Notions abordées dans ce cours








télécharger 109.52 Kb.
titreNotions abordées dans ce cours
page3/3
date de publication22.01.2018
taille109.52 Kb.
typeCours
b.21-bal.com > droit > Cours
1   2   3

2. Exposé de la thèse

Dans les sciences expérimentales, la raison est combinée avec l'expérience. La raison permet d'élaborer une théorie cohérente, formée de lois universelles. L'expérimentation (ou expérience scientifique) est faite après coup, pour vérifier si la théorie est conforme aux faits. Cette vérification expérimentale, si elle se déroule comme prévu, constitue une preuve : elle conforte les savants dans l'idée que leur théorie est vraie. Mais elle ne peut cependant donner une certitude absolue. Aujourd’hui, les scientifiques ne croient plus que leurs théories sont forcément indubitables et définitives. Cette idée naïve, très vivace au 19ème siècle, doit être abandonnée, car l’universalité des lois scientifiques ne saurait être prouvée de façon totalement satisfaisante par des expériences particulières, même si celles-ci sont très nombreuses. L'induction ne constitue pas une démonstration (cf. I. 3. c.)

Il convient donc, lorsqu’on est scientifique, d’avoir une attitude prudente et modeste. Mais il ne s’agit pas pour autant d’abandonner toute confiance envers le pouvoir de la science de prouver des vérités. Car le fait que la théorie soit contredite par l’expérience ne conduit pas toujours à une impasse. Au contraire, c’est souvent à partir de ces échecs que la science progresse, et qu’elle permet de trancher entre deux théories concurrentes. Voyons cela un peu plus précisément, en nous penchant sur une science expérimentale qui a fait depuis longtemps la preuve de son sérieux et de son objectivité : la physique.

3. De l'expérience commune à la théorie scientifique

Les fondateurs de la physique expérimentale (Galilée et Newton, notamment), ont dû s'éloigner de l'expérience ordinaire pour élaborer leurs théories. C'est que la réalité est toujours trop complexe pour qu'on puisse observer directement une loi de la nature.

Par exemple, on ne peut jamais vérifier, dans l'expérience ordinaire, la validité du principe d'inertie. Ce principe dit en effet qu'un corps a un mouvement rectiligne et uniforme si aucune force ne s'exerce sur lui. Or, dans l'expérience ordinaire, nous ne pouvons jamais observer un objet qui bouge selon une trajectoire parfaitement droite et une vitesse parfaitement constante. Il y a toujours une force (pesanteur, frottements...) qui ralentit, accélère ou dévie le mouvement. Pour concevoir le principe d'inertie, il a donc fallu imaginer ce que serait la trajectoire d'un corps si aucune de ces forces n'existait.

Mais une théorie ne peut pas être constituée d'un principe isolé (comme le principe d'inertie), sans quoi elle ne correspondrait pas du tout à la réalité. Elle comprend toujours un certain nombre de lois fondamentales (les principes) et des lois déduites de celles-ci.

Par exemple, Newton a montré par un raisonnement mathématique que les planètes doivent décrire une ellipse autour du soleil. Pour cela, il s'est appuyé sur deux principes : le principe d'inertie, et la loi de la gravitation universelle (selon laquelle tous les corps s'attirent selon une force proportionnelle à leur masse, et inversement proportionnelle au carré de leur distance).

4. De la théorie à l'expérimentation

Une théorie a beau être très rationnelle, c'est-à-dire cohérente, construite selon des raisonnements logiques, elle n'est pas forcément conforme aux faits. D’ailleurs, il peut y avoir deux théories qui s’opposent tout en étant cohérentes.

Par exemple, au XVIIème siècle, Newton considérait la lumière comme constituée de petites particules. Il défendait la théorie corpusculaire de la lumière. Le savant hollandais Huygens, au contraire, pensait que la lumière était une sorte d’onde. Les deux théories étaient cohérentes, mais il n’était pas possible qu’elles soient toutes les deux entièrement vraies.

Quand on a une théorie scientifique, il faut donc s'assurer qu'elle est cohérente, mais aussi faire des expériences pour vérifier qu’elle correspond à la réalité. Ces expériences, au contraire des expériences non scientifiques, sont menées avec méthode, et d'après une théorie préalable. À partir de cette théorie, les savants font des prédictions. En connaissant les conditions initiales de l'expérience, ils peuvent dire comment la suite va se dérouler, et quel va être le résultat de l'expérience.

Par exemple, ils peuvent prédire quand et où un projectile va retomber sur la terre, à condition de savoir précisément à quelle vitesse et dans quelle direction il a été lancé. De même, s'ils connaissent exactement la quantité de produits chimiques qu'ils mélangent, la nature de ces produits, leur température, etc., ils peuvent prédire ce qui va se passer. Ainsi, on sait que de l'oxygène et de l'hydrogène, combinés en certaine proportion, donnent de l'eau.

Comme on vient de le voir, l'expérience ne peut être significative que si les savants  connaissent précisément les conditions initiales de l'expérience. Et voilà pourquoi ils préfèrent travailler en laboratoire. Ainsi, ils provoquent eux-mêmes l'expérience, et peuvent prédire comment elle va se dérouler parce qu'ils ont eux-mêmes préparé les conditions initiales. Par exemple, ils savent comment va se dérouler la réaction chimique parce qu'ils ont eux-mêmes dosé les produits qu'ils mélangent.
5. Que se passe-t-il si l'expérience « rate » ?

Ce n'est pas une catastrophe. Si la prédiction ne se réalise pas, ce peut être pour deux raisons:

a. Les savants ont pu ignorer une partie des conditions initiales de l'expérience. Par exemple, il peut se faire qu'un produit chimique ait été mal dosé (l'erreur est humaine), ou qu'un instrument de mesure soit détraqué.

Parfois, l'expérience échoue parce qu'un objet inconnu l'a perturbée. Dans ce cas, elle peut contribuer à révéler cet objet.

Par exemple, au XIXème siècle, des astronomes ont constaté que la planète Uranus suivait une trajectoire légèrement différente de ce qui était prévue. Cela voulait-il dire que les lois de Newton étaient fausses ? Non. Un savant nommé Le Verrier partit de l'hypothèse qu'une planète encore inconnue perturbait la trajectoire d'Uranus. En se basant sur la théorie de Newton, il calcula la trajectoire de cette planète hypothétique. Grâce à ces calculs, des astronomes purent repérer dans le ciel une planète qui leur avait jusqu'alors échappé, et ils décidèrent de la nommer « Neptune ».

Ainsi, l'échec d'une prédiction est parfois instructif, et il ne prouve pas qu'on se soit appuyé sur de faux principes. Il faut refaire plusieurs fois l'expérience avant de rectifier ou abandonner une théorie.

b. Cependant, si de nombreuses expériences ont contredit les prédictions, on est en droit de penser que la théorie est défectueuse. Parfois, elle est seulement incomplète.

La physique de Newton, par exemple, ne parle pas des forces électromagnétiques. Il a donc fallu la compléter, au 19ème siècle, afin d'expliquer des attractions qui n'étaient pas dues à la gravité.

D'autres fois, la théorie peut s'avérer fausse, au moins en partie.

Par exemple, une expérience a révélé au début du XXème siècle qu'on s'était trompé au sujet de la lumière. Einstein a montré, en étudiant le mouvement de grains de pollen dans un liquide, que ce mouvement était produit par de petits grains de lumière : les photons. Or, à l'époque, on considérait que la lumière était une onde, comme le son, les ondes radio ou les vagues. Aujourd'hui, grâce à Einstein, nous savons que la lumière a deux aspects : suivant les expériences, elle se présente comme une onde ou comme un ensemble de minuscules grains d'énergie. Cette découverte, avec quelques autres, a complètement bouleversé la physique. Les savants modernes utilisent encore la physique newtonienne pour étudier des phénomènes macroscopiques (non microscopiques), ou des objets ayant une vitesse assez faible. Mais pour des particules, ou des objets ayant une vitesse proche de celle de la lumière, la vieille théorie est complètement inexacte. Il faut alors recourir à la physique quantique ou à la physique relativiste.

6. À partir de quand peut-on dire qu'une théorie a été prouvée ?

Ce qu'on appelle « preuve », dans les sciences expérimentales, est donc toujours provisoire. Même si la théorie actuelle a été confirmée par des milliers d'expériences, rien ne garantit qu'une expérience nouvelle ne va pas la remettre en cause. Peut-être faudra-t-il la compléter, la rectifier, voir la refondre complètement dans l'avenir... Ce processus peut être long et donner à des polémiques passionnées et ce pour trois raisons au moins :

- Il est difficile pour tout le monde, y compris pour un savant, de changer ses habitudes de pensée et d'abandonner une vieille théorie, même si elle est démentie par les faits.

- La science est devenue tellement complexe qu'il est difficile d'avoir une vision globale de tous ses domaines. C'est ainsi qu'un savant peut dire des bêtises concernant une science dont il n'est pas spécialiste (comme Claude Allègre, grand géochimiste mais peu au fait des sciences du climat).

- Les scientifiques peuvent manquer d'objectivité lorsqu'ils dépendent d'un pouvoir politique ou économique. C'est ainsi que certains économistes travaillent pour le compte de banques. De la même manière, les recherches en physique, en chimie ou en biologie sont souvent financées par de grosses firmes (pharmaceutiques, agro-alimentaires, etc.).

Il faut donc du temps avant qu'un consensus se dégage autour d'une théorie nouvelle. Et rien ne dit que cette dernière est prouvée définitivement, puisque une induction ne constitue pas une démonstration.
Conclusion générale
[Je rappelle quelle question a été traitée]

Nous nous étions demandé comment on peut prouver la vérité d'un énoncé. Faut-il recourir à la raison, de manière à fonder la vérité sur un raisonnement indubitable ? Faut-il plutôt faire appel à l'expérience, de manière à montrer qu'un énoncé correspond à la réalité concrète ?

[Je résume la réponse donnée dans la dernière partie]

Après avoir envisagé plusieurs solutions à ce problème, il est apparu que la plus satisfaisante d'entre elles consiste à combiner la raison avec l'expérience, comme on le fait dans les sciences expérimentales. L'expérience permet de vérifier que la théorie est conforme aux faits, au moins jusqu'à ce que de nouvelles expérimentations viennent mettre cette théorie en question. La raison permet d'élaborer une théorie cohérente, mais aussi de mettre au point les expériences permettant de confronter la théorie avec la réalité. En effet, l'expérience scientifique est tout autant issue de la raison que des sens. Elle est l'aboutissement d'un raisonnement rigoureux, souvent très long, qui peut résumer ainsi : « Si les principes de la théorie sont vrais, alors on peut en déduire que telle expérience se passera de telle manière. »

On voit donc que les preuves expérimentales s'appuient sur des démonstrations, mais sur des démonstrations qui ont une forme hypothético-déductive : "Si on admet les hypothèses de départ... alors on doit nécessairement en déduire les conclusions suivantes". Les principes de la théorie (comme le principe d'inertie ou la loi de la gravité) ne sont jamais véritablement démontrés. Ils sont simplement confirmés, à titre provisoire. Ce n'est pas parce que des expériences, même très nombreuses, sont compatibles avec une théorie, que celle-ci est nécessairement vraie. Une induction (passage de cas particuliers à un énoncé général ou universel) n'est pas une démonstration. Rien ne dit que de nouvelles expériences ne viendront pas un jour mettre en question – au moins en partie – la théorie actuellement admise.

Les preuves, dans les sciences expérimentales, sont donc précieuses, et on ne peut pas les rejeter à la légère, mais elles ne donnent jamais une certitude absolue. Un doute est toujours possible, et ce d'autant plus que les recherches scientifiques sont souvent financées par des entreprises privées ou publiques, à cause de leurs applications techniques.

[Je rappelle pourquoi les trois premières réponses n’étaient pas entièrement convaincantes]

Malgré leur imperfection, les preuves expérimentales s'avèrent plus satisfaisantes que les démonstrations purement mathématiques. Ces dernières nous donnent un haut degré de certitude, mais elles ne nous renseignent pas directement sur le monde réel. En effet, le monde des mathématiques n'est qu'un monde abstrait, reflet figé et simplifié de la réalité. Comme Bergson l'a expliqué, tout ce qui est réel est singulier et changeant, alors que les objets mathématiques sont généraux, voire universels, et figés pour l'éternité. Les démonstrations mathématiques sont donc des preuves solides, mais elles concernent surtout des vérités abstraites. C'est seulement indirectement, par leur application dans les sciences expérimentales, qu'elles peuvent aider à prouver des vérités de fait.

Les preuves expérimentales s'avèrent également plus satisfaisantes que les preuves purement empiriques, c'est-à-dire basées sur une expérience pré-scientifique. Une telle expérience, en effet, est mêlée d'erreurs de logique (généralisation abusive), de préjugés (venant de l'éducation, entre autres) et d'illusions (illusions d'optique, illusions physiques, illusions venant de nos désirs). Aussi est-elle bien souvent une interprétation peu rigoureuse de la réalité davantage qu'une connaissance digne de ce nom.

Lorsqu'elle est guidée par la raison, en revanche, l'expérience fournit des preuves beaucoup plus fiables, même si elles ne constituent pas à proprement parler des démonstrations. C'est pourquoi nous n'avons pas adopté un point de vue aussi sceptique que celui de Hume.


1 Postulat : comme les axiomes, les postulats sont des principes de base non démontrés. « Postulats » et « axiomes » sont donc presque synonymes. On peut cependant dire que le postulat est considéré comme moins évident que l'axiome. On « postule » sa vérité, c'est-à-dire qu'on demande de l'admettre en attendant une éventuelle démonstration future.


2 Est nécessaire ce qui doit forcément exister, ce qui ne peut pas ne pas exister. Le contraire de « nécessaire » est « contingent ». Est contingent ce qui pourrait ne pas exister ou ce qui pourrait être autrement.
1   2   3

similaire:

Notions abordées dans ce cours iconGénétique des grandes pathologies
«transgéniques», plusieurs notions sont abordées, dont des notions de biologie moléculaire

Notions abordées dans ce cours iconConnaissances abordées durant l’année scolaire, De savoir argumenter
«Représentation visuelle» ou «Nourrir l'humanité» concernant uniquement la partie sur la

Notions abordées dans ce cours iconÉlaboration d’un scénario d’activité pédagogique
«Le corps humain» devraient permettre à l’étudiant d’acquérir la capacité d’expliquer les manifestations physiologiques de son client...

Notions abordées dans ce cours iconNotions de biochimie appliquees au vivant
«aquatique» : IL baigne dans le liquide amniotique. Un embryon humain de 3 jours est formé de 94% d'eau. L'eau représente 75% du...

Notions abordées dans ce cours iconNotions de virologie structure du vih

Notions abordées dans ce cours iconDéfinir des notions scientifiques concernant la respiration

Notions abordées dans ce cours icon2. Les notions essentielles pour appréhender notre environnement 5

Notions abordées dans ce cours iconThéorie 1 : les notions de culture et d’identité, problème définitoire

Notions abordées dans ce cours iconRéponse, fondée sur une analyse des notions en jeu]

Notions abordées dans ce cours iconNote dans ses cours, que la nature fait un grand usage de l’électricité...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com