Cours de sémiotique 1992/1993








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Le rire, que si vous ne lisez pas un livre avec un crayon à la main, c’est comme si vous rêviez. Bien entendu, au niveau de l’interprétant immédiat, pas de problème, vous êtes en plein dedans, mais par contre il ne produira chez vous aucune habitude parce qu’il n’y aura pas eu d’interprétant dynamique. Je ne sais pas si c’est vrai, je ne lis jamais un livre avec un crayon, mais par contre chaque fois que je lis un livre, je me débrouille pour en parler au cours suivant, donc, c’est la même chose. Là, nous pouvons dire que bien entendu, tout se passe comme si nous en étions restés au niveau de l’interprétant immédiat, or il y a eu interprétation, c’est indubitable, mais une interprétation qui n’est pas allée jusqu’à son terme, c’est-à-dire qu’il n’y a pas eu véritablement un interprétant. Nous appellerons interprétant véritable celui qui aura produit soit un renforcement d’une habitude, soit le changement d’une habitude, là nous serons pleinement dans l’interpétant. C’est-à-dire là où il y aura l’interprétant final.

Deuxième chose c’est par exemple un cas que cite Peirce, qui est hyper célèbre chez lui, et qui en plus très intéressant car il a changé souvent d’avis à son propos, jusqu’à la fin de ses jours, je lisais des textes de 1913, la veille de sa mort, où encore il présentait une nouvelle idée là-dessus, c’est le fameux « armes aux pieds ». Il imagine dans une caserne, un adjudant qui commande une compagnie et qui dit « armes aux pieds », c’est pas mal, car dit-il, cela s’arrête à l’interprétant dynamique. Il n’y a aucune leçon à tirer de ça, c’est presque pavlovien, d’ailleurs dit-il, ce n’est sans doute pas un signe, c’est un représentement qui n’a pas un interprétant mental, il n’y a pas de mentalité là-dedans. Il rejoint tout à fait ce que disait Einstein, en voyant passer un défilé militaire, « le bulbe leurs suffit », c’est sévère ! Il faut dire qu’Einstein était un peu snob, et c’était surtout un anti-bulbe, disons que c’était pour marquer la différence. C’est un peu le même registre, nous voyons bien que le caractère mental n’est pas nécessaire, à la limite, le grognement lancé par l’adjudant qui ne ressemble pas à « armes aux pieds », ce n’est même pas la peine de connaître la langue pour ça, nous comprenons tout de suite qu’il faut faire quelque chose. C’est presque pavlovien, presque de l’ordre du réflexe. La notion est intéressante sur la distinction entre le représentement et le signe.

L’interprétant dynamique est l’effet réel, au sens actuel, c’est un fait, un acte, et pas simplement mental, quoique ça peut l’être aussi. Par exemple si vous n’aviez pas dit « non-mental », mais que vous l’aviez pensé fortement en vous, nous pouvons dire que cela constituait un effet réel. Ce sont des chose que nous voyons, par exemple, vous pourriez dire, au moment où vous m’avez dit ça j’y ai pensé, donc, il y a eu un mode d’inscription, c’est en ça que consiste l’effet réel. Donc l’interprétant dynamique c’est vraiment un noyau, quelque chose d’extrêmement important qui va marquer l’effet réel.

L’interprétant immédiat nous l’avons dans le berceau, disons un peu après, il faut y arriver, c’est la possibilité d’interprétation, là où est la question c’est celle de l’interprétant final, car lui, c’est vraiment une habitude, nous pourrons dire mentale, même s’il ne s’agit pas de distinguer le mental de l’organique, puisqu’une habitude est l’engagement à agir dans certaines situations si telle et telle conditions sont remplies, c’est ça une habitude. Chez Peirce c’est ça, c’est l’engagement hors sujet, qui va de soit, à agir d’une certaine manière, dans des circonstances données. Ce n’est pas un réflexe.

— J’ai remarqué que, chez les enfants de 4/5 ans, si nous leur racontons une histoire, à un moment de l’histoire, nous devons répéter la même phrase, si ce n’est pas la même phrase, ils se protestent, or, c’est toujours un moment clé du conte, ils savent par cœur certaines phrases et ce sont celles-là, qu’ils attendent. Il faut le même terme, c’est peut être qu’ils sont dans la phase de la mise en place des concepts.

Oui, c’est ça. Là, nous pourrions presque être piagétien, c’est la constitution de schèmes, des schèmes moteurs.

— Dans « comment, comment » il a étudié l’acquisition de la lecture chez les jeunes enfants et il parle d’un besoin de repères, de répétitions, d’habitudes, c’est sécurisant pour l’enfant.

C’est parce qu’il y a toujours eu une découverte autour de ça, à un moment donné, cette phrase lorsqu’elle a été énoncée, a provoqué chez ces enfants la constitution de quelque chose de nouveau, et qu’ils veulent pouvoir retrouver. Nous pouvons être sûr que dans ces cas-là, nous sommes dans quelque chose d’important, justement là, l’identité de la relation triadique est liée à l’identité des représentements, il ne faut rien changer. Il faut déjà avoir franchi un cap, accepté une certaine perte finalement pour pouvoir retrouver les mêmes habitudes derrière des représentements différents. Là, c’est une transformation, c’est-à-dire des représentements différents qui engagent la même relation triadique.

Évidemment ce sont des notions qui mériteraient d’être travaillées beaucoup plus longuement, en particulier cette notion d’habitude. Lorsque Peirce présente cette notion d’habitude, il fait semblant d’hésiter avec d’autres notions, en disant, que pourrait être l’interprétant final ? Il va conclure, c’est l’habitude, mais entre temps il fait semblant d’hésiter sur d’autres choses et en particulier sur le désir. Est-ce qu’au fond les désirs ne pourraient-ils pas être des interprétants finals, et puis il fait remarquer que non, parce que le désir est plutôt du côté de l’interprétant dynamique. C’est quelque chose dans quoi nous sommes pris. Qui ne peut pas être ultime, car le désir c’est un processus, seule l’habitude est conditionnelle, le désir non, le désir, il est ce qu’il est. L’habitude veut dire que c’est dans telle ou telle condition que j’agirai de telle ou telle manière. D’où, dit-il, il n’y a que l’habitude qui puisse être le véritable interprétant final, d’autant que l’habitude n’est pas un signe.

Si l’habitude était un signe cela ne pourrait pas être un interprétant final puisqu’étant un signe il aurait son propre interprétant, mais au delà de ça, si l’habitude était un signe cela voudrait dire que nous pourrions exhaustivement indiquer les conditions et les conduites, ce qui est une impossibilité majeure puisque l’habitude c’est un continuum, si nous voulons nous moquer des habitudes de quelqu’un, en les stigmatisant lorsqu’elles sont stéréotypées, nous dépassons le cadre de l’habitude pour passer dans celui du stéréotype. Dans le stéréotype nous pouvons indiquer l’ensemble des mouvements, et pas dans l’habitude dont nous ne connaissons ni les conditions ni les actes à quoi elle mène. Si nous reprenons le cas des enfants de tout à l’heure, l’enfant ne sait pas du tout quelle habitude cela a crée en lui, il n’en a pas la moindre idée. Nous pourrions reprendre toute une partie de l’élaboration de Freud, à partir de ça. Les habitudes sont inconscientes, fondamentalement, quand elles sont conscientes, ça s’appelle un stéréotype, ou de la logique formelle.


1 In Mémoires d’anthropologie, Paul Broca, Jean-Michel Place éd., Paris, p. 151.

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