Gilles Deleuze Anti-Oedipe et Mille plateaux








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Gilles Deleuze

Anti-Oedipe et Mille plateaux



Les codes ; Le capitalisme ; Les flux ; Décodage des flux ; Capitalisme et schizophrénie ; La psychanalyse

16/11/71
Qu’est-ce qui passe sur le corps d’une société ? C’est toujours des flux, et une personne c’est toujours une coupure de flux. Une personne, c’est toujours un point de départ pour une production de flux, un point d’arrivée pour une réception de flux, de flux de n’importe quelle sorte; ou bien une interception de plusieurs flux.

Si une personne a des cheveux, ces cheveux peuvent traverser plusieurs étapes : la coiffure de la jeune fille n’est pas la même que celle de la femme mariée, n’est pas la même que celle de la veuve : il y a tout un code de la coiffure. La personne en tant qu’elle porte ces cheveux, se présente typiquement comme interceptrice par rapport a des flux de cheveux qui la dépassent et dépassent son cas et ces flux de cheveux sont eux-mêmes codes suivant des codes très différents : code de la veuve, code de la jeune fille, code de la femme mariée, etc. C’est finalement ça le problème essentiel du codage et de la territorialisation qui est de toujours coder les flux avec, comme moyen fondamental : marquer les personnes, (parce que les personnes sont a l’interception et a la coupure des flux, elles existent aux points de coupure des flux).

Mais donc, plus que marquer les personnes - marquer les personnes, c’est le

moyen apparent -, pour la fonction la plus profonde, a savoir : une société n’a

peur que d’une chose : le déluge; elle n’a pas peur du vide, elle n’a pas peur

de la pénurie, de la rareté. Sur elle, sur son corps social, quelque chose coule

et on ne sait pas ce que c’est, quelque chose coule qui ne soit pas code, et

meme qui, par rapport a cette societe, apparait comme non codable. Quelque chose

qui coulerait et qui entrainerait cette societe a une espece de

deterritorialisation, qui ferait fondre la terre sur laquelle elle s’installe :

alors ca, c’est le drame. On rencontre quelque chose qui s’ecroule et on ne sait

pas ce que c’est, ca ne repond a aucun code, ca fout le camp sous ces codes; et

c’est meme vrai, a cet egard, pour le capitalisme depuis longtemps qui croit

toujours avoir assure des simili-codes, la, c’est ce que l’on appelle la fameuse

puissance de recuperation dans le capitalisme - quand on dit recupere : chaque

fois que quelque chose semble lui echapper, semble passer en dessous de ces

simili-codes; il retamponne tout ca, il ajoute un axiome en plus et la machine

repart; pensez au capitalisme au 19eme siecle : il voit couler un pole de flux

qui est, a la lettre, le flux, le flux de travailleurs, le flux proletariat : eh

bien, qu’est-ce que c’est que ca qui coule, qui coule mechant et qui entraine

notre terre, ou va-t-on ? Les penseurs du 19eme siecle ont une reaction tres

bizarre, notamment l’ecole historique francaise : c’est la premiere a avoir

pense au 19eme siecle en termes de classes, ce sont eux qui inventent la notion

theorique de classes et qui l’inventent precisement comme une piece essentielle

du code capitaliste, a savoir : la legitimite du capitalisme vient de ceci : la

victoire de la bourgeoisie comme classe contre l’aristocratie.

Le systeme qui apparait chez Saint Simon, A. Thierry, E. Quinet, c’est la prise

conscience radicale de la bourgeoisie comme classe et toute l’histoire, ils

l’interpretent comme une lutte des classes. Ce n’est pas Marx qui invente la

comprehension de l’histoire comme lutte des classes, c’est l’ecole historique

bourgeoise du 19eme siecle : 1789, oui, c’est la lutte des classes, ils se

trouvent frappes de cecite lorsqu’ils voient couler a la surface actuelle du

corps social, ce drole de flux qu’ils ne connaissent pas : le flux proletariat.

L’idee que ce soit une classe, ce n’est pas possible, ce n’en est pas une a ce

moment la : le jour ou le capitalisme ne peut plus nier que le proletariat soit

une classe, ca coincide avec le moment ou, dans sa tete, il a trouve le moment

pour recoder tout ca. Ce que l’on appelle la puissance de recuperation du

capitalisme, c’est quoi ca ?

C’est qu’il dispose d’une espece d’axiomatique, et lorsqu’il dispose de quelque

chose de nouveau qu’il ne connait pas, c’est comme pour toute axiomatique, c’est

une axiomatique a la limite pas saturable : il est toujours pret a ajouter une

axiome de plus pour refaire que ca marche.

Quand la capitalisme ne pourra plus nier que le proletariat soit une classe,

lorsqu’il arrivera a reconnaitre une espece de bipolarite de classe, sous

l’influence des luttes ouvrieres au 19eme siecle, et sous l’influence de la

revolution, ce moment est extraordinairement ambigu, car c’est un moment

important dans la lutte revolutionnaire, mais c’est aussi un moment essentiel

dans la recuperation capitaliste : je te fous un axiome en plus, je te fais des

axiomes pour la classe ouvriere et pour la puissance syndicale qui la

representent, et la machine capitaliste repart en grincant, elle a colmate la

breche. En d’autres termes, tous les corps d’une societe sont l’essentiel :

empecher que coulent sur elle, sur son dos, sur son corps, des flux qu’elle ne

pourrait pas coder et auxquels elle ne pourrait pas assigner une territorialite.

Le manque, la penurie, la famine, une societe elle peut le coder, ce qu’elle ne

peut pas coder, c’est lorsque cette chose apparait, ou elle se dit : qu’est-ce

que c’est que ces mecs la! Alors, dans un premier temps, l’appareil repressif se

met en branle, si on ne peut pas coder ca, on va essayer de l’aneantir. Dans un

deuxieme temps, on essaie de trouver de nouveaux axiomes qui permettraient de

recoder tant bien que mal.

Un corps social, ca se definit bien comme ca : perpetuellement des trucs, des

flux coulent dessus, des flux coulent d’un pole a un autre, et c’est

perpetuellement code, et il y a des flux qui echappent aux codes, et puis il y a

l’effort social pour recuperer tout cela, pour axiomatiser tout ca, pour

remanier un peu le code, afin de faire de la place a des flux aussi dangereux :

tout d’un coup, il y a des jeunes gens qui ne repondent pas au code : ils se

mettent a avoir un flux de cheveux qui n’etait pas prevu, qu’est-ce qu’on va

faire ? On essaie de recoder ca, on va ajouter un axiome, on va essayer de

recuperer ou bien alors il y a quelque chose la-dedans, qui continue a ne pas se

laisser coder, alors la ?

En d’autres termes, c’est l’acte fondamental de la societe : coder les flux et

traiter comme ennemi ce qui, par rapport a elle, se presente comme un flux non

codable, parce qu’encore une fois, ca met en question toute la terre, tout le

corps de cette societe.

Je dirai ca de toute societe, sauf peut-etre de la notre, a savoir le

capitalisme, bien que tout a l’heure j’ai parle du capitalisme comme si, a la

maniere de toutes les autres societes, il codait les flux et n’avait pas

d’autres problemes, mais j’allais peut-etre trop vite.

Il y a un paradoxe fondamental du capitalisme comme formation sociale : s’il est

vrai que la terreur de toutes les autres formations sociales, ca a ete les flux

decodes, le capitalisme, lui, s’est constitue historiquement sur une chose

incroyable, a savoir : ce qui faisait toute la terreur des autres societes :

l’existence et la realite de flux decodes et qu’il en a fait son affaire a lui.

Si c’etait vrai, cela expliquerait que le capitalisme est l’universel de toute

societe en un sens tres precis : en un sens negatif, il serait ce que toutes les

societes ont redoute par dessus tout, et on a bien l’impression que,

historiquement, le capitalisme ... d’une certaine maniere est ce que toute

formation sociale n’a cesse d’essayer de conjurer, n’a cesse d’essayer d’eviter,

pourquoi ? Parce que c’etait la ruine de toutes les autres formations sociales.

Et le paradoxe du capitalisme, c’est qu’une formation sociale s’est constituee

sur la base de ce qui etait le negatif de toutes les autres. Ca veut dire que le

capitalisme n’a pu se constituer que par une conjonction, une rencontre entre

flux decodes de toutes natures. Ce qui etait la chose la plus redoutee de toutes

formations sociales, etait la base d’une formation sociale qui devait engloutir

toutes les autres : ce qui etait le negatif de toutes formations soit devenu la

positivite meme de notre formation, ca fait fremir ca.

Et en quel sens le capitalisme s’est-il constitue sur la conjonction des flux

decodes : il a fallu d’extraordinaires rencontres a l’issue de processus de

decodage de toutes natures, qui se sont formees au declin de la feodalite. Ces

decodages de toutes natures ont consiste en decodage de flux fonciers, sous

forme de constitution de grandes proprietes privees, decodage de flux

monetaires, sous forme de developpement de la fortune marchande, decodage d’un

flux de travailleurs sous forme de l’expropriation, de la deterritorialisation

des serfs et des petits paysans. Et ca ne suffit pas, car si on prend l’exemple

de Rome, le decodage dans la Rome decadente, il apparait en plein : decodage des

flux de proprietes sous forme de grandes proprietes privees, decodage des flux

monetaires sous formes de grandes fortunes privees, decodage des travailleurs

avec formation d’un sous-proletariat urbain : tout s’y trouve, presque tout. Les

elements du capitalisme s’y trouvent reunis, seulement, il n’y a pas la

rencontre.

Qu’est-ce qu’il a fallu pour que se fasse la rencontre entre les flux decodes du

capital ou de l’argent et les flux decodes des travailleurs, pour que se fasse

la rencontre entre le flux de capital naissant et le flux de main d’oeuvre

deterritorialisee, a la lettre, le flux d’argent decode et le flux de

travailleurs deterritorialises. En effet, la maniere dont l’argent se decode

pour devenir capital argent et la maniere dont le travailleur est arrache a la

terre pour devenir proprietaire de sa seule force de travail : ce sont deux

processus totalement independants l’un de l’autre, il faut qu’il y ait rencontre

entre les deux.

En effet, le processus de decodage de l’argent pour former un capital qui se

fait a travers les formes embryonnaires du capital commercial et du capital

bancaire, le flux de travail, leur libre possesseur de sa seule force de

travail, se fait a travers une toute autre ligne qui est la deterritorialisation

du travailleur a la fin de la feodalite, et cela aurait tres bien pu ne pas se

rencontrer. Une conjonction de flux decodes et deterritorialises, c’est ca qui

est a la base du capitalisme.

Le capitalisme s’est constitue sur la faillite de tous les codes et

territorialites sociales preexistantes.

Si on admet ca, qu’est-ce que ca represente : la machine capitaliste, c’est

proprement dement. Une machine sociale qui fonctionne a base de flux decodes,

deterritorialises, encore une fois, ce n’est pas que les societes n’en aient pas

eu l’idee; elles en ont eu l’idee sous forme de panique, il s’agissait

d’empecher ca - c’etait le renversement de tous les codes sociaux connus jusque

la -, alors une societe qui se constitue sur le negatif de toutes les societes

preexistantes, comment est-ce que cela peut fonctionner ? Une societe dont le

propre est de decoder et deterritorialiser tous les flux : flux de production,

flux de consommation, comment ca peut fonctionner, sous quelle forme : peut-etre

que le capitalisme a d’autres procedes que le codage pour faire marcher, peut-

etre est-ce completement different. Ce que je recherchais jusqu’a maintenant,

c’etait de refonder, a un certain niveau, le probleme du rapport CAPITALISME-

SCHIZOPHRENIE - et le fondement d’un rapport se trouve en quelque chose de

commun entre le capitalisme et la schizophrenie : ce qu’ils ont completement de

commun, et c’est peut-etre une communaute qui ne se realise jamais, qui ne prend

pas une figure concrete, c’est la communaute d’un principe encore abstrait, a

savoir, l’un comme l’autre ne cessent pas de faire passer, d’emettre,

d’intercepter, de concentrer des flux decodes et deterritorialises.

C’est ca leur identite profonde et ce n’est pas au niveau du mode de vie que le

capitalisme nous rend schizo, c’est au niveau du processus economique : tout ca

ne marche que par un systeme de conjonction, alors disons le mot, a condition

d’accepter que ce mot implique une veritable difference de nature avec les

codes. C’est le capitalisme qui fonctionne comme une axiomatique, une

axiomatique des flux decodes. Toutes les autres formations sociales ont

fonctionne sur la base d’un codage et d’une territorialisation des flux et entre

la machine capitaliste qui fait une axiomatique de flux decodes en tant que tels

ou deterritorialises, en tant que tels, et les autres formations sociales, il y

a vraiment une difference de nature qui fait que le capitalisme est le negatif

des autres societes. Or, le schizo, a sa maniere, avec sa marche trebuchante a

lui, il fait la meme chose. En un sens, il est plus capitaliste que le

capitaliste, plus prolo que le prolo : il decode, il deterritorialise les flux

et la, se noue l’espece d’identite de nature du capitalisme et du schizo.

La schizophrenie c’est le negatif de la formation capitaliste. En un sens, il va

plus loin, le capitalisme fonctionnait sur une conjonction de flux decodes, a

une condition, c’etait que, en meme temps qu’il decodait perpetuellement les

flux d’argent, flux de travail, etc., il les introduisait, il construisait un

nouveau type de machine, en meme temps, pas apres, qui n’etait pas une machine

de codage, une machine axiomatique.

C’est comme ca qu’il arrivait a faire un systeme coherent, a charge pour nous de

dire en quoi se distingue profondement une axiomatique des flux decodes et un

codage des flux.

Tandis que le schizo, il en donne plus, il ne se laisse pas axiomatiser non

plus, il va toujours plus loin avec des flux decodes, au besoin avec pas de flux

du tout, plutot que de se laisser coder, plus de terre du tout, plutot que de se

laisser territorialiser.

Dans quel rapport ils sont l’un avec l’autre ? C’est a partir de la que le

probleme se pose. Il faut etudier de plus pres le rapport capitalisme /

schizophrenie, en accordant la plus grande importance a ceci : est-il vrai et en

quel sens, peut-on definir le capitalisme comme une machine qui fonctionne a

base de flux decodes, a base de flux deterritorialises ? En quel sens il est le

negatif de toutes les formations sociales et par la-meme, en quel sens la

schizophrenie c’est le negatif du capitalisme, qu’il va encore plus loin dans le

decodage et dans la deterritorialisation, et jusqu’ou ca va, et ou cela mene-t-

il ? Vers une nouvelle terre, vers pas de terre du tout, vers le deluge ?

Si j’essaie de relier avec les problemes de psychanalyse, en quel sens, de

quelle maniere - c’est uniquement un depart -, je suppose qu’il y a quelque

chose de commun entre le capitalisme, comme structure sociale, et la

schizophrenie comme processus. Quelque chose de commun qui fait que le schizo

est produit comme le negatif du capitalisme (lui-meme negatif de tout le reste),

et que ce rapport, nous pouvons maintenant le comprendre en considerant les

termes : codage de flux, flux decode et deterritorialise, axiomatique de flux

decode, etc.

Reste a voir en quoi le probleme psychanalytique et psychiatrique continue a

nous preoccuper.

Il faut relire trois textes de Marx : dans le livre I : la production de la

plus-value, le chapitre sur la baisse tendancielle dans le dernier livre, et

enfin, dans les « Gruendisse », le chapitre sur l’automation.

Richard Zrehen : Je n’ai pas compris ce que tu as dit a propos de l’analogie

entre le capitalisme et la schizophrenie, quand tu dis que le capitalisme est le

negatif des autres societes et que le schizo est le negatif du capitalisme,

j’aurais compris, moi, que le capitalisme est aux autres societes ce que le

schizo est au capitalisme, or, j’aurais cru, au contraire, que tu n’allais pas

faire cette opposition la. J’aurais cru a l’opposition : capitalisme / autres

societes et schizophrene / autre chose, au lieu d’une analogie en 3 termes, en

faire une en 4 termes.

Cyril : Richard veut dire opposition entre : capitalisme / autres societes et

schizophrenes et nevroses par exemple.

Deleuze : Haaa, oui, oui, oui, oui.

On definira le flux en economie politique, son importance me confirme, chez les

economistes actuels. Pour l’instant, le flux c’est quelque chose, dans une

societe, qui coule d’un pole a un autre, et qui passe par une personne,

uniquement dans la mesure ou les personnes sont des intercepteurs.

Intervention du mec au drole d’accent.

Deleuze : Je prends un exemple, vous me dites, dans une societe, ca ne cesse pas

de decoder, pas sur : je crois qu’il y a deux choses dans une societe, quant au

principe dont une societe se termine, quant a la mort d’une societe : il y a

toujours deux moments qui coexistent : toute mort, d’une certaine maniere, monte

- c’est le grand principe de Thanatos -, du dedans et toute mort vient du

dehors; je veux dire qu’il y a menace interne dans toute societe, cette menace

etant representee par le danger de flux qui se decodent, ca d’accord.

Il n’y a jamais un flux d’abord, puis un code qui s’amene dessus. Les deux sont

coexistants. Quel est le probleme, si je reprends les etudes deja anciennes de

Levi-Strauss sur le mariage : il nous dit : l’essentiel dans une societe, c’est

la circulation et c’est l’echange. Le mariage, l’alliance, c’est l’echanger, et

l’important c’est que ca circule et que ca s’echange. Il y a donc un flux de

femmes - elever quelque chose au coefficient flux me parait une operation

sociale, l’operation sociale flux; au niveau de la societe, il n’y a pas de

femmes, il y a un flux de femmes qui renvoie a un code, code de choses d’ages,

de clans, de tribus, mais il n’y a jamais un flux de femmes, et puis en second

lieu, un code : le code et le flux sont absolument formes vis a vis l’un de

l’autre. Qu’est-ce que c’est alors, au niveau du mariage, le probleme dans une

societe dite primitive : c’est que, par rapport aux flux de femmes, en vertu du

code, il y a quelque chose qui doit passer. Il s’agit de former une sorte de

systeme, pas du tout comme Levi-Strauss le suggere, pas du tout une combinatoire

logique, mais un systeme physique avec des territorialites : quelque chose

entre, quelque chose sort, donc la on voit bien que, rapportees au systeme

physique mariage, les femmes se presentent sous forme d’un flux, de ce flux, le

code social veut dire ceci : par rapport a un tel flux, quelque chose du flux

doit passer, c’est a dire couler; quelque chose doit ne pas passer, et

troisiemement - ca ferait les 3 termes fondamentaux de tout code -, quelque

chose doit faire passer ou bloquer, au contraire : exemple, dans les systemes

matrilineaires, tout le monde sait l’importance de l’oncle uterin, pourquoi?

Dans le flux de femmes, ce qui passe c’est le mariage permis ou meme prescrit.

Un schizo, dans une societe comme ca, il n’y en pas, a la lettre, ca nous

appartient, la-bas, c’est autre chose.

La-bas, c’est different : il y a un tres beau cas etudie par P. Clastres; il y a

un type qui ne sait pas, il ne sait pas avec qui il doit se marier, il essaie le

voyage de deterritorialisation pour aller voir le sorcier tres loin. Il y a un

grand ethnologue anglais qui s’appelle Leach et dont toute la these consiste a

dire : ca ne marche jamais comme dit Levi-Strauss, il ne croit pas a son systeme

: personne ne saurait qui epouser; Leach fait une decouverte fondamentale, ce

qu’il appelle les groupes locaux, il distingue les groupes de filiation. Les

groupes locaux, ce sont les petits groupes qui machinent les mariages, les

alliances et ils ne les deduisent pas des filiations : l’alliance c’est une

espece de strategie qui repond a des donnees politiques. Les groupes locaux,

c’est a la lettre un groupe (pervers, specialiste du codage), qui determine pour

chaque caste, ce qui peut passer, ce qui ne peut pas passer, ce qui doit etre

bloque, ce qui peut couler. Dans un systeme matrilineaire, qu’est-ce qui est

bloque ? Ce qui est bloque dans tout systeme, c’est ce qui tombe sous les regles

de prohibition de l’inceste. La, quelque chose dans le flux de femmes est

bloque; a savoir certaines personnes sont eliminees du flux de femmes dans la

vue du mariage, par rapport a telles autres personnes. Ce qui passe au

contraire, c’est, on pourrait dire, les premiers incestes permis : les premiers

incestes legaux sous la forme du mariage preferentiel; mais chacun sait que les

premiers incestes permis ne sont jamais pratiques en fait, c’est encore trop

proche de ce qui est bloque. Vous voyez que le flux s’est disjongue la, quelque

chose dans le flux est bloque, quelque chose passe, et la il y a les grands

pervers qui machinent les mariages, qui bloquent ou qui font passer. Dans

l’histoire de l’oncle uterin, la tante est bloquee comme image de l’inceste

defendu, sous forme de la parente a plaisanterie, le neveu a, avec sa tante, un

rapport tres joyeux, avec son oncle, un rapport de vol, mais le vol, les

injures, elles sont codees, voir Malinowski.
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