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796] Ce que nous avons appelé « moments féconds », dans notre repérage de la connaissance paranoïaque,

n'est pas une référence freudienne. [référence de Lacan à sa Thèse de Doctorat « De la psychose paranoïaque dans ses rapports à la personnalité » :

« les moments de l’évolution où se créée le délire, les points féconds de la psychose, constituent des moments de discontinuité » ]
Nous avons quelque mal à faire entendre - dans un milieu infatué du plus incroyable illogisme -

ce que comporte d'interroger l'inconscient comme nous le faisons, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il donne une réponse

qui ne soit pas de l'ordre du ravissement ou de la mise au sol, mais plutôt « qu'il dise pourquoi ».

[Cf. « Écrits » p. 409, « La chose freudienne » : « Moi la vérité, je parle. ». Le « pourquoi » n’apparaït que si l’inconscient parle : lapsus, rêves, symptômes]

Si nous conduisons le sujet quelque part, c'est à un déchiffrement [rébus, énigme] qui suppose déjà dans l'inconscient

cette sorte de logique : où se reconnaît par exemple une voix interrogative, voire le cheminement d'une argumentation.
Toute la tradition psychanalytique [le « dispositif analytique » : association libre, interprétation des rêves]

est là pour soutenir que la nôtre [voix] ne saurait y intervenir qu'à y entrer au bon endroit,

et qu'à anticiper sur elle [modèles préconstruits d’interprétation, « archétypes »], elle n'en obtient que la fermeture.

En d'autres termes, la psychanalyse qui se soutient de son allégeance freudienne, ne saurait en aucun cas

se donner pour un rite de passage à une expérience archétypique [Platon(Idées), Jung(archétypes)] ou d'aucune façon ineffable :

le jour où quelqu'un y fera entendre quelque chose de cet ordre - qui ne sera pas un minus - ce serait

que toute limite y aurait été abolie. Ce dont nous sommes encore loin1. Ceci n'est qu'approche de notre sujet.
Car il s'agit de serrer de plus près ce que FREUD en sa doctrine lui-même articule de constituer un pas copernicien.

Y suffit-il qu'un privilège soit relégué, en l'occasion celui qui met la terre à la place centrale ?

La destitution subséquente de l'homme d'une place analogue par le triomphe de l'idée de l'évolution [Darwin],

donne le sentiment qu'il y aurait là un gain qui se confirmerait de sa constance.
Mais est-on si sûr que ce soit là gain ou progrès essentiel ? [797] Rien fait-il apparaître que l'autre vérité

- si nous appelons ainsi la vérité révélée - en ait pâti sérieusement ? [Cf. la condamnation de Galilée :

[« Il est paru à Florence un livre intitulé « Dialogue des deux systèmes du monde de Ptolémée et de Copernic » dans lequel tu défends l'opinion de Copernic.

Par sentence, nous déclarons que toi, Galilée, t'es rendu fort suspect d'hérésie, pour avoir tenu cette fausse doctrine du mouvement de la Terre et repos du Soleil. Conséquemment, avec un cœur sincère, il faut que tu abjures et maudisses devant nous ces erreurs et ces hérésies contraires à l’Église. Et afin que ta grande faute ne demeure impunie, nous ordonnons que ce « Dialogue » soit interdit par édit public, et que tu sois emprisonné dans les prisons du Saint-office. » 22 juin 1633]
Ne croit-on pas que l'héliocentrisme n'est pas - d'exalter le centre - moins leurrant que d'y voir la terre,

et que le fait de l'écliptique [ἐκλειπτικὀς : incomplet, imparfait] donnait sans doute modèle plus stimulant de

nos rapports avec le vrai, avant de perdre beaucoup de son intérêt de n'être plus que terre opinant du bonnet ?
vt2004-if11-fig2 obliquite_plan_ecliptique
En tout cas, ce n'est pas à cause de DARWIN que les hommes se croient moins le dessus du panier

d'entre les créatures, puisque c'est précisément ce dont il les convainc.

L'emploi du nom de COPERNIC à une suggestion langagière [révolution copernicienne], a des ressources plus celées qui touchent justement à ce qui vient déjà de glisser de notre plume comme rapport au vrai :

à savoir le surgissement de l'ellipse [ἔλλειψις, él : intérieur, leipsis : manque, insuffisance] comme n'étant pas indigne du lieu dont prennent leur nom les vérités dites supérieures [sens géométrique : cercle imparfait, et sens littéraire : omission d’une partie de l’énoncé].
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[une ellipse à deux foyers (S1, S2) est l’ensemble des points M tels que MS1 + MS2 = constante, un foyer solaire (plein) représentant ici le savoir : S2,

un foyer vide représentant la vérité : S1, S1 est un savoir sans sujet (donc non su), et où S2 est le savoir du sujet de la science (donc sans accès à la vérité)]
La révolution n'est pas moindre de ne porter que sur les « révolutions célestes ». Dès ce moment s'y arrêter

n'a plus seulement le sens de révoquer une sottise de la tradition religieuse qui - on le voit assez - ne s'en porte pas plus mal, mais de nouer plus intimement le régime du savoir à celui de la vérité. Car si l'ouvrage de COPERNIC…

comme d'autres l'ont fait remarquer avant nous [Cf. A. Koyré : Du monde clos à l’univers infini, PUF 1962 ]

…n'est pas si copernicien qu'on le croit, c'est en ceci que la doctrine de la double vérité 2 y donne encore son abri à un savoir qui jusque-là - il faut le dire - donnait toute l'apparence de s'en contenter.
Nous voilà donc portés sur cette frontière sensible de la vérité et du savoir dont après tout l'on peut dire que notre science, d'un premier abord, paraît bien avoir repris la solution de la fermer [fermer la frontière : le savoir scientifique se ferme à la vérité, mais aussi, familièrement, « la fermer » : Cf. la dernière proposition du « Tractaus » de Wittgenstein : « Ce qui ne peut se dire (la vérité), il faut le taire »].
Si pourtant l'histoire de la Science [la science moderne dont Lacan désigne le début avec Descartes (1596-1650)], à son entrée dans le monde, nous est encore assez brûlante [Cf. la condamnation au bûcher de Giordano Bruno (1548-1600), pour avoir développé les thèses de Copernic (1473-1543)]

pour que nous sachions qu'à cette frontière quelque chose alors a bougé [notre rapport à la vérité ],

c'est peut-être là que la psychanalyse se signale de représenter un nouveau séisme à y survenir.
Car reprenons de ce biais le service que nous attendons de la phénoménologie de HEGEL :

c'est d'y marquer une solution « idéale », celle - si l'on peut dire - d'un révisionnisme permanent où la vérité

est en résorption constante dans ce qu'elle a de perturbant, n'étant en elle-même que ce qui manque à la réalisation du savoir.

[798] L'antinomie que la tradition scolastique posait comme principielle [la double vérité], est ici supposée résolue d'être imaginaire.

La vérité n'est rien d'autre [pour Hegel] que ce dont le savoir ne peut apprendre qu'il le sait qu'à faire agir son ignorance.

Crise réellel'imaginaire se résout - pour employer nos catégories - d'engendrer une nouvelle forme symbolique.

[la crise est réelle de ce que la vérité touche au réel (symbolico-réelle, la vérité ne peut qu’être mi-dite), ce « conflit » réel trouve son dépassement-conservation (aufbehung) par la résolution imaginaire (symbolico-imaginaire) et la « chute » du réel ] Cette dialectique est convergente

et va à la conjoncture définie comme « savoir absolu ». Telle qu'elle est déduite, elle ne peut être que la conjonction

du symbolique avec un réel dont il n'y a plus rien à attendre [où le réel ne figure plus que comme absence, manque, trou comblé par l’imaginaire].
Qu'est ceci ? Sinon un sujet achevé dans son identité à lui-même.

À quoi se lit que ce sujet est déjà là parfait et qu'il est l'hypothèse fondamentale de tout ce procès.

Il est en effet nommé comme étant son substrat, il s'appelle le Selbstbewusstsein, l'être de soi conscient, tout-conscient.
Plût au ciel qu'il en fût ainsi, mais l'histoire de la science elle-même…

nous entendons de la nôtre et depuis qu'elle est née,

si nous plaçons sa première naissance dans les mathématiques grecques

…se présente plutôt en détours qui satisfont fort peu à cet immanentisme, et les théories…

qu'on ne se laisse pas tromper là-dessus par la résorption de la théorie restreinte dans la théorie généralisée [Einstein]

…ne s'emmanchent en fait nullement selon la dialectique « thèse, antithèse et synthèse ».
D'ailleurs quelques craquements à se donner voix fort confuse dans les grandes consciences responsables

de quelques changements cardinaux dans la physique [Cf. les remises en cause de la physique quantique], ne sont pas sans nous rappeler qu'après tout, pour ce savoir comme pour les autres, c'est ailleurs que doit sonner l'heure de la vérité.
Et pourquoi ne verrions-nous pas que l'étonnant ménagement dont bénéficie le battage psychanalytique

dans la science, peut être dû à ce qu'elle indique d'un espoir théorique qui ne soit pas seulement de désarroi ?

Nous ne parlons pas, bien entendu, de cet extraordinaire transfert latéral, par où viennent se retremper

dans la psychanalyse les catégories d'une psychologie qui en revigore ses bas emplois d'exploitation sociale. Pour la raison que nous avons dite, nous considérons le sort de la psychologie comme scellé sans rémission.
Quoi qu'il en soit, notre double référence au sujet absolu de HEGEL et au sujet aboli de la science

[le sujet hégelien (prévalence imaginaire) et le sujet de la science (prévalence symbolique), excluent la vérité comme extérieure à eux-mêmes : ex-sistence]

donne l'éclairage nécessaire[799] à formuler à sa vraie mesure le dramatisme de FREUD : rentrée de la vérité

dans le champ de la science, du même pas où elle s'impose dans le champ de sa praxis : refoulée, elle y fait retour.

[Cf. principe d’incertitude d’Heisenberg, théorèmes d’incomplétude de Gödel, les 4 « impossibles » : incertitude, indémontrable, incomplétude, inconsistance],
Qui ne voit la distance qui sépare « le malheur de la conscience »

dont si puissant qu'en soit le burinement dans Hegel, on peut dire qu'il n'est encore que « suspension d'un savoir »

…du « malaise de la civilisation » dans FREUD, même si ce n'est que dans le souffle d'une phrase comme désavouée qu'il nous marque ce qui - à le lire - ne peut s'articuler autrement que le rapport « de travers »

- en anglais on dirait « skew » [oblique] - qui sépare le sujet du sexe [soit ce que Lacan énoncera : « il n’y a pas de rapport sexuel »].
Rien donc, dans notre biais pour situer FREUD, qui s'ordonne de l'astrologie judiciaire où trempe le psychologue.

[« astrologie » des étiquettes nosographiques, que les « expertises judiciaires » sont recquises de produire]

Rien qui procède de la qualité, voire de l'intensif, ni d'aucune phénoménologie dont puisse se rassurer l'idéalisme.
Dans le champ freudien, malgré les mots, la conscience est trait aussi caduc à fonder l'inconscient sur sa négation

cet inconscient-là date de saint THOMAS

…que l'affect est inapte à tenir le rôle du sujet protopathique, puisque c'est un service qui n'y a pas de titulaire.
L'inconscient, à partir de FREUD, est une chaîne de signifiants qui quelque part, sur une autre scène - écrit-il -

se répète et insiste pour interférer dans les coupures que lui offre le discours effectif [a’ a] et la cogitation qu'il informe.
2a

Dans cette formule [« L’inconscient est structuré comme un langage » : une chaîne de signifiants ]…

qui n'est nôtre que pour être conforme aussi bien au texte freudien qu'à l'expérience qu'il a ouverte

…le terme crucial est « le signifiant », ranimé de la rhétorique antique [stoïciens] par la linguistique moderne, en une doctrine dont nous ne pouvons marquer ici les étapes, mais dont les noms de Ferdinand De SAUSSURE [1857-1913]

et de Roman JAKOBSON [1896-1982] indiqueront l'aurore et l'actuelle culmination, en rappelant que la science pilote

du structuralisme en Occident [la linguistique donc] a ses racines dans la Russie où a fleuri le formalisme.

Genève 1910 [Saussure], Petrograd 1920 [Jakobson], disent assez pourquoi l'instrument en a manqué à FREUD.
Mais ce défaut de l'histoire ne rend que plus instructif le fait que les mécanismes décrits par FREUD

comme ceux du processus primaire, où l'inconscient trouve son régime, recouvrent exactement les fonctions que cette école tient pour déterminer les versants les plus radicaux des effets du langage, nommément la métaphore et la métonymie, autrement dit les effets de substitution et de combinaison du signifiant dans les[800] dimensions respectivement synchronique [métaphore] et diachronique [métonymie] où ils apparaissent dans le discours.
La structure du langage une fois reconnue dans l'inconscient, quelle sorte de sujet pouvons-nous lui concevoir ?

On peut ici tenter, dans un souci de méthode, de partir de la définition strictement linguistique du « Je » comme signifiant : où il n'est rien que le shifter ou indicatif qui dans le sujet de l'énoncé désigne le sujet

en tant qu'il parle actuellement. C'est dire qu'il désigne le sujet de l'énonciation, mais qu'il ne le signifie pas.

[le « je » n’est ni le signifiant, ni le signifié du sujet de l’énonciation, ce dernier est « ex-sistence » au discours et ne s’y manifeste que dans un « dire »,

dans les coupures, les ruptures, les élisions, les non-sens : lapsus, oublis, mots d’esprit]
Comme il est évident au fait que tout signifiant du sujet de l'énonciation peut manquer dans l'énoncé,

outre qu'il y en a qui diffèrent du « Je », et pas seulement ce qu'on appelle insuffisamment les cas

de la première personne du singulier, y adjoignît-on son logement dans l'invocation plurielle [1ère personne du pluriel], voire dans le Soi de l'auto-suggestion.
Nous pensons par exemple avoir reconnu le sujet de l'énonciation dans le signifiant qu'est le « ne »

dit par les grammairiens3 « ne explétif », terme où s'annonce déjà l'opinion incroyable de tels parmi les meilleurs qui en tiennent la forme pour livrée au caprice.
Puisse la charge que nous lui donnons, les faire s'y reprendre, « avant qu'il ne soit avéré qu'ils n'y comprennent rien » :

retirez ce ne, mon énonciation perd sa valeur d'attaque, « Je » m'élidant dans l'impersonnel.
Mais « je crains ainsi qu'ils n'en viennent à me honnir » :

glissez sur cet « n' » et son absence ramenant la crainte alléguée de l'avis de ma répugnance

à une assertion timide, réduit l'accent de mon énonciation à me situer dans l'énoncé.
Mais si je dis « tue » pour ce qu'ils m'assomment, où me situé-je sinon dans le « tu » dont je les toise ?
[L’image au miroir (a’), l’autre où je me reconnais, est différente (inversion droite-gauche) et suscite en cela mon agressivité : le « tu » est un « tue »]
Ne boudez pas, j'évoque de biais ce que je répugne à couvrir de la carte forcée de la clinique [nosographie].

À savoir la juste façon de répondre à la question « Qui parle ? », quand il s'agit du sujet de l'inconscient.

Car cette réponse ne saurait venir de lui, s'il ne sait pas ce qu'il dit, ni même qu'il parle, comme l'expérience

de l'analyse tout entière nous l'enseigne [« la chaîne signifiante inconsciente » comme « savoir sans sujet »].
Par quoi la place de l'inter-dit, qu'est l'intra-dit d'un entre-deux-sujets, est celle même où se divise la transparence du sujet classique pour passer aux effets de fading qui spécifient le sujet freudien de son occultation

par un signifiant toujours plus pur : [
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