registre de la levée des patterns, en tant qu'ils cachent cet au–delà, à quoi aboutissons–nous ?
À ceci :

que dans cette sorte d'action il n'y a pas d'autre guide, comme conception normalisante du comportement du sujet, que sera celle de l'analyste, c'est–à–dire cohérente avec l'ego de l'analyste.
Ce sera toujours le modelage d'un ego par un ego, sans aucun doute, par un ego supérieur, comme chacun sait… l'ego de l'analyste, ce n'est pas rien !
Mais ceci est tellement pas rien que c'est abso­lument avoué. À savoir que plus d'un auteur – lisez NUNBERG –

ça n'est pas autre chose que ça, toute la conception que NUNBERG a de la fonction du […] comme étant

le ressort essentiel du traitement, c'est–à–dire d'une bonne volonté de l'ego du sujet qui doit devenir l'allié de l'analyste.

Qu'est–ce que ça veut dire ? Simplement que le nouvel ego du sujet, c'est l'ego de l'analyste.

Et M. HOFFER est là pour nous dire que c'est la fin normale du trai­tement, l'identification à l'ego de l'analyste.
Vous ne voyez pas que c'est dans la mesure où justement tout s'est centré sur cette réalisation

de l'imaginaire, et simplement que nous aboutissons à cette fin dont par ailleurs BALINT nous donne une description émouvante, à l'intérieur du vécu intime du sujet, entre cette réintégration non pas à l'ego idéal, mais de l'ideal du moi, en tant que c'est justement

cette assomption parlée du moi, comme tel, qui est

la fin de l'analyse.
Que le sujet entre dans cet état semi–maniaque que nous dépeint BALINT, dans cette espèce de sublime lâchage, liberté d'une image narcis­sique à travers

ce monde, dont il faut vraiment lui laisser

un peu de temps pour se remettre, pour qu'il retrouve

tout seul les voies du bon sens.
Est–ce que vous ne voyez pas que tout est justement dans ceci ?
Et c'est d'ailleurs ce que nous explique FREUD, justement dans un maintien bien tempéré, lié à

des fonctions essentiellement temporaires, dans un maintien de cette dialec­tique tournante, qui fait passer ce qui est en O en O', et ce qui est entre O'et B, là, en O, qui doit non pas l'amener d'une façon concentrée en ce point O, c’est–à–dire sans progrès du sujet dans son être, mais en une série

de O1, O2, O3, etc., tout ce que vous voudrez, qui

se répartissent d'une certaine façon entre O et A.



Pour le sujet, dans le domaine symbolique et qui s'organise à proprement parler en histoires et en aveux en première personne, et dans une certaine réfé­rence avec quelque chose qui est ici, et qui ne peut être qu'un progrès dans l'ordre même des relations symboliques fondamentales, où l'homme trouve sa place,

c'est–à–dire dans une résolution des arrêts ou

des inhibitions qui consti­tuent le surmoi, dans une réintégration plus pleine de la loi de l'ensemble des systèmes symboliques, à l'intérieur duquel se situe le sujet.
C'est en d'autres termes dans ce qui d'ailleurs a toujours été dit d'une façon plus ou moins confuse, mais qu'on sent bien parce que tout analyste ne peut que le voir dans son expérience, c'est dans

un certain étalement du temps pour com­prendre

ceux qui ont assisté à mon séminaire sur

L'Homme aux loups voient là à quelle référence

je fais allusion. Je ne peux pas trop m'y arrêter aujour­d'hui, mais je le réintroduis ici,

ce « temps pour com­prendre »

…ce « temps pour com­prendre » que vous retrouvez

dans les Écrits techniques de FREUD à propos du Durcharbeiten.
Est–ce que ça veut dire que c'est là quelque chose qui est de l'ordre d'une espèce d'usure psychologique ?
Est–ce que c'est quelque chose…

comme je l'ai dit aussi dans ce que

j'ai écrit sur la parole vide et la parole pleine

…qui est de l'ordre du discours, en tant que travail ?
Oui, sans aucun doute.
Puisque c'est en tant que ce discours se poursuit assez longtemps pour apparaître tout entier pris dans la parenthèse d'une construction de l'ego qu'il peut venir tout d'un coup à se résoudre dans celui

pour lequel il est venu, c'est–à–dire effectivement pour le maître.
C'est–à–dire, du même coup, à choir dans sa valeur interne propre, et à n'apparaître que comme un travail.
Mais qu'est–ce qu'il y a plus loin, et der­rière ça ? Essentiellement ceci, que je n'ai plus qu'à approcher, aborder, faire entrevoir cette année.
C'est–à–dire cette perspective fondamentale que

le concept, c'est le temps. Et en ce sens c'est pour ça qu'on peut dire que le transfert, c'est le concept même

de l'analyse, parce que c'est aussi le temps de l'analyse.
Vous y êtes ?
Octave MANNONI – Pas tout à fait, à la fin.
LACAN
C'est exactement la mesure du temps nécessaire

pour que ce que l'ana­lyse dite des résistances donne au sujet d'une façon anticipée, prématurée, toujours trop pressée en lui dévoilant ce que nous appelions

tout à l'heure, en nous référant à un bon auteur,

les patterns de l'ego, les défenses, les caches.
C'est pour autant que l'expérience nous montre

qu'une telle analyse…

comme FREUD le rapporte,

à un pas­sage précis des Écrits techniques

…ne fait pas faire pour autant un pas de plus au sujet…

FREUD dit : dans ce cas–là, il faut attendre

…s'il faut attendre, c'est extrêmement la mesure

du temps nécessaire pour que le sujet réalise

la dimension dont il s'agit sur le plan du symbole.
C'est–à–dire fasse de la chose vécue en analyse, dans cette espèce de poursuite, de bagarre, ou d'étreinte, que réalise l'analyse des résistances, dégage de cela la durée propre de certains de ces automatismes de répétition, ce qui leur donne en quelque sorte valeur symbolique,

qu'ils en prennent la dimension temporelle,

parce que c'est […] à la dimension conceptuelle.
Octave MANNONI
Je pense que c'est un problème concret.

Par exemple, il y a des obsédés dont la vie est

une attente. Ils font de l'analyse une autre attente.

Et c'est justement ça que je voudrais voir :

pourquoi cette attente de l'analyse reproduit d'une certaine manière l'attente dans la vie et la change ?
LACAN
Oui. Parfaitement, mais cela c'est la même chose que ce qu'on me demandait, on me demandait le cas Dora.
À ce propos, si vous étiez l'année der­nière à ce que je développais sur le sujet de L'Homme aux rats,

vous avez pu vous apercevoir que justement

je vous en ai développé la dialectique

autour du rap­port du maître et de l'esclave.
Qu'est–ce que l'obsédé attend, justement ?

La mort du maître.
Et à quoi lui sert cette attente ?

C'est l'interposition qu'il y a entre lui et la mort.
C'est – cette attente – ce qui pour lui présente toujours comme ça ira au–delà de la mort du maître.
Vous retrouvez cette structure sous toutes ses formes : quand le maître sera mort, tout commencera.

Il a raison :

l'esclave peut jouer à juste titre sur cette attente.
Et si je puis dire, c'est bien pour cela que pour reprendre un mot qu'on attribue à Tristan BERNARD,

au jour où on l'arrêtait pour aller dans le camp

de Dantzig : « Jusqu'ici dans l'angoisse, maintenant nous allons vivre dans l'espoir. »
Le maître, disons–le bien, est dans un rapport beaucoup plus […] par rapport à la mort.
Le maître, à l'état pur peut être dans une position désespérée. Il n'a rien d'autre à attendre que

la mort, puisqu'il n'a rien à attendre de la mort

de son esclave, si ce n'est quelques inconvénients.
Mais par contre, l'esclave a beaucoup à attendre de la mort du maître, qui croit, parce qu'elle n'est pas encore arrivée – car au–delà de la mort du maître il faudra bien qu'il s'affronte

comme tout être pleinement réalisé au sens heideggerien

qu'il s'affronte à la mort, et qu'il assume son « être pour la mort ».
Mais précisément l'obsédé n'assume pas son être pour la mort, il est en sur­sis. Et c'est ce qu'il s'agit de lui montrer. C'est très précisément cela, cette fonc­tion de l'image du maître en tant que tel.
Octave MANNONI – Qui est l'analyste.
LACAN
Bien entendu, qui est incarné dans l'analyste.

C'est la structure propre de l'analyse du monde obsessionnel. Voilà un excellent exemple.
C'est précisément dans les ébauches de mouvement qui doivent se dévelop­per dans une dimension temporelle, les ébauches de mouvement vers la sortie,

dans la mesure où certaines scansions, un certain timing dans les ébauches ima­ginaires vers la sortie, hors de cette prison du maître, a été réalisée un certain nombre de fois, que l'obsédé peut réaliser le concept de ses obsessions. C’est–à–dire ce qu'elles signifient.
Nous trouvons là par exemple la nécessité stricte d'un certain nombre de scansions de cette espèce,

qui pourraient être…

si nous savions étudier ces cas d'une façon correcte

qu'il y a des signes numériques dans chaque cas d'ob­session.
C'est exactement, le même que […] le fameux exemple des trois disques, et pour autant que « le sujet, en pensant la pensée de l'autre, voit dans l'autre l'image et l'ébauche des mêmes mouvements que lui »…

c'est cela qui lui permet de réduire l'obstacle

à l'unité d'un même mouvement

…la signification de ce dont il s'agit à chaque fois que l'autre est exactement le même que lui, à savoir qu'il n'y a pas de maître autre que justement

le maître absolu, la mort.
Mais il lui faut un cer­tain temps pour voir ça.
Parce qu'il est bien trop content d'être esclave, comme tout le monde.


[ Distribution des fétiches éléphants ]

Fin du séminaire


Table des séances

2 Paul Bergman : The Germinal Cell of Freud's.... pp. 265–278… Psy. Q., (1950). Psychiatry. XII, 1949 19:446-447.

Cf. l’article de Jean-Pierre Marcos : « Figure analytique de la responsabilité », in Essaim n°15, 2005/2.

3 Séjour et conférences de Freud en 1909 à la Clark University, Worcester, Massachusetts, sur invitation de son Président

G. Stanley Hall (au centre) en compagnie de K.G. Jung (« le fils spirituel » pour un temps…), E. Jones et S. Ferenczi.

4 Selected Papers on Hysteria and other Psychoneuroses, 1909. (No. 4 of the Nervous and Mental Disease Monograph Series, New York.) ou Studies in Hysteria, by Dr. Joseph Breuer and Dr. Sigmund Freud; authorized translation with an introduction by A.A. Brill ... New York and Washington, Nervous and Mental Disease Publishing Company, 1936.(Nervous and Mental Disease Monograph Series. No. 61)

5 Sigmund Freud : « Constructions dans l’analyse » in « Résultats, idées, problèmes, II », Puf 2002, p.269.

6 S. Freud : La technique psychanalytique, Puf 1953.

7 Annie Reich: On Countertransference, International Journal of Psychoanalysis, XXXII, 1951. Pp. 25–31.

8 S. Freud : Zur Dynamik der Übertragung, « La dynamique du transfert », in « La technique psychanalytique », Puf 1953, p.50.

9 Sigmund Freud: « Weitere Bemerkungen über die Abwehr-Neuropsychosen » (1896). Neurologisches Centralblatt, 1896, N°10 ;

ou « Sammlung kleiner Schriften zur Neurosenlehre », 1922, p. 111.

10 Cf. Ch. VII, 1ère partie : p.423 éd. Puf 1950, p.436 éd. Puf 1967, p.564 éd. Puf 2003.

11 Richard Sterba. « Das Schicksal des Ichs im therapeutischen Verfahren ». International Zeitschrift für Psychoanalyse, 1934, Band XX, pp. 66–73.

12 Sigmund Freud : Die verneinung, Imago, Band 11 (3), 1925, S. 217-21. Gesammelte Werke, Band 14, S. 11-5.

13 Phrase prononcée par Philippe « le hardi », fils du roi de France Jean II le 19 septembre 1356 lors de la bataille de Poitiers.

14 Mélanie Klein : « L'importance de la formation du symbole dans le développement du Moi » (1930), in Essais de psychanalyse, Payot, Paris, 1968, p. 263. Melanie Klein: The importance of symbol-formation in the development of the ego.

15 S. Freud : Abriß der psychoanalyse [1938] ; Abrégé de psychanalyse, (1949), Puf 1970, ch. VII p.39.
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