Résumé : Entre 1930 et 1959 R. Ruyer a su proposer une théorie de l'identité non réductionniste sans fonder son néo-vitalisme sur une théorie de l'émergence cognitive.








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La réalité physique du cerveau

selon Raymond Ruyer
  

Résumé :



Entre 1930 et 1959 R. Ruyer a su proposer une théorie de l'identité non réductionniste sans fonder son néo-vitalisme sur une théorie de l'émergence cognitive. Son principe constant est de fonder l'activité cognitive sur les structures embryonnaires du développement du cerveau. Refusant le dynamisme aristotélicien de la puissance et de l'acte, Ruyer n'en admet pas moins une différence de degré et de niveaux entre la structure et la fonction, entre le cerveau organique et la conscience cérébrale. Plutôt que d'accorder au corps un rôle d'intermédiaire cognitif, il lui attribue un rôle embryogénique et ontogénétique : le cerveau, grâce à sa double face organique et consciente, est toujours structuré par son développement corporel et indéfiniment informé par l'interaction finalisée des organes corporels.
Abstract :
Between 1937 to 1959 R. Ruyer proposed a non-reductionist theory of identity without founded his neo-vitalism on a cognitive theory of emergence. His method is to describe the cognitive activity on embryonic structure of brain development. Against aristotelician dynamism, Ruyer defined a difference of degree between the structure and the function, between the organic brain and cerebral conscience. The body has not an cognitive intermediation, but a embryogenetic and ontogenetic finality.


« La physique a été matérialiste, elle ne l'est plus »

Ruyer, 1931,71.

Introduction
L'objet n'est pas pour R. Ruyer antérieur à la connaissance que nous en prenons. Le réalisme de la structure est bien différent du réalisme de l'objet car il admet que l'objet est « le résidu de l'opération par laquelle nous décomposons une structure pour la connaître par correspondance »(Ruyer, 1932b, p. 90). Mais cette structure, Ruyer s'inspire ici de l'indétermination de la causalité de la physique des quanta, ne relève plus d'une théorie de l'identité substantielle car elle est indéterminée, discontinue et changeante ; si la connaissance prétend être cosmique, l'examen de la structure du vivant, et en particulier le lien du cerveau avec elle, rend illusoire la possibilité d'une “physiologie” finaliste de la connaissance. La description de la structure du vivant utilise la physiologie scientifique, mais à partir d'une activité cérébrale qui nous détourne de la réalité physique selon le principe de la différence entre le système observateur (le cerveau) et le système observé (la structure physique).

Ainsi la seule nécessité est celle de la réalité physique si bien que le cerveau est un être au milieu des êtres. Seule son activité mentale produit une réalité cérébrale qui ne correspond pas à la réalité physique objective : « Notre réalité cérébrale, pourrait-on dire, est de la réalité physique "truquée”, elle projette dans l'imagination, des propriétés physiques “secondes”, qui posent des pseudo-problèmes quand nous nous retournons vers la réalité physique “premières” » (Ruyer, 1932b, p.95). La distinction empirique, à la différence de la distinction expérimentale, entre les données ne suffit pas car elles sont fournies par le cerveau. Les psycho-physiologues étudient plus souvent l'écran perceptif produit par leur réalité cérébrale plutôt que le moteur organique Notre corps fournir un groupe de sensations auquel nous donnons le nom de “ représentatif” de l'étendue. Si notre organisme est bien en dehors de l'objet étendu, et que l'étendue sensible est réel par elle-même, notre connaissance de l'étendue s'effectue toujours à travers notre réalité mentale. « “Percevoir l'étendue ”, c'est une façon d'être étendu »(Ruyer, 1932,c, p. 527), mais l'étendue est la véritable chose en soi qui n'est pas connue. Notre cerveau produit une illusion par la perception de l'étendue que nous prenons pour la réalité de l'étendue.

Dès lors nos sensations sont-elles dans notre tête ou dans la réalité physique ? Au nom de son réalisme et contre, nous le démontrons ci-dessous, Bergson, R. Ruyer défend la thèse que le cerveau réel n'est pas un pur x et il définit l'image et la sensation comme une partie de la réalité du cerveau. La localisation cérébrale des sensations, établie par le physiologiste, garantit une correspondance et un parallélisme étroit entre la conscience et la sensation. L'illusion est produite par le cerveau en procurant à notre perception une connaissance sensible du monde extérieur à notre corps que nous prenons pour la réalité physique. Cette illusion naturelle nous cache la véritable nature de l'activité cérébrale. Au cerveau objet, il convient d'opposer « le cerveau-être, le cerveau existant par lui-même, le cerveau en soi, subjectif, pour dire la même chose en un mot. C'est du cerveau réel, de sa subjectivité, que naissent les sensations » (Ruyer, 1934, p. 573).

Ruyer interprète la physique moderne comme la fin du matérialisme, s'opposant ainsi aux interprétations de L de Broglie et de Philip Frank1. Dans son article de 1931, le problème de la personnalité et la physique moderne2, Ruyer refuse à la fois le matérialisme et le dualisme : d'une part le matérialisme cherche la conscience dans les neurones sans qu'il soit possible de la trouver, d'autre part le dualisme, sous couvert du parallélisme psycho-physiologique, ne parvient pas à décrire la structure physique du monde. Le système nerveux est un système de liaisons qui établir des rapports entre les objets par le moyen de leurs structures. Le cerveau matériel comme tel n'est rien, et ne pourrait rien produire sans la reconstruction de la structure des objets par notre système nerveux. Il y a une continuité réelle entre le monde, notre organisme et notre cortex sans que l'on puisse isoler l'un de l'autre en accordant à la subjectivité une sphère spécifique. Notre conscience du monde correspond à notre cerveau, même si la physiologie cérébrale ne décrit qu'un système de liaisons. Sujet et objet sont le même système physique.
Dans son autobiographie (Ruyer, 1963), le philosophe présente ses trois descriptions du cerveau qui nous serviront de plan à notre étude :

  1. Le cerveau d'une structure : Dès son premier ouvrage, Esquisse d'une philosophie de la structure (1930), mais aussi nous l'avons retrouvé dans d'autres ouvrages, R. Ruyer affirme que la conscience n'est pas produite par le cerveau : la conscience est primaire et le cerveau - ou un certain étage de ses liaisons, n'est que la conscience. Contre le matérialisme des modèles mécaniques, la thèse centrale de R. Ruyer affirme que l'être n' est qu' une structure spatio-temporelle. Les modulations sensorielles du cortex cérébral utilisent le mode de liaison des neurones pour produire le système structural de la conscience. Il faut donc invalider le modèle bergsonien du cerveau instrument (ce que nous commençons par faire) sans pour autant isoler le cerveau du système dans lequel il participe.




  1. Le cerveau du développement : La description du cerveau fait partie de celle d'un organisme. Son principe constant est de fonder l'activité cognitive sur les structures embryonnaires du développement du cerveau. Refusant le dynamisme aristotélicien de la puissance et de l'acte, R. Ruyer n'en admet pas moins une différence de degré et de niveaux entre la structure et la fonction, entre le cerveau organique et la conscience cérébrale. Plutôt que d'accorder au corps un rôle d'intermédiaire cognitif, il lui attribue un rôle embryogénique et ontogénétique : le cerveau, grâce à sa double face organique et consciente, est toujours structuré par son développement corporel et par indéfiniment informé par l'interaction finalisée des organes corporels. En privilégiant les travaux de Lashley (1929) et de Spemann (1918), plutôt que ceux d’électrophysiologie et de la neurotransmission, R. Ruyer favorise les travaux sur l’équipotentialité cérébrale et sur la potentialité développementale.




  1. Le cerveau de liaisons. Le système organique, s' il décrit bien le développement du cerveau de sa morphogenèse à son épigenèse, n'indique pas comment le cerveau fonctionne de manière dynamique. Car à la notion de structure, R. Ruyer propose de décrire les liens des réseaux neuronaux. Mais ces liaisons neuro-cognitives ne sont pas objectivement constituées : elles sont la condition d'une activité finale de la cognition sans qu'une finalité interne soit à l'œuvre. Les liaisons organisent l'activité du cerveau dans l' ensemble dynamique de l'organisme. Une logique interne à la neurocognitition peut être décrite grâce à la modélisation en liaisons du cerveau. Car les liaisons sont la vraie réalité et non pas dans des parties localisables.


La structure, le développement et les liaisons ne décrivent pas trois cerveaux, mais un seul sous trois descriptions. Cette triple description indique une évolution de l'œuvre du philosophe. A partir de 1934, sous l'influence de La vie et l'habitude de Samuel Butler3, une philosophie de la vie, qui échapperait à la fois au vitalisme et au matérialisme mécaniste? R. Ruyer accomplit une transposition des découvertes de la biologie scientifique en termes de “surfaces”, de “domaines absolus” ou de “ consciences-êtres” : le structuralisme abstrait et formel est ainsi dépassé par l'insertion dans la description de la structure organique des travaux de l'embryologie expérimentale. Ce structuralisme des formes vivantes a pour but de décrire « les potentiels de toutes les structures unitaires ayant un type, une consistance capable de se reconstituer à travers le temps » (Ruyer, 1963, 268). Le développement du cerveau et son activité dynamique correspondent à cette unité psycho-biologique car l'identité cerveau-conscience est une de ces lignes d'individualité produites par l'évolution.

Ruyer a toujours été à la recherche, sans parvenir à réunir ces trois descriptions (La structure, le développement et les liaisons) en une seule, d'une théologie du vivant à laquelle il travaille depuis 1946 jusqu'à son dernier manuscrit inédit. Il est illusoire, reconnaît-il, de penser la Source originelle du vivant, la valeur des valeurs ou la fin des fins. La raison de ces trois descriptions tient à la nature du cerveau humain : « Le cerveau humain est, après tout, un domaine d'espace-temps. Des formes s'y improvisent, comme des formes organiques s'improvisent sur l'espace-temps… La véritable opposition n'est pas entre la matière et la conscience, mais entre la matière et la conscience actuelle d'une part - qui ne font qu'un dans toutes les individualités actives - et l'esprit d'autre part, trans-individuel et trans-spatial, origine des archétypes et des thèmes de toutes les activités et de toutes les actualités »(Ruyer, 1963, p. 273-274.). Le procédé des modèles mécaniques se révèle insuffisant pour décrire la physiologie du système nerveux et des appareils sensoriels, car elle participe d'une philosophie du dédoublement entre le sujet et l'objet, entre l'organisme physique et le cerveau-instrument.

1. LE CERVEAU D'UNE STRUCTURE
Le cerveau n'est pas un instrument
R. Ruyer ne défend pas la thèse spiritualiste du cerveau-instrument : selon cette thèse « la rivalité entre le « psychologique » et le « cérébral » est donc en rivalité entre deux étages de subjectivité, rivalité qui, plus ou moins, doit apparaître dans le plan de l’objet et qui apparaît effectivement »(Ruyer, 1937,p. 40). Si le cerveau devait être seulement un instrument alors « la surface réelle qu’est en lui-même le système nerveux n’est-elle pas en effet comme offerte aux formes psychologiques, c’est-à-dire à l’esprit, à la façon d’un tableau ou d’un clavier, en un mot à la façon d’un instrument…Puisque l’expérience prouve que tel est le cas de larges portions du cerveau, la tentation est forte de passer à la limite et d’affirmer de tout le cerveau ce que l’on constate pour une zone du cerveau. La faute de la théorie du cerveau-instrument est dans ce passage à la limite. Parce que la lésion de la zone auditive dans un seul hémisphère ne produit pas la surdité, on aurait tort d’en conclure que les lésions bilatérales respecteront l’audition…»(Ruyer, 1937, p.105). Le passage à la limite se trouve dans la fonction-instrument du cerveau-instrument : s'il est vrai, nul ne peut désormais le nier, la neuropathologie des lésions suffirait à le prouver, que telle fonction cognitive ne peut s’exercer sans un réseau neurobiologique localisable, il faudrait convenir pour Ruyer que ce rapport organe-fonction, localisé depuis Broca et Wernicke dans des aires cérébrales, décrit seulement une causalité partielle et neurofonctionnelle ; cette causalité peut uniquement servir de principe à une explication systématique de l’esprit par une réduction de toutes ses fonctions à des localisations cérébrales.
H. Bergson, dont R. Ruyer assimile souvent la thèse à celle du cerveau-instrument, est l’adversaire philosophique quant aux relations du cerveau et de l’esprit. Dans Matière et Mémoire (1896) H. Bergson présente le rôle du corps au sein d’une neurologie de la communication nerveuse selon le modèle du mouvement réflexe (Andrieu, 2003). La différence de degré entre les fonctions du cerveau et l’activité réflexe du système médullaire s’effectuerait dans un système centripète : la communication entre les arborisations terminales des fibres centripètes et les cellules motrices de la zone rolandique suppose que « le cerveau ne doit donc par être autre chose, à notre avis, qu’une espèce de bureau téléphonique central : son rôle est de “donner la communication ” ou de la faire attendre »(Bergson, 1896, p. 26) Le cerveau est à la fois un instrument d’analyse du mouvement recueilli et un instrument de sélection du mouvement à sélectionner.
L’interprétation de R. Ruyer généralise l'analyse bergsonienne de la thèse du cerveau-instrument à ce qui serait l’ensemble de la théorie de la connaissance : « Il est extravagant d’aller s’imaginer qu’une cellule va devenir capable de faire apparaître de la subjectivité parce qu’elle a pris une forme étoilée et ramifiée et qu’elle est allongée en un long conducteur… ce n’est pas en tant que cellule nerveuse, mais en tant que cellule vivante tout court qu’un neurone, ou qu’un élément auditif, visuel, est, en lui-même, existence subjective. La disposition propre des cellules nerveuses et sensorielles les rends capable de provoquer cette détermination particulière de la subjectivité qu’est la conscience sous son aspect sensoriel » (Ruyer, 1946, p.29). Le statut du corps est en cause dans la thèse de Ruyer « contrairement donc à la thèse bergsonienne, on doit insister sur l’union intime de la sensation et de l’organisme réel : la sensation est vraiment une partie de la réalité organique, elle ne fait qu’un avec elle, de même que le système nerveux est partie intégrante de la structure visible de l’organisme » (Ruyer, 1946, p. 30). Pour Bergson, le corps est toujours une image là où pour Ruyer l’organisme structure la connaissance : là où Bergson considère la spatialité comme une extériorité à un sujet qui la pense, Ruyer définit une subjectivité sans sujet (Ruyer, 1937, p. 64). Fonctionnement d’ensemble, le système nerveux est une association de conducteurs et « un tableau mosaïque de cellules sensibles »(Ruyer, 1937,p.73). L’illusion fournie par la description mécanique de l’étendue transforme l’organisme en un automate et le système nerveux en échanges hydrauliques. L’objet existe bien réellement à l’intérieur d’un fonctionnement psychophysiologique sans que le corps soit une image : « Une surface réelle est à la fois tableau et dessinateur, clavier et pianiste, instrument et usager. La réalité de la subjectivité consciente ne se mire pas dans la surface corticale comme un miroir extérieur à elle, et dont elle serait indépendante pour sa subsistance, elle est cette surface »(Ruyer, 1937,p.106). Les facultés perceptives du cerveau sont réelles, elles ne produisent pas une image et ne se réduisent pas aux seules fonctions réflexes de la mœlle. La conscience et le corps, et non pas comme chez Bergson la conscience ou le corps, ne peuvent fonctionner ensemble qu’au prix d’une description structurale de la mosaïque.

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