Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour»








télécharger 5.08 Mb.
titreLeçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour»
page1/74
date de publication19.01.2018
taille5.08 Mb.
typeLeçon
b.21-bal.com > documents > Leçon
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   74





LACAN


Le transfert



1960–1961
Ce document de travail a pour source principale :


  • Le Transfert…, version « Stécriture » sur le site E.L.P.


Les notes sont souvent conservées de  « Stécriture ».
Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes.
Les schémas sont refaits ou modifiés.

N.B. : Tout ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.



TABLE DES SÉANCES

Leçon 1 16 Novembre 1960

Leçon 2 23 Novembre 1960 Platon : Le banquet

Leçon 3 30 Novembre 1960 Platon : Le banquet
Leçon 4 07 Décembre 1960 Platon : Le banquet

Leçon 5 14 Décembre 1960 Platon : Le banquet

Leçon 6 21 Décembre 1960 Platon : Le banquet
Leçon 7 11 Janvier 1961 Platon : Le banquet

Leçon 8 18 Janvier 1961 Platon : Le banquet

Leçon 9 25 Janvier 1961 Platon : Le banquet
Leçon 10 01 Février 1961 Platon : Le banquet

Leçon 11 08 Février 1961 Platon : Le banquet
Leçon 12 01 Mars 1961 Platon : Le banquet

Leçon 13 08 Mars 1961

Leçon 14 15 Mars 1961

Leçon 15 22 Mars 1961
Leçon 16 12 Avril 1961

Leçon 17 19 Avril 1961

Leçon 18 26 Avril 1961
Leçon 19 03 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie

Leçon 20 10 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie

Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie

Leçon 23 31 Mai 1961
Leçon 24 07 Juin 1961

Leçon 25 14 Juin 1961

Leçon 26 21 Juin 1961

Leçon 27 28 Juin 1961


« Transfert et amour » Ludwig Jekels et Edmund Bergler

Platon, Le banquet, ou de l'amour. Trad. Victor COUSIN (texte grec et trad. Fr.) (http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/banquet.htm)

Platon, Le Banquet, Trad. par DACIER et GROU révisée par Émile SAISSET (trad. Fr.) http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Banquet_%28trad._Dacier_et_Grou%29

Platon, Le Banquet (HODOI ELEKTRONIKAI), Trad. Émile CHAMBRY. (texte grec et trad. Fr.) (http://hodoi.fltr.ucl.ac.be/concordances/Platon_banquet/lecture/default.htm)

Platon, Le banquet, ou « De l’amour ».Trad. Léon ROBIN ( texte grec et trad. Fr.) Notice pp 13–129, texte pp 130–313

Plato, Symposium,Trad. John BURNET (texte grec et trad. Angl.) (http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0173%3Atext%3DSym.%3Asection%3D179c)



Paul Claudel, Le père humilié. ( format image, et format texte )

http://fr.wikisource.org/wiki/Page:NRF_13.djvu/541

16 Novembre 1960 Table des séances


J’ai annoncé pour cette année que je traiterai

du transfert, de sa disparité subjective

Ce n’est pas un terme que j’ai choisi facilement.

Il souligne essentiellement quelque chose qui va plus loin que la simple notion de dissymétrie entre les sujets. Il pose dans le titre même… il s’insurge, si je puis dire dès le principe, contre l’idée que l’intersubjectivité puisse à elle seule fournir le cadre dans lequel s’inscrit le phénomène.
Il y a des mots plus ou moins commodes selon les langues. C’est bien du terme impair : odd, oddity1, de l’imparité subjective du transfert…

de ce qu’il contient d’impair essentiellement

…que je cherche quelque équivalent.

Il n’y a pas de terme, à part le terme même d’imparité qui n’est pas d’usage en français, pour le désigner.
« Dans sa prétendue situation » dit encore mon titre, indiquant par là quelque référence à cet effort de ces dernières années dans l’analyse pour organiser, autour de la notion de « situation », ce qui se passe dans la cure analytique.
Le mot même « prétendu » est là pour dire encore que

je m’inscris en faux, du moins dans une position corrective, par rapport à cet effort.
Je ne crois pas qu’on puisse dire de l’analyse purement et simplement qu’il y a là « une situation ».

Si c’en est une, c’en est une dont on peut dire aussi : ce n’est pas une situation, ou encore :

c’est une fausse situation.

Tout ce qui se présente soi–même comme technique

doit s’inscrire comme référé à ces principes,

à cette recherche de principes qui déjà s’évoque dans l’indication de ces différences, et pour tout dire dans une juste topologie, dans une rectification

de ce dont il s’agit qui est impliqué communément dans l’usage que nous faisons tous les jours théoriquement de la notion de transfert.
C’est–à–dire de quelque chose en fin de compte

qu’il s’agit de référer à une expérience, qu’elle, nous connaissons fort bien pourtant, tout au moins pour autant qu’à quelque titre nous avons pratiqué l’expérience analytique.
Je fais remarquer que j’ai mis longtemps à en venir

à ce cœur de notre expérience. Selon le point

d’où l’on date ce séminaire qui est celui dans lequel je guide un certain nombre d’entre vous depuis quelques années, selon la date où on le fait commencer, c’est dans la huitième ou dans la dixième année que j’aborde le transfert. Je pense que vous verrez que ce long retard n’était pas sans raison.

Commençons donc… au commencement : chacun m’impute

de me référer à quelque paraphrase de la formule 


  • « Au commencement était le Verbe », [ Évangile selon Jean (prologue) ]

  • « Im Anfang war die Tat »2dit un autre, [ Au commencement était l’action : Goethe, Faust, 1, 3 ]

et pour un troisième :

  • « d’abord

c’est–à–dire au commencement du monde humain

d’abord était la praxis » [ Marx : Thèses sur Feuerbach ].

Voilà trois énoncés qui sont en apparence incompatibles.
À la vérité, ce qui importe du lieu où nous sommes pour en trancher…

c’est–à–dire de l’expérience analytique

…ce qui importe n’est point leur valeur d’énoncé,

Mais, si je puis dire : leur valeur d’énonciation,

ou encore d’annonce, je veux dire ce en quoi ils font apparaître l’ex nihilo propre à toute création et en montrent la liaison intime avec l’évocation de la parole.

À ce niveau, tous évidemment manifestent

qu’ils rentrent dans le premier énoncé :
« Au commencement était le Verbe ».
Si j’évoque ceci c’est pour en différencier ce que

je dis, ce point d’où je vais partir pour affronter ce terme plus opaque, ce noyau de notre expérience qu’est le transfert.
J’entends partir, je veux partir, je vais essayer,

en commençant avec toute la maladresse nécessaire,

de partir aujourd’hui autour de ceci : que le terme « Au commencement » a certainement un autre sens :
Au commencement de l’expérience analytique, rappelons–le, fût l’amour.
Ce commencement est autre chose que cette transparence à elle–même de l’énonciation qui donnait leur sens aux formules de tout à l’heure.
C’est un commencement épais, confus, ici.

C’est un commencement non de création mais de formation… et j’y viendrai tout à l’heure

…au point historique où naît ce qui est déjà la psychanalyse et qu’Anna O. a baptisé elle–même, dans l’observation inaugurale des Studien Uber Hysterie, du terme de talking cure

ou encore de ramonage de cheminée : chimney sweeping.
Mais je veux avant d’y venir rappeler un instant…

pour ceux qui n’étaient pas là l’année dernière …quelques uns des termes autour desquels a tourné notre exploration de ce que j’ai appelé l’Éthique de la psychanalyse.
Ce que j’ai voulu l’année dernière expliquer devant vous c’est – si l’on peut dire – pour se référer

au terme de « création » que j’ai donné tout à l’heure,

la structure créationniste de l’ἦθος [ êthos ] humain comme tel,

l’ex nihilo qui subsiste dans son cœur, qui fait…

pour employer un terme de FREUD

…le noyau de notre être, Kern unseres Wesen.

J’ai voulu montrer que cet ἦθος [ êthos ] s’enveloppe autour de cet ex nihilo comme subsistant en un vide impénétrable.

Pour l’aborder, pour désigner ce caractère impénétrable, j’ai commencé – vous vous en souvenez – par une critique dont la fin consistait à rejeter expressément ce que vous me permettrez d’appeler…

tout au moins ceux qui m’ont

entendu me le passeront

…la Schwärmerei de PLATON.
Schwärmerei en allemand, pour ceux qui ne le savent pas, désigne rêverie, fantasme dirigé vers quelque enthousiasme et plus spécialement vers quelque chose qui se situe ou se dirige vers la superstition, le fanatisme, bref la connotation critique dans l’ordre de l’orientation religieuse qui est ajoutée par l’histoire.

Dans les textes de KANT, le terme de Schwärmerei

a nettement cette inflexion.
Ce que j’appelle Schwärmerei de PLATON, c’est d’avoir projeté sur ce que j’appelle le vide impénétrable l’idée de « souverain bien ».

Disons qu’il s’agit simplement d’indiquer le chemin parcouru, qu’avec plus ou moins de succès assurément, dans une intention formelle j’ai essayé de poursuivre.

J’ai essayé de poursuivre ce qui résulte du rejet

de la notion platonicienne du « souverain bien » occupant le centre de notre être.
Sans doute pour rejoindre notre expérience, mais dans une visée critique, j’ai procédé en partie de ce qu’on peut appeler la conversion aristotélicienne

par rapport à PLATON qui sans aucun doute sur le plan éthique est pour nous dépassé.
Mais au point où nous en sommes…

de devoir montrer le sort historique

de notions éthiques à partir de PLATON

…assurément la référence aristotélicienne :

l’Éthique à Nicomaque est essentielle.
J’ai montré qu’il est difficile à suivre ce qu’elle contient d’un pas décisif dans l’édification d’une réflexion éthique, de ne pas voir que pour autant qu’elle maintient cette notion de « souverain bien »,

elle en change profondément le sens.
Elle la fait…

par un mouvement de réflexion inverse

…consister en la contemplation des astres,

cette sphère la plus extérieure du monde existant, absolue, incréée, incorruptible.
C’est justement parce que pour nous, elle [ la sphère ]

est décisivement volatilisée dans le poudroiement

des galaxies…

qui est le dernier terme de notre investigation cosmologique

…qu’on peut prendre la référence aristotélicienne comme point critique de ce qu’est dans la tradition antique…

au point où nous en sommes là parvenus

…la notion de « souverain bien ».
Nous avons été amenés par ce pas au pied du mur,

du mur – toujours le même depuis qu’une réflexion éthique essaie de s’élaborer. C’est qu’il nous faut ou non assumer ce dont la réflexion éthique, la pensée éthique n’a jamais pu se dépêtrer, à savoir qu’il n’y a

de « bon » (good, gut), de plaisir, qu’à partir de là.
Il nous reste à chercher ce qu’est le principe

du « Whol tat », le principe du bien agir. Ce qu’il infère permet de laisser dire qu’il n’est peut–être pas simplement la « B.A. », la bonne action, fut–elle portée à la puissance kantienne de la maxime universelle.
Si nous devons prendre au sérieux la dénonciation freudienne

de la fallace de ces satisfactions dites morales, pour autant qu’une agressivité s’y dissimule3 qui réalise cette performance de dérober à celui qui l’exerce, sa jouissance, tout en répercutant sans fin sur ses partenaires sociaux son méfait, ce qu’indiquent ces longues « conditionnelles circonstancielles  » est exactement l’équivalent du Malaise de la Civilisation dans l’œuvre de FREUD.
Alors on doit se demander par quels moyens opérer honnêtement avec le désir, c’est–à–dire comment préserver le désir avec cet acte…

où il trouve ordinairement plutôt son collapsus que sa réalisation et qui au mieux ne lui présente

– au désir – que son exploit, sa geste héroïque

…comment préserver le désir, préserver ce qu’on peut appeler une relation simple ou salubre du désir à cet acte.
Ne mâchons pas les mots de ce que veut dire salubre

dans le sens de l’expérience freudienne :

ceci veut dire débarrassé – aussi débarrassé que possible – de cette infection qui à nos yeux…

mais pas seulement à nos yeux, aux yeux depuis toujours dès qu’ils s’ouvrent à la réflexion éthique

…cette infection qui est le fond grouillant de tout établissement social comme tel.
Ceci suppose bien sûr que la psychanalyse,

dans son manuel opératoire même, ne respecte pas

ce que j’appellerai cette « taie », cette « cataracte » nouvellement inventée, cette plaie morale,

cette forme de cécité que constitue une certaine pratique du point de vue dit sociologique.

Je ne m’étendrai pas là–dessus.
Et même, pour rappeler ce qu’a pu présentifier à mes yeux telle rencontre récente de ce à quoi aboutit de vain, de scandaleux à la fois, cette sorte de recherche qui prétend réduire une expérience comme celle de l’inconscient à la référence de deux, trois, voire quatre modèles dits sociologiques, mon irritation qui fut grande je dois dire est tombée, mais je laisserai

les auteurs de tels exercices aux pont aux ânes qui veulent bien les recueillir.
Il est bien clair aussi qu’en parlant en ces termes de la sociologie, je ne fais pas référence à cette sorte de méditation où se situe la réflexion

d’un LÉVI–STRAUSS pour autant…

consultez son discours inaugural au Collège de France 

…qu’elle se réfère expressément, concernant

les sociétés, à une méditation éthique sur la pratique sociale.

La double référence à une norme culturelle plus ou moins mythiquement située dans le néolithique,

à la méditation politique de ROUSSEAU d’autre part, est là suffisamment indicative.

Mais laissons, ceci ne nous concerne point.
Je rappellerai seulement que c’est par le chemin

de la référence proprement éthique que constitue la réflexion sauvage de SADE, que c’est sur les chemins insultants de la jouissance sadianiste que je vous ai montré un des accès possibles à cette frontière proprement tragique où se situe le oberland freudien, que c’est au sein de ce que certains d’entre vous

ont baptisé « l’entre–deux–morts »…

terme très exact pour désigner le champ où s’articule expressément comme tel tout ce qui arrive dans l’univers propre dessiné par SOPHOCLE et pas seulement dans l’aventure d’Œdipe Roi

…que se situe ce phénomène dont je crois pouvoir dire que nous avons introduit un repérage dans la tradition éthique, dans la réflexion sur les motifs et

les motivations du « bien ».
Ce repérage pour autant que je l’ai désigné proprement comme étant celui de « la beauté » en tant qu’elle orne,

a pour fonction de constituer le dernier barrage avant cet accès à la Chose dernière, à la Chose mortelle,

à ce point où est venue faire son dernier aveu

la méditation freudienne sous le terme de la pulsion de mort.
Je vous demande pardon d’avoir cru devoir dessiner…

quoique d’une façon abrégée

mais constituant un long détour

…ce bref résumé de ce que nous avons dit l’année dernière.
Ce détour était nécessaire pour rappeler, à l’origine de ce que nous allons avoir à dire, que le terme auquel nous nous sommes arrêtés concernant

la fonction de la beauté…

car je n’ai pas besoin je pense, pour la plupart d’entre vous, d’évoquer ce que constitue ce terme du beau et de la beauté à ce point de l’inflexion

de ce que j’ai appelé la Schwärmerei platonicienne
…que provisoirement je vous prie, à titre d’hypothèse, de tenir pour amenant au niveau d’une aventure sinon psychologique du moins individuelle, de tenir pour l’effet du deuil qu’on peut bien dire immortel

puisqu’il est à la source même de tout ce qui s’est articulé depuis dans notre tradition sur l’idée d’immortalité

…du deuil immortel de celui qui incarna cette gageure de soutenir sa question…

qui n’est que la question de tout un qui parle

…au point où lui, celui–là, la recevait de son propre démon

selon notre formule : « sous une forme inversée »

…j’ai nommé SOCRATE.
SOCRATE ainsi mis à l’origine…

disons–le tout de suite

…du plus long transfert…

ce qui donnerait à cette formule tout son poids …qu’ait connu l’histoire de la pensée.
Car je vous le dis tout de suite, j’entends le faire sentir, le secret de SOCRATE sera derrière tout ce que nous dirons cette année du transfert. Ce secret, SOCRATE l’a avoué. Mais ce n’est pas pour autant qu’on l’avoue qu’un secret cesse d’être un secret.
SOCRATE prétend ne rien savoir, sinon savoir reconnaître ce que c’est que l’amour et, nous dit–il…

je passe au témoignage de PLATON,

nommément dans le Lysis

…à savoir reconnaître infailliblement, là où il les rencontre, où est l’amant et où est l’aimé.

Je crois que c’est au paragraphe 204c.
[ O Hippothalès, fils d'Hiéronyme! repris–je, il n'est plus nécessaire de me dire si tu aimes ou non. Je vois bien que non seulement tu aimes, mais que cet amour t'a déjà mené loin. Je ne suis pas, si l'on veut, bon à grand'chose, [204c] ni fort habile; mais un don que le ciel m'a fait sans doute, c'est de savoir reconnaître, au premier instant, celui qui aime et celui qui est aimé.

ὦ παῖ Ἱερωνύμου Ἱππόθαλες, τοῦτο μὲν μηκέτι εἴπῃς, εἴτε ἐρᾷς του εἴτε μή· οἶδα γὰρ ὅτι οὐ μόνον ἐρᾷς, ἀλλὰ καὶ πόρρω ἤδη εἶ πορευόμενος τοῦ ἔρωτος. Εἰμὶ δ' ἐγὼ τὰ μὲν ἄλλα φαῦλος [204c] καὶ ἄχρηστος, τοῦτο δέ μοί πως ἐκ θεοῦ δέδοται, ταχὺ οἵῳ τ' εἶναι γνῶναι ἐρῶντά τε καὶ ἐρώμενον. ]
Les références sont multiples de cette référence de SOCRATE à l’amour.
Et maintenant nous voici ramenés à notre point de départ pour autant que j’entends aujourd’hui l’accentuer.
Quelque pudique ou quelque inconvenant que soit le voile

qui est maintenu à demi–écarté sur cet « accident inaugural » qui détourna l’éminent BREUER de donner à la première expérience – pourtant sensationnelle – de la talking cure, toute sa suite, il reste bien évident que cet accident était une histoire d’amour. Que cette histoire d’amour n’ait pas existé seulement du côté de la patiente,

ce n’est absolument pas douteux non plus.
Il ne suffit pas de dire…

sous la forme de ces termes exquisément

retenus qui sont les nôtres

…comme M. JONES le fait…

à telle page de son premier volume

de la biographie de FREUD

…qu’assurément BREUER dut être la victime de ce que nous appelons, dit JONES, un contre–transfert un peu marqué.
Il est tout à fait clair que BREUER aima sa patiente.
Nous n’en voyons pour preuve la plus évidente que ce qui en pareil cas en est l’issue bien bourgeoise :

le retour à une ferveur conjugale à ce propos ranimée, le voyage à Venise d’urgence avec même pour résultat…

ce que JONES nous dit

…à savoir le fruit d’une petite fille nouvelle s’ajoutant à la famille, dont assez tristement

à ce propos, JONES nous indique que la fin,

bien des années après, devait se confondre avec l’irruption catastrophique des nazis à Vienne.
Il n’y a pas à ironiser sur ces sortes d’accidents. Si ce n’est bien sûr pour ce qu’ils peuvent présenter de typique par rapport à certain style particulier des relations dites « bourgeoises » avec l’amour, avec

ce besoin, cette nécessité d’un réveil à l’endroit de cette incurie du cœur qui s’harmonise si bien avec le type d’abnégation où s’inscrit le devoir bourgeois.
Ce n’est pas là l’important.

Mais peu importe qu’il ait résisté ou non !

Ce que nous devons bénir plutôt dans ce moment c’est le divorce déjà inscrit plus de dix années à l’avance…

puisque c’est en 1882 que ceci se passe et que c’est seulement dix ans plus tard, puis quinze ans qu’il faudra pour que l’expérience de FREUD aboutisse à l’ouvrage

des Studien Uber Hystérie écrit avec BREUER

…bénir le divorce ente BREUER et FREUD.
Car tout est là : le petit erôs

dont la malice a frappé le premier : BREUER,

au plus soudain de sa surprise

et l’a contraint à la fuite

le petit erôs trouve son maître dans le second : FREUD.
Et pourquoi ?
Je pourrais dire…

laissez–moi m’amuser un instant

…que c’est parce que pour FREUD la retraite était coupée : élément du même contexte où des amours intransigeantes

que nous savons depuis que nous avons

sa correspondance avec sa fiancée

il était le sectateur.
FREUD rencontre des femmes idéales qui lui répondent sur le mode physique du hérisson. Sie sträuben

comme l’écrit FREUD dans le rêve d’Irma,

où les allusions à sa propre femme

ne sont pas évidentes, ni avouées

elles sont toujours à rebrousse–poil
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   74

similaire:

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon 21 05 Juin 1963 Leçon 22 12 Juin 1963 Leçon 23 19 Juin 1963...

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconRésumé En 1961, Ernst Mayr insistait sur l’existence de deux domaines...

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon n°8

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon 10

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon 1A Ça va?

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon 1A Ça va?

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon 1A Ça va?

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon d'examen

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLeçon Programme

Leçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 23 31 Mai 1961 Leçon 24 07 Juin 1961 Leçon 25 14 Juin 1961 Leçon 26 21 Juin 1961 Leçon 27 28 Juin 1961 «Transfert et amour» iconLEÇon 1 grammaire








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com