Leçon 1 18 novembre








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5, où il s'agit encore et toujours de la reconstruction de l'histoire du sujet.
On ne peut pas voir d'exemple plus caractéristique

de la persistance, d'un bout à l'autre de l’œuvre

de FREUD, de ce point de vue central, pivot.

Et il y a presque quelque chose comme une insistance dernière, sur ce thème, dans le fait que FREUD insiste sur cet article.
On peut le considérer comme l'extrait, la pointe,

le dernier mot de ce qui est tout le temps mis en jeu dans une œuvre aussi centrale que L'Homme aux loups,

à savoir :
« Quelle est la valeur de ce qui est reconstruit du passé du sujet ? »
À ce moment–là, on peut dire que FREUD arrive…

on le sent très bien en beaucoup

d'autres points de son œuvre

…arrive à une notion qui, vous l'avez vu, émergeait au cours des derniers entretiens que nous avons eus

le trimestre dernier, et qui est à peu près celle–ci : c'est qu'en fin de compte…

nous dit FREUD

…en fin de compte le fait que le sujet revive, se remémore

au sens intuitif du mot

les événements formateurs de son existence, n'est pas en soimême tellement important.
Il y a des formules tout à fait saisissantes :
« Après tout – écrit Freud – Träume, les rêves, ist auch erinnern, les rêves sont encore

une façon de se souvenir. »
[Träumen ist ja auch ein Erinnern, wenn auch unter den Bedingungen der Nachtzeit und der Traumbildung. Wolfmann, 6 ]
Mais les rêves comme tels.
Et il en écrit bien d'autres sur ce sujet.

Il va même jusqu'à dire : et après tout, les souvenirs écrans, eux–mêmes, sont un représentant tout à fait satisfaisant de ce dont il s'agit.
Cela ne veut pas dire qu'ils sont…

en tant que et sous leur forme manifeste de souvenirs

…un représentant satisfaisant, mais – suffisamment élabo­rés – ils nous donnent absolument l'équivalence de ce que nous cherchons.
Est–ce que vous voyez, à ce degré, le point où

nous en venons ?

Nous en venons, dans la pensée, dans la conception

de FREUD lui–même, en somme, à l'idée que la lecture, la lecture qualifiée, expérimentée, du cryptogramme

que représente ce que le sujet possède actuellement dans sa conscience – qu'est–ce que je vais dire : de lui–même ? – non, pas seulement de lui–même, de lui–même et de tout

…c'est–à–dire l'ensemble de son système convenablement traduit, c'est de cela qu'il s'agit.
Et c'est cela que nous lisons dans cette restitution de l'intégra­lité du sujet, dont je vous ai dit

tout à l'heure qu'au départ elle se présentait comme une « restauration du passé », et dont on s'aperçoit que,

sans qu'il ait jamais perdu cet idéal de reconstruction

puisque c'est le terme même

qu'il emploie jusqu'à la fin

…l'accent porte encore plus sur la face reconstruction que sur la face du revécu, de la reviviscence, au sens qu'on est communément habitué à appeler « affectif » pour la désigner dans ce qu'on peut considérer comme un idéal de réintégration, que le sujet se souvient comme étant vraiment à lui, comme ayant été vraiment vécue, qu'il communique avec elle, qu'il l'adopte.
Nous avons en tout cas dans les textes de FREUD l'aveu le plus formel que ce n'est pas cela l'essentiel.

Vous voyez combien il y a là quelque chose qui est tout à fait remarquable, et qui serait paradoxal

si nous n'avions pas…

pour le comprendre, pour y accéder,

lui donner son sens

…si nous n'avions pas au moins la perception du sens que cela peut prendre dans ce registre, celui que j'essaie ici de vous faire comprendre, de promouvoir, comme étant essentiel à la compréhension de notre expérience, et qui est celui de la parole comme telle.
En fin de compte, ce dont il s'agit,

c'est encore moins de se souvenir que de écrire l'histoire.
Je suis en train en ce moment de vous parler

de ce qu'il y a dans FREUD, c'est très important, ne serait­–ce que pour distinguer les choses.

Cela ne veut pas dire qu'il ait raison, mais il est certain que cette trame est permanente, sous–jacente, continuellement, au déve­loppement de sa pensée.
Il n'a jamais abandonné quelque chose qui ne peut

se formuler que de la façon sous laquelle je viens

de vous le dire, c'est une formule : écrire l'histoire,

formule qui permet de juger, de situer les diverses formules qu'il donne de ce qui lui semble être

les petits détails de l'analyse.
Vous savez que je pourrais confronter avec cela

des conceptions complète­ment différentes de l'expérience analytique. Il n'y a pas besoin pour cela de chercher des extrémistes.
Et ceux qui font de l'analyse cette sorte de décharge, si on peut dire, homéopathique

à l'intérieur de l'expérience actuelle, dans le champ analytique, c'est–à–dire dans le bureau,

le salon de l'analyste, le cabinet de consultation

…de décharge homéopathique d'une certaine façon d'appréhen­der le monde sur un plan fantasmatique,

et qui doit peu à peu, à l'intérieur de cette expérience « actuelle », « réelle », se réduire, se transformer, s'équilibrer, dans une certaine relation au « réel », vous voyez bien que là, l'accent est mis tout à fait ailleurs.
L'accent est mis d'un rapport fantasmatique

à un rapport qu'on appelle, sans chercher plus loin,

entre guillemets, « réel ».
Je peux vous en donner mille exemples écrits de long en large, formulés d'une personne que j'ai déjà nommée ici, qui a écrit sur la technique et a for­mulé là–dessus les choses d'une façon qui n'est certes pas seulement rigide et sans ouverture, qui est certainement nuancée, et fait tout pour accueillir la mul­tiplicité, la pluralité de l'expression, et qui en fin de compte se ramène en cela.

Il en résulte d'ailleurs des incidences singulières que nous pourrons évoquer à l'occasion de ces textes. Et pas elles seules.
En fait, ce dont il s'agit, ce que nous rencontrerons sans cesse comme ques­tion fondamentale au cours

de l'appréhension que nous allons tenter de faire,

en raison du biais, du penchant par où une certaine institution fondamentale de la pratique…

celle qui nous a été donnée par FREUD

…en est venue à se transformer en une technique,

en un certain maniement de la relation analysteanalysé, dans le sens de ce que je viens de vous dire.
Nous verrons qu'une notion est absolument centrale dans cette transforma­tion, c'est la façon dont

ont été prises, accueillies, adoptées, maniées,

les notions que FREUD a introduites dans la période immédiatement ultérieure à celle des Écrits techniques.
À savoir précisément, les trois instances,

et des trois, celle qui à partir de ce moment là

a pris l'importance première : rien moins que l'ego.
Et c'est autour de la conception de l'ego qu'en fait pivote à la fois tout le déve­loppement de la technique analytique depuis, et que se situent toutes

les diffi­cultés que l'élaboration théorique

de ce développement pratique pose.
Il est certain qu'il y a un monde entre

ce que nous faisons effectivement…

dans cette espèce d'antre où un malade nous parle, et où nous lui parlons… de temps en temps

…il y a un monde entre cela, et l'élaboration théorique

que nous en donnons.
Même dans FREUD, nous avons l'impression,

là où l'écart est infini­ment plus réduit,

qu'il y a encore une distance.
Je ne suis certes pas le seul à m'être posé

la question : que faisait FREUD effec­tivement ?
Non seulement d'autres se sont posé cette question, il n'est rien de le dire, mais ils ont écrit qu'ils se la posaient.

Quelqu'un comme BERGLER se pose la question noir sur blanc et dit que nous ne savons en fin de compte pas grand­ chose là–dessus, à part ce que FREUD lui–même nous a laissé voir quand il a mis, lui aussi noir sur blanc, le fruit de certaines de ses expériences, et nommément ses

cinq grandes psychanalyses. Là nous avons l'aperçu, l'ouverture la meilleure sur la façon dont FREUD se comportait.
Effectivement, il semble que les traits de l'expérience de FREUD ne peuvent pas, à proprement parler,

être dans leur réalité concrète reproduits.

Pour une très simple raison, sur laquelle j'ai déjà insisté, à savoir la singularité qu'avait l'expérience avec FREUD, du fait que FREUD…

c'est un point absolument essentiel dans la situation …était celui…

c'est une dimension essentielle de l'expérience

…que FREUD fut réellement, ait été réellement

celui qui avait ouvert cette voie de l'expérience.

Ceci à soi tout seul donne une optique absolument particulière. Ça peut se démontrer au dialogue entre le patient et FREUD :


  • FREUD pour le patient d'une part,




  • et surtout la façon dont FREUD lui–même se comporte vis–à–vis du patient qui n'est en fin de compte, on le sent tout le temps, pour lui, qu'une espèce d'ap­pui, de question, de contrôle à l'occasion, dans la voie où lui, FREUD, s'avance solitaire.


C'est quelque chose qui donne à soi tout seul

ce côté absolument « dra­matique », au sens propre du mot,

et aussi loin que vous pourrez pousser le terme dra­matique, puisque ça va toujours jusqu'à ce qui est issu

du drame humain, c'est–à–dire l'échec, dans chacun des cas que FREUD nous a apportés.
La question est toute différente pour ceux qui

se trouvent être en posture de suivre ces voies,

à savoir les voies que FREUD a ouvertes au cours

de cette expé­rience poursuivie pendant toute sa vie, et jusqu'à quelque chose qu'on pourrait appeler l'entrée d'une espèce de « terre promise ».

Mais on ne peut pas dire qu'il y soit entré.
Il suffit de lire ce qu'on peut vraiment considérer comme son testa­ment, à savoir Analyse terminable et interminable, pour voir que s'il y avait quelque chose dont FREUD

a eu conscience, c'est qu'il n'y était pas entré, dans cette « terre promise ».
Cet article, je dirais, n'est pas une lecture

à proposer à n'im­porte qui, qui sache lire…

heureusement il n'y a pas tellement

de gens qui savent lire

…mais pour ceux qui savent lire, c'est un article difficile à assimiler, pour peu qu'on soit analyste. Si on n'est pas analyste, on s'en fiche !
La situation donc, dis–je, est tout à fait différente pour ceux qui se trouvent suivre les voies de FREUD. C'est très bien précisément sur cette question

de la façon dont ces voies sont prises, adoptées, recomprises, repensées – et nous ne pouvons pas faire autrement que de centrer tout ce que nous pouvons apporter comme critique de la technique analytique.
En d'autres termes, ne vaut, ne peut valoir, la plus petite partie de la tech­nique, ou même tout son ensemble, qu'en fonction et dans la mesure où nous comprenons où est la question fondamentale,

pour tel ou tel analyste qui l'adopte.
En d'autres termes, quand nous entendons parler

de l'ego à la fois comme de ce qu'il est l'allié de l'analyste, non seulement l'allié, mais la seule source.
Nous ne connaissons que l'ego, écrit–on couramment :

  • c'est écrit par Mlle Anna FREUD, où ça a un sens qui n'est pas le même que chez le voisin,

  • c'est écrit par M. FENICHEL et Mme[…].


Comme à peu près tout ce qui a été écrit

sur l'analyse depuis 1920 :



  • nous ne nous adressons qu'au moi,

  • nous n'avons de communication qu'avec le moi,

  • tout doit passer par le moi.

D'un autre côté, tout ce qui a été apporté comme développement sur le sujet de cette psycho­logie du moi peut se résumer à peu près dans ce terme :

le moi est structuré exactement comme un symptôme.
À savoir qu'à l'intérieur du sujet, ce n'est qu'un symptôme privilégié, c'est le symptôme humain par excellence, c'est la maladie mentale de l'homme.
Je crois que traduire le moi analytique de cette façon rapide, abrégée, c'est donner quelque chose qui résume au mieux ce qui résulte au fond de la lecture pure et simple d'Anna FREUD : « Le moi et les méca­nismes de défense ».
Vous ne pouvez pas ne pas être frappés de ce que

le moi se construit, se situe dans l'ensemble du sujet comme un symptôme, exactement. Rien ne l'en différencie.
Il n'y a aucune objection à faire à cette démonstra­tion, qui est particulièrement fulgurante, et non moins fulgurant le fait que les choses en sont à un point tel de confusion, que la suite des catalogues

des méca­nismes de défense qui constituent le moi

dans cette position singulière.
Ce catalogue qui est une des listes, un des catalogues les plus hétérogènes qu'on puisse concevoir,

Anna FREUD elle–même le souligne, le dit très bien :
« Rapprocher le refoulement de notions comme le retournement de l'ins­tinct contre son objet, ou l'inversion de ses buts, c'est mettre côte à côte des éléments qui ne sont absolument pas homogènes. »
Il faut dire qu'au point où nous en sommes,

nous ne pouvons peut–être pas faire mieux,

et ceci est une parenthèse.
Ce qui est important c'est de voir cette profonde ambiguïté que l'analyste se fait de l'ego :



  • l'ego qui est tout ce à quoi on accède,




  • l'ego qui est une espèce d'achoppement, d'acte manqué, de lapsus.

Tout à fait au début de ses chapitres sur l'interprétation analytique, FENICHEL parle de l'ego, comme tout le monde, et éprouve le besoin de dire que l'ego a cette fonction essentielle d'être une fonction par où le sujet apprend le sens des mots, c'est–à–dire que dès la première ligne il est au cœur du sujet.
Tout est là !
Il s'agit de savoir si le sens de l'ego déborde le moi, ou est en effet une fonction de l'ego. Si elle est

une fonction de l'ego, tout le développement que donne FENICHEL par la suite est absolument incompréhensible. D'ailleurs, il n'insiste pas.
Je dis que c'est un lapsus, parce que ce n'est pas développé, et tout ce qu'il développe consiste à dire le contraire, et aboutit à un développement

où il nous dit qu'en fin de compte le Ça et l'ego, c'est exactement la même chose.
Ce qui n'est pas fait pour éclaircir l'ensemble du problème. Mais, je le répète, ou bien la suite du développement est impensable, ou bien ce n'est pas vrai.
Et il faut savoir : qu'estce que l'ego ?

En quoi le sujet est–il pris, qui comprend, outre le sens des mots, bien autre chose, le rôle formateur fondamental du langage dans son his­toire ?
Ceci nous amène à nous dire qu'à propos des Écrits techniques de FREUD nous aurons à nous poser un certain nombre de questions qui iront loin, à cette seule condition, bien entendu, que ce soit en fonction d'abord de notre expérience à chacun, et aussi de ce par quoi nous essaierons de communiquer entre nous à partir

de l'état actuel de la théorie et de la technique, que nous nous posions la question de savoir :
Qu'est–ce qu'il y avait, d'ores et déjà, de contenu, d'impli­qué dans ce que FREUD amenait à ce moment ? 
Qu'est–ce qui s'orientait vers les formules

où nous sommes amenés dans notre pratique ?

Et qu'est–ce qu'il y a peut–être de rétrécissement dans la façon dont nous sommes amenés à voir

les choses, ou au contraire : qu'est–ce qu'il y a, qu'est–ce qui s'est réalisé depuis, qui va dans

le sens d'une systématisation plus rigoureuse,

plus adéquate à la réalité, d'un élargissement ?
C'est dans ce registre…

et rien moins que dans ce registre

…que notre com­mentaire peut prendre son sens.
Pour vous donner l'idée, la façon plus précise encore dont j'envisage cet exa­men, je vous dirai ceci :

vous avez vu, à la fin des dernières leçons

que je vous ai faites, l'amorce que j'ai indiquée, d'une certaine lisibilité de quelque chose

qu'on peut appeler « le mythe psychanalytique ».
Cette lisibilité étant dans le sens d'une, non pas telle­ment d'une critique, que d'une mesure de l'ampleur de la réalité à laquelle il s'af­fronte dans toute la mesure où il ne peut y donner une réponse que mythique.
C'est–à–dire dans une appréhension plus large, aussi large que possible du côté positif de la conquête théorique que réalise par rapport à cet x, qui n'est pas du tout donné pour être un x[…] ni un x fermé, cet x peut être un x tout à fait ouvert qui s'appelle l'homme.
Le problème est beaucoup plus limité, différent peut–être, beaucoup plus urgent pour nous quand il s'agit de

la technique, car je dirais là que c'est sous le coup de notre propre discipline analytique que tombe l'examen que nous pou­vons faire, et que nous avons

à faire, de tout ce qui est de l'ordre de notre technique, je veux dire que :


  • aussi distants sont les actes et les comportements du sujet, de ce qu'il vient

à ce propos nous apporter dans la séance,



  • aussi distants sont nos comportements concrets dans la séance analytique et l'élaboration théorique que nous en donnons.

Mais ce que je viens de dire de la distance qui est une première vérité, n'a son sens et son intérêt

et sa portée, que pour autant que cela se renverse

et que cela veut dire aussi : aussi proches.
C'est à savoir que :


  • de même que les actes concrets du sujet ne sont justement même concrets, sensibles, admettons les choses avec leur accent : l'absurdité foncière du comportement interhumain n'est compré­hensible qu'en fonction de ce « système »…

comme l'a dénommé, heureusement d'ailleurs,

sans savoir ce qu'elle disait

– comme d'habitude – Mme Mélanie KLEIN

…de ce « système » qui s'appelle le moi humain, à savoir :

cette série de défenses, de négations, de barrages, d'inhibitions, de fantasmes fondamentaux, en fin de compte, qui l'orientent et le dirigent,


  • exactement de la même façon, notre conception théorique

de notre technique, même si elle ne coïncide pas exactement avec ce que nous faisons, avec nos patients, n'en est pas moins quelque chose qui structure, motive profondément la moindre de nos interven­tions auprès desdits patients.
Et c'est bien cela qu'il y a de grave.

Bien entendu, il ne suffit pas de savoir :

il ne suffit pas que nous ayons une certaine conception de l'ego pour que notre ego entre en jeu

à la façon du rhinocéros dans le magasin de porcelaines

de notre rapport avec le patient : ça ne suffit pas.
Mais il y a quand même un certain rap­port et

une certaine façon de concevoir la fonction de l'ego du patient dans l'analyse…

J'ouvre seulement la question. C'est à notre travail et à notre examen de la résoudre

…que le mode inversé sous lequel effectivement

nous nous permettons de faire intervenir notre ego

naturellement nous nous permettons,

comme l'analyse nous a révélé que nous nous permettons les choses : sans le savoir,

…mais nous nous permettons effectivement

de faire intervenir notre ego dans l'analyse.
Et cela a quand même bien son intérêt, parce qu'en fin de compte il faut tout de même savoir…

puisqu'il s'agit tellement dans

l'analyse de réadaptation au réel

…si c'est la mesure de l'ego de l'analyste qui donne la mesure du réel ?
La question de la théorie de la technique est aussi intéressante. L'action de l'analyste, quoi qu'il fasse, que l'ensemble de notre système du monde,

à cha­cun, je parle de celui, concret, dont il n'est pas besoin que nous l'ayons déjà for­mulé pour qu'il soit là, qu'il n'est pas de l'ordre de l'inconscient, qu'il agit dans la moindre façon de nous exprimer quotidiennement, dans la moindre sponta­néité de notre discours, ceci est quelque chose qui effectivement

– oui ou non – va servir de mesure dans l'analyse.
Je pense pour aujourd'hui avoir assez ouvert la question, pour que mainte­nant vous voyiez l'intérêt de ce que nous pouvons faire ensemble.
Je voudrais qu'un certain nombre d'entre vous… MANNONI ne vous en allez pas… Voulez–vous vous associer à un de vos voisins – ANZIEU, par exemple – pour étudier la notion de « résistance » dans les écrits de FREUD qui sont à votre portée ?
Les Écrits tech­niques groupés sous le titre Technique psychanalytique aux P.U.F. Ne pas négli­ger la suite des leçons publiées sous le titre : Introduction à la psychanalyse.
Si deux autres – PERRIER et GRANOFF – voulaient s'associer sur le même sujet ?

Nous verrons comment procéder, nous nous laisserons guider par l'expé­rience elle–même.

20 Janvier 1954 Table des séances


MANNONI ANZIEU
LACAN
Les personnes qui se sont intéressées à la notion de résistance, en tant qu'elle est impliquée dans le groupe des Écrits techniques de Freud et les écrits ultérieurs :

qui est–ce qui va prendre la parole ?
Octave MANNONI
Je crois que c'est moi…

J'ai pu collaborer avec ANZIEU uniquement par téléphone. La question s'est posée s'il parlerait le premier, parce qu'il commencerait par le commencement :

Études sur l'hystérie, ou s'il n'était pas mieux que

je commence, parce que je fais plutôt la géographie.
J'ai présenté la chose comme l'étude du pays de la résis­tance.

Par conséquent, ainsi, nous aurions d'abord aspect géographique et ensuite développement historique.

J'ai étudié surtout les textes qui s'étendent de 1904

à 1918, et comprennent les articles réunis dans

Technique psychanalytique et aussi le chapitre XIX de l'Introduction à la psychanalyse. Celui–ci est explicitement consacré à la résis­tance. Les articles n'y sont pas consacrés spécifiquement, mais il en est question tout le temps,

il y a une soixantaine de citations significatives.
FREUD a rencontré la résistance comme un obstacle

au traitement tel qu'il le concevait auparavant

comme fondé sur la règle fondamentale.

Cet aspect de la résistance se présente comme un phénomène interpersonnel dans la relation analytique, et ce point de vue ne sera jamais abandonné.
LACAN
Allez… GRANOFF : venez là, prenez des notes,

et s'il y a des choses où vous n'êtes pas d'accord, vous parlerez après.
Octave MANNONI


Le premier aspect que FREUD mentionne est l'aspect inter­personnel : la résistance apparaît entre deux personnes, comme obstacle à la communication.
Et aussitôt après, il y a d'autres aspects particuliers.

Il découvre que la résistance n'est pas un obstacle, c'est aussi l'objet de l'étude analytique,

qui peut être étudiée en elle–même :

là se trouve le secret de la névrose.
De 1904 à 1918, l'analyse des résistances va constituer le centre des préoccu­pations techniques. On peut dire qu'il s'amorce là un développement d'un très grand intérêt parce que cette analyse des résistances

va devenir vingt ans plus tard l'« analyse du moi ».
Je m'arrêterai en 1910, mais je noterai qu'il y a

un apport important en 1920 à cause de l'apport

de Karl ABRAHAM, et de l'apport, à la fin des écrits de FREUD en 1935 : Analyse terminable et interminable, et de l'avant–dernier des Collected Papers sur le Clivage du Moi, inachevé.
À ce moment, FREUD n'a pas dit les conclusions décisives, mais est sur le point de les tirer.
J'appelle ça un développement, parce que tout ce qui va

se trouver en 1938, et même dans l'héritage que FREUD laissera après 1938, tout cela est parfaitement indiqué, en germe, présenté dès 1904 et peut–être même avant.
Au point de vue clinique, la résistance est conçue comme obstacle entre deux personnes. FREUD reconnaît comme résistance tout ce qui entrave le traitement.
(On trouvera cela à la page 119).

Je préviens qu'il y a 140 pages dans La Technique psychanalytique
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