Résumé : Entre 1930 et 1959 R. Ruyer a su proposer une théorie de l'identité non réductionniste sans fonder son néo-vitalisme sur une théorie de l'émergence cognitive.








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De l’équipotentialité cérébrale à l’équipotentialité embryonnaire



Le concept d’équipotentialité, tant embryonnaire que cérébrale, est le moyen pour Ruyer de refuser un déterminisme strict. Car l’équipotentialité, présentée de manière croissante et évolutive, est liée à la temporalité du développement. Plus les différents niveaux d’organisation tendent vers une épigenèse dynamique et interactive, plus l’ontogenèse devient épigénétique sans jamais complètement se libérer des déterminants phylogénétiques. L’équipotentialité est un concept à la fois structural et développemental, mais n’enferme pas l’organisme dans les contenus de sa mémoire. Ce concept introduit une dynamique du vivant en réinterprétant l’activité finaliste organique par la réorganisation matérielle du corps au cours du déplacement d’une structure en dehors de sa place originelle. L’équipotentialité relie la partie et le tout de l’organisme en définissant l’organisme dans sa vivacité.
Le terme d’équipotentialité5 est utilisé pour la première fois par Shepherd Ivory Franz (1874-1933) et Karl Lashley (1890-1958) dans leur article de 1917. Après avoir prélevé divers secteurs du cerveau chez des rats, K. Lashley étudie les conséquences de l'ablation pour leur comportement dans un labyrinthe. Il déduit de ses observations que le degré de perturbation dépend directement de la masse de cerveau enlevée et non pas de la localisation de l’atteinte cérébrale : les fonctions supérieures des diverses aires du cortex sont équipotentielles : « The term “equipotentiality”, I have used to designate the apparent capacity of any intact part of a functional area to carry out, with or without reduction in efficiency, the functions which are lost by destruction of the whole. This capacity varies from one area to another and with the character of the functions involved. It probably holds only for the association areas and for functions more complex than simple sensory or motor co-ordination »(Lashley, [1929], 1963, p. 24). Ruyer utilise la critique des cartes localisationnistes de Korbinian Brodman(1868-1918) par K. Lashley dans une interprétation holiste : « absolument rien ne nous autorise à supposer qu’il n’ y a plus de conscience parce qu’il ne possède plus qu’une petite partie de son cerveau…comme si le cerveau était équipotentiel, c’est-à-dire comme si une partie équivalait au tout » (1951,44). Si une partie équivalait au tout, l'unité substantielle du cerveau ne doit plus reposer sur une homogénéité et une permanence neurofonctionnelle. La conscience ne réside pas dans l'organisation finalisée de la matière cérébrale. Car l'équivalence d'une partie au tout ouvre la perspective d'une réflexion sur l'organisation des parties du cerveau « Ce que Lashley appelle l’équipotentialité cérébrale… qu’une partie du cerveau ou d’une zone sensorielle ou motrice est l’équivalent du tout, il est donc invraisemblable a priori de l’interpréter par un modèle mécanique quelconque, où fonctionne une causalité de proche en proche »(Ruyer, 1952b, p. 51).
Mais si Ruyer comprend bien l’équipotentialité cérébrale, il utilise le concept d’équipotentialité en tant qu’équipotentialité embryonnaire. Aussi pour Ruyer « l’équipotentialité embryonnaire, comme l’équipotentialité cérébrale, est donc liée au caractère thématique du développement » (Ruyer,1952b, p. 53). Ruyer étend à l’embryogenèse le concept d’équipotentialité qui n’a de sens scientifique que pour les aires cérébrales. Car la découverte de l’organisateur du développement embryonnaire (N. Le Douarin, 2000, p.140) définit un centre à partir duquel la différenciation des tissus qui l’entourent s’effectue. Les expériences de transplantations de territoires embryonnaires précisent la destinée présomptive de chacune des régions de l’embryon : l’induction neurale serait pour Ruyer la preuve d’une équipotentialité par le caractère organisateur de territoires encore plastiques (Andrieu, 1997), une partie transportant dans une autre partie du corps le tout de la formation d’un embryon.
En étudiant les systèmes d’induction par lesquels l’environnement détermine le devenir cellulaire, Hans Spemann (1869-1941) et Hilde Mangold (1898-1924) montrèrent en 1924, en greffant sur un embryon au stade gastrula une partie de la lèvre antérieure du blastopore, la formation d’un embryon satellite découvrant ainsi le centre organisateur qui chez l’embryon provoque la différenciation des territoires embryonnaires. Hans Spemann, après des études de médecine à l’Université d’Heidelberg, travaille jusqu’en 1908 à l’Institut de Zoologie de Wurzburg avant d’accepter une chaire de zoologie et d’anatomie comparée à Rostock. Il devient le directeur du Kaiser Wilhem Institute de Biologie à Berlin Dahlem avant de devenir professeur. Il obtient le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1935 pour ses travaux sur le développement embryonnaire. Dès 1918 H. Spemann présente son concept théorique d’« organisers » pour expliquer que la morphogenèse de l’embryon est le résultat des interactions entre les différents tissus. L’ introduction des techniques de marquage à partir des colorants vitaux mis au point par le neuropathologiste allemand Oskar Vogt (1870-1959), en 1929, qui permît de situer les développements des régions. Ainsi, constatant en 1936 que le facteur déterminant devait se trouver non dans l' “organisateur” mais dans le tissu où on l'introduisait, Waddington, Needham et Brachet abandonnèrent l'embryologie biochimimique qui ne devait réapparaître que dans lesnnées1960 ( Le Doaurin, 2000, pp. 150-158).
Mais le terme d’équipotentialité embryonnaire provient chez Ruyer de sa lecture des travaux d’Hans Driesch (1867-1941)6, qui ne réduit pas, précise Laurent Meslet (1995,120), à l’induction comme chez Spemann. La régulation est la manifestation de l’équipotentialité embryonnaire : « Chaque cellule de blastula a la même puissance prospective »(Driesch, 1921, p.67). H. Driesch estime que l’hypothèse physico-chimique est incapable d’expliquer à la fois la régulation et la différenciation. Face à ce vitalisme de cette « biologie suractualiste »(Meslet, 1995,p.123), R. Ruyer a rejeté dès 1946 la thèse de la préformation de l’organisme pour développer une interprétation psycho-biologique du développement : le développement n’est pas un programme déterministe car l’équipotentialité est interprétée selon un structuralisme moniste : la structuration interdit toute mécanisation du développement mais reconnaît l’unité moniste de l’organisme selon laquelle le déplacement d’une partie s’insère dans une totalité réorganisée.
Ruyer estime dès lors que le cerveau est une mosaïque plutôt qu’une machine dont les localisations seraient cristallisées, immobiles et rigidifiées : « les localisations des réceptions sensitives dans la zone post-rolandique ont contribué, tout autant que les localisations des réceptions visuelles, à donner l’impression que le cerveau était une mosaïque »(Ruyer,1937, p.104). L’indétermination de l’individualité est la conséquence de cette mosaïcité7 : « il serait impossible de suivre molécule par molécule dans le cortex du danseur ou dans le protoplasme de l’organisme, un fonctionnement linéaire, parce que dans l’indétermination d’individualité qui caractérise tout champ de comportement, les lignes d’univers de ces molécules se confondraient » (Ruyer, 1957, p.19). La distinction entre configurations et localisations confirme l’impossibilité de définir et de réduire le cerveau à une machine dont les pièces seraient localisées. Ce refus de la fixation phrénologique des fonctions est très précoce chez Ruyer : « Chaque fois que les expériences mettent en évidence le caractère très large des localisations cérébrales, on considère le fait comme un argument contre le parallélisme. C’est le contraire qui est vrai. Puisque l’intuition de la conscience nous montre précisément que l’efficacité des configurations est indépendante de leur localisation, il est naturel que l’observation physiologique retrouve quelque chose de cette non-localisation » (Ruyer,1937,101). La non-localisation cérébrale, que vient aujourd’hui confirmer l’imagerie neurocognitive in vivo, favorise la conception du dynamisme cérébral : « le dynamisme cérébral, si dynamique il y a, est donc tout différent d’un dynamisme de type Gestalt physique »(1952b,69). Le dynamisme cérébral repose plutôt sur des liaisons et des réseaux neuronaux que sur des formes stéréotypées8 qui précèderaient et détermineraient l’activité cognitive.
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