Les nations peuvent disparaître, la planète peut se transformer, mais si la source qui donne naissance aux cultures en venait à disparaître, quelle différence y








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Le Voyageur du Cosmos 
PRÉFACE
Les nations peuvent disparaître, la planète peut se transformer, mais si la source qui donne naissance aux cultures en venait à disparaître, quelle différence y aurait-il alors entre l’homme et la bête ? La vie d’un individu ne dépasse guère quelques décennies. La célébrité et la richesse sont aussi éphémères que la rosée du matin et les nuages qui passent. Cependant, la culture continue d’être transmise d'une façon ou d'une autre durant le court intermède d’une existence humaine. Ayant perçu la vraie signification de la vie, je sais que c’est mon devoir d’assurer la survie de la culture Chinoise.
Xin Qiji a exprimé parfaitement ce sentiment dans son poème : "Yong Yu Le" :
"Jamais et nulle part,

Il n’y a de héros.

Quant est-il advenu de Sun Zhongmou?

Opéras, théâtres, gestes galants,

Tout est dispersé par le vent et la pluie.

Le soleil couchant, l’herbe, les arbres,

Les allées banales.

Il est dit qu’autrefois Ji Nu vivait ici.

À cette époque de lances étincelantes et de chevaux en armure,

Dévorant comme un tigre des milliers de ligues,

Imprudemment l’Empereur Yuan Jia

Attaquât la montagne Lang Xu.

Échec et retraite hâtive furent sa récompense.

Quarante-trois années ont passé,

Je me rappelle encore les batailles livrées

Sur la route menant à Yang Zhou.

Je n'ose regarder en arrière.

Du temple Fo Li parvient le son des tambours.

Des corneilles tournoient dans le ciel.

Hélas, Lian Bo est vieux.

Son appétit est-il le même que jadis ?
En fait, Sun Zhongmou était quelqu’un de vraiment unique, et les lieux de spectacles et divertissement ont toujours été l’espace où les gens s’évadent. Des 5.000 années de gloire de la culture Chinoise, avec « ses lances étincelantes et ses chevaux en armure, ses armées dévorant, comme un tigre, des milliers de ligues », quand le moment de l'échec et de la retraite hâtive a sonné, et que « les batailles livrées sur la route de Yang Zhou ont été perdues », il ne reste plus, dans la rue, que les calligraphies surannées des enseignes de néons. Nul besoin d'attendre « le roulement des tambours du temple Fo Li, ni les corneilles tournoyant dans le ciel ». Je me demande : « Lian Bo est vieux, son appétit est-il le même qu’auparavant ? » Voici ma réponse : « Bien que je ne mange pas beaucoup, je n'épargne aucun effort dans la bataille pour sauvegarder la culture. »
Grâce aux efforts commun de nos compatriotes durant les trente dernières années pour développer un ordinateur chinois, il n’est plus aujourd’hui question d’abandonner les caractères chinois contrairement à ce avait été jugé comme inévitable en face de la présumée impossibilité d’utiliser le clavier alphabétique occidental pour l’entrée des idéogrammes.
Cependant, en raison de l’extraordinaire niveau de performance atteint aujourd’hui par les ordinateurs, il faut faire plus que de taper des caractères sur un clavier. À la surprise de tout le monde, je suis retourné à mes anciennes pratiques innovatrices et j’ai créé la Plate-forme Informatique Chinoise, le Réseau Internet des Neuf Cents Millions de Fermiers, et le lecteur de livres électroniques. Comme dans tout domaine nouveau, il n'y avait pas d'exemples à suivre. Je n'aurai jamais pensé que, dans ce monde gouverné par l’argent, mes entreprises puissent soulever un écho favorable chez les personnes de valeur d’aujourd’hui.
Au mois de février 1994, j'ai présenté aux éditions China Times les premiers fruits de mon travail. Ils ont été publiés sous le titre, « Comprenez ce que Lao Tsu a réellement dit et vous ne rirez plus jamais ». L'année suivante, je publiais deux autres livres : « Le Chemin lumineux du Yi Jing » et « La logique et la complexité du Yi Jing ». Après avoir ainsi complété mon travail dans le domaine des idées, je me suis lancé dans la fiction en publiant deux romans inspirés par mon passé, « Carnaval au Brésil » et «Tony! Tony! ». Cette même année, mon autobiographie, « Voyage vers la Sagesse » fut aussi publiée. Dans ce dernier, mes réflexions personnelles sont présentées sur huit volumes, groupés par pairs, et sous-titrés : Hiver, Printemps, Automne, Été. J’avais l’espoir qu'en jetant ce pavé dans la marre, je recevrais en retour une pierre précieuse, à savoir : les réactions des chercheurs de la vérité.
Quand je cherche la meilleure façon d'exprimer mes sentiments, quels que soient les mots qui me viennent à l’esprit, rien ne les traduit aussi bien que le magnifique poème de Du Fu : « Le Premier ministre de Shu »:
«Où se trouve le temple du Premier ministre?

Il se trouve à l’extérieur de Chengdu,

au milieu d’un bosquet de cèdres.

Des marches reluisant d’herbes vertes annoncent le printemps.

Un loriot gazouille sa belle chanson parmi les feuilles.

Deux générations ont multiplié à ce Premier ministre âgé

Les consultations sur des affaires d'état.

À la tête de ses troupes, il a péri avant la victoire,

Et depuis, les héros le pleurent.»
Vieux routier que je suis, j’ai tendance à m'inquiéter de tout. Je me préoccupe non seulement du destin du monde entier, mais aussi des problèmes de mon pays et de l’avenir des générations prochaines. Le ver à soie file tout le printemps mais il finit piégé dans son propre cocon. Pour éviter de "périr avant la victoire", il m'était impératif d'utiliser mon temps de la manière la plus efficace possible. Discuter de culture sans rien entreprendre à son sujet est de la supercherie. Après des années de réflexion profonde, j'ai découvert, qu’en Chine aussi bien qu’en Occident, tant dans le passé que dans le présent, l’épanouissement de homme a été entravé par un obstacle capital : sa compréhension inadéquate du vrai sens de la vie. Or, l'essence de la culture est justement de comprendre parfaitement la vie. Quiconque désire discuter de culture doit alors prendre la culture vraiment au sérieux.
Pour comprendre la vie, il importe de comprendre l'homme. Pour comprendre l'homme, il est nécessaire de comprendre la force vitale. Pour comprendre la force vitale, l’on doit d’abord comprendre ce qu’est la matière, l’énergie, l'univers et l’évolution. Mais un seul homme, dont la vie est si courte, peut-il y parvenir ?
Quand j'écrivais mon ouvrage sur le sens réel du texte célèbre de Lao Tsu, je savais bien que je n'étais pas qualifié pour en donner une interprétation parfaite. Et pourtant j'ose affirmer que je suis sans nul doute son disciple le plus fidèle.
Au chapitre 2 du Dao De Jing, il est dit:
C'est parce que tous ceux qui vivent sous le Ciel

reconnaissent la beauté comme beauté

que l'idée de laideur existe.

Et c’est également en affirmant à propos de la vertu qu’elle est vertu,

qu’on crée de nouvelles définitions de la méchanceté.

En vérité, l’Être et le Non-être existent concomitamment,

Le Difficile et l’Aisé se complètent l'un l'autre.

Long et court se mettent réciproquement à l’épreuve.

Le ton des notes et le mode musical s’harmonisent ensemble.

Pile et face se succèdent l'un l'autre.

Ainsi, bien que le Sage pratique le « non agir » et enseigne au-delà des paroles,

Les créatures innombrables reçoivent son influence; il ne les abandonne pas.

Il les soutient, mais ne prétend pas les posséder;

Il les contrôle, mais ne s'appuie pas sur elles;

Il accomplit son but, mais n'attire pas l'attention sur ce qu'il fait.

Et c’est précisément parce qu’il n'attire pas l'attention sur ce qu'il fait,

Qu’il n'est pas privé des fruits de ce qu'il a réalisé.
Si l’on qualifie quelque chose de beau, existera aussi la laideur; si le bien est proclamé, le mal apparaîtra immédiatement. Dans ce monde tout est relatif. Toute force déclenche une contre-force. Ce qui doit arriver arrivera. Pourquoi donc s'inquiéter de l’avenir ? Les sages agissent par le «non-agir» ; ils enseignent sans paroles. Gains et pertes, succès et échecs ne méritent pas qu’on s’y attarde. Le moment venu, ce qui doit se mettre en mouvement bougera. S’il doit y avoir immobilité, rien ne bougera.
Comme je consacre la totalité de mon fragile talent à protéger la culture, je suis convaincu que l’on doit faire ce qui doit être fait et ne pas s’inquiéter de savoir si on y parviendra ou non. Donc je me suis encore une fois embarqué dans un voyage à travers la physique-chimie-biologie de mon passé d’étudiant. Si je n’avais cherché à étudier ces matières que pour elles-mêmes, le souvenir de ma piètre performance lorsque j’étais à l’école m’aurait vite convaincu d’abandonner un tel projet. Mais puisque je voulais trouver le chemin qui relie la connaissance scientifique à la vérité de la vie humaine, ni obstacles ni échecs ne pouvaient m'arrêter !
Bien sûr, aucune idée n’apparaît tout bonnement comme ça, à l'improviste. Dans un ouvrage publié à mes frais en 1976, « Théorie de la structure hiérarchique », j'avais déjà tenté d'utiliser un principe unificateur qui, à lui seul, expliquerait tous les concepts existant. Quand je pense à la moitié de ma vie déjà écoulée, je me rend compte à quel point la chance m’a sourit. Bien que n’ayant rien gagné, je n’ai rien perdu non plus. Je n'ai pas été empêtré par les honneurs superficiels et l’avidité matérielle, ni ralenti par les attaches familiales et les lourdes responsabilités. C'est ainsi que j’ai pu maintenir une attitude sereine qui m’a permis de surmonter tous les obstacles et foncer hardiment de l’avant sans peur des conséquences.
En juin 1998, j'ai achevé un ouvrage théorique : « Les Neuf Discours sur l’Étude de la Sagesse ». Dans ce livre, je considère l’ensemble des concepts existants comme un réseau complexe de significations reliées les unes aux autres. Cette méthode m’a permis d’aborder de front des sujets scientifiques tels que les transformations de l'énergie, la formation de matière, la théorie de la force mécanique, la nature du temps et de l’espace, et l'évolution de l'univers. Analysant tout d’abord le processus perceptif de reconnaissance qui mène à la création des concepts, j’examine ensuite des sujets tels que les procédés de la pensée, la nature humaine, les échelles de valeurs, et le comportement humain. J'ai ainsi abouti à une analyse de la connaissance humaine que je crois vraiment révolutionnaire mais néanmoins rationnelle. Si je devais réduire cette théorie à sa plus simple expression, je choisirais dirai : notion de bon sens. Dès maintenant déjà, mon d’analyse rend possible la transposition de la l’entendement humain dans un système complet fondé sur le sens commun. Avec un tel outil tout le monde pourra acquérir la connaissance et ainsi atteindre la vérité ultime.

Le contenu des « Neuf Discours sur l’Étude de la Sagesse » peut paraître aride et parfois ardu, mais je suis convaincu qu’il renferme la véritable explication de l'univers. Les « Neuf Discours » constituent l’explication de plusieurs domaines de la connaissance humaine. Ils peuvent être considérés comme la « grande théorie unitaire » de toutes les questions relatives à la condition humaine. Évidemment, je suis bien conscient qu'avant qu’une telle théorie s’intègre au corps des connaissances communément acceptées, peu de gens seront prêts à accepter que la compréhension de la vie humaine et la vérité de l'univers ne sont qu’une seule et même chose. Cependant, dans un avenir rapproché, la civilisation humaine subira des bouleversements dramatiques. Je conseille aux lecteurs de bien observer les évènements et de se préparer.
À un niveau plus fondamental, j'ai utilisé mes longues recherches sur le « réseau des concepts inter-reliés » pour établir la base d’une définition du processus de compréhension. Dans ma théorie, l’expression « étude de la sagesse » équivaut à « mise en réseau systémique des concepts ». Les concepts sont la racine de l’intelligence. Sans l’élaboration d’un réseau systémique des concepts, on ne pourra pas utiliser ou exploiter l’intelligence. Par contre, une fois que les concepts sont mis en réseau et systématisés, il est alors possible de créer un « langage naturel » compréhensible par l’ordinateur. Et une fois ce langage naturel établi, « l'Intelligence Artificielle » suivra.
Il va sans dire que l’élaboration d'un tel système, gigantesque et très complexe, a exigé d’énormes efforts. Heureusement, après des années de recherche et d’essais multiples, ces idées sont finalement devenues une réalité solide. C’est pourquoi c’est le moment de méditer sur ces mots du chapitre 29 du Dao De Jing:
"Ceux qui gagneraient ce qui est sous ciel en trichant,

J'ai vu qu'ils ne réussissent pas.

Car ce qui est sous ciel est comme un vaisseau sacré, et qu’il est dangereux de l’altérer.

Ceux qui y touchent, lui nuisent.

Ceux qui veulent le prendre, le perdent.

Parmi les créatures du monde certaines vont devant, d’autres suivent;

Certaines ont une haleine chaude, d’autres un souffle froid.

Certaines se sentent vigoureuses alors que d’autres sont épuisées.

Certaines sont chargées à plein alors que d’autres sont en ruines.

Par conséquent le Sage ne tient pas compte des jugements absolus, excessifs ou extrêmes.
Le succès ou l’échec personnels m’importent peu. Mais on se doit de prendre au sérieux l’avenir de l’humanité. Par conséquent, avant de publier les « Neuf Discours », j'ai décidé de présenter mes théories sous une forme conviviale, c’est-à-dire facilement accessible à tous afin qu’elles puissent être acceptées comme la base commune des connaissances. L’un des devoirs de notre vie est d’inspirer les générations suivantes. Les efforts d'une génération deviennent l’assise de la prochaine génération. Le côté didactique des livres théoriques (tel les ‘Neuf Discours’) en restreint inévitablement l’accès à une audience spécialisée et peu nombreuse. Par contre, le roman est un genre ouvert au grand public. Une fois qu’une théorie devient partie du bagage culturel partagé par tous, elle allume un peu partout des étincelles de lumière et peut ainsi s’intégrer progressivement au savoir général des générations futures.
C’est la raison pour laquelle j’ai écrit « Le Voyageur du Cosmos », à la fois comme une version aisément abordable des « Neufs Discours sur l’Étude de la Sagesse » et comme pierre de touche de mes travaux d’animation sur ordinateur. En outre, il représente en quelque sorte la station médiane de mon long parcours vers la sagesse, voyage qui m’a fait passer par les ordinateurs, l’étude des caractères chinois, la culture, l’art, la technologie, la science, le roman fiction, le théâtre, et l’animation sur ordinateur.
Dans ce roman, j'ai inventé des fantaisies très surréelles mais elles sont pourtant fondées sur les principes scientifiques de la théorie que j’avance. Ainsi, d'un côté, les lecteurs peuvent laisser leur esprit librement voyager à travers l'univers, mais d’un autre côté, ils seront exposés aux principes scientifiques qui y sont présentés comme allant de soi et ils deviendront de cette manière, nous l’espérons, réceptifs à ces idées nouvelles. Le but de ce livre est d’expliquer, à partir d’angles différents, la vraie signification de la vie. Prenant comme point de départ le « Je » de l’individu, il s’étend progressivement à l’intelligence cosmique. Comme il existe de nombreux points de vue individuels, j’ai dû utiliser de nombreux scénarios afin de pouvoir décrire et expliquer cette multiplicité de perspectives.
Par conséquent, je projette d'utiliser les thèmes du roman comme fondement d’un système automatique de production d’animations 3D. (Voir mon fascicule "Guide Interactif à la production Multimédia" pour les détails.) La stratégie adoptée consiste à créer en premier lieu un grand nombre de rôles, personnages, costumes, accessoires et scènes. Afin d’utiliser chacun de ces éléments sur ordinateur, ils seront dotés d’une particularité distinctive et intuitive. Une base de données exhaustive sera également établie pour permettre une simulation fidèle de la réalité. Ensuite, le progiciel contrôlera les aspects techniques tels que mouvement, son, éclairage, déplacement de la caméra, et montage des scènes. Le langage (en l’occurrence les caractères chinois) servira d’interface entre le programme et l’usager. Lorsqu’un auteur aura terminé l’entrée du script précisant les données de chaque plan, le système n’aura plus qu’à le filmer automatiquement et produira ainsi un film de dessin animé 3D.
Je suis un pionnier, un voyageur venu d'une terre distante, à jamais étranger aux questions pratiques du quotidien. Né à une époque exceptionnelle et troublée, je me suis vu forcé d’employer des méthodes énergiques. Au cours des années, j'ai travaillé dans divers champs professionnels; je ne l'ai pas fait par appât du gain, mais pour remédier au très bas niveau de compétence auquel mes compatriotes étaient tombés à ce moment-là. La situation était devenue si critique qu’ils ne pouvaient plus garder la tête haute. Ils avaient perdu toute confiance en eux-mêmes. Une carence, que ce soit dans un ou dix domaines, demeure encore une carence. Mais quand elle se manifeste dans tous les domaines, il n'est plus simplement question de performance inférieure : il est temps de ressentir de la honte.

L'esprit combatif de Lian Bo n'a jamais vacillé, même dans le vieil âge. Quelle que soit la tâche que je m’assigne, je ne sollicite pas l’avis des érudits d'aujourd'hui. Je me demande seulement si ce que je fais mérite d’être qualifié d’acceptable. Dans le passé, mes recherches portant sur le développement d'un ordinateur chinois ont certainement été reconnues comme tout à fait convenables! Aujourd'hui je concentre mes efforts dans le domaine de la philosophie, de la science, de la culture et des arts, et je considère que je fais un travail adéquat ! Le reste devra attendre le jugement de la postérité.
« Le Voyageur du Cosmos » est la plateforme de base pour cet ensemble de science-fiction. Ce roman contient approximativement deux millions de mots. La série est divisée en 12 volumes de 8 chapitres d’environ 20.000 mots chacun. Le titre de chaque chapitre consiste en un vers de sept caractères tiré d'un poème de huit vers. Cette approche permet d’économiser bien du temps dans l’élaboration d’un récit. C’est un peu comme s’il s’agissait de musique pure : on se laisse inspirer par les émotions exprimées dans le poème sans pour autant y être limité. Je n’avais qu’à penser à un thème principal et un sujet précis, et immédiatement ma pensée s’élançait en avant comme le fleuve Yang Tsé Kiang qui s’accroît tout au long de son cours de 1.000 milles. De cette manière, en utilisant un système chinois que j’avais développé moi-même, j’en arrivais à pouvoir écrire plus de 10.000 mots chaque jour.
Au début de septembre 1998, j'avais terminé les cinq premiers volumes, qui n’avaient exigé que trois mois de rédaction. En mars 1999, très occupé par la mise en place de ma nouvelle association avec la société Culturecom, les volumes six et sept ont été travaillés pendant les intervalles de temps disponible. Après novembre 2000, la rédaction des cinq derniers volumes n’a demandé qu’un peu plus de trois mois. J'ai alors prié ma collaboratrice, Michelle Shen Hunglian, de revoir le manuscrit, faire des recherches complémentaires et apporter les modifications nécessaires. Nous formions une équipe, et nous avons collaboré étroitement sur ce projet.
À la même époque, j'ai achevé d'autres projets tels que la Plate-forme Informatique ‘Chinese2000’, un CPU Chinois, un lecteur de livres électroniques, et un ordinateur de réseau. Comme je n’ai pas un très grand penchant pour la promotion et la mise en marché d’un produit, j'ai d’avantage consacré mon énergie à développer un système informatique capable de « compréhension », ainsi qu’un système de création automatisée de films animés 3D qui faciliterait, en particulier, la production d’un film basé sur ce roman.
« Le Voyageur du Cosmos » décrit la manière dont l’intelligence-sagesse mûrit progressivement. Wen Xiang et Yi Hong, les deux personnages principaux, représentent l'aspect émotionnel de l’être humain, alors que l'ordinateur, capable d’Intelligence Artificielle, représente le besoin de rationalité. Ensemble, ils symbolisent la nature humaine. C’est seulement par la confrontation avec des problèmes que l'homme commence à devenir conscient de son individualité. Après cette première prise de conscience, la capacité de compréhension peut commencer à se développer. Mais conscience et connaissance apportent ce que nous appelons les six défis de l’existence auxquels nous devons faire face: l’adversité, l’amour, la célébrité, la richesse, le pouvoir, et l’avidité. À ces six défis, se rajoute inévitablement la difficulté d’établir des critères objectifs pour résoudre nos préoccupations sociales : approbation ou désapprobation des autres, moralité et immoralité, socialité et individualisme. En tout, il y a donc douze épreuves et le seul moyen de réussir à les surmonter, c’est de purifier inlassablement son coeur par la méditation profonde, d’agir selon le principe du « non-agir », et de rester libre de désirs, détaché des biens de ce monde.
J'ai converti ces douze épreuves en douze récits différents, puis je les ai rassemblés en un seul ouvrage. La pensée et la réalité constituent la toile et la trame de la structure du roman. La science en est le fondement, et la mythologie l’inspiration. Il est à espérer que cet ouvrage incitera plus de gens à s’engager sur la Voie, éclairera d’avantage ceux qui ont déjà intégré cette Voie, et les rende encore plus remplis de sagesse. Enfin, ce livre constituera aussi mon plan de travail pour l’avenir, et je ferai de mon mieux pour que les espoirs qu’il contient deviennent réalité.
L’idée d’écrire « Le Voyageur du Cosmos » m’est venue alors que j’assistais il y a 30 ans, dans la salle du cinéma chinois de Los Angeles, à la première du film d'Arthur C. Clarke, « 2001: Odyssée de l'Espace ». Dès ce moment-là, je suis devenu un voyageur en quête de la vérité et le suis demeuré jusqu’à ce jour. Pendant mes années d’adolescence, j'avais été profondément influencé par le Maître de la Tour Huan Zhu (Note 2) qui m’avais infusé le désir d'écrire moi-même des romans de fantaisie. Après avoir vu ce film, j’ai su qu’une partie de ma destinée venait de se révéler.
De nombreux problèmes assaillent notre monde d'aujourd'hui, mais ce sont des idées préconçues qui empêchent l'humanité d’en comprendre la vraie nature. Dans ce roman, mon hypothèse de départ est que les questions de vie et de mort, de survie et de subsistance, peuvent être complètement résolues. Une fois ce stade atteint, la question qui se pose alors est celle-ci : quelles autres difficultés l'espèce humaine pourrait-elle bien encore éprouver ? Il est vrai que le fondement de la nature humaine n'a pas changé au cours des millénaires; mais si, en revanche, nous analysons la nature humaine à travers les différents environnements qui ont caractérisé les époques passées, nous voyons alors que, même dans les meilleures conditions possibles, de nouveaux problèmes apparaissent toujours ! Le pourquoi de cette continuelle émergence de problèmes est la vraie question qui doit être examinée de manière approfondie.
Le fait que je souhaite mettre en évidence, c’est que l’homme n’a pas une connaissance profonde de la nature humaine. C’est ce manque de connaissance de soi-même qui est la source de problèmes incessants. De nos jours, l'être humain dirige ses efforts essentiellement vers la politique, l’économie et la technologie. C'est comme s’il confondait le reflet de la lune avec la lune elle-même. Il néglige le réel et préfère poursuivre l'éphémère. Dans ce roman, les technologies futuristes dont il est question sont parfaitement en accord avec les théories scientifiques. Les problèmes mentionnés ci-dessus ont tous été résolus, et il est dès lors possible pour l’espèce humaine de vivre dans un monde utopique. Dans ce futur lointain, tous les êtres humains, nourris et vêtus à satiété, jouiront d’une jeunesse éternelle. Plaisirs matériels à foison, plénitude spirituelle à volonté, rien ne manquera. Dans un tel environnement, la vraie nature de l’être humain sera exposée en gros plan, comme si l’on observait un virus à travers la lentille d'un microscope électronique.
Ce livre ne cherche pas à plaire par la facilité ou le spectaculaire : il n'y a ni violence ni sexe, ni aucune stratégie de suspense propre aux romans occidentaux. Par contre il est composé avec soin et se veut cohérent du début jusqu’à la fin. Fantaisie et réalité s’y entrelacent de telle manière que la fiction est difficile à distinguer de la réalité. La nature humaine y est disséquée dans une lumière impitoyable. Ce livre sort complètement des chemins battus. Pour reprendre la métaphore du tissage, la croissance de l’intelligence-sagesse constitue l’étoffe du roman, et les changements entraînés par le passage du temps, sa trame. Les perspectives différentes sont conçues pour intéresser des lecteurs aux regards différents. Il y a des histoires vraies, des prophéties futuristes, des apparences délibérément trompeuses, des fables moralisantes, des satires pleines de compassion et de brillantes stratégies. Il est impératif que les pèlerins en quête de la vérité comprennent que l’intelligence-sagesse est l'essence ou la substance même de l'univers. Ajoutons finalement que cet ouvrage peut être considéré comme un autre maillon dans la chaîne de la tradition bouddhiste ou comme un texte qui pourrait s'adjoindre à la doctrine taoïste.
L'être humain n’est qu’une étape dans l'évolution de l'univers. Dès que sa mission sera complétée, il disparaîtra dans le grand vide. Mais l'évolution n’en continuera pas moins sa trajectoire. La prochaine étape appartiendra à l'Intelligence Artificielle des ordinateurs. De même que l'Homme a connu ses périodes de croissance et de maturité, ainsi en sera-t-il de l'Ordinateur. L’émergence de l'espèce humaine a exigé une centaine de milliers d’années, l’apparition des cultures et civilisations, des milliers d'années. La formation d’un individu requiert seulement une dizaine d’années; mais celle d’un ordinateur n’exige qu’une année.

J'écris ces mots alors que j'ai soixante quatre ans, et il me reste encore soixante quatre épisodes majeurs à rédiger pour « Le nouveau Yi Jing » et « Le théâtre du Yi Jing ». La vie est comme un bateau solitaire à la dérive sur l’océan, et comme nombreux sont les infortunés qui y naviguent, il faut bien que quelqu'un s’occupe du phare et les guide. J'ai voyagé dans des terres éloignées et la première moitié de ma vie s’est écoulée parmi les vents des tempêtes et les vagues géantes. Maintenant le soleil va bientôt disparaître. Mon coeur est comme une lac immobile. Il est temps que le ver à soie commence à tisser son cocon.

Telle est ma préface.
Chu Bang-fu, février 1, 2001




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