«Qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme?»








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date de publication18.01.2018
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2 heures de travail aux groupes et 1 heure pour la restitution.
Je prends 1 heure pour procéder collectivement à l’étude analytique du texte 3 du groupement afin de remédier aux éventuelles difficultés rencontrées par les groupes dans l’étude des textes. Si je n’ai pas déjà distribué les fiches-outils, je les construis avec eux à ce moment là. Ce qui est impératif pour moi c’est qu’ils comprennent comment écrit Saint-Exupéry : un souvenir est évoqué sous forme d’un récit (narratif) ; il entraine une réflexion sur la valeur de l’expérience dont l’auteur cherche à expliciter le sens (discursif). Il s’agit d’une réflexion philosophique basée sur des expériences concrètes, repérables dans la biographie de l’auteur. Les textes sont donc des apologues.
Ensuite, je demande individuellement un travail d’argumentation écrit. Je rappelle qu’en première nous avons travaillé sur les valeurs des philosophes des Lumières et je fais appel à leurs souvenirs. Le sujet que je propose est le suivant :

« Pour Saint-Exupéry, les valeurs de l’amitié, de la liberté et de la responsabilité sont essentielles pour devenir véritablement  un homme. Quelle est, selon vous la valeur indispensable à une vie d’homme ? Rédigez votre texte sous forme d’un apologue.»

Je consacre 1 heure à ce travail que j’évalue.

La séance 4 est consacrée à l’étude d’un corpus constitué de 2 textes. Le premier, dans lequel Saint-Exupéry fait l’expérience de l’intuition est extrait de Terre des hommes. Il est mis en parallèle avec un texte de Camus extrait de Noces. Cette étape me semble l’occasion favorable pour aborder un point du champ linguistique du programme : « Nature/culture/société » qu’on peut réaliser à partir d’un relevé dans les textes des termes afférant à ces entrées lexicales. La problématique de la séance s’articule à la problématique générale : « Devenir un homme, est-ce avoir conscience d’être au monde ? » J’y accorde 2 heures.
EXTRAIT N°4
Texte 1
Ce soir, nous avons dîné au fortin et le capitaine-gouverneur nous a fait admirer son jardin. Il a, en effet, reçu de France trois caisses pleines de terre véritable, qui ont ainsi franchi quatre mille kilomètres. Il y pousse trois feuilles vertes, et nous les caressons du doigt comme des bijoux. Le capitaine, quand il en parle, dit : « C’est mon parc. » Et quand souffle le vent de sable, qui sèche tout, on descend le parc à la cave.

Nous habitons à un kilomètre du fort, et rentrons chez nous sous le clair de lune, après le dîner. Sous la lune le sable est rose. Nous sentons notre dénuement, mais le sable est rose. Mais un appel de sentinelle rétablit dans le monde le pathétique. C’est tout le Sahara qui s’effraie de nos ombres, et qui nous interroge, parce qu’un rezzou est en marche.

Dans le cri de la sentinelle toutes les voix du désert retentissent. Le désert n’est plus une maison vide : une caravane maure aimante la nuit.

Nous pourrions nous croire en sécurité. Et cependant ! Maladie, accident, rezzou, combien de menaces cheminent ! L’homme est cible sur terre pour des tireurs secrets. Mais la sentinelle sénégalaise, comme un prophète, nous le rappelle.

Nous répondons : « Français ! » et passons devant l’ange noir. Et nous respirons mieux. Quelle noblesse nous a rendue cette menace… Oh ! si lointaine encore, si peu urgente, si bien amortie par tant de sable : mais le monde n’est plus le même. Il redevient somptueux, ce désert. Un rezzou en marche quelque part, et qui n’aboutira jamais, fait sa divinité.

Il est maintenant onze heures du soir. Lucas revient du poste radio, et m’annonce, pour minuit, l’avion de Dakar. Tout va bien à bord. Dans mon avion, à minuit dix, on aura transbordé le courrier, et je décollerai pour le Nord. Devant une glace ébréchée, je me rase attentivement. De temps à autre, la serviette éponge autour du cou, je vais jusqu’à la porte et regarde le sable nu : il fait beau, mais le vent tombe. Je reviens au miroir. Je songe. Un vent établi pour des mois, s’il tombe, dérange parfois tout le ciel. Et maintenant, je me harnache : mes lampes de secours nouées à ma ceinture, mon altimètre, mes crayons. Je vais jusqu’à Néri qui sera cette nuit mon radio de bord. Il se rase aussi. Je lui dis : « Ça va ? » Pour le moment ça va. Cette opération préliminaire est la moins difficile du vol. Mais j’entends un grésillement, une libellule bute contre ma lampe. Sans que je sache pourquoi, elle me pince le cœur.

Je sors encore et je regarde tout est pur. Une falaise qui borde le terrain tranche sur le ciel comme s’il faisait jour. Sur le désert règne un grand silence de maison en ordre. Mais voici qu’un papillon vert et deux libellules cognent ma lampe. Et j’éprouve de nouveau un sentiment sourd, qui est peut-être de la joie, peut-être de la crainte, mais qui vient du fond de moi-même, encore très obscur, qui, à peine, s’annonce. Quelqu’un me parle de très loin. Est-ce cela l’instinct ? Je sors encore : le vent est tout a fait tombé. Il fait toujours frais. Mais j’ai reçu un avertissement. Je devine, je crois deviner ce que j’attends : ai-je raison ? Ni le ciel ni le sable ne m’ont fait aucun signe, mais deux libellules m’ont parlé, et un papillon vert.

Je monte sur une dune et m’assois face à l’est. Si j’ai raison « ça » ne va pas tarder longtemps. Que chercheraient-elles ici, ces libellules, à des centaines de kilomètres des oasis de l’intérieur ?

De faibles débris charriés aux plages prouvent qu’un cyclone sévit en mer. Ainsi ces insectes me montrent qu’une tempête de sable est en marche ; une tempête d’est, et qui a dévasté les palmeraies lointaines de leurs papillons verts. Son écume déjà m’a touché. Et solennel, puisqu’il est une preuve, et solennel, puisqu’il est une menace lourde, et solennel, puisqu’il contient une tempête, le vent d’est monte. C’est à peine si m’atteint son faible soupir. Je suis la borne extrême que lèche la vague. À vingt mètres derrière moi, aucune toile n’eût remué. Sa brûlure m’a enveloppé une fois, une seule, d’une caresse qui semblait morte.

Mais je sais bien, pendant les secondes qui suivent, que le Sahara reprend son souffle et va pousser son second soupir. Et qu’avant trois minutes la manche à air de notre hangar va s’émouvoir. Et qu’avant dix minutes le sable remplira le ciel. Tout à l’heure nous décollerons dans ce feu, ce retour de flammes du désert.

Mais ce n’est pas ce qui m’émeut. Ce qui me remplit d’une joie barbare, c’est d’avoir compris à demi-mot un langage secret, c’est d’avoir flairé une trace comme un primitif, en qui tout l’avenir s’annonce par de faibles rumeurs, c’est d’avoir lu cette colère aux battements d’ailes d’une libellule.

Texte 2
Il faut beaucoup de temps pour aller à Djémila. Ce n’est pas une ville où l’on s’arrête et que l’on dépasse. Elle ne mène nulle part et n’ouvre sur aucun pays. C’est un lieu d’où on revient. La ville morte est au terme d’une longue route en lacet qui semble la promettre à chacun de ses tournants et paraît d’autant plus longue. Lorsque surgit enfin sur un plateau aux couleurs éteintes, enfoncé entre de hautes montagnes, son squelette jaunâtre comme une forêt d’ossements, Djémila figure alors le symbole de cette leçon d’amour et de patience qui peut seule nous conduire au cœur battant du monde. Là, parmi quelques arbres, de l’herbe sèche, elle se défend de toutes ses montagnes et de toutes ses pierres, contre l’admiration vulgaire, le pittoresque ou les jeux de l’espoir.
Dans cette splendeur aride, nous avions erré toute la journée. Peu à peu, le vent à peine senti au début de l’après-midi semblait grandir avec les heures et remplir tout le paysage. Il soufflait depuis une trouée entre les montagnes, loin vers l’est, accourait du fond de l’horizon et venait bondir en cascades parmi les pierres et le soleil. Sans arrêt, il sifflait avec force à travers les ruines, tournait dans un cirque de pierres et de terre, baignait les amas de blocs grêlés, entourait chaque colonne de son souffle et venait se répandre en cris incessants sur le forum qui s’ouvrait dans le ciel. Je me sentais claquer au vent comme une mâture. Creusé par le milieu, les yeux brûlés, les lèvres craquantes, ma peau se desséchait jusqu’à ne plus être mienne. Par elle, auparavant, je déchiffrais l’écriture du monde. Il y traçait les signes de sa tendresse ou de sa colère, la réchauffant de son souffle d’été ou la mordant de ses dents de givre. Mais si longuement frotté du vent, secoué depuis une heure, étourdi de résistance, je perdais conscience du dessin que traçait mon corps. Comme le galet verni par les marées, j’étais poli par le vent, usé jusqu’à l’âme. J’étais un peu de cette force selon laquelle je flottais. Puis beaucoup, puis elle enfin, confondant les battements de mon sang et les grands coups sonores de ce cœur partout présent de la nature. Le vent me façonnait à l’image de l’ardente nudité qui m’entourait. Et sa fugitive étreinte me donnait, pierre parmi les pierres, la solitude d’une colonne ou d’un olivier dans le ciel d’été.
Ce bain violent de soleil et de vent épuisait toutes mes forces de vie. À peine en moi ce battement d’ailes qui affleure, cette vie qui se plaint, cette faible révolte de l’esprit. Bientôt, répandu aux quatre coins du monde, oublieux, oublié de moi-même, je suis ce vent et dans le vent ces colonnes et cet arc, ces dalles qui sentent chaud et ces montagnes pâles autour de la ville déserte. Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde.
Oui, je suis présent. Et ce qui me frappe à ce moment, c’est que je ne peux aller plus loin. Comme un homme emprisonné à perpétuité – et tout lui est présent. Mais aussi comme un homme qui sait que demain sera semblable et tous les autres jours. Car pour un homme, prendre conscience de son présent, c’est ne plus rien attendre. S’il est des paysages qui sont des états d’âme, ce sont les plus vulgaires. Et je suivais tout le long de ce pays quelque chose qui n’était pas à moi, mais de lui, comme un goût de la mort qui nous était commun. Entre les colonnes aux ombres maintenant obliques, les inquiétudes fondaient dans l’air comme des oiseaux blessés. Et à leur place, cette lucidité aride. L’inquiétude naît du cœur des vivants. Mais le calme recouvrira ce cœur vivant : voici toute ma clairvoyance. À mesure que la journée avançait, que les bruits et les lumières étouffaient sous les cendres qui descendaient du ciel, abandonné de moi-même, je me sentais sans défense contre les forces lentes en moi qui disaient non.
Peu de gens comprennent qu’il y a un refus qui n’a rien de commun avec le renoncement. Que signifient ici les mots d’avenir, de mieux être, de situation ? Si je refuse obstinément tous les « plus tard » du monde, c’est qu’il s’agit aussi de ne pas renoncer à ma richesse présente. Il ne me plaît pas de croire que la mort ouvre sur une autre vie. Elle est pour moi une porte fermée. Je ne dis pas que c’est un pas qu’il faut franchir : mais que c’est une aventure horrible et sale. Tout ce qu’on me propose s’efforce de décharger l’homme du poids de sa propre vie. Et devant le vol lourd des grands oiseaux dans le ciel de Djémila, c’est justement un certain poids de vie que je réclame et que j’obtiens. Être entier dans cette passion passive et le reste ne m’appartient plus. J’ai trop de jeunesse en moi pour pouvoir parler de la mort. Mais il me semble que si je le devais, c’est ici que je trouverais le mot exact qui dirait, entre l’horreur et le silence, la certitude consciente d’une mort sans espoir.
Albert Camus, Noces, « Le vent de Djémila » (1938)
On procède à l’analyse du corpus.

Etape 1

→ Lecture du texte de Saint Ex 

«Ce qui me remplit d’une joie barbare, c’est d’avoir compris à demi-mot un langage secret, c’est d’avoir flairé une trace comme un primitif, en qui tout l’avenir s’annonce par de faibles rumeurs, c’est d’avoir lu cette colère aux battements d’ailes d’une libellule » Homme seul, pas de réponse dans le ciel. Homme seul à l’écoute de la nature : osmose avec l’environnement. Se sent vivant. Etude du lexique des sensations puis de la personnification de la nature.

Etape 2

→ Lecture du texte de Camus

« Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde » : Homme qui fait partie du monde, il est un élément de la nature. Pense à sa finitude, à la mort. Etude du lexique des sensations puis de la personnification de la nature.

Etape 3

Apport méthodologique :

Préparation de la question 1 du sujet de bac. Présentation du corpus.

1. Exemple de consigne : Montrez, en six lignes, en quoi la conception du rapport de l’homme au monde se rejoignent et s’opposent dans ces deux textes.

2. Activité type écriture longue.

Prise de notes (validation collective)

Premier jet sur transparents ou autre : quatre productions sont analysées par l’ensemble de la classe : quelles réussites ? Quelles faiblesses ? = critères de réécriture

Deuxième jet : chacun améliore individuellement sa production.

La séance 5 porte sur la fin de l’œuvre. J’y consacre 1 heure. La problématique de la séance est : « Pour mériter le nom d’Homme, suffit-il d’avoir conscience d’être ? » L’objectif de la séance est d’expliciter la morale du texte : « C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné ».
EXTRAIT N°5
Et voici que je me souviens, dans la dernière page de ce livre, de ces bureaucrates vieillis qui nous servirent de cortège, à l’aube du premier courrier, quand nous nous préparions à muer en hommes, ayant eu la chance d’être désignés. Ils étaient pourtant semblables à nous, mais ne connaissaient point qu’ils avaient faim.

Il en est trop qu’on laisse dormir.

Il y a quelques années, au cours d’un long voyage en chemin de fer, j’ai voulu visiter la patrie en marche où je m’enfermais pour trois jours, prisonnier pour trois jours de ce bruit de galets roulés par la mer, et je me suis levé. J’ai traversé vers une heure du matin le train dans toute sa longueur. Les sleepings étaient vides.

Les voitures de première étaient vides. Mais les voitures de troisième abritaient des centaines d’ouvriers polonais congédiés de France et qui regagnaient leur Pologne. Et je remontais les couloirs en enjambant des corps. Je m’arrêtai pour regarder. Debout sous les veilleuses, j’apercevais dans ce wagon sans divisions, et qui ressemblait à une chambrée, qui sentait la caserne ou le commissariat, toute une population confuse et barattée par les mouvements du rapide. Tout un peuple enfoncé dans les mauvais songes et qui regagnait sa misère. De grosses têtes rasées roulaient sur le bois des banquettes. Hommes, femmes, enfants, tous se retournaient de droite à gauche, comme attaqués par tous ces bruits, toutes ces secousses qui les menaçaient dans leur oubli. Ils n’avaient point trouvé l’hospitalité d’un bon sommeil.

Et voici qu’ils me semblaient avoir à demi perdu qualité humaine, ballottés d’un bout de l’Europe à l’autre par les courants économiques, arrachés à la petite maison du Nord, au minuscule jardin, aux trois pots de géranium que j’avais remarqués autrefois à la fenêtre des mineurs polonais. Ils n’avaient rassemblé que les ustensiles de cuisine, les couvertures et les rideaux, dans des paquets mal ficelés et crevés de hernies. Mais tout ce qu’ils avaient caressé ou charmé, tout ce qu’ils avaient réussi à apprivoiser en quatre ou cinq années de séjour en France, le chat, le chien et le géranium, ils avaient dû les sacrifier et ils n’emportaient avec eux que ces batteries de cuisine.

Un enfant tétait une mère si lasse qu’elle paraissait endormie. La vie se transmettait dans l’absurde et le désordre de ce voyage. Je regardai le père. Un crâne pesant et nu comme une pierre. Un corps plié dans l’inconfortable sommeil, emprisonné dans les vêtements de travail, fait de bosses et de creux. L’homme était pareil à un tas de glaise. Ainsi, la nuit, des épaves qui n’ont plus de forme, pèsent sur les bancs des halles. Et je pensai le problème ne réside point dans cette misère, dans cette saleté, ni dans cette laideur. Mais ce même homme et cette même femme se sont connus un jour et l’homme a souri sans doute à la femme : il lui a, sans doute, après le travail, apporté des fleurs. Timide et gauche, il tremblait peut-être de se voir dédaigné. Mais la femme, par coquetterie naturelle, la femme sûre de sa grâce se plaisait peut-être à l’inquiéter. Et l’autre qui n’est plus aujourd’hui qu’une machine à piocher ou à cogner, éprouvait ainsi dans son cœur l’angoisse délicieuse. Le mystère, c’est qu’ ils soient devenus ces paquets de glaise. Dans quel moule terrible ont-ils passé, marqués par lui comme par une machine à emboutir ? Un animal vieilli conserve sa grâce. Pourquoi cette belle argile humaine est-elle abîmée ?

Et je poursuivis mon voyage parmi ce peuple dont le sommeil était trouble comme un mauvais lieu. Il flottait un bruit vague fait de ronflements rauques, de plaintes obscures, du raclement des godillots de ceux qui, brisés d’un côté, essayaient l’autre. Et toujours en sourdine cet intarissable accompagnement de galets retournés par la mer.

Je m’assis en face d’un couple. Entre l’homme et la femme, l’enfant, tant bien que mal, avait fait son creux, et il dormait. Mais il se retourna dans le sommeil, et son visage m’apparut sous la veilleuse. Ah ! quel adorable visage ! Il était né de ce couple-là une sorte de fruit doré. Il était né de ces lourdes hardes cette réussite de charme et de grâce. Je me penchai sur ce front lisse, sur cette douce moue des lèvres, et je me dis voici un visage de musicien, voici Mozart enfant, voici une belle promesse de la vie. Les petits princes des légendes n’étaient point différents de lui protégé, entouré, cultivé, que ne saurait-il devenir ! Quand il naît par mutation dans les jardins une rose nouvelle, voilà tous les jardiniers qui s’émeuvent. On isole la rose, on cultive la rose, on la favorise. Mais il n’est point de jardinier pour les hommes. Mozart enfant sera marqué comme les autres par la machine à emboutir. Mozart fera ses plus hautes joies de musique pourrie, dans la puanteur des cafés-concerts. Mozart est condamné.

Et je regagnai mon wagon. Je me disais ces gens ne souffrent guère de leur sort. Et ce n’est point la charité ici qui me tourmente. Il ne s’agit point de s’attendrir sur une plaie éternellement rouverte. Ceux qui la portent ne la sentent pas. C’est quelque chose comme l’espèce humaine et non l’individu qui est blessé ici, qui est lésé. Je ne crois guère à la pitié. Ce qui me tourmente, c’est le point de vue du jardinier. Ce qui me tourmente, ce n’est point cette misère, dans laquelle, après tout, on s’installe aussi bien que dans la paresse. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné.

Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme.
Etape 1 → Il semble impératif de rappeler ou de faire découvrir aux élèves qui est Mozart.

En entrant « c’est Mozart qu’on assassine » dans un moteur de recherche, on obtient plusieurs occurrences de l’expression qui est passée dans le domaine public. Les élèves peuvent élaborer une définition du sens de l’expression et s’en servir comme entrée dans le texte de Saint Ex

Autre possibilité : la démarche est la même mais sur un article « Mozart à la lettre » Par Olivier Le Naire (L'Express), publié le 22/12/2005

On s’interroge ensuite sur la signification de l’expression dans le contexte du texte étudié. Et on fait rechercher les indices assimilant les hommes aux des bêtes et ceux montrant leur humanité.  
Etape 2 → Après la lecture du texte j’invite les élèves à réfléchir au sens du titre Terre des hommes. Je veux qu’ils comprennent que ce titre peut être entendu de deux manières : la terre des hommes c’est la planète sur laquelle ils vivent et que Saint-Exupéry, parce qu’il la voit de haut, sait bien qu’elle est l’habitat de toute l’humanité. Mais la terre c’est aussi le matériau dont sont fait les hommes, la glaise qui clôt le livre en référence aux mythes qui expliquent l’apparition de l’homme par la création divine à partir de la terre. Cette glaise si elle n’a pas conscience d’être vit comme une bête. Peut-elle alors porter le nom d’homme ?
L’ensemble de la séquence a permis de répondre à la problématique générale : « Qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme? » en la déclinant à chaque séance.
Avec la séance 6, je souhaite terminer la séquence en demandant aux élèves de réfléchir à la deuxième question du programme : « Comment la lecture d’œuvre permet-elle de s’interroger sur le rapport de l’homme au monde ? »

Je leur soumets donc le sujet suivant et j’attends un écrit délibératif qui fasse référence à l’œuvre :

« En quoi le parcours de lecture effectué dans Terre des hommes a-t-il modifié votre conception de la condition humaine ? »

Je consacre 2 heures à ce travail d’écriture individuel que j’évalue.

Véronique Mélikèche
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