Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?»








télécharger 66.17 Kb.
titreExtraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?»
page1/3
date de publication18.11.2017
taille66.17 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > Biología > Documentos
  1   2   3
Extraits du livre « Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ? »

Avec l’aimable autorisation des Editions du Seuil pour la mise en ligne de cet extrait

Chapitre 1

Pourquoi vieillit-on?

C’est au fond de nos organes, dans l’intimité de nos cellules, dans l’expression de nos gènes que se joue le drame du vieillissement, comme un bruit de fond croissant qui parasite le fonctionnement de notre organisme, et le conduit lentement vers le déclin.

Révolution annoncée!

– Dominique Simonnet: Il semble que nous assistions, depuis quelques années, à ce qu’il faut bien appeler une révolution scientifique: les chercheurs sont en train de comprendre le phénomène du vieillissement, et ils commencent même à se donner les moyens de réagir. Serions-nous sur le point de maîtriser notre destin?

– Joël de Rosnay: Disons-le d’emblée: le processus de vieillissement reste inéluctable. Aucun chercheur aujourd’hui n’envisage sérieusement que l’on puisse un jour accéder à l’immortalité. Sur notre planète, la mort est nécessaire à la vie. Les atomes, les molécules, tout est recyclé. Si les vieux organismes ne mouraient pas, les nouveaux ne pourraient se développer. C’est ainsi. Le vieillissement touche toutes les espèces, et l’on voit mal comment l’arrêter totalement. En revanche, nous commençons à mieux comprendre ce phénomène et à intervenir pour le ralentir. Dans ce domaine, nous sommes au seuil d’une immense révolution non seulement scientifique mais aussi sociale et économique.

– D’où vient-elle, cette révolution?

– De tous côtés! De l’embryologie, de l’immunologie, de la génétique, de la neurobiologie, de la psychologie… Jusque-là, on étudiait les fonctions du corps séparément: les neurobiologistes s’occupaient du système nerveux; les immunologistes, du système immunitaire (celui qui nous protège contre les maladies, les bactéries et les virus); les endocrinologues, du système hormonal (qui dirige notre croissance, les rythmes de veille et de sommeil, nos humeurs, notre sexualité). Ces disciplines, qui se parlaient peu, se sont mises à dialoguer les unes avec les autres. On n’hésite plus désormais à établir des ponts entre l’état physique et l’état psychique, entre le corps et l’esprit; on s’intéresse également à l’influence de nos modes de vie et de notre environnement sur le vieillissement. Les récents investissements réalisés dans la recherche contre le cancer et le sida nous ont eux aussi fait progresser: on s’est aperçu que la destruction du système immunitaire par le virus du sida conduit à une sénescence précoce, et on sait maintenant que le cancer est, lui aussi, une maladie liée au vieillissement… De son côté, la technologie a inventé un nouvel arsenal thérapeutique – puces implantables dans le corps, anticorps monoclonaux, sondes d’hybridation moléculaires. Bref, tout cela permet de relier entre elles des informations éparses et d’esquisser une approche globale liée au vieillissement: les chercheurs ne se préoccupent plus seulement des symptômes, ils s’intéressent maintenant aux causes de ce phénomène.

– Un vrai festival, en effet… Jusque-là, on considérait le vieillissement de manière grossière, au niveau des organes. Si je vous suis, on le traque maintenant à tous les niveaux, jusque dans l’intimité de nos cellules.

– Autrefois, on ne pouvait observer que la dégradation du corps et de ses fonctions. Déjà, Pasteur avait compris que, pour bien appréhender le vivant, il fallait le regarder dans ses structures les plus petites. Mais il était limité par la faible capacité de son microscope. Depuis, les techniques ont fait des progrès considérables, et l’on peut maintenant étudier le corps, et donc le phénomène du vieillissement, à tous les niveaux. D’abord, les organes et les tissus, qui sont constitués par des milliards de cellules. Puis, les cellules elles-mêmes, et les relations qu’elles nouent entre elles. Ensuite, les grosses molécules à l’intérieur de ces cellules, c’est-à-dire les protéines, les enzymes, et bien sûr l’ADN avec ses gènes. Enfin, les petites molécules, les peptides, les hormones qui jouent le rôle de régulateurs ou de «messagers» dans les fonctions du corps.

Le carburateur encrassé

– Effectuons donc un zoom dans un corps vieillissant en partant du plan le plus large: celui des organes. Là, on assiste à des phénomènes somme toute assez simples: avec l’usage, ça s’encrasse, ça grippe, ça bloque, comme une voiture qui a déjà bien servi, c’est cela?

– En quelque sorte. Le corps absorbe et traite une grande quantité de substances, avalées ou inhalées. Il en transforme certaines, en rejette d’autres. À mesure que le temps passe, on comprend que certains organes fonctionnent de moins en moins bien. Même s’ils ont des petits cils qui éliminent la poussière, même s’ils ne sont pas englués par les goudrons du tabac, les bronchioles finissent par s’obstruer. À partir de 40 ans, les reins s’encrassent eux aussi, comme le filtre du carburateur d’une automobile, et laissent passer de plus en plus de polluants. La structure intime des os est fragilisée, provoquant ce qu’on appelle généralement l’ostéoporose. Avec l’âge, les muscles perdent de leur capacité contractile par suite de la modification de leurs protéines… On connaît des remèdes simples à ces dégradations, comme, par exemple faire de l’exercice pour maintenir sa masse musculaire, par suite de l’augmentation de la production d’hormones de croissance. On pourra bientôt dépolluer la machine, et faire des échanges standard d’organes, nous en reparlerons. Disons simplement que l’exercice et l’alimentation sont essentiels pour réduire le vieillissement naturel des organes.

– On sait que le cerveau se détériore lui aussi.

– C’est un cas particulier. Avec l’âge, il perd certaines connexions, certaines aptitudes (ceux qui n’exercent pas leur mémoire régulièrement la voient s’affaiblir). Mais si le nombre de neurones diminue, ceux-ci continuent quand même à créer des nouvelles connexions, même à 80 ans! À condition, une fois encore, de s’en servir (nous possédons 100 milliards de neurones connectés chacun à 1 000 autres neurones, ce qui donne 100 000 milliards de connexions ou synapses). On sait maintenant que les neurones sont entourés par des cellules gliales qui leur donnent de la nourriture et éliminent les polluants. C’est un peu comme s’il existait en nous deux systèmes de communication: celui des neurones, semblable à un réseau téléphonique à fil; celui des cellules gliales, comparable au réseau sans fil de nos portables. Vous sentez soudain l’effluve d’un parfum: immédiatement, les récepteurs de votre nez envoient un signal «sans fil» via les cellules gliales dans l’ensemble du cerveau, ce qui réveille certains neurones qui lancent à leur tour des signaux entre eux. Et vous reconnaissez que ce parfum est associé à une femme qu’un jour vous avez rencontrée…

– Voilà qui est romantique. Quelle conclusion faut-il en tirer?

– Plus on se pose de questions, plus on est curieux, plus on a plaisir à vivre, et plus les neurones s’activent, plus les connexions continuent à s’établir, plus le cerveau tient la forme. Donc, rester actif, intellectuellement et physiquement, combat le vieillissement. On sait maintenant que le cerveau se réorganise en permanence quand, par exemple, on lit un livre, on joue du piano, on fait du bricolage, on conduit une voiture, on se sert d’un ordinateur et d’Internet. On crée ainsi de nouvelles fonctions, des réponses adaptées: nous devenons «plus intelligents». Notons au passage que les huiles de poisson, comme les Oméga 3, jouent un rôle important dans la bonne santé des cellules gliales et dans les communications synaptiques, et contribuent donc à augmenter l’apprentissage, la mémoire ou à réduire les risques de dépression mentale… S’esquisse une fois encore le rôle décisif de l’alimentation.

La mèche de la bougie

– Donnons un coup de zoom. Nous voilà maintenant au niveau des cellules.

– Les découvertes dans ce domaine ont été prodigieuses. L’exploration des cellules a commencé dans les années 1950 avec le développement de la biologie moléculaire qui doit beaucoup aux Français Jacques Monod, André Lwoff et François Jacob (prix Nobel en 1965). Dans leur sillage, les biologistes ont étudié des organismes très simples, comme la bactérie Escherichia Coli, un petit colibacille de notre intestin composé d’une seule cellule, qui est devenue l’animal de laboratoire des chercheurs du monde entier. Puis, ils se sont intéressés à des organismes plus complexes, comme la mouche drosophile et un petit ver au joli nom, Caenorhabditis Elegans: on a pu décortiquer entièrement cet animal, cellule après cellule, gène après gène, et en établir le plan complet. Ce ver rond, appartenant au genre des nématodes, mesure 1 mm de long et 0,1 mm de diamètre, et il est totalement transparent. On en voit donc clairement les organes, les muscles, le système nerveux, l’appareil digestif et reproducteur. L’animal est composé d’environ 1 000 cellules, et il possède 6 chromosomes (avec 19 000 gènes). Les chercheurs connaissent maintenant le rôle de chacun d’eux et ils savent les modifier pour en étudier les effets sur le comportement et la durée de vie de l’animal.

– Qu’est-ce que ces agréables animaux nous ont donc appris?

– Il a d’abord fallu mieux comprendre les mystères de la division cellulaire. Au début des années 1960, deux scientifiques américains1 ont suivi l’évolution des cellules qui, depuis le tout premier stade embryonnaire, se divisent et se spécialisent en cellules de peau. Elles se reproduisent une fois, deux fois, trois fois… S’agencent en tissus, puis au bout de cinquante divisions en moyenne, elles ne se multiplient plus. Elles semblent programmées pour s’arrêter, comme des bougies qui s’éteignent une fois leur mèche consumée. La métaphore est pertinente: à la fin des années 1980, on a trouvé cette «mèche» biologique2. Ce sont des morceaux d’ADN (appelés «télomères»), situés en bout du filament du chromosome de la cellule. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau de cette mèche est coupé par une enzyme. Quand il n’en reste plus, le processus s’arrête: la cellule ne se divise plus. Le tissu garde alors les mêmes cellules, il ne se régénère plus, il vieillit. On s’est dit: Formidable! Nous tenons la clef du vieillissement! Si on trouve maintenant un moyen d’empêcher les cellules d’arrêter leur division, on pourra peut-être intervenir sur ce phénomène et redonner un coup de jeune au tissu.

– J’imagine que ce n’était pas si simple.

– Hélas! L’interrupteur biologique ne fonctionne pas à tous les coups. La théorie n’est pas valable pour toutes les cellules du corps. Certaines n’obéissent pas à cette règle, elles se reproduisent et ne meurent pas: c’est le cas des cellules de moelle osseuse, par exemple, qui fabriquent les globules rouges. On sait aussi depuis peu que certains de nos neurones continuent à se diviser et que le cerveau contient même des cellules embryonnaires. Quant aux cellules cancéreuses, elles se reproduisent, elles, comme des folles (en reconstituant, chaque fois, un petit bout de la fameuse mèche, grâce à une enzyme, la télomérase). Enfin, on est capable de cultiver en laboratoire des cellules qui se multiplient indéfiniment si on leur ajoute des facteurs de croissance et des vitamines.

– Donc, fausse piste?

– Ce que l’on retient de tout cela, c’est l’idée qu’il existe un interrupteur biologique qui, au moment du développement de l’organisme, arrête la division des cellules. Mais le vieillissement, c’est bien plus compliqué. En tout cas, ce n’est pas seulement l’histoire de cellules qui ne se reproduisent plus.

Quand le corps rouille

– Il faut descendre encore d’un cran, au niveau des molécules cette fois.

– Là, on a fait une autre découverte concernant nos mitochondries, qui se trouvent en grand nombre à l’intérieur de chaque cellule.

– Vague souvenir de cours de biologie: ce sont des petites poches qui fabriquent l’énergie, n’est-ce pas?

– Oui. Des micro-centrales en somme: elles brûlent les substances apportées par les aliments (acides aminés, lipides, et surtout du glucose) pour produire le carburant des cellules (l’ATP, adénosine triphosphate). C’est le combustible universel des êtres vivants que nous utilisons à tout instant pour bouger, nous déplacer, faire fonctionner notre cerveau, grand consommateur d’énergie. Pour faire leur travail, les mitochondries ont besoin d’oxygène (apporté par les globules rouges). Mais toute chaudière crée de la pollution: le glucose est dégradé en gaz carbonique (CO2), en vapeur d’eau et en… dangereux radicaux libres.

– Pourquoi ces fameux radicaux libres sont-ils si dangereux pour nos cellules?

– Il s’agit de molécules déséquilibrées qui possèdent un électron libre (non partagé dans une liaison chimique), ce qui les rend très réactives et même destructrices quand elles interagissent avec d’autres molécules. Cela produit des effets en cascade: les molécules saines «attaquées» deviennent à leur tour des radicaux libres et en attaquent d’autres... Cette réaction en chaîne perturbe la structure des membranes de nos cellules en les rendant moins souples et donc moins perméables3. Résultat: elles échangent moins avec leurs voisines, elles communiquent mal. Comme si elles étaient «rouillées», atteinte par la corrosion de l’oxygène4.

– Des cellules rouillées qui se dérèglent!

– Tout à fait. Et plus la mécanique cellulaire tourne vite, plus elle pollue. Ainsi, plus on fait du sport de manière excessive, plus on s’énerve, plus on absorbe de polluants (cigarettes, mauvaise alimentation) et plus nos mitochondries, comme des moteurs dont le carburateur serait mal réglé, fabriquent des radicaux libres (c’est ce qu’on appelle désormais le «stress oxydatif»). Avec l’âge, elles se dégradent, perdent leur capacité à fabriquer suffisamment d’énergie. Résultats: dégénérescence cellulaire, fatigue, perte de mémoire, réduction de l’activité cérébrale.

La baleine et la souris

– En somme, si nos cellules travaillent trop vite et mal, il y a surchauffe, corrosion, rouille. Ce serait donc cette oxydation des cellules qui nous ferait vieillir?

– Oui, en grande partie. Nos cellules communiquent par signaux chimiques (qui déclenchent la fabrication de protéines, d’enzymes bien précis). Si elles fonctionnent mal, si le signal est perturbé par des membranes encrassées, les protéines sont mal formées, une série de dysfonctionnements se produisent en cascade. Et cela concerne toutes les cellules de notre corps: celles de la peau, du foie, les neurones. Petit à petit, c’est l’organisme entier qui est concerné.

– Le corps se délabre…

– D’où l’intérêt de ralentir le métabolisme de nos cellules, en mangeant moins par exemple. C’est la restriction calorique. Nous en reparlerons. Généralement, plus un organisme est petit, plus son métabolisme est rapide, et plus il vieillit vite et meurt tôt. Une souris vit seulement une centaine de semaines, ne pèse que 20 à 30 grammes, mais son cœur bat très rapidement: à sa mort, il a accompli environ 1,5 milliard de battements. Celui d’une baleine, qui vit un bon siècle, et pèse de 30 à 100 tonnes, bat très lentement: à sa mort, il aura lui aussi accompli 1,5 milliard de battements. Des organismes de taille et de poids très différents ont pourtant des propriétés communes. Ce qui correspond à ce qu’on appelle des «lois d’échelle» qui passionnent les biologistes5.

– Troublant… Pour éviter ces phénomènes d’oxydation cellulaire, il n’existe pas d’antirouille?

– Si. Il n’y aurait d’ailleurs pas de vie sans antioxydants. Il y en a dans l’environnement immédiat de la mitochondrie. Certaines substances que nous absorbons jouent également ce rôle (la vitamine E, la vitamine C, le bétacarotène, le sélénium, le zinc) et débarrassent notre corps des radicaux libres qui l’oxydent… On peut aussi doper indirectement nos petites chaudières cellulaires avec des produits utilisés par certains sportifs, qui leur donnent un «coup de fouet». Mais cela produit à nouveau des… radicaux libres. En combinant dopants et antioxydants, on fatigue et on fait vieillir nos cellules. Un peu comme si on conduisait une voiture en appuyant à la fois sur l’accélérateur et sur le frein.
  1   2   3

similaire:

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconL'Ayurvéda comme science de vie et de longévité accorde une grande...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconLe travail de préparation du commentaire d'arrêt
«coller à l’arrêt», c’est-à-dire ne pas se saisir du problème de droit pour en faire une dissertation, mais montrer en quoi cet arrêt...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconLe rapport de la Présidente
«il y a le savoir faire, le savoir faire faire, et le savoir faire savoir qu’on sait faire», c’est pour cela que de nombreux articles,...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconPolytraumatisés de la voie publique : la radiologie interventionnelle en première ligne
«Les polytraumatisés de la voie publique sont souvent des sujets jeunes jusque là en bonne santé. IL faut tout faire pour les sauver...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconCours fabrication des machines-outils mathematiques
«à cause de quoi» et «pour obtenir quoi» : comprendre la raison d’être, les envies à l’origine des concepts

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconVeille media
«A quoi bon arriver quand l'action est terminée» a débarqué à Bakou 11 jours après le début des événements. Le Collectif van vous...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconTp : Mise en évidence du rôle des enzymes dans la digestion des aliments
«L’hydrolyse de l’amidon peut se faire sans l’enzyme «amylase», spontanément ou avec l’aide d’acide chlorhydrique, Hcl, présent dans...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconPar les méthodes d’auto-observation
«conscience verte» : les femmes ne veulent plus faire n’importe quoi avec les hormones

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconVotre nom Adresse1
«savoir-faire» qui a fait sa réputation dans le médicament, pour prendre ou faire prendre toutes les décisions officielles ou privées...

Extraits du livre «Une vie en plus : la longévité pour quoi faire ?» iconRésumé thèse amades «Les plus âgés des âgés»
«Les plus âgés des âgés» sont restés jusqu’à très récemment l’apanage des sciences de la vie et de la démographie. Ainsi, ces individus...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com