Au baptême, on m’a donné les noms de Joseph Égésippe René, mais c’est le dernier qui a été retenu dans la vie courante








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Le monde politique



La science politique est l’art de diriger les destinées d’une population en l’encadrant d’un certain nombre de règles qui favorisent l’atteinte du bien commun sans lequel aucune personne humaine ne peut arriver à mettre en valeur les dons et les talents dont elle a été revêtue.
Au Québec comme dans d’autres parties du monde, la politique a été et est encore un champ de discorde et d’opposition. En remontant un peu dans notre histoire, on découvre que la démocratie parlementaire qui a remplacé la féodalité en 1854 a donné ouverture à toutes sortes de défoulements. À l’époque de l’apparition de partis politiques structurés, les citoyens se divisaient en conservateurs et en libéraux; ou, si l’on veut, en «bleus» et en «rouges». Chez nous, papa appartenait à une famille de conservateurs et le père de maman était un fervent partisan libéral. Avec le temps, il s’est produit un certain clivage à la maison. Papa était toujours « bleu » mais Raymond et Gertrude ont décidé de se déclarer pour le parti libéral aux élections fédérales de 1930. Plus tard, Adrien a milité pour le Crédit Social. Les femmes parlaient peu de politique car elles n’avaient pas droit de vote. Ce n’est qu’en 1940 que le gouvernement du Québec sous la direction d’Adélard Godbout, premier ministre, votait une loi le 25 avril pour autoriser les femmes à voter et à se présenter comme candidates.

Jusqu’en 1938, une femme mariée, elle, avait un statut de mineure au regard de la loi et elle ne pouvait légalement contracter que sous l’autorisation et avec l’assistance de son mari. Les élections se tenaient dans une atmosphère fiévreuse et agitée. Certains partisans professaient qu’en temps d’élections tout était permis ou à peu près tout. On usait d’influence, de promesses, d’argent, de boissons alcooliques, de supercheries, de substitution de personne, de trucage des listes électorales jusqu’au vol ou à la destruction des boîtes de scrutin. Certains curés, qui n’hésitaient pas à prendre parti, rappelaient à leurs paroissiens, dans des élans d’éloquence, que «le ciel est bleu et l’enfer est rouge». Les assemblées contradictoires étaient des événements spéciaux qui attiraient toujours des assistances records. Chaque candidat était appelé par un président d’assemblée à prononcer son discours pendant un temps limité, après quoi il y avait droit de réplique par le ou les autres candidats, selon le cas, minuté également, et interpellation de la part des partisans de l’un ou l’autre clan. Quelques fois, ces rencontres dégénéraient en bagarres et la police devait intervenir.
Quand j’ai commencé à m’éveiller à la chose politique, le Québec était dirigé par le parti libéral depuis près de 40 ans. Alexandre Tachereau était premier ministre depuis 1920. Sous son règne ont commencé les grandes concessions forestières à des compagnies qui les exploitaient surtout pour produire du papier. La compagnie Price était établie à Jonquières depuis 1911 au confluent de la rivière Saguenay et de la rivière aux Sables. En 1925, c’est l’Aluminium Company qui vient s’y installer pour profiter du pouvoir hydraulique disponible et nécessaire à sa production requérant beaucoup d’électricité. Elle a fondé la ville d’Arvida qui avait un statut de ville fermée administrée par la compagnie. Curieusement, la bauxite à la base de ses produits était importée de l’étranger, de l’Argentine entre autres. L’ensemble de la production de l’énergie électrique consommée par les villes était concédée à des entreprises privées comme la Shawinigan Light Heath & Power et autres.

Les conservateurs réussissaient à faire élire quelques candidats mais n’obtenaient pas de majorité. Leur leader, en 1936, était Maurice Duplessis, et il avait réussi à faire une entente avec Paul Gouin qui avait fondé l’Alliance Nationale. La fusion des deux groupes est devenue l’Union Nationale. Cette formation a pris le pouvoir en 1936 mais elle été remplacée par les libéraux d’Adélard Godbout en 1939. Cependant, nous étions en guerre pendant les années suivantes et le gouvernement de Makenzie King, à Ottawa, a appelé les citoyens à un référendum en 1942 pour dégager son gouvernement de sa promesse à l’effet que l’enrôlement ne se ferait que sur base volontaire. La réponse a été positive à l’échelle du pays et la conscription a finalement été décrétée en 1944 pour obliger tous les jeunes hommes en état de servir sous les drapeaux, à s’engager dans les armées de terre, de mer ou de l’air. Cette décision a déplu aux Québécois qui s’étaient prononcés à 76% contre la mesure lors du référendum. Comme résultat, l’Union Nationale de Maurice Duplessis a été réélue en 1944 et elle a conservé le pouvoir jusqu’au décès de ce dernier en 1959. Aux élections du 20 juin 1960 les libéraux reprennent le pouvoir sous la direction de Jean Lesage. Parmi les députés élus un certain René Lévesque sera nommé ministre des ressources naturelles dans son cabinet. Sans savoir si l’idée de la nationalisation de l’électricité vient de lui ou du cabinet, c’est sur ce thème que Jean Lesage décrète des élections anticipées en 1962. Il est réélu et met son projet à exécution. Son gouvernement utilise la Société Hydro Québec, créée par Adélard Godbout, lorsqu’il a nationalisé la Montreal Light Heath & Power, qui achète les autres compagnies productrices et distributrices de cette énergie au Québec et inaugure l’ère de la construction des grands barrages en commençant par celui de Manicouagan pour alimenter des centrales de production hydroélectrique.
Sous la direction de Daniel Johnson, l’Union nationale défait les libéraux en 1966. Pendant les premières années de cette décennie, plusieurs mouvements politiques s’organisent en dehors des partis traditionnels et prônent la souveraineté du Québec. Issu de cette mouvance, René Lévesque propose une motion en ce sens au congrès du parti libéral du mois d’août 1967 en y incorporant une association avec le Canada. Cette résolution est rejetée par les délégués, ce qui entraîne sa démission du parti libéral. C’est dans ce contexte que se situe la déclaration du général Charles De Gaulle, président de l’État français à cette époque, et en visite officielle sous invitation du gouvernement canadien à l’occasion du centenaire de la Confédération canadienne et de l’Exposition universelle tenue à Montréal cette année-là.

En lançant : «Vive le Québec libre!», il intervenait dans une question de politique intérieure du pays, ce qui était inacceptable sur le plan de l’éthique diplomatique, de sorte que les autorités canadiennes ont annulé sa visite officielle et l’ont prié de reprendre sur le champ son avion pour Paris. Cet incident a fait couler beaucoup d’encre et dépenser beaucoup de salive.

Dans la foulée de ce débat, René Lévesque avait fondé, en 1968, le Parti Québécois dont le programme comporte comme premier et principal article la séparation de la province de Québec du reste du Canada pour constituer un pays indépendant. Aux élections du 9 juin 1970 ce parti a présenté plusieurs candidats dont quelques-uns ont été élus mais son chef n’a pu obtenir de siège à l’Assemblée législative qui était devenue l’Assemblée nationale en 1968, sous le gouvernement de l’Union nationale de Daniel Johnson, lequel avait en même temps aboli le Conseil législatif. En cette année 1970, les libéraux ont été élus sous la gouverne de Robert Bourassa. Son cabinet a toutefois connu des jours difficiles avec les enlèvements du diplomate britannique James Cross et de Pierre Laporte, alors ministre du travail, par des cellules d’un mouvement indépendantiste pratiquant la violence et baptisé le «Front de libération de Québec», (F.L.Q.). Impuissant à régler le problème par les voies conventionnelles, Bourassa fait appel à Ottawa et demande au gouvernement canadien la promulgation de la loi des mesures d’urgence ou mesures de guerre et la présence de l’armée pour l’aider à dénouer cette crise qui paraissait sans issue pour son groupe politique. La loi est votée à Ottawa le 16 octobre et permet l’arrestation sans mandat de plus de 450 personnes de différents horizons dont certaines figures du show business. Dès le lendemain, le 17 octobre, Pierre Laporte qui avait été enlevé le 10 octobre est retrouvé assassiné dans le coffre d’une voiture abandonnée à l’aéroport de Saint-Hubert tandis que James Cross a fini par être libéré après que la Sûreté du Québec eut identifié son lieu de détention le 3 décembre et que des négociations avec le F.L.Q. ont permis à certains de ses membres, responsables de ces actes, de quitter le pays. Quelques-uns ont été emprisonnés. La première intervention publique de James Cross s’est faite sous forme d’entrevue à la télévision de Radio Canada le 9 décembre 1970. Le nouveau pont enjambant le Saint-Laurent à côté du Pont de Québec qui devait être baptisé pont Frontenac a finalement été appelé pont Pierre Laporte en mémoire de cette tragédie.
Bien que ces événements aient affecté la cote du Parti Québécois auprès de la population, il a quand même été porté au pouvoir aux élections de 1976. Dans la mise en œuvre de son programme, ce gouvernement a appelé les québécois à se prononcer sur la question de la souveraineté, par voie de référendum, le 20 mai 1980. Les électeurs ont rejeté le projet à plus de 55%. Aux élections du 13 avril 1981 le P.Q. est quand même réélu mais au cours des années suivantes des divergences internes se font jour sur le programme et la stratégie de ce parti politique. René Lévesque démissionne comme président le 20 juin 1985 et il est remplacé le 29 septembre par Pierre-Marc Johnson, un des fils de l’ancien chef de l’Union Nationale, et ancien premier ministre, Daniel Johnson.

Le 3 octobre, René Lévesque démissionne cette fois comme premier ministre et son successeur à la présidence du parti est assermenté à sa place. Pierre-Marc Johnson appelle des élections générales pour le 2 décembre 1985 et il est battu par les libéraux avec à leur tête Robert Bourassa revenu en politique qu’il avait quittée suite à la défaite de son parti en 1976. Il demeurera premier ministre jusqu’en 1994.

Pendant ce temps, Jacques Parizeau était devenu président du Parti Québécois et il remporte les élections du 12 septembre 1994. Un an plus tard il appelle à son tour les citoyens à se prononcer, par référendum, sur la question de la souveraineté du Québec et de sa séparation du Canada, le 30 octobre 1995. La proposition est rejetée par une faible majorité ce qui entraîne la démission de Jacques Parizeau comme président et premier ministre.
Par la suite, Lucien Bouchard, ex ministre dans le cabinet conservateur à Ottawa, qui, après sa rupture avec Bryan Mulroney, premier ministre, avait fondé le Bloc Québécois, et fait élire assez de députés du Québec pour constituer l’Opposition officielle à Ottawa, a accepté de devenir le 4ème président du P.Q. et premier ministre du Québec. Son gouvernement est réélu aux élections du 30 novembre 1998 mais insatisfait du vote de confiance des délégués de son parti, il démissionne le 11 janvier 2001. Bernard Landry est désigné pour lui succéder et il est assermenté comme premier ministre le 8 mars 2001. Il perd les élections du 14 avril 2003 aux mains des libéraux avec à leur tête Jean Charest qui devient premier ministre. Les choses en sont encore là sauf que le P.Q. s’est donné un nouveau chef, le 6ème, en la personne d’André Boisclair. On est en attente du prochain scrutin et du prochain référendum.
Du côté d’Ottawa, ce sont les libéraux qui ont occupé la scène la plus grande partie du temps avec Mackenzie King, Louis Saint-Laurent, Lester B. Pearson et Pierre Elliott Trudeau. Ce dernier a rapatrié la loi constitutionnelle du Canada sous l’autorité du parlement canadien malgré l’opposition de la province de Québec qui a refusé d’y adhérer. Jean Chrétien lui a succédé, après un interrègne des conservateurs de Bryan Mulroney de 1984 à 1993. Son projet d’intégrer le Québec dans la constitution canadienne ayant échoué, il s’est retiré de la vie politique. Kim Campbell lui succède le 25 juin 1993 et elle déclenche des élections pour le 3 novembre suivant. Les libéraux reviennent au pouvoir avec Jean Chrétien comme chef du parti qui devient premier ministre. C’est au cours de ce mandat qu’est tenu le deuxième référendum au Québec par le P.Q. sous la conduite de Jacques Parizeau, alors premier ministre avec la collaboration de Lucien Bouchard et des forces du Bloc Québécois, formation partageant les mêmes vues que le Parti Québécois en regard de la séparation du Québec.

La campagne est musclée et sujette à toutes sortes de manifestations avec une présence de poids des politiciens fédéraux. Il se dépense des sommes importantes de la part de ce groupe ce qui donnera lieu à des abus conduisant à la tenue d’une enquête publique dix ans plus tard.
Le gouvernement Chrétien est réélu le 2 juin 1997 pour un deuxième mandat et en 2000 pour un 3ème. Des tensions se font jour avec son ministre des finances, Paul Martin, qui ambitionne de devenir premier ministre à sa suite, mais Chrétien annonce finalement son retrait de la vie publique seulement pour 2004. Devenu premier ministre, Paul Martin constitue, le 19 février 2004, une commission d’enquête pour faire la lumière sur les dépenses du gouvernement fédéral lors de la période référendaire de 1995 et sur lesquelles la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, avait posé de sérieuses questions. Il en confie la présidence au juge à la retraite John H. Gomery, et il appelle des élections pour le 28 juin de cette année là. Il ne peut former qu’un gouvernement minoritaire qui est défait à la Chambre des Communes le 25 novembre 2005 et il se retire de la vie politique. Le scrutin suivant est tenu le 23 janvier 2006 et ce sont les conservateurs qui sont appelés à former la gouvernement mais minoritaire encore une fois avec Stephen Harper comme premier ministre.
À propos de la Commission Gomery, dont les audiences étaient télévisées avec des cotes d’écoute très substantielles, elle a entendu près de 200 témoins entre la mi-mars 2004 et le 17 juin 2005. Son rapport général qui confirme le détournement de quelques trois millions de dollars au profit d’amis du régime, du parti libéral de même que du parti Québécois et d’organisateurs politiques, a été déposé le 1er novembre 2005 et ses recommandations pour prévenir la répétition de tels excès, le 2 février 2006. Des procédures judiciaires ont été entreprises contre certains acteurs de cette saga.

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