THÈse pour le diplôme d’État








titreTHÈse pour le diplôme d’État
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date de publication31.03.2017
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L’examinateur : le MG

  • Ses compétences médicales en gynécologie n’ont pas semblé évidentes pour la majorité des adolescentes. Par son statut de MG, il n’était pas considéré comme compétent, voire inutile à la réalisation d’un examen gynécologique. Selon les adolescentes, le MG devrait adresser au gynécologue pour cet acte.

A2 : « Bah, comme c’est un médecin traitant, je savais qu’il y aurait rien// elle va dire d’aller voir un gynéco »

A5 : « un médecin généraliste, c’est pas qu’il sait pas forcément, mais il est pas spécialisé dedans. »

G3 : « Bah oui, je comprends pas pourquoi il la touche. Ouais ! Pour moi, ça sert à rien, il est pas expérimenté, il sait pas trop ce qu’il fait, ça se trouve. C’est pas son domaine ! Ca ne le concerne pas ! »

G4 : « Quand on va chez le médecin, il ne peut pas nous ausculter à ce niveau- là »

A4 : « Bah, si le médecin a les capacités de le faire, bah//Enfin, sinon, je m’en fiche… »

A1 : « J’ai une amie qui est partie voir un médecin, et c’est le médecin qui l’a examiné. Pas son gynécologue. Son médecin traitant. »

A3 : « Un généraliste pour le moment, un gynécologue pour plus tard. »

D’autres le jugeaient cependant potentiellement à l’aise face à la nudité imposée par l’examen clinique, au titre de sa pratique régulière de médecin.

A1 : « alors je sais que les médecins en face sont pas mal à l’aise, qu’ils font ça toute la journée »

G6 : « je m’en fiche parce qu’il en voit toute la journée et il se rappellera plus de nous… »


  • Le rôle du MG sur la question de la virginité a créé un dialogue abondant au cours de l’entretien de groupe mais a divisé les adolescentes. Certaines le jugeaient compétent à confirmer celle- ci et donc à rédiger un certificat de virginité, d’autres prétendaient le contraire. La notion de voyeurisme était à nouveau évoquée par les adolescentes dans le cas où cette vérification avait lieu.

G3 : « Il met les doigts à l’intérieur, leurs mains dans notre truc pour voir si on est vierge ! »

G2 : « N’importe quoi !// Mais ils sentent pas si t’es vierge ou pas ! »

G7  « (plus fort que les autres d’une voix qui n’admet pas de contradiction): Mais on le sait parce qu’il y a une ouverture !!!! »


  1. Leur première consultation pour motif gynécologique, chez un médecin généraliste

    1. Le motif

  • La contraception

C’était le principal motif de consultation évoqué : les adolescentes ont essentiellement consulté pour une prescription de pilule. Certaines des jeunes filles en avaient fait la demande explicitement, d’autres implicitement, par l’intermédiaire d’un problème d’acné ou de dysménorrhées. Ces faux motifs étaient sciemment avancés, afin d’amender le sentiment de gêne provoqué par le sujet « pilule » face à la mère ou au médecin. Les adolescentes justifiaient l’usage de ces faux motifs par sa généralisation chez leurs amies.

A2 : « j’y ai été pour demander la pilule. Enfin, au début en fait, comme je voulais pas en parler à ma mère, j’ai dit que j’avais des boutons. Je suis partie dans mon délire de boutons, vachement à fond…// j’ai préféré aborder le sujet en le déviant un peu (rires complices)…»

A2 : « j’ai une copine qui a dit « parce qu’[elle avait] des règles trop douloureuses »// ouais, il y a un petit dérivé toujours. Ça passe mieux !!!! (rires)// Bah, c’est qu’on a un copain et que voilà, quoi ! »

La demande de pilule s’inscrivait d’une part, dans un désir de prendre soin de son corps, Le souci de l’apparence extérieure est évoqué par A2, qui justifiait ainsi son désir de pilule.

A2 : «  je voulais prendre la pilule pour éviter d’en avoir [acné] »

D’autre part, plusieurs adolescentes argumentaient la prise de pilule comme moyen de contrer leur peur de tomber enceinte, une sécurité en sus pour leur bien- être. Les conséquences psychologiques dramatiques d’une grossesse survenue chez une amie de A1, l’avait particulièrement marquée et incités elle et son partenaire à opter pour la pilule.

A1 : « Il y a tellement eu le cas critique de mon amie quand on était en quatrième… quand je vois comment elle en a souffert par derrière ! »

A1 : « lui aussi avait vécu la même chose que moi, parce que c’était aussi une de ses amies, on s’est dit que c’était même pas discutable… On s’est pas dit : « on va faire les fous ! ». On savait très bien des conséquences des choses que ça avait derrière// valait mieux la prendre que de prendre des risques tout le temps »

Pour d’autres adolescentes, c’était une réponse au refus de protection du partenaire. Ce dernier était généralement décrit par les adolescentes comme réfractaire à tout dialogue sur la gynécologie, la contraception et rarement comme veillant au bon fonctionnement du préservatif.

G2 : « Non, c’est moi, parce que j’ai eu peur. De tomber enceinte. // (Parce qu’il ne se protégeait pas ?) Non. »

G7 : « Ils vont pas parler de ça. »

G2 (d’une voix entendue) : « Parce que c’est lui qui regarde quand il l’enlève ! »

La rare motivation du partenaire à la prise de pilule par sa petite amie avait été secondaire à la perception d’une peur chez elle, de tomber enceinte.

G7 : « Si, moi il a dit c’est mieux. Comme je suis une stressée de la vie ! »

Enfin, plusieurs adolescentes ont évoqué leur vision chronologique de la contraception. La pilule a semblé être la « bonne » contraception, au bout d’un certain temps de relation de couple. Le préservatif était décrit comme la contraception du début d’une relation.

A1 : « Quand j’avais mon premier copain, que c’était sérieux… parce que bon… après des rapports réguliers, on est jamais à l’abri d’un préservatif qui craque ou de ce genre de choses. »

A2 : « Après, je suis sortie avec un garçon avec qui je suis toujours, et ça a commencé à durer… Ça devient un peu obligé ! »


  • Les autres motifs

Peu d’autres motifs ont été évoqués. Une adolescente avait consulté pour une vulvo-vaginite, une autre évoque un « souci personnel » sans autre précision. Enfin, une dernière n’avait jamais consulté et exprimait son besoin de le faire afin d’obtenir des réponses à ses interrogations concernant la gynécologie en général, la sexualité.

G2 : «  Un souci personnel ». (Silence pesant)

A2 : « Une fois j’avais eu des démangeaisons et tout. Là, je lui en avais parlé, et c’est tout. »

A3 : « va falloir que je demande parce que j’ai plein de questions à poser … je sais pas, j’ai besoin de poser des questions, j’ai pas de réponses et des fois ça peut être problématique ! »


    1. Le déroulement

  • Le mode d’accès

Les adolescentes ont dans l’ensemble déclaré avoir consulté sur les conseils d’un proche, le plus souvent la mère, rarement le petit ami. Il est ressorti des entretiens que les jeunes filles avaient besoin d’être incitées et accompagnées dans la démarche.

A1 : « c’était l’initiative de ma mère et donc elle a préféré que ce soit dans un environnement sain et protégé... elle me l’avait proposé parce que j’avais et j’ai toujours un petit copain»

G9 : « Elle, elle me disait elle allait m’emmener voir un gynéco. »

G7 : « Si, moi, il a dit c’est mieux. Comme je suis une stressée de la vie ! »



  • Le vécu de la consultation

Quel qu’ait été le motif, la consultation avait répondu aux attentes des adolescentes. Elles ont été rassurées par la simplicité du déroulement de la prescription de pilule et n’ont évoqué aucun mauvais souvenir de la consultation, soulagées même, de l’obtention de la pilule.

A1 : « plutôt en gros, un bon souvenir. Mais ça n’était pas quelque chose qui me stressait plus qu’autre chose, en fait// pour la prescription de la pilule, ça s’est fait assez naturellement//c’était plus un soulagement»

A2 : « Bah, parce qu’au final, il ne se passe pas grand-chose. Elle m’a juste donné l’ordonnance// la fois où j’ai eu des démangeaisons, je suis allée la voir, elle m’a donné une crème. »

On peut noter l’appréhension d’A3 qui avait envoyé à sa cousine faire une première demande de pilule auprès de son père qui est MG, avant de se la faire prescrire en mains propres dans un deuxième temps. Ceci traduit les difficultés des adolescentes à dialoguer sur les sujets relatifs à la sexualité avec les membres de leur famille.

A3 : « ça allait ! elle [la cousine] m’avait demandé ce que je voulais lui dire, ce que je ne voulais pas lui dire et euh... »

A2 qui avait consulté en présence de sa mère, a confirmé cette difficulté de faire part de son intimité aux membres de sa famille.

A2 (sourire gêné) «  Ah, bah, comme j’étais avec ma mère, forcément… ! //Ouais un peu aussi. Plus par rapport à ma mère qu’à la consultation en soi. »

Enfin, G3 a déclaré se sentir systématiquement mal à l’aise dans le cabinet de son médecin, quel que soit le motif de consultation.

G3 : (sourire gêné): «  Perso, moi j’ai envie, quand je suis chez mon médecin généraliste, j’ai vite envie de partir. »



    1. L’attitude du MG

Les adolescentes se sont déclarées satisfaites par l’attitude de leur MG sur plusieurs éléments :

  • Il s’était montré bienveillant, disponible, détendu et ouvert à la discussion

  • Ses explications étaient claires

  • Ses prescriptions étaient adaptées

  • Il avait su répondre à leurs attentes

  • Il était resté neutre et n’avait pas émis de jugement de valeur

  • Il avait respecté leur intimité en les examinant pas

A1 : « Je peux poser un million de questions, elle répondait ! (elle rit) // J’avais parlé avec elle des risques et des… bah justement des moyens de contraception et c’était le plus adapté. »

A2 : « Elle m’a expliqué un peu, elle m’a donné une brochure// elle m’a donné une pilule du lendemain au cas où»

A3 : « ouvert...bienveillant... détendu. Il m’a mis à l’aise en fait... il m’a dit comment la prendre, comment gérer la pilule »

G2 : «  Moi, il m’a pas touchée »

G7 : « Il me posait des questions en même temps qu’il m’expliquait »

G4 : «  bah… enfin, comme un médecin en fait. Il avait pas… il n’a pas d’avis à porter »
Le fait d’être passée par son père, médecin généraliste, pour la délivrance de la pilule, a fait émettre un avis mitigé par A3. Elle a apprécié la transition initiée par son père, d’une relation paternaliste« père- fille » à une relation « médecin- patiente ». Cependant, malgré cette pose de distance et la perception d’une volonté paternelle de la rendre responsable et autonome dans la gestion de sa pilule, elle considérait qu’elle n’avait pas reçu suffisamment d’informations. Elle supposait l’impact potentiel de ses propres difficultés à communiquer avec son père sur ce sujet.

A3 : « c’était comme si il l’a prescrivait à une fille normale... enfin, pas à sa fille...c’était plutôt le médecin que j’ai vu, ce jour- là. Mais il ne m’a pas dit grand-chose par contre. Il ne m’a pas donné plus d’informations. Juste comment la prendre, à quelle heure la prendre...voilà. //pour lui poser des questions, justement, j’ose pas… ».


  1. Leurs attentes vis-à-vis de la consultation

    1. Concernant le MG

  • La place du MT

Certaines adolescentes ont soulevé le problème de la trop grande proximité du médecin traitant avec elles et les membres de leur famille, et ont déclaré préférer consulter un autre médecin. La peur du non- respect du secret médical envers les membres de la famille était l’argument majeur.

G4 : « c’est mieux de pas avoir le même médecin que sa famille, parce que comme il connait depuis longtemps la famille//  moi, ma sœur, elle, elle a dit quelque chose à son médecin, lui il est parti le répéter à ma mère.»

A1 : « puis, ce médecin- là j’y suis toujours allée, enfin c’est souvent ma grand- mère qui m’accompagnait quand j’étais petite... Il y a peut-être aussi le fait du rapprochement, du fait qu’elle connaît mes grands- parents, donc je me suis dit : « Bon… C’est un peu gênant de parler de ça avec vous euh… !!!! »


  • L’âge et le sexe du médecin

Les adolescentes estimaient que les médecins femmes avaient davantage d’empathie et de meilleures connaissances du corps féminin. Par ailleurs, le fait qu’une femme médecin ait déjà vécu l’examen gynécologique en tant que patiente contribuait à les rassurer. Les adolescentes ont également déclaré se sentir plus à l’aise avec un médecin jeune. Elles ont donc dans leur ensemble, exprimé de manière plus ou moins virulente, leur préférence à consulter un médecin jeune, plutôt de sexe féminin.

A1 : (sans hésiter) : «Je ne suis pas catégorique sur ce genre de choses mais… bah, par exemple je sais que si j’ai un gynécologue, ce sera une femme. Ca me déstabiliserait trop que ce soit un homme. Je trouverai ça … enfin je trouverai ça bizarre en fait. Ça ne me mettrait pas à l’aise. // Mais après tout dépend de la personne qu’on a en face, aussi. S’il met à l’aise, s’il est compréhensif.// c’était peut- être aussi plus simple du fait qu’elle était jeune parce qu’on a l’impression d’être plus comprise »

A3 : « si c’est un garçon ça me bloquerait vraiment// une fille, je pense que ça me rassurerait ! // Elle va plus me comprendre peut- être, je sais pas.// La femme a le même corps que moi, donc euh... je sais pas !//le fait qu’elle soit jeune, ça va me débloquer (rire gêné) je sais pas, ...être en confiance ! »

A4 : « une femme connaît mieux le sexe, on va dire, d’une femme, vu que c’est une femme. Bon après l’homme peut faire des études, mais c’est pas la même chose. »

G2 : « j’ose pas enlever mon tee-shirt devant lui ».

G3 : « si ça serait une fille…elle va faire les trucs par rapport à elle, ses sensations, peut- être…// un homme, il est pas du tout pareil que nous.(voix basse). Il a pas de seins, il a pas de foufoune.»


  • Les qualités professionnelles et humaines

A part A5 et malgré la perception initiale de la majorité des adolescentes en opposition à la place du MG dans la prise en charge de la gynécologie, elles ne voyaient cependant pas d’inconvénient à ce qu’il réponde aux problèmes d’ordre gynécologique, l’important étant qu’il soit rigoureux, afin d’éviter tout inconvénient de santé.

A5 : «  Bah, quand c’est des problèmes qui concernent la gynécologie, c’est mieux d’en parler à un gynécologue parce qu’un médecin généraliste, c’est pas qu’il sait pas forcément, mais il est pas spécialisé dedans»

A4 : «  Bah, si le médecin a les capacités de le faire, bah ... »

A1 : « que le suivi soit assez bien fait… un suivi assez rigoureux en fait//on a toujours entendu dire que si les femmes n’y allaient pas assez souvent, que si ça se passait mal, c’est plutôt grave. »

Les qualités attendues étaient essentiellement d’ordre relationnel : un médecin patient, prenant son temps en consultation, initiant le dialogue par des questions touchant à la vie quotidienne de l’adolescente afin de faciliter une communication, souhaitée abondante entre le médecin et l’adolescente. La création d’une relation de confiance de manière progressive, au fil des consultations, par le médecin, était également plébiscitée par les adolescentes. Selon elles, il revenait également au médecin, la mise en place d’une atmosphère détendue, par l’emploi de l’humour par exemple.

Une certaine ambivalence ressortait parfois de leurs désidérata : un médecin à la fois doué d’empathie voire soutenant de manière indéfectible l’adolescente mais sachant rester neutre dans certaines circonstances.

A1 : « Pas le médecin qui fait tout à la chaîne : « bon, on va faire ça, ça, ça… » et qui soit, ouais, assez, enfin, pas le médecin énervé// Un truc zen qui met à l’aise »

A2 : « qu’on puisse discuter tranquillement, pour que moi je sois en confiance. Pas quelqu’un de rigide// Enfin, que ce soit plus détendu, quoi…»

G3 : « Il devrait pas être choqué normalement ! Il devrait être plus hypocrite qu’autre chose, même si c’est question juste de 5 minutes, c’est mieux que de voir quelqu’un qui te juge// Un médecin, il devrait plutôt être positif, TOUJOURS être positif… toujours être de notre côté» »

G4 : « c’est pas au bout d’une conversation que je vais réussir à établir la confiance et après, deuxième consultation, allez hop c’est parti… !!! »

G7 : « qu’il s’intéresse vraiment à la personne, à la conversation. Pas qu’il pose des questions comme ça, et qu’il s’en foute de nos réponses ».

A3 : « qu’elle me pose des questions plutôt ! Parce que ... je pense que je répondrai plus facilement si elle me posait des questions, même intimes. »

A2 : « par l’humour ou des choses comme ça »

G2 : « "Ca va les cours ?" Si ! Quand il m’examine, il dit : « Ca va les cours ? » Que direct il passe à l’action, moi j’aurais peur ! »

G5 : « Faut qu’il y ait du dialogue, parce que sinon… ! »

La douceur ne semblait pas être l’attribut du médecin de sexe féminin. Les avis ont été partagés entre les adolescentes à ce sujet, argumentés bien souvent par les propos recueillis auprès des femmes de leur entourage.

G7 : « un homme [...] va y aller moins doucement.»

G9 : « Moi, ma mère, elle m’a dit les hommes ils sont plus euh….délicats. Quand ils examinent ils sont plus doux. »

Malgré un besoin général de dialogue abondant, deux adolescentes ont émis des réserves: G3 a déclaré ne vouloir aucune forme de communication verbale ni visuelle, A1 a insisté sur la nécessité de délivrer une information claire, compréhensible et adaptée à l’adolescent.

G3 : «  il nous pose trop de questions, tout ça… pour ça, j’aime pas trop...//(d’une voix aigüe, l’air effrayé) : Non, qu’elle parle pas !!...Il fait ce qu’il a à faire. Après, je pars en courant. Et qu’elle ne me regarde pas !!! »

A1 : « elle m’a fait une prévention de l’adolescence (elle pouffe de rire) en vingt minutes !!! // je me souviens que j’en étais ressortie, je m’étais dit : « Ouh là là ! c’est … un million de codes, on va jamais s’en sortir ! »// Elle me racontait des histoires ! elle me disait que l’alcool à trop grand excès ça faisait des catastrophes, qu’elle avait une patiente qui avait fait un coma éthylique, qu’elle ne souvenait pas de ce qu’elle avait fait cette nuit- là et qu’au final elle avait eu des rapports sexuels sans le savoir, enfin, que tout avait… enfin, le cas critique au possible »

A1 : «  Enfin 13 ans, c’était pas encore du tout mon domaine. Je parlais à UN garçon, c’était déjà… !(Elle écarte les bras pour montrer toute l’importance de cet acte à cette époque) j’avais pas de petit ami, genre j’étais là (elle rigole et expose ce qu’elle pensait à ce moment- là) : « Bon ! Vous savez j’ai que 13 ans, hein ! »



    1. Concernant le cabinet de consultation

Les avis ont divergé quant aux couleurs du cabinet et à la présence ou non d’objets ludiques. En revanche, les adolescentes se sont accordées sur la configuration du cabinet et l’importance de l’hygiène.

A1 : « pas les petits trucs, par excellence les petites salles dans les hôpitaux…où on fait les petites consultations, je trouve ça horrible ! »

G3 : «  Moi, j’imagine blanc ! Comme une salle d’hôpitaux… euh d’hôpital… »

G5 : « Faut pas que la pièce soit toute blanche ! »

A1 : « Pas un truc comme chez le dentiste avec les lumières bleues toutes bizarres… »

G7 : « Faudrait mettre une télé, comme chez les dentistes. »

G3 : « Moi, je voudrais aucun bruit »

G2 : « Je me vois mal avec de la musique, les écouteurs… ! »


  • La configuration du cabinet

Les adolescentes ont exprimé leur préférence pour un espace suffisamment grand dans lequel bureau et table d’examen seraient séparés et indépendants afin de permettre une certaine intimité.

A1 : « un espace assez aéré en fait »

G4 : « D’un côté, il y a le bureau, après il y a… Oui, une séparation au milieu. Parce que s’il y a quelqu’un qui accompagne, il est sur le côté et… »


  • L’hygiène du cabinet

S’agissant d’un espace dédié à l’examen gynécologique, les adolescentes ont cité comme caractéristique primordiale la propreté du lieu.

A1 : « pour moi c’est le genre de cabinet qui doit être super clean, nettoyé du matin au soir// tout ce qui touche aux organes internes, ça doit être super clean. // Faut que ce soit comme chez le dentiste où à chaque fois il ouvre une nouvelle palette de… de petits instruments. »


    1. Concernant le déroulement de la consultation

  • Des explications tout au long de la consultation

Des explications délivrées par le médecin tout au long de la consultation, décrivant chacun des actes qu’il va réaliser, faciliterait l’acceptation de l’examen clinique par les adolescentes et contribuerait au phénomène de réassurance. Les jeunes filles ont cité comme exemple le déroulement de la consultation chez le dentiste.

A1 : « Ah, je pense qu’il faudrait que je voie son espèce de petite tablette, là où il y a tous les instruments comme chez le dentiste, pour voir c’est quoi d’abord après lui dire ok »

A4 : «  Bah, il faudrait peut- être un peu plus d’explications.»

G4 : « qu’il m’explique qu’est-ce qu’il va faire sur moi. Ca me fera déjà moins peur je pense. Parce que s’il nous dit pas, on peut se dire : « Mais, qu’est-ce qu’il me fait là ? ». On sent des trucs, on sait pas ce qu’il nous fait. »


  • Le respect de leur intimité

Toutes les adolescentes espéraient ne pas se faire examiner. L’examen clinique et la nudité étaient source de grande anxiété, à tel point que G3 espérait ne jamais avoir besoin de consulter. Sa vive répulsion face à l’éventualité d’un examen clinique gynécologique la poussait à imaginer un MG doué de voyance, capable de diagnostiquer de loin, sans contact visuel, sans toucher ni même dialoguer, dans le cas où elle serait amenée à consulter.

La violence ressentie par ces patientes s’est traduite par l’image du viol associée à l’examen pelvien. Une de leurs attentes en cas d’examen pelvien était le caractère indolore.

A5 : « Bah, j’avais peur qu’il décide de m’ausculter… »

A1 : « Ça c’était ma grande question pour le vaccin contre le cancer du col de l’utérus, j’en avais fait tout un plat parce que je pensais qu’on allait m’examiner et que j’avais quatorze ans (elle rigole nerveusement) c’était la peur de ma vie (rires) »

G3 : « y font peur, un peu, ils sont obligés de te toucher, tout ça //Ouais parce que, on est atteint dans ses parties //J’aime pas qu’on me touche. Parce qu’il va pas nous toucher sur la peau, il va toucher nos parties intimes » « Il pénètre en nous. C’est une violation.»

G 3 : « Qu’elle se passe pas ! Qu’il soit pas obligé de nous toucher, qu’il sache déjà ce qu’on a ! //J’existe pas! Je me cache ! (d’une voix gênée, lourde) Qu’il ne me reconnaisse pas, que plus jamais il me revoit….Il nous a vue toute nue !// Ils ont qu’à nous dire, on fait toute seule !!! Si on trouve la boule et bah voilà !! »

A1 : « un truc ouais …ouais INDOLORE ça serait pas mal !!! »


  • Leur vision de la sexualité ou comment aborder ce sujet avec les adolescentes.

Certaines adolescentes ont évoqué un malaise face à la connotation négative donnée à la sexualité par certains MG.

A1 : « c’était limite, en gros « le sexe c’est mal », quoi ! Enfin on sentait ça par moments … »

De fait, lorsque les adolescentes s’exprimaient sur leur vision de la sexualité, le vocabulaire de l’amour et des sentiments était abondant. Certaines ont mis en opposition leur perception à celles de leurs homologues masculins, chez lesquels la sexualité serait dénuée de tout sentiment.

G7 : « Faire l’amour. »

G1 : « Aimer. »

G7 : « Désir. »

G2 : « Les mecs, ils ressentent toujours quelque chose même s’ils aiment pas la personne. »

G9 : « Moi, je suis pas d’accord ! »

G7 : « Mais, un mec c’est toujours excité ! »


    1. La relation mère –fille et la place de la mère en consultation

Les relations mère- fille ont semblé variées. Pour certaines, la communication semblait complètement ouvertes, sans tabou sur les sujets se rapportant à la gynécologie, à la sexualité. Dans ces situations, la mère proposait à sa fille d’aller consulter pour la prise de pilule ou tout du moins à un premier rendez- vous gynécologique. Mais généralement, l’orientation se faisait vers le gynécologue de la maman.

A1 : « ma mère est assez ouverte sur le sujet. Elle préfère qu’on en parle ouvertement plutôt que ce soit un tabou et qu’après ça amène à des bêtises et des non- dits »
D’autres étaient beaucoup plus fermées à la communication avec leurs filles. Celles- ci évoquaient comme raisons, le regard décalé de leur maman, ne percevant pas le nouveau statut d’adolescente et non plus d’enfant de leur fille. Une autre a appuyé ce même argument par le fait qu’elle soit la dernière enfant de la fratrie. D’autre part, le tabou pouvait également être occasionné par la pratique religieuse forte de la maman.

A3 : (elle se tortille sur sa chaise, les mains sous les cuisses) « Bah, ma mère, je la sens ... enfin, pour elle, elle me voit encore comme sa petite fille, donc euh... oui, j’aurais aimé qu’elle m’en parle et en même temps... »

A2 : « pour ma mère ça a été dur !!! Ma mère, elle pleurait, enfin elle a vraiment eu du mal à franchir le cap. Ma mère, ma vie… ! Ma vie, ma mère, elle imagine pas un tiers, quoi ! // Je suis la dernière, donc elle a eu un peu de mal. Elle s’est dit « ça y est, elle grandit » »

A2 : «  comme il y a aussi un aspect un peu religieux, on est plus gêné d’en parler »
Malgré la gêne ou le mutisme de certaines mères à propos de sujets comme la sexualité, la gynécologie, leurs filles perçoivent leur souhait implicite d’une protection pour leur fille, comme la pilule.

A2 : « Même si elle m’aurait jamais dit « non, tu ne la prends pas » ou enfin, « on en parle ». Elle préfère que je la prenne plutôt qu’il y ait un souci. »

A3: « Non, elle ne m’en a pas parlé, mais bon... elle préfère que je prenne la pilule plutôt que ... voilà ! »

Conséquence d’un dialogue plus ou moins ouvert, d’une gêne plus ou moins importante vis- à-vis du domaine de la gynécologie rapportée à leurs filles, la présence de la mère en consultation était ressentie différemment par les adolescentes. Quand certaines se disaient rassurées par sa présence, d’autres la qualifiaient d’anxiogène.

A5 : « ma mère, elle me connaît, elle sait comment je suis. Donc, ça me gênerait pas devant ma mère, ça me rassurerait. »
II- Les Médecins

  1. Profil des sujets

Le groupe des médecins était composé de 5 femmes et 4 hommes. Aucun médecin sollicité n’a refusé de participer.

La moyenne d’âge était de 48,7 ans, 5 avaient entre 30 et 49 ans, et 4 avaient entre 50 et 63 ans. Les lieux et modes d’exercices sont représentés en figure 3 :


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