Conclusion générale








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Conclusion générale


Du fait de l’intérêt des Hyménoptères en tant qu’insectes auxiliaires en agriculture, l’objectif de ce travail consistait à documenter un certain nombre d’éléments concernant :

- l’importance du risque d’exposition à des insecticides, encourus par les abeilles domestiques et les Hyménoptères parasites, et les effets d’insecticides sur ces insectes auxiliaires, par des études de terrain à Madagascar.

- l’évaluation des effets létaux et sublétaux de quelques insecticides sur l’abeille domestique et le parasitoïde de puceron, A. ervi, en conditions de laboratoire, au L.N.C.I., en France.

Les insecticides jouent un rôle important dans la limitation de populations d’insectes ravageurs et dans l’amélioration de la production agricole. Leur utilisation se généralise à Madagascar. La culture de coton et le traitement contre le criquet migrateur consomment une grande quantité de plusieurs matières actives. Le travail d’enquête a mis en évidence que la plupart des agriculteurs ne maîtrisent pas réellement la technique de lutte intégrée en matière d’utilisation d’insecticides. Les problèmes écotoxicologiques ne sont pas pris en compte lors de l’homologation des produits phytosanitaires à Madagascar, malgré des indices d’effets sur les insectes auxiliaires, tels que l’absence de l’action des parasitoïdes dans les champs de cotonniers et les traces d’insecticide dans les échantillons d’abeilles mortes analysées.

Madagascar possède des atouts et des possibilités pour développer l'apiculture. L'existence de débouchés à l'extérieur comme à l'intérieur devrait nous encourager à son exploitation. Le climat et la flore existant à Madagascar, ainsi que l’absence de maladies contagieuses pour les abeilles, constituent des conditions favorables pour le développement de l'apiculture. Cependant, la destruction des plantes mellifères constitue une menace pour les abeilles. La région où nous avons fait l’enquête, à Ambositra, se caractérise par la présence de nombreux agriculteurs en majorité non encadrés aussi bien en apiculture qu’en culture d’agrumes. Les faibles rendements en miel et en agrumes peuvent être liés aux techniques de production peu évoluées, mais aussi aux traitements chimiques faits sans prendre en considération la présence des abeilles. En effet, nous avons constaté que les agriculteurs protègent essentiellement leurs vergers contre l’attaque des insectes ravageurs par le traitement chimique systématique. Du fait du savoir-faire limité en matière de protection de plantes, les agriculteurs n’appliquent pas correctement le traitement. Nous avons observé les problèmes d'inadéquation des produits, de surdosage et de traitements pendant la période de floraison. Ces traitements affectent les abeilles : les agriculteurs observent des cas d’intoxications et au fil des ans une diminution du nombre de ruches. Ainsi, le traitement phytosanitaire contribue à défavoriser l’apiculture mais la plupart des agriculteurs ne réalisent pas l’importance de l’apiculture pour la production des agrumes, et probablement pour l’agriculture en général.

Nous avons aussi remarqué à travers les analyses de contexte socio-économique de problèmes phytosanitaires que les pucerons sont souvent présents sur les cultures et classés comme un ravageur important. Dans la mesure où plusieurs facteurs peuvent intervenir pour limiter l’action de la population de pucerons, il nous a semblé important d’évaluer l’impact de traitements sur les pucerons et leurs Hyménoptères parasites.

Les résultats de deux années d’expérimentation nous montrent que les insecticides ont un effet direct sur les Hyménoptères parasites (mortalité des jeunes stades, mortalité des adultes) ou différé (retard d’infestation, diminution du nombre de momies). Toutefois, le traitement insecticide ne supprime pas l’action des Hyménoptères parasites qui continuent à limiter les pucerons quand l’insecticide n’est plus efficace. De plus, nous avons mis en évidence que les insecticides ne sont pas le principal facteur de limitation des parasitoïdes : ces derniers sont victimes d’action d’insectes hyperparasites et prédateurs, et de mycoses.

Pour les études en laboratoire, les valeurs de DL50 obtenues permettent de classer des matières actives en fonction de leur toxicité. La toxicité dépend de l’espèce et des matières actives testées, mais les sensibilités aux insecticides testés vont dans le même sens pour les deux types d’insectes. Nous avons trouvé que le chlorpyriphos éthyl est plus toxique que les pyréthrinoïdes chez l’abeille et chez A. ervi. Nous n’avons pas le test chez l’abeille pour le pyrimicarbe mais il est le moins toxique pour A. ervi. Par rapport à l’abeille, la démarche d’évaluation de la toxicité aiguë par le calcul des DL50 est récente chez les insectes parasitoïdes, recommandée par la SETAC depuis l’année 2000, et très peu de valeurs de DL50 sont encore disponibles. Notre étude en apporte pour quatre insecticides et une espèce utilisée en lutte biologique. Notre étude comparative montre aussi que le calcul de DL50 est aisé et reproductible chez l’insecte parasitoïde étudié, alors que les DL50 calculées pour l’abeille sont en général très disparates d’une étude à l’autre. Cette variabilité pourrait être due aux mœurs sociales de l’abeille.

Ainsi, chez les abeilles, nous avons montré que les insecticides ingérés ne se comportent pas de la même manière en fonction du mode d’ingestion et de la matière active. Le chlorpyriphos éthyl et la dose faible de diméthoate ont un effet plus toxique en ingestion collective qu’en ingestion individuelle. En analysant le phénomène de trophallaxie lors de l’ingestion collective de sirop contaminé, la trophallaxie apparaît peu importante dans la distribution des matières actives et n’est donc pas la seule cause de la plus forte toxicité en ingestion collective. Il y a toujours quelques abeilles qui ont pu échapper au traitement en ingestion collective du fait de la compétition alimentaire. Ces études nous ont permis de conclure que la valeur de DL50 par ingestion exprimée en ng/abeille n’est pas rigoureuse puisqu’on ne contrôle pas strictement les doses ingérées. Mais, on peut dire malgré tout que l’ingestion collective est la plus proche de la réalité chez les insectes sociaux et serait à recommander pour ne pas sous-estimer la toxicité des produits.

Les matières actives testées ne perturbent pas ou peu la capacité de A. ervi à reconnaître respectivement l’odeur de colza infesté de pucerons. On ne constate pas un effet des doses croissantes d’insecticides sur la durée du temps passé dans le champ odorant entre les individus traités et témoins. Chez l’abeille, il est prématuré de conclure à une absence d’effet car même les abeilles témoins ne sont pas attirées par la source d’odeur. Cependant, les doses DL20 et DL50 de deltaméthrine modifient le comportement de locomotion de l’abeille, indépendamment de la présence de l’odeur. L’absence d’effet sur le comportement de locomotion chez A. ervi est probablement due à la durée d’observation trop courte pour révéler ces effets. La comparaison des résultats obtenus avec l’abeille et le parasitoïde suggère que le paramétrage des observations en olfactomètre (durée, type d’activité enregistrée) joue sur la mise en évidence des effets.

Dans l’olfactomètre à quatre voies, les insectes répondent individuellement à l’odeur émise par une source à courte distance et sont obligés de marcher. Il est possible que des effets d’insecticide ne s’expriment pas sur l’orientation olfactive observée dans ces conditions, mais se révèlent sur le comportement des insectes en vol ou dans des situations permettant les interactions sociales des abeilles. Des essais complémentaires en tunnel de vol pour les deux insectes nous aideront à comprendre la réalité. Des études portant sur les insectes en cage de vol libre prennent en compte le comportement collectif des abeilles, mais rendent difficile le paramétrage individuel d’un comportement d’orientation, aisé à observer et quantifier en olfactomètre.

Pour résoudre les problèmes phytosanitaires à Madagascar, nous proposons de mettre en priorité certaines améliorations par rapport aux autres orientations du programme de vulgarisation car les problèmes sont très vastes et difficiles à gérer. Compte tenu de l'ensemble des résultats de l’analyse des problèmes phytosanitaires à Madagascar, on doit orienter les actions de sensibilisation des agriculteurs vers une utilisation des pesticides plus rationnelle et à moindre risque écotoxicologique. Nous avons pensé qu’une lutte intégrée efficace suppose la bonne maîtrise de la lutte chimique qui reste jusqu'à maintenant le moyen le plus efficace pour contrôler les ravageurs. La lutte intégrée repose sur l’utilisation rationnelle des différentes méthodes de lutte parmi lesquelles le traitement chimique doit être réalisé au dernier rang des interventions et doit être le plus respectueux possible de l'environnement et également plus économique. Mais, pour arriver à cette utilisation rationnelle des pesticides, il faudrait que les agriculteurs dominent les paramètres qui déterminent l'efficacité du traitement. Par conséquent, nous jugeons qu'il est primordial de renforcer les connaissances des paysans sur les ravageurs, les insecticides et le mode de traitement, ce qui permettra alors de chercher à améliorer la technique de traitement sur seuil. La sensibilisation à la protection des auxiliaires et à l’application d’une lutte intégrée peut être engagée dès maintenant.

D’autres recherches doivent être effectuées comme l’évaluation de l’importance des insectes pollinisateurs dans l’amélioration de la production fruitière, et des effets de traitements sur les abeilles en plein champ. Toutefois, l’évaluation de la toxicité des insecticides sur les insectes non cibles en laboratoire telle que nous l’avons réalisée dans ce travail, ne peut pas encore être envisagée en routine à Madagascar, faute de moyens adéquats, mais pourrait être mise en œuvre pour répondre à des problèmes ponctuels en collaboration avec des laboratoires français.
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