I- cas possible se presentant dans un service hospitalier








télécharger 29.55 Kb.
titreI- cas possible se presentant dans un service hospitalier
date de publication03.02.2018
taille29.55 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > documents > Documentos
Groupement de Coopération Sanitaire

Pôle d’Infectiologie du Nord Pas-de-Calais

Une épidémie de rougeole sévit actuellement en France, en particulier chez les jeunes adultes (plus de 650 cas déclarés depuis janvier 2010). Cette maladie est très contagieuse et nécessite des mesures spécifiques d’hygiène dès l’accueil du patient. Elle peut se compliquer de manifestations graves telles que pneumonie ou encéphalite (2 décès fin 2009). Une lettre émanant de la Direction Générale de la Santé en date du 19 avril 2010, nous rappelle la circulaire de novembre 2009 et en particulier la prévention par la vaccination.
I- CAS POSSIBLE SE PRESENTANT DANS UN SERVICE HOSPITALIER
Définitions de cas clinique et de cas suspect de rougeole

Un cas clinique de rougeole répond à la définition suivante :

Fièvre supérieure ou égale à 38,5 C et éruption maculo-papuleuse et présence d’au moins un des signes suivants : toux, coryza, conjonctivite, signe de Koplik.

Un cas est suspect de rougeole sur les critères suivants :

Notion de contact avec un cas de rougeole dans les 12 jours précédents ET au moins un des symptômes suivants : fièvre, catarrhe oculo-nasal, toux, rhinite, conjonctivite, malaise, asthénie, pneumopathie, encéphalite
Accueil et orientation du cas possible à l’arrivée :

Port d’un masque chirurgical par le patient

Mise en précautions particulières de type « air » en chambre seule :

Port d’un masque adapté de type FFP1 ou FFP2 pour les personnes prenant en charge le patient

Seul le respect strict de ces mesures est de nature à prévenir la transmission nosocomiale de ce virus

Le personnel soignant prenant en charge ces patients doit être immunisés contre la rougeole (antécédent dans l’enfance ou schéma vaccinal à jour cf BEH d’avril 2010)
Interrogatoire et examen clinique :

Interroger le patient sur les antécédents de rougeole et de vaccination (ancienneté et nombre d’injections reçues)

Interroger le patient sur le contact avec des cas suspects ou confirmés de rougeole dans les 12 jours précédents (incubation de la rougeole : 10 à 12 jours)

Si le diagnostic est formellement infirmé après examen (autre cause retrouvée) : lever les précautions complémentaires

Si la suspicion de rougeole ne peut être écartée : Maintien des mesures d’isolement

Sérologie rougeole

Hospitalisation à discuter

Si le diagnostic est confirmé, établir la liste des contacts (vivant sous le même toit). Ceci est effectué par l’ARS après DO.

NB : Les contacts se rapprocheront de leur médecin traitant (évaluation du risque selon le statut vaccinal ou les ATCD de rougeole)
CAT :

Demander un avis en infectiologie en cas de doute sur la prise en charge et/ou de survenue ou cours d’une grossesse ou chez l’immunodéprimé.


  • Qui prélever ? Tout patient chez qui une suspicion de rougeole persiste après examen médical doit être prélevé

Le prélèvement de référence le plus disponible est pour le moment la sérologie. Les IgM sont positives dans tous les cas 3 jours après le début de l’éruption, et parfois dès la phase d’invasion (signes aspécifiques précédant l’éruption : fièvre, malaise, asthénie, signes oculo-respiratoires)


  • Traitement

Il n’existe pas actuellement de traitement spécifique



  • Déclaration

La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire. La déclaration sera effectuée sans délai par le médecin du service dans lequel le patient sera hospitalisé (www.invs.sante.fr/surveillance/rougeole )

Orientation du patient

  • Signes de détresse vitale : contacter le réanimateur de garde

  • Hospitalisation des formes graves et des patients à risque dans l’attente des résultats de la sérologie : préférentiellement en dermatologie ou en maladies infectieuses


Précautions particulières lors de l’hospitalisation :

- Chambre seule, précautions complémentaires air ; personnel de soins immunisé

II- PERSONNES EN CONTACT AVEC UN PATIENT PRESENTANT UNE ROUGEOLE CONFIRMEE AVANT MISE EN PLACE DES MESURES BARRIERES
II-1. Pour le personnel

Sont considérés comme contacts tous les membres du personnel ayant partagé des horaires de travail en commun dans les 5 jours précédents et les 5 jours suivants l’éruption de la personne présentant la rougeole (= période de contagion).

Vérification du statut vaccinal (2 injections), ou d’antécédent de rougeole dans l’enfance

Prendre contact avec la médecine du travail si pas d’antécédent personnel de rougeole ni vaccination complète
- Vaccination à jour ou antécédent de rougeole: absence de mesures particulières pour le membre du personnel concerné

- Pas d’antécédent de rougeole et statut vaccinal non à jour ou incertain :

  • Sérologie rougeole

  • Port de masque chirurgical, au contact des patients et des collègues de travail en attendant les résultats de la sérologie

Si sérologie rougeole positive en IgG seule: Levée du port du masque

Si sérologie rougeole négative : Poursuite du port du masque pour 12 jours après le contage de rougeole (= incubation)

Mise à jour de la vaccination (recommandée dans les 72 heures suivant le contact)

- ATTENTION : Femmes enceintes ou immunodéprimés : vaccination contre-indiquée, avis spécialisé nécessaire
II-2. Pour les patients

Sont considérés comme patients contacts tous les patients pris en charge dans la même unité durant les 5 jours précédents et les 5 jours suivant l’éruption chez le cas de rougeole

Vérification du statut vaccinal et de l’antécédent de rougeole des patients
- Vaccination à jour ou antécédent de rougeole: pas de précautions particulières pour le patient concerné

- Pas d’antécédent de rougeole, et vaccination inconnue ou incomplète :

  • Sérologie rougeole

  • Port de masque chirurgical, lors de la sortie de la chambre, en attendant les résultats de la sérologie

Si sérologie rougeole positive en IgG : Levée du port du masque

Si sérologie rougeole négative : Poursuite du port du masque pour 12 jours après le contage de rougeole (= incubation)

Mise à jour de la vaccination (recommandée dans les 72 heures suivant le contact)

- ATTENTION : Femmes enceintes ou immunodéprimés : vaccination contre-indiquée, avis spécialisé
NB : Nécessité d’une information systématique de tous les patients contacts, y compris ceux qui ne sont plus présents dans l’établissement
III- CONDUITE A TENIR EN CAS DE ROUGEOLE CHEZ UN MEMBRE DU PERSONNEL
Pour le membre du personnel malade :

- Eviction pendant 5 jours à partir du début de l’éruption

- Vérification du statut vaccinal des contacts familiaux (personnes vivant sous le même toit) qui se rapprocheront de leur médecin traitant

- Femme enceinte ou immunodéprimé : vaccination contre-indiquée, avis spécialisé
Pour les collègues de travail :

Sont considérés comme contacts tous les membres du personnel ayant partagés des horaires de travail en commun dans les 5 jours précédents et les 5 jours suivants l’éruption de la personne présentant la rougeole (= période de contagion)

- Conduite à tenir : cf II-1 ci-dessus
Pour les patients contacts :

Sont considérés comme patients contacts tous les patients dont s’est occupé le membre du personnel (sans critère de distance de personne à personne ou de durée d’exposition) durant les 5 jours précédents et les 5 jours suivant l’éruption chez le membre du personnel

- Conduite à tenir : cf II-2 ci-dessus
PS : l’afflux de demandes de sérologies entraîne une certaine saturation des laboratoires retardant l’obtention des résultats des sérologies de rougeole.

Fiche crée le 2 mai 2010. Version 2 mise à jour le 10 mai 2010

Rédaction : Dr Karine Faure

Vérification : Dr Serge Alfandari, Pr Benoit Guery, Pr Yazdan Yazdanpanah

La rougeole en quelques mots …

Virus de la rougeole : famille paramyxoviridae, genre morbillivirus

Contagiosité : Maladie virale très contagieuse. Taux d’attaque de 60 à 70% chez la population non immunisée, taux d’attaque proche de 0% chez la population immunisée (antécédent de rougeole ou vaccination complète)

Transmission : « air ». Le virus reste actif et contagieux dans l’air ou sur les surfaces contaminées pendant deux heures.



Incubation : 10 à 12 jours

Contagion : 5 jours avant et 5 jours après le début de l’éruption

Symptômes : Début brutal

Fièvre élevée, rhinite, conjonctivite (visage bouffi), toux

Points blanchâtres sur plaque érythémateuse sur la face interne des joues (signe de Koplick, pathognomonique mais fugace)

Eruption = exanthème maculopapuleux de quelques millimètres avec intervalles de peau saine non prurigineux, qui débutent derrière les oreilles, puis le visage, le tronc et les membres. Début quelques jours après l’apparition de la fièvre. Durée de l’exanthème : 5 à 6 jours, fine desquamation.

La femme enceinte : La rougeole survenant peut être source de complications de la grossesse (interruptions précoces) et de rougeoles congénitales (enfants présentant des signes de rougeole à la naissance ou dans les 10 premiers jours de vie). Pas de malformation associée à la rougeole en cours de grossesse.

La sérologie:

  • Les anticorps IgM spécifiques de la rougeole apparaissent à peu près au moment de l’apparition de l’éruption et peuvent être détectés jusqu’à 60 jours plus tard. Un seul prélèvement sanguin pour détection d’IgM est généralement suffisant, s’il est réalisé entre 3 et 28 jours, après le début de l’éruption. Plus l’intervalle entre le début de la maladie et le prélèvement sanguin augmente, plus le taux de détection des IgM dans le sérum diminue.

  • Les anticorps IgG spécifiques de la rougeole apparaissent à peu près en même temps que les IgM.

  • Le diagnostic sérologique de la rougeole repose ainsi sur la présence d’IgM spécifiques et/ou sur la séroconversion ou l’ascension (multiplication par 4 des titres) des IgG entre la phase aiguë (sérum prélevé dans les 7 jours qui suivent le début de l’éruption) et la phase de convalescence (sérum prélevé 10 à 20 jours après le premier).

Complications : plus fréquente chez l’enfant avant l’âge de 5 ans et l’adulte de plus de 20 ans. En 2009, 421 cas de rougeole hospitalisés, 90 pneumonies et 2 encéphalites, 2 décès (1 pneumopathie et une encéphalite). La mortalité est estimée à 1-3/1000 cas de rougeole.

NB : Encéphalite post-éruptive : survient dans les 3 à 10 jours après l’éruption. 1/1000 cas de rougeole.



Pour plus d’informations:

Circulaire DGS/RI1/2009/334: http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/09_334t0pdf.pdf

InVS: http://www.invs.sante.fr/surveillance/rougeole/default.htm

Infovac: http://www.infovac.fr/index.php?option=com_docman&task=docview&id=768

similaire:

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconLe service d’Anatomie et Cytologie Pathologiques du chru de Nîmes...

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconCas N° 01 : Lésion de néoplasie intra-épithéliale (dysplasie) 8
«à cellules caliciformes» observée dans l’estomac dans le contexte particulier et rare des formes familiales de cancer gastrique...

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconMarches a bons de commande travaux d’entretien du centre hospitalier de meaux
«Hôpital», «C. H.» et «Centre Hospitalier» recouvre l’ensemble de ces entités

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconL’examen clinique à l’admission au service de neurologie montre
«Pyramidale» en cas d’atteinte bilatérale des faisceaux cortico-bulbaires. On parle alors de dysarthrie spastique ou pseudobulbaire....

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconParfois cela concernait la reformulation d’une phrase : dans ce cas...

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconLa diurèse correspond à la fabrication de l’urine et à son élimination...
«clinistix», nous constatons l’absence de glucose dans les urines dans cette expérience

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconRéseau de santé cardio-vasculaire du secteur sanitaire n°6 de Bretagne
«focales» dans le déclenchement des crises d’arythmie avec comme conséquence l’apparition d’une «recommandation» dans certains cas...

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier icon5-Questionnaires utilises dans les différentes études de cas

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconService de Biologie Médicale du c h dunkerque
«Urgences et Investigation» avec le service d’hygiène hospitalière, l’imagerie médicale et le sau (responsable du Pôle : Dr j b campagne,...

I- cas possible se presentant dans un service hospitalier iconCours ppa-6015 Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Étude...
«poser un diagnostique, [ ] proposer des solutions et [ ] déduire des règles ou des principes applicables à des cas similaires»....








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com