Cours de sémiotique 1992/1993








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Aujourd’hui je fais de la lecture, tirée du Syllabus (programme).

« Des trois classes de la troisième trichotomie des représentement » — la première trichotomie était : type, trace, ton; la seconde trichotomie : symbole, indice, icône et la troisième : argument, dicisigne et rhème — » les signes simples, les rhèmes, les signes doubles ou informationnels, les dicisignes, et les signes ternaires ou rationnellement persuasifs ou arguments, celle dont la nature est la plus facile à comprendre est la seconde, celle des quasi-propositions » — il appelle ça, celle des quasi-propositions, c’est bien parce que ça fait apparaître le terme de proposition, nous voyons tout de suite ce que ça veut dire, tandis que dicisigne est beaucoup moins clair — » en dépit du fait que la question de la nature essentielle du jugement est aujourd’hui de toutes les questions de logique celle qui est la plus controversée » — puisque vous savez qu’en particulier chez Kant, la question première est celle du jugement, ce n’est pas celle de la proposition, en note Peirce indique — » expliquer le jugement en fonction de la proposition c’est l’expliquer par ce qui est essentiellement intelligible, expliquer la proposition en fonction du jugement c’est expliquer ce qui est intelligible en soi, en fonction d’un acte psychique qui est le plus obscur des phénomènes, le plus obscur des faits » — Bon, pour dire les choses plus clairement il dit qu’au bout du compte, il faut d’abord commencer par la proposition, là nous avons du solide, après nous pouvons inférer certaines propriétés supplémentaires du jugement et voir effectivement en quoi le jugement s’appuie sur la proposition et ce qu’il réclame d’autre que la proposition pour sa définition. Ça a l’air d’être des choses légères tout ça, mais c’est très lourd, c’est ce qu’il y a de tragique dans ce qu’il écrit, c’est que c’est toujours très lourd, chaque ligne est une ligne pesée, c’est un mathématicien, et c’est un drame d’être mathématiciens, avec l’habitude d’écrire une idée par phrase. Ce qui est le contraire de ce que nous avons l’habitude de lire. Quand nous lisons, nous lisons une idée par chapitre, voire par livre. Là, il y en a une par phrase, ce qui est plus difficile. Bon, je laisse tomber ça. — » Le problème n’est pas si facile que cela quand nous cherchons simplement à analyser la nature essentielle du dicisigne en général, c’est-à-dire le genre de signe » — Ça aussi ça vaut son pesant de boudin — » le genre de signe qui communique son information, par opposition au signe tel qu’une icône, dont l’information peut dériver » — encore une chose légère ! le dicisigne est ce qui communique l’information, alors, qui communique, comment, pourquoi, de quelle manière, c’est après que nous voyons cette chose-là, et si vous voulez il y a quelque chose de différent pour vous donner une idée, entre la simple association à laquelle peut donner lieu l’icône, je vois par exemple un baobab, ça me fait penser à un arbre qui a la tête dans le sol et les pieds en l’air, du coup je pense à l’idée d’Aristote si je suis un peu informé, qui explique que pour les plantes les racines c’est la bouche puisque c’est là par où elles de nourrissent. C’est rigolo, finalement cela veut dire que le baobab c’est un arbre humain, parce que ses racines sont en l’air. Ce qui n’est pas vrai du tout, c’est une impression. C’est à partir de l’icône simplement. Nous pouvons continuer comme ça. Baobab fait penser à Saint Exupéry, etc. Là nous voyons bien, il y a quelque chose qui peut dériver « ad libitum », ça peut très bien ne pas s’arrêter, ça ne pose aucun problème. Est-ce que pour autant nous avons des informations supplémentaires, est-ce que c’est quelque chose qui nous communique des informations l’image d’un baobab, non, c’est là, ça peut se lier éventuellement à d’autres choses, mais c’est simplement là. Alors que — » le dicisigne » —dit-il— » nous communique l’information » — qu’est-ce que ça veut dire, ça veut dire que c’est par le biais de l’attribution de l’icône à l’indice, par le fait d’ajouter quelque chose à l’indice. Nous aurons l’indice avant la proposition et l’indice après la proposition puisque l’indice se verra coller par dessus, une information supplémentaire. Donc nous avons bien dans la proposition quelque chose qui communique l’information. Ce commentaire n’est pas donné par Peirce, vous voyez la difficulté de la lecture, c’est pour ça que lire Peirce est difficile parce qu’il évite d’expliquer, il donne des formules, et puis il estime, remarquez c’est un grand honneur qu’il fait à ses lecteurs, que les lecteurs sont suffisamment grands pour pouvoir, par eux-mêmes replacer tout ce qu’il faut là où il faut.

Le paragraphe suivant — » Le moyen le plus commode pour savoir si un signe est ou n’est pas un dicisigne » — ce n’est pas évident, en passant. Si nous étions dans la proposition nous aurions dit un sujet, une copule, un prédicat. Avant, une proposition avait un sujet, une copule, un prédicat, s’il manquait l’un des trois, ce n’était plus une proposition. Tandis que là, non, nous nous demandons comment reconnaître un dicisigne — « C’est qu’un dicisigne est vrai ou faux » — Là, nous sommes un peu pantois ! Regardez, arbre ! C’est vrai ou c’est faux ? Vous ne pouvez me répondre. Nous pouvons voir qu’un dicisigne peut être quelque chose qui n’est pas nécessairement sous la forme d’une proposition grammaticalement correcte, une proposition chomskienne. C’est un dicisigne, c’est un machin dont je peux dire s’il est vrai ou faux. Soyons bêtes ! Quand nous lisons des gens trop intelligent il faut être bête. C’est le meilleur moyen de les lire, parce que comme ça, nous nous attachons à ce qu’ils racontent, nous sommes obligé, nous ne pouvons pas nous lancer dans de grands trucs. Je dis, un dicisigne est vrai ou faux, j’essaie de réfléchir à ce que peut être un dicisigne généralement. Une proposition, si je dis : « le ciel est bleu », c’est vrai ou c’est faux ! Bon, nous pouvons le dire, par contre, là, si je dis « bleu »…

— Est-ce que dans le dicisigne il y rentre l’objet ?

Oui, fatalement, l’indice « est bleu », c’est le prédicat qui vient se cloquer sur l’indice.

— Tout à l’heure à propos du dicisigne tu y faisais rentrer l’icône, est-ce qu’ils sont dans le même monde ?

Justement le dicisigne c’est ce qui fait rentrer les icônes dans les indices, par l’intermédiaire de la proposition, du dicisigne lui-même. Je m’en vais vous donner une phrase magique. — » La proposition est un signe de ce que le prédicat est un signe de ce dont le sujet est un signe » — Au fond c’est clair, non ? De quoi la proposition est-elle un signe ? Elle est un signe d’un fait de copulation. En quoi consiste la copulation, elle consiste à dire que le prédicat est un signe de ce dont le sujet est un signe. Si le sujet a un certain objet, est le signe de quelque chose, le prédicat à son tour devient le signe de cette même chose. Ce qui est dit en mauvais français dans la phrase du début. La proposition est un signe de copulation, à savoir, que le prédicat est un signe de ce dont le sujet est un signe. Les objets là-dedans nous n’en avons rien à foutre ! Si vous me le permettez… (je parle de plus en plus mal ! J’ai honte !) Donc c’est ça cette copulation, est-ce que c’est dans le même monde ? Oui, c’est dans le monde des signes. C’est pour ça qu’on ne se tracasse pas ?

— Moi, je m’étais arrêté au tableau des présuppositions, effectivement ce n’est pas possible de mettre côte à côte une icône et un indice.

Oui, mais après quand nous sommes au monde troisième, oui, puisque nous mettons les relation, nous pouvons relationner, si je puis dire, pour parler encore plus mal, les indices avec les icônes à partir d’un position troisième. A lire absolument « Mythologies » de Roland Barthes, c’est fabuleux. Les théories bien construites, c’est pour les gens qui sont un peu couillons qui sont incapables de penser par eux-mêmes, moyennant quoi ils peuvent observer des trucs. Mais il y en a qui n’ont pas besoin de théories pour observer, qui savent comme ça, à partir de la pratique de leur truc, et de capacité d’abstraction particulière, créer des outils remarquables, Barthes fait partie de ces gens-là. Alors évidemment, s’il y avait une orthodoxie peircienne, qui n’existe pas, à ce moment-là, nous pourrions dire, ce n’est pas orthodoxe. Lui, ce n’était pas son problème. Mais les outils qu’il donne sont tellement intelligents que nous pouvons très bien accéder à ces outils, à l’aide de quelque chose d’un peu plus formel. A savoir ce que je vous présente.

— » Un dicisigne est vrai ou faux, mais ne fournit pas de raisons de sa vérité ou de sa fausseté. » — Il ne dit pas pourquoi, quand je dis « bleu », en indiquant du doigt le rideau qui est bleu, je fais un dicisigne, mais je ne vous fournis aucune raison, pour lesquelles c’est vrai ou faux. Vous décidez. Par contre si en montrant ça, je vous dis, il y a un arbre derrière, là. Ce n’est plus tout à fait la même chose. En fait, de manière très aiguisée, c’est une inférence. L’inférence c’est : comme il y a des arbres tout le long de ce jardin et que le rideau me cache un morceau de ce jardin, alors il y a donc des arbres là-bas derrière. C’est une inférence cachée. Ce qui apparaît grammaticalement comme une proposition est en fait là, une inférence, abductive.

— Question.

Non, je peux très bien me gratter et tendre le bras et dire rouge. Vous me direz : c’est pas vrai. Je vous répondrai : ça peut être tout à fait par hasard que mon doigt se pointe là-dessus. Lorsque vous regardez la statue d’Arago, qui lève son doigt en l’air, vous n’allez pas regarder pour voir s’il ne désigne pas un oiseau ! Vous savez bien qu’il est là « ad aeternam ».

— « Ceci montre qu’il faut qu’un dicisigne renvoie explicitement à quelque chose ou soit en relation avec quelque chose qui a un être réel indépendamment de sa représentation en tant que telle, et qu’en outre » — Hop ! Si ça c’est pas l’indice, je veux bien être pendu ! Il faut qu’il y ait une relation avec quelque chose qui est — « un être réel indépendamment de sa représentation en tant que telle, et qu’en outre il ne faut pas que cette référence ou relation apparaisse comme rationnelle mais comme une secondéité aveugle » — Nous y voilà, il faut que cette référence soit une secondéité aveugle, compulsive, c’est-à-dire très précisément la définition de l’indice. Voyez à quel point le caractère indiciaire est prégnant dans la définition de la proposition, et que ce n’est que secondement que nous pouvons faire des symboles. Mais il faut qu’il y ait quelque chose qui attire l’attention sur. La proposition elle attire l’attention, elle pose devant, elle pose quoi ? Un indice. Quand je vous dis : la proposition est un signe de ce que le prédicat est un signe de ce dont le sujet est un signe, qu’est-ce que je vous dis ? Je vous dis que nous ne sommes que dans les signes, là-dedans. La définition du signe c’est la proposition comme signe. Mais s’appuyant sur quel type de signe ? Quelle est la nature des signes dont nous parlons. La proposition est un signe symbolique, là. Le prédicat, un signe iconique — « dont le sujet est un signe » — là il nous faut notre secondéité aveugle, il nous la faut quelque part, c’est du côté du sujet, c’est-à-dire donc l’indice. Voilà, ce sont ces choses-là qu’il faut bien voir. Si vous réfléchissez bien, lorsque l’enfant rentre dans la phase propositionnelle de son activité, c’est comme ça que cela marche. Rouge, bateau, maison, E. T., Téléphone-maison. C’est tout à fait ça. Alors les linguistes ont inventé les mots-phrases, pour s’en tirer, parce que ça leur va mieux, évidemment, il faut inventer des mots-phrases et nous disons « oui, c’est un langage dégénéré » non, c’est un langage essentiel. L’enfant est beaucoup plus logique que nous ne le sommes nous-mêmes. Nous, nous perdons ces capacités logiques, nous, dès que nous commençons à parler, nous ne savons plus où nous sommes. Lui, l’enfant il va au cœur de la question, il sait très bien ce que c’est qu’une attitude propositionnelle, il dit « chaud », en montrant le radiateur. Ce qui veut dire, le radiateur est chaud, nous avions compris. C’était une proposition. Ce n’est pas, parce que les linguistes vont dire, oui, mais ce n’est pas très chomskien, alors c’est un mot-phrase, ils vont inventer des trucs comme ça. Il n’empêche ! Vous voyez il y a une compréhension profonde de la nature de la proposition chez l’enfant que nous perdons ensuite, parce que nous nous habituons à la traiter en termes symboliques, au sens où les sujets, sont pour nous, les trois-quarts du temps, des symboles. Je continue. — « Il ne faut pas que cette référence ou relation, apparaisse comme rationnelle mais comme une secondéité aveugle, mais le seul genre de signe, dont l’objet est nécessairement existant est l’indice authentique. Cet indice pourrait certes faire partie d’un symbole, » — c’est précisément ce que je vous racontais — « mais dans ce cas, la relation apparaîtrait comme rationnelle et pas existentielle » — tous les hommes sont mortels, ça c’est rationnel, ce n’est pas existentiel, ça ne me dit pas s’il y a des hommes, tous les martiens sont verts, c’est bien connu —, « Par suite un dicisigne se représente lui-même nécessairement comme un indice authentique et rien de plus. A ce point de l’analyse, écartons toutes les autres considérations, » — Ça c’est comme quand il y a plusieurs trains qui arrivent en gare, il devait avoir des tas d’idées qui commençaient à germer et il se préparait à…, tout à coup il démarre sur des trucs épouvantables, il ouvre des parenthèses et puis nous ne comprenons plus rien, en fait c’est à lui qu’il parle… Traduction libre, Charles calme-toi ! — « et voyons quel sorte de signe doit être un signe qui de toute manière se représente lui-même comme un indice authentique de son objet et rien de plus. Si nous substituons à représente comme une interprétation plus claire, l’énoncé dit que l’interprétant du dicisigne » — C’est épouvantable ! Je suis désolé de vous présenter ce texte-là, je ne sais pas pourquoi il a accepté d’écrire ça. — « représente une identité du dicisigne avec un indice authentique de l’objet réel du dicisigne » — Le dicisigne n’est pas l’interprétant, c’est la dimension troisième du signe, c’est la troisième trichotomie du représentement, l’interprétant qu’est ce qu’il dit, il dit que le dicisigne est identique à l’indice, le dicisigne tout entier, c’est ça le fait même de la copulation, c’est l’identité, c’est la même chose. Ce qui est essentiel, si vous y réfléchissez, c’est tout à fait essentiel cette chose-là. J’ai un indice, ça (le rideau) au fond en disant « bleu », qu’est-ce que je dis, finalement je dis que ça avec « bleu » c’est la même chose que ça (le bras tendu), et le « bras tendu » avec « bleu », c’est la même chose ! Ces deux choses-là sont identiques, sans quoi je pourrais pas, en aucune manière attribuer « bleu » à quoi que ce soit. Si j’ai pu attribuer, c’est que je parle de la même chose, c’est que cela n’a pas changé en vertu de l’attribution. Je suis ce que je suis, je parle, je dis : j’ai des cheveux. Est-ce que ça me change ? Non, le signe que vous pouvez avoir de moi est toujours le même, mettons un signe perceptif. J’attire votre attention sur les cheveux, mais au bout du compte, je les avais déjà. Donc, si vous avez un signe de moi, le signe de moi plus les cheveux c’est toujours le même signe de moi. Je n’ai rien ajouté de plus, je n’ai pas fabriqué quelque chose de plus, j’ai certes élargi un signe, si je puis dire, j’élargis l’indice, puisqu’au départ je vous demande une simple représentation globale de moi, celle que vous avez en me voyant, et puis maintenant, j’intensifie dans cette représentation globale l’aspect cheveux. Je dis : « j’ai des cheveux », je n’ai rien ajouté, ce qui signifie que c’est le même indice qui est en question, simplement c’est un indice renouvelé. Un indice légèrement transformé dans lequel nous avons rajouté un élément mais pour autant, nous n’avons pas changé fondamentalement le rapport de l’indice et de l’objet. L’objet étant moi à la circonstance. L’interprétant du dicisigne représente une identité du dicisigne avec un indice authentique de l’objet réel du dicisigne. C’est plus clair comme ça ? Non.
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