THÈse pour le diplôme d’État








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date de publication31.03.2017
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Les pratiques sexuelles

Les médecins ont fait état de modifications des pratiques sexuelles chez les adolescentes, avec des actes oro-buccaux et ano-génitaux dès le collège, ainsi que des violences sexuelles aux conséquences désastreuses. Il est à noter que ces pratiques ont été essentiellement constatées parmi les adolescents consultant en centre de PMI. Les MG exerçant en cabinet libéral n’avaient pas fait les mêmes constatations.

M8 : « Les jeunes filles utilisent la sodomie comme contraception. Enfin, les partenaires utilisent la sodomie comme contraception //Vous avez aussi des jeunes filles qui vont parler de rapports pas désirés mais pratiquement obligatoires sinon le garçon estime qu’il n’est pas aimé. Une fois qu’il a eu son rapport, il passe à quelqu’un d’autre. Donc, ça, ça déstructure beaucoup les jeunes filles. Et vous vous retrouvez avec la jeune fille qui est détruite, parce qu’elle est passée à l’acte alors qu’elle n’en avait pas envie, elle l’a subi comme un viol»

M7 : « après c’est peut-être aussi selon les populations… cette notion de changements de pratique, moi je ne sais pas pour mes patientes. »

M9 : « Je me rappelle toujours la première fois que je suis allé dans un collège, il y avait deux filles en train de se taper : « C’était mon mec ! Connasse ! Salope ! ». C’était une histoire de filles. L’une avait fait une fellation au copain de l’autre. » 

Le consumérisme sexuel et les dangers de l’association sexe et alcool ont également été évoqués.

M6 : « c’est un phénomène assez récent ! ...Il y a plus de consumérisme sexuel qu’avant. La prise de risque est terrible…on fait du sexe pour du sexe, et rien d’autre !! C’est une jeunesse qui va vachement dans ce sens- là ! Ca, ça fait peur ! »

Enfin, quelques MG ont exprimé la nécessité de prendre en compte les différentes possibilités d’orientation sexuelle des adolescentes : il semblerait en effet que l’homosexualité exprimée au cabinet par les jeunes soit plus fréquente.

M5 : « on se retrouve malgré soi, je dirais, mal à l’aise... une jeune fille…me dire un peu gênée : « Non, non, je n’ai pas besoin de contraception. » Et moi, d’insister lourdement : « Bah, oui, mais quand même ! Parce que si t’es enceinte ! », « Non, non, docteur, je ne peux pas tomber enceinte, ça ne peut pas arriver ! » Et moi, un peu étonné : « Ah bah, pourquoi, ça ne t’arriverait pas ? Juste parce que c’est toi ? » Et enfin la jeune fille qui me lâche : « Bah, non, parce que je suis homosexuelle et que donc ça n’arrivera pas. »


  • La méconnaissance, les questionnements, les peurs

Malgré l’évolution des médias et des nouvelles technologies permettant une diffusion et un accès à l’information rapides et simples, les médecins considéraient que les interrogations des jeunes filles restaient les mêmes au fil des générations. Une transmission mère-fille d’idées reçues au sujet de la contraception persistait. Les connaissances des adolescentes au sujet de leur corps, de la contraception, de la sexualité ne progressaient pas et restaient largement insuffisantes.

M4 : « Les questions sont parfois extrêmement primaires, naïves et vierges, dans leurs têtes. Même les filles qui ont une activité, connaissent rien de leur gynéco par exemple, ça c’est sûr. Les questions sur la contraception, sur tout ça, ça change vraiment pas, c’est toujours la même chose. »

M8 : « Je vois des jeunes filles qui n’y connaissent rien comme nos grands- mères en 1950. »// « Je crois qu’elles ne connaissent pas leur corps. Elles n’ont aucune idée de comment elles sont faites. »

M3 : «Ah bah, pour les ados et les mamans, elles pensent de toute façon que le stérilet, c’est une fois qu’on a eu des enfants. »

M3 : « Elles sont persuadées qu’en comptant le nombre de jours, elles vont éviter de tomber enceintes ! Elles pensent au SIDA, mais elles ne pensent pas aux autres IST. Ça leur passe complètement au- dessus. Alors, certaines connaissent le chlamydia, parce que bon, on en a parlé un petit peu, mais sinon, non je ne pense pas. »

M2 : « Souvent, je suis assez frappé de leur réaction quand je leur explique à quoi sert exactement la pilule etc. Il y en a encore qui pensent que la pilule protège de tout, des MST, qu’on ne peut pas être malade...et cetera. On se rend compte que même pour les choses les plus simples de prévention des MST, de grossesses non désirées, elles ont beaucoup de fausses idées »

M8 : « Il y a une jeune fille, il y a six mois, qui a débarqué dans le cabinet, en me demandant « Si on pouvait être enceinte avec sa culotte, dans les vestiaires de là où on faisait du sport »

De même, la perception du MG comme acteur de la prise en charge gynécologique ne semblait toujours pas être répandue chez les patientes.

M4 : « elles sont parfois étonnées quand je commence à en parler, parce qu’elles ne savent pas que nous on peut le faire. Elles ont aussi cette idée que ce soit aussi un gynécologue ou le planning. Mais pour elles, le planning ou PMI, c’est le gynécologue. »

Selon les MG, les adolescentes étaient préoccupées par la notion de normalité à propos de leur morphologie, le fonctionnement de leur corps. Toujours sur le registre du corps, elles s’inquiétaient sur les répercussions de la pilule sur leur poids. La contraception de façon générale était également au centre de leurs interrogations.

M1 : « C’est vrai que quand j’examine, je sais que les adolescents sont assez, sont toujours très interrogatifs, compte tenu de leur apparence, de leur normalité »

M3 : « C’est souvent, assez fréquemment les ado qui peuvent se poser des questions sur leur corps, sur leur prise de poids. »

M4 : « Ça dépend des cas, mais la plupart du temps, c’est la contraception. C’est ça qui les intéresse.» 

M9 : « Je sais que la sexualité, c’est un sujet vachement important. C’est même ce qui permet l’épanouissement un jour de l’adolescente. »

Les patientes de M8 l’ont aussi longuement questionné sur l’orgasme.

M8 : « les magazines sur l’orgasme, au mois de juillet, je trouve que c’est assez critique, parce que quelque part, elles ne réalisent pas qu’il faut faire son propre chemin personnel pour y arriver. Et que c’est pas parce que le magazine dit, qu’on doit avoir, qu’on est obligé d’avoir ! Ça on a de grandes conversations là- dessus. »

D’après les médecins interrogés, les craintes des adolescentes seraient dominées par l'examen pelvien. Concernant l’examen mammaire, c’est la découverte d’anomalies qui serait source d’angoisse chez les jeunes filles.

M8 : « Elles sont tellement angoissées à l’idée de passer sur la table gynéco qu’il y a plein de choses qui ne passent pas »

M3 : « Par contre, quand je les adressais à un gynéco, je leur disais, parce que je les entendais angoissées, qu’elles n’allaient pas être nécessairement examinées tout de suite, que ce n’était pas le but, ce n’était pas ce qu’il y avait d’urgent. »

M1 : « Parfois c’est les douleurs dans les seins, avec découverte d’adénofibromes parfois et qui est source un peu d’inquiétude »

La grossesse non désirée a aussi été citée par les médecins comme source de peurs. Le remboursement du tarif de la consultation par les parents, la peur de ne pas pouvoir parler librement de gynécologie ou sexualité avec son médecin, ou des problématiques liées à l’homosexualité ont également été mentionnés.

M3 : « En tout cas, ce qui les effraie, en premier lieu…c’est de tomber enceinte. »

M3 : Soit, il n’y a pas de souci, [pour le remboursement] soit je leur dis d’aller en PMI, pour que ce soit plus simple à gérer. Parce que c’est leur question, c’est leur angoisse, c’est la question qu’elles se posent.

M5 : « Elles me disent des fois : « Je pensais pas que ça allait être aussi facile de pouvoir parler de ça. »//« Un jour, c’était parce qu’une fille voulait, elle était avec une autre fille, et elle se disait « Comment est- ce qu’on peut avoir des enfants ? » ».

    1. Perception des attentes des adolescentes de la part des MG

  • Une source d’information fiable

Les médecins estimaient que les adolescentes les considéraient comme des interlocuteurs fiables sur le thème de la gynécologie et de la sexualité. Ils étaient néanmoins conscients de leur statut de recours de dernier choix, rarement consulté par les adolescentes qui s’informaient préférentiellement sur Internet ou auprès de l’entourage, les amies notamment.

M1 : « Ah oui, oui, internet ! C’est évident. Après, je pense, [le médecin] parce qu’elles veulent confirmer un petit peu ce qu’elles ont lu. »

M2 : « Je pense qu’une fois qu’elles sont allées voir leurs amies, sur internet et qu’elles ont eu le son de cloche de leur maman, qu’éventuellement, elles vont voir le médecin pour avoir la pilule, etc. »

M9 : « Difficile de faire la hiérarchie, mais il (le médecin) est mal barré. »

Ils regrettaient cet état de fait, s’estimant meilleure source d’informations pour les adolescentes, au même titre que la famille, les parents à condition d’être ouverts au dialogue.

M1 : « je trouve que le meilleur endroit, c’est la famille. Mais parfois, il y a du tabou dans la famille, donc c’est pas facile. Après, le deuxième endroit, pour moi, c’est le médecin généraliste qui est là et la gynéco, la gynéco qui me paraît indispensable. »

M6 : « Ah oui, je pense qu’on arrive bien loin dans la chaîne d’informations. Et c’est dommage ! »


  • En tant que soignant

  • Les avis ont été partagés concernant les attentes des adolescentes sur l’âge et le sexe de leur médecin. Il semblerait que les attentes ressenties étaient surtout la conséquence de l’image qu’avait le médecin de lui-même. Ainsi, le sexe féminin et l’âge jeune du médecin pouvait favoriser l’échange avec l’adolescente aussi bien qu’un homme âgé, mimant « le père » ou « le grand oncle »...

M3 : « En général, ça se passe bien. Surtout parce que je suis jeune. Parce que je suis une femme, forcément. »

M5 : « Après comment elles me perçoivent, un père à qui on peut tout dire, oui. Aussi comme un médecin accessible, parce que quand je dis un papa, j’exagère un peu quand même. Je garde quand même mon rôle de médecin. »

M9 : «  Parce qu’elles se disent : « Le vieux monsieur avec ses cheveux blancs, au moins ce n’est plus un jeune. » Elles ne voient pas le copain, elles voient le papa peut- être qu’elles n’ont pas eu. Le grand oncle, voilà. Souvent, elles me le disent. »

Les médecins ont été unanimes sur le fait que les adolescentes recherchaient un confident à l’écoute, qui anticipe les questions, capable d’aller au-devant de l’adolescente. Les adolescentes leur semblaient également sensibles à un médecin doué d’empathie, disponible, compétent et conscient de ses limites.

M9 : « Déjà, d’écoute, de conseils et en plus, alors là, je le ressens bien, l’âge que j’ai correspond exactement à cette prise en charge dont elles ont besoin. »

M1 : « je leur dis, si elles ont des questions à me poser, qu’elles n’hésitent pas à me poser les questions. Ça et donc euh, une sorte de point d’encrage pour leur information. Une sorte de point info ! »

M6 : « si on rentre trop dans les détails, ça va pas. Il faut aller à l’essentiel. »

M1 : « En gros, c’est un interlocuteur qui sait répondre et qui ne soit pas totalement borné en disant : « ça, c’est de la gynéco, c’est pas moi, qui répond à ça ! ». Je pense qu’il y a des questionnements et elles ont le droit d’entendre le médecin s’il lui dit : « Bah écoute, je ne peux pas répondre à ça, c’est pas mon truc, mais je suis prêt à t’écouter pour tout ce que tu veux, mais je ne connais pas tout et il y a aussi d’autres médecins capables de te répondre ».

M3 : « Moi, je leur dis quand je leur prescris la pilule : « si un jour vous l’oubliez, si vous avez une question, vous appelez » Je ne veux pas qu’elles restent en se disant : « je vais attendre un peu, voir si mes règles arrivent ». »

M8 : « quand elles commencent à vous parler de choses qui semblent bizarres et que vous ne bronchez pas, elles osent parler ! C’est difficile parce qu’il ne faut pas renvoyer de jugement !»

M2 : « Je pense qu’elles attendent qu’on leur transmette de l’information qu’elles n’osent pas demander.»



  1. Les modalités et motifs de consultation

  1. Des fréquences problématiques, un suivi difficile

  • Une faible fréquentation des cabinets

De l’avis de tous, les adolescentes consultaient peu souvent leurs cabinets, hormis en contexte épidémiques ou pour l’obtention de certificat de non contre- indication à la pratique sportive.

M4 : « Deux par jour. Pas plus. Et encore !//Ce sont des gens qui consultent peu. Les ados, c’est rare. »

En PMI, le recrutement plus important était le reflet la spécificité de leur domaine d’action auprès des jeunes.

M9 : « Plein ! Rien que ce matin j’en ai vu 5. »

  • Les raisons de la désertion

Les principales raisons évoquées à cette désertion des cabinets tenaient dans l’image du médecin de famille, risquant de ne pas respecter le secret médical envers les parents, respect cependant assuré par les MG dans l’ensemble. D’autre part, le médecin représentait également l’autorité adulte, donc parentale, qu’elles fuient en cette période de leur vie.

M1 : « Le fait que je sois médecin traitant, médecin de famille, que je les ai vues petites et tout ça, c’est peut-être un facteur limitant, pour elles. // il y en a peut- être que ça rassure, et d’autres peut-être que ça va faire peur, que ça va bloquer ».

M8 : « comment est- ce qu’on peut les toucher ? Je ne sais pas si on arrive à les toucher parce que nous, on représente l’adulte et le parent quelque part. »

Pour certains MG, l’autorisation à consulter et le paiement de la consultation subordonnés à l’autorisation des parents, s’avéraient de véritables obstacles à la venue en consultation.

M5 : « De toute façon pour venir voir le médecin, il faut payer la consult, il faut que les parents soient d’accord. Même la pilule ! Tu vas prescrire la pilule, il faut aller à la pharmacie la chercher. Donc c’est vrai que pour ça le planning qui va donner la pilule, ça permet d’éviter, on n’a pas de prescription, on n’a pas de consultation, papa maman y voient rien, et voilà quoi ! »

L’absence de vaccination spécifique à la tranche d’âges 16- 18 ans, associée à l’évitement de côtoyer le domaine médical justifiait également le comportement des adolescentes.

M8 : « Déjà, il n’y a plus de vaccin, alors, on les voit plus !//Sauf s’ils ont la grippe, l’angine... mais ils vont passer comme ça et encore des fois, ils vont se débrouiller pour ne pas y aller »

La méconnaissance fréquente des adolescentes d’une absence de pratique gynécologique par le MG ne les incitait pas à venir consulter pour ce type de motif.

M4 : « Elles sont souvent surprises qu’on le fasse nous, la gynécologie. »

La faible fréquentation du cabinet médical à l’adolescence impose au MG de saisir la moindre consultation pour transmettre les nombreuses informations jugées primordiales à l’adolescence.

M8 : « Et il y a tellement de choses à parler ! Sur la transformation du corps, sur les régimes, parce qu’on a plein d’ado obèses, aussi ! Sur le tabac, enfin....je pense qu’il y a plein de sujets ! La drogue ! »

M4 : « à partir de 14- 15 ans, je les revois à 22- 23 ans. Il y a une espèce de vide, pendant lequel on ne les voit plus. Sauf si ! Celles qui viennent pour la contraception, là on peut les attraper pour faire le point. »



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