Leçon 1 18 novembre








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notre ignorance, notre ignorance qui n'est pas seulement notre ignorance de la situation…

je dirais situation dans le registre détermination symbolique de son sujet,

celui qui est en face de nous

…il y a aussi, bien sûr – pourquoi pas ? –

une certaine part d'ignorance dans le repérage,

je dirais le repérage structural de ces diverses situations symboliques.
Le caractère origi­nel détermine une certaine

constellation symbolique dans l'inconscient du sujet, constellation qu'il faut concevoir toujours structurée, organisée selon un certain ordre, et un ordre qui est complexe.

Ce n'est pas pour rien que le mot « com­plexe » est venu…

nous pouvons dire : par une espèce de force interne, car vous savez que ce n'est pas FREUD même qui l'a inventé, c'est JUNG

…à la surface de la théorie analytique, il indique assez par lui–même que quand nous allons à la découverte de l'inconscient, ce que nous rencontrons, ce sont des situations structurées, organisées, complexes.
Que FREUD nous en ait donné ce que nous pouvons appeler le premier modèle, l'étalon, sous la forme du complexe d'Œdipe

Vous savez bien, je pense, tout au moins que ceux d'entre vous qui ont suivi depuis assez longtemps

ce séminaire ont pu voir précisément…

à pro­pos du commentaire des cas les moins sujets à caution, parce que vraiment les plus richement délinéés par FREUD lui–même, à savoir deux,

voire trois de ses cinq grandes psychanalyses

…savent combien…

à mesure que nous approfondissons la relation du complexe d'Œdipe

…nous voyons qu'il pose de problèmes, d'ambi­guïtés.
Et je dirais que tout le développement de l'analyse, en somme, a été fait d'une successive mise en valeur de chacune des tensions qui sont impliquées dans ce triangle, et qui nous force à voir tout autre chose qu'un bloc massif, triangu­laire, qu'on résume

dans la classique formulation de l'attrait sexuel pour la mère et de la rivalité avec le père.
Vous savez qu'au milieu du complexe d'Œdipe, et dès l'origine ,

le caractère profondément symétrique dans la structure

de chacune de ces relations duelles, en tout cas qui relient

le sujet tant au père qu'à la mère.
Qu'en particulier la dis­tinction :

  • de la relation narcissique ou imaginaire avec le père,

  • d'avec la relation symbolique,

  • et aussi d'avec certaine relation que nous devons bien appeler réelle, ou résiduelle par rapport à cette architecture qui est celle proprement qui nous touche et nous intéresse dans l'analyse,

  • montre assez déjà sur un point la complexité de la structure.


Bref qu'il n'est point inconcevable que certaine autre direction de recherche ne nous permette d'élaborer le mythe œdipien tel qu'il a été jusqu'ici formulé.
D'ailleurs on n'a guère décollé, malgré toute la richesse du matériel, comme on dit, qui a été abordé, inclus à l'intérieur de cette relation œdipienne.

On n'a guère abordé beaucoup plus que le schéma

qui nous a été donné par FREUD lui–même.
Il n'est pas du tout impensable que nous n'arrivions…

et je pense que j'ar­riverai au cours des temps à vous le montrer

…à donner du complexe œdipien, en le maintenant dans son essentiel, bien entendu, car il est – vous verrez pour­quoi – véritablement fondamental.
Non pas seulement fondamental pour toute compréhension du sujet, mais il est fondamental pour toute

réalisation symbo­lique par le sujet de ce soimême qui est le Ça, l'inconscient, qui n'est pas sim­plement une série

de pulsions inorganisées…

comme une partie de l'élaboration théorique

de FREUD tendrait à le faire penser,

en allant jusqu'à formuler que seul le moi

a dans le psychisme une organisation,

toujours et essentiellement[…]

…mais parole instituant le sujet dans une certaine relation complexe.
Le progrès de l'analyse, nous l'avons vu la dernière fois à propos des deux étapes que FREUD met en relief de l'apparition du refoulé dans le dénié, et du fait que la réduction même de cette négation ne nous donne pas pour autant de la part du sujet quelque chose qui est – quoi ? – justement la Bejahung.
Là il faudrait regarder – et de près ! – la valeur des critères que nous exigeons, sur lesquels d'ailleurs nous sommes d'accord avec le sujet pour obtenir une Bejahung particulièrement satisfaisante.
Vous verriez combien en fait le pro­blème est complexe, qu'on reprend sous l'angle de ce qu'on pourrait appeler l'authentification par le sujet

de ce que FREUD lui–même appelle la reconstruc­tion analytique où est la source de l'évidence, ces vides à l'aide de quoi le sou­venir doit être revécu.
Qu'est–ce que ça veut dire ? Nous savons bien :



  • que « revécu » est quelque chose d'une nature particulière, qui met en question toute la signification de ce qu'on appelle le sentiment de réalité,

  • que, pour tout dire, c'est à très juste titre que FREUD rappelle que nous ne pourrons après tout jamais faire confiance intégralement à la mémoire.


Qu'est–ce que donc que nous exigeons, ou plus exactement ce dont nous nous satisfaisons quand

le sujet nous dit qu'effectivement les choses

sont arri­vées à ce point de déclic…

comme l'écrit FENICHEL quelque part

…où le sujet a le sentiment d'une véridique[…]
Qu'est–ce que c'est ?

Il est certain que ceci nous porte

au cœur du problème du sentiment de réalité.
Et vous avez vu à propos du commentaire, l'autre jour de M. HYPPOLITE, j'ai poussé dans ce sens une indication à propos de l'exemple très significatif

de L'Homme aux loups, à savoir de quelque chose qui se mani­feste à peu près comme ceci, qui a presque l'air trop transparent, trop concret, sensible sous cette forme quasi algébrique : en somme, le réel

ou ce qui est perçu comme réel, si vous vous souvenez de ce que je vous ai fait remarquer, comme dans

la genèse de l'hallucination de L'Homme aux loups

le réel est en somme ce quelque chose qui résiste absolument à la symbolisation.

Et en fin de compte, le maximum de sentiment de réel dans

sa brûlante manifesta­tion, à savoir cette réalité irréelle, hallucinatoire, dont vous verrez tout à l'heure reparaître le terme dans le texte de Mélanie KLEIN, il n'y a rien de plus manifeste dans le sentiment dit du réel que quand le réel donne… correspond au réel.
Et là le plus saisissant, eh bien en effet,

ça correspond à une étape de la vie de L'Homme aux loups,

la symbolisation, la réalisation du sens du plan génital,

a été verworfen, comme je vous l'ai fait remarquer.
Aussi n'avons–­nous donc point à nous étonner que certaines interprétations, qu'on appelle « interprétations de contenu », ne soient en effet non seulement pas du tout réa­lisées par le sujet, ne sont ni réalisées, ni symbolisées, puisque précisément elles se manifestent à une étape où elles ne peuvent à aucun degré donner au sujet

la seule révélation qui soit possible de sa situation dans ce domaine interdit, qui est son inconscient.
Elles ne peuvent pas le lui donner tant qu'elle n'est pas complète. Que c'est justement parce que nous sommes encore soit sur le plan de la négation,

soit sur le plan de la négation de la négation,
Mais quelque chose n'est pas franchi, qui est justement

audelà du discours, qui nécessite un certain saut dans

le discours, et précisément dans cette mesure

qu'il n'y a qu'« Aufhebung » du refoulement, et non pas disparition de ce refou­lement.
Je reprends, pour bien conclure ce que je veux dire dans le texte d'Anna FREUD : ce qu'elle appelle « analyse des défenses contre l'affect », c'est seulement l'étape

de compréhension de sa propre compréhension,

par où elle s'aperçoit qu'elle se fourvoie.
Une fois qu'elle s'est aperçue qu'elle se fourvoie, en consi­dérant, en partant du sentiment que la défense contre l'affect du sujet est une défense contre elle–même, et où elle s'est, elle, accrue, pour […] se substituer à la mère du sujet, de lui faire comprendre que c'est là une attitude, c'est ça qu'elle dit quand elle dit qu'elle a analysé le transfert.
C'est quand elle abandonne cette première étape

que vraiment elle peut analyser la résistance de transfert.
Et qui la mène à quoi ?

À quelqu'un qui n'est pas là, à un tiers,

à quelque chose qui…

elle ne nous en indique pas plus

…doit beaucoup ressembler dans la structure géné­rale à la position de Dora.
C'est–à–dire pour autant qu'effectivement le sujet s'est identifié à son père, et que dans cette identification,

en effet, son moi s'est struc­turé d'une certaine façon, et que cette structuration du moi 

qui est désignée là en tant que défense

…est en effet une part, la part la plus superficielle de cette identification par laquelle se rejoint

le plan le plus profond de la reconnaissance de

la situation du sujet dans l'ordre symbolique, c'est–à–dire ce en quoi elle assume dans un ordre de relation symbolique

qui est celui qui couvre tout le champ des relations humaines, et dont la cellule initiale est, si vous voulez, le complexe d'Œdipe, et où se situe le sujet, c'est–à–dire, là, d'une façon où, peut–être,

il entre en conflit avec son sexe.
Je laisse la parole à Mlle GÉLINIER, qui va vous montrer, en opposition avec ce qui chez Anna FREUD est toujours d'abord, abord du moi, comme si vraiment le moi était Anna FREUD :

personne armée d'un fil à plomb…

elle le souligne d'ailleurs

…c'est d'abord une position médiane, rationnelle, au maximum, au sens où nous l'avons entendu l'autre jour après le commentaire du texte de FREUD, une position essentiellement intellectualiste, si on peut dire,

elle le dit quelque part :

tout doit être mené dans l'analyse de cette position médiane, modérée, qui est celle du moi.
Et c'est d'abord d’une sorte d'éducation,

de per­suasion, d'approche du moi que tout part,

et c'est là que tout doit revenir.
Nous allons voir en contraste avec cette position d'Anna FREUD…
Et ce n'est pas pour rien que ces deux dames…

qui ont des analogies, des rivalités mérovin­giennes …se sont opposées, car vous allez voir d'où part

et quel est le point de vue de Mélanie KLEIN,

pour aborder des problèmes qui sont ceux que pose un sujet particulièrement difficile, dont on se demande :


  • comment Anna FREUD aurait pu, avec lui, faire usage de cette espèce de position de rééducation préa­lable d'un moi que nous appelons fort, faible. Mais qu'est–ce que ça veut dire, dans l'analyse, « moi fort », « moi faible » ?



  • Comment pour Mélanie KLEIN le problème est abordé ?


…Et pouvoir juger du même coup laquelle est le mieux dans l'axe de la découverte freudienne.
Intervention de MarieCécile GÉLINIER

C'est un article qui date de 1930 et s'intitule

Importance de la formation du symbole dans la formation de l'ego.

Il m'a paru difficile de le résumer. Il a fallu juxtaposer des notions que j'ai eu du mal à raccorder. Je ne vais pas en répéter tout à fait le plan.
Je vais commen­cer par exposer le cas de l'enfant

en question, un garçon de quatre ans, pour que

la question posée apparaisse plus concrètement.
Je vous dirai ensuite – ce qui est l'introduction du chapitre :

  • comment elle conçoit en général le passage d'un cer­tain stade à un autre,

  • et ensuite comment elle applique ces considérations,

com­ment elle comprend à travers ces considérations le cas de l'enfant, l'amorce du traitement qu'elle nous donne, sa compréhension du traitement.

  • Pour finir, je dirai comment j'ai régi là–devant.


Il s'agit d'un enfant, garçon de quatre ans,

qui a les caractéristiques suivantes :



  • il a un niveau général de développement qui correspond, dit–elle, à 15 à 18 mois,

  • un vocabulaire très limité, et plus que limité, incorrect : il déforme les mots et les emploie mal à propos la plupart du temps, alors qu'à d'autres moments on se rend compte qu'il en connaît le sens.

Elle insiste sur le fait le plus frappant : cet enfant n'a pas le désir de se faire comprendre, il ne cherche pas à communi­quer, elle trouve qu'il n'a aucune adaptation au réel et aucune relation émo­tionnelle, il est dépourvu d'affect dans toutes les circonstances de la vie quotidienne : il ne réagit pas, ni à la présence ni à l'absence de sa mère ou de sa nurse, il ne montre aucune anxiété dans aucune circonstance, il ne joue pas.
Ses seules activités plus ou moins ludiques seraient d'émettre des sons et se com­plaire dans des sons

sans signification, auxquels on ne peut pas donner

de signi­fication, dans des bruits.
Il est tout à fait insensible à la douleur physique : il ne réagit pas quand il se fait mal.
Vis–à–vis des adultes, mère, père, nurse, il a deux attitudes tour à tour. Elle explique cela vis–à–vis du vocabulaire : ou bien il s'op­pose systématiquement, par exemple quand on veut lui faire répéter des mots, ou il ne les répète pas, ou il les déforme, ou alors, s'il prononce les mots cor­rectement, il paraît leur enlever leur sens, et il les mouline, il les répète d'une façon stéréotypée, bien que les mots soient corrects, ça ne veut plus rien dire.

Par ailleurs, il ne recherche jamais aucune caresse de ses proches, de ses parents.
Et elle finit la description en insistant

sur sa maladresse physique. Deux choses : d'une part

il est maladroit en général, et mal coordonné,

plus précisément, il se montre incapable de tenir

des ciseaux et des couteaux, alors qu'il manipule très bien sa cuiller à table.
Voilà les éléments d'histoire de l'enfant.
À la naissance, la mère n'avait pas de lait suffisamment, et il n'était pas bon. Elle a tenu pourtant à le nourrir pendant sept semaines,

et pendant sept semaines il a dépéri continuellement. Au bout de sept semaines, on lui a proposé une nourrice, mais il a refusé le sein. Ensuite, on lui a proposé le biberon, il l'a refusé.

Quand est arrivé l'âge des nourritures solides,

il les a également refusées : il ne veut pas mordre.
Depuis le départ il a eu des troubles digestifs importants, un peu plus tard, des hémorroïdes

et un prolapsus anal.
L'enfant est toujours un grand anorexique,

il l'a toujours été, c'est le symp­tôme qui cédera

le plus difficilement au traitement.
Elle dit que de plus cet enfant n'a jamais été entouré d'amour vrai. Sa mère était anxieuse, peu maternelle. Son père et sa nurse, très indifférents.
À deux ans il a eu un apport affectif positif :

une nouvelle nurse…

qui, elle, était aimante et affectueuse

…et une grand–mère avec qui il a eu un contact.
À partir de ce moment, l'enfant a été propre. Il est arrivé à contrôler ses excréments et à le dési­rer, pour la nurse, semble–t–il, pour lui faire plaisir.
Il a fait ce que Mélanie ΚLEIN appelle
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