Notions abordées dans ce cours








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particulier, propre à une personne ou à un groupe humain, est souvent fausse ou seulement à moitié vraie.

Par exemple, un riche et un pauvre ont souvent une manière différente de voir le monde. Le premier, qui n’a pas à se plaindre de sa situation sociale, pourra considérer que la société dans laquelle il vit est juste. L’autre, au contraire, aura peut-être le sentiment que les lois sont mal faites. Mais ces deux hommes, au-delà de leurs croyances politiques, pourraient s’entendre sur une vérité mathématique.

Nous avons vu dans l’introduction qu’il y a au moins trois sens du mot «vérité » :

1. Sens global : adéquation entre la pensée et son objet

2. adéquation entre la pensée et la réalité ;

3. adéquation entre la pensée et elle-même ;

Nous pouvons maintenant ajouter celui-ci :

3 bis. ce qui peut être admis universellement, par tous les êtres doués de raison.

Même si les mathématiques ne sont pas sans rapport avec la réalité (puisqu’elles s’en inspirent et qu’elles sont utilisées en physique, en chimie ou en biologie), elles sont moins vraies au sens 1 qu’aux sens 2 et 3. Les théorèmes mathématiques ne correspondent qu’approximativement à la réalité concrète. En revanche, ils sont le résultat d’un raisonnement rigoureux et cohérent, et sont donc susceptibles d’être admis par tout être raisonnable (doué de raison).
2. Thèse empiriste : c'est par l'expérience qu'on peut prouver des vérités de fait

Comme on vient de le voir, la raison semble incapable de nous faire connaître la réalité concrète. C'est pourquoi un certain nombre de philosophes, les empiristes, ont considéré qu'une telle connaissance ne peut être acquise que par l'expérience sensible, ou connaissance empirique. L'empirisme est un courant de pensée qui fait de l'expérience (« empeiria », en grec) la source unique ou principale de toutes nos connaissances concernant le monde réel. Par « expérience », il faut ici entendre l'expérience sensible, c'est-à-dire l'ensemble des connaissances issues des informations sensorielles. Avoir une expérience de la réalité, c'est percevoir (ou avoir perçu) cette réalité avec ses sens, et être en mesure de tirer un enseignement de cette perception. L'expérience dont parlent les empiristes est donc bien différente de l'expérience mystique : il ne s'agit pas d'un contact mystérieux entre l'âme et une entité immatérielle, mais d'une connaissance qui vient des sensations visuelles, auditives, olfactives, etc.

3. Justification de la thèse

La raison, comme on l'a vu, nous permet de connaître des objets universels et dont la définition est fixe. La réalité concrète est donc inaccessible à la raison. Comme l'explique Bergson, tout ce qui est réel est singulier et changeant. Chaque être vivant, est unique. Dans une certaine mesure, on peut dire la même chose pour la matière inanimée : aucun caillou n'est parfaitement identique à un autre.

De la même manière, toute chose réelle est en perpétuel changement. Cela est déjà vrai dans la matière inanimée, ne serait-ce qu'à une échelle microscopique (les molécules, les atomes, les particules subatomiques ne sont jamais en repos). Mais c'est encore plus vrai chez les êtres vivants, et notamment chez l'homme, dont la conscience le pousse à rompre avec la routine. Pour percevoir ce qu'il y a de singulier et de changeant dans la réalité, il faut donc recourir à l'expérience.

Ajoutons que l'expérience permet d'acquérir une certitude concernant la vérité de nos idées. En mettant ces idées à l'épreuve des faits, elle prouve qu'elles sont vraies, conformes à la réalité. Elle donne à notre pensée une certaine objectivité, surtout si elle peut être partagée par d'autres. Si plusieurs personnes observent un même phénomène, elles peuvent être assurées qu'il existe bien, et n'est pas un produit de leur imagination.

4. Par exemple, si on m'affirme qu'une personne est douée de pouvoirs paranormaux (télékinésie, voyance, etc.), je dirai sans doute : « J'aimerais bien voir ça ! ». Pour acquérir une certitude concernant ces prétendus faits, j'exigerai une preuve empirique, basée sur les sens.

Transition (conclusion provisoire et ébauche d’objection) : D'après ce qui précède, il semble que nous ayons un moyen bien simple de prouver la vérité d'un énoncé : il suffit de recourir à l'expérience, afin de voir si cet énoncé correspond bien aux faits. L’expérience, savoir qui s’appuie sur les sens, est en effet ce qui nous permet de connaître les réalités concrètes, qui sont toujours à la fois singulières et changeantes. D’une certaine manière, elle est supérieure à la raison. Certes, les sciences purement rationnelles (comme les mathématiques ou la logique), démontrent certaines vérités. Mais ces vérités ne concernent pas directement la réalité : elles portent sur des objets abstraits, c’est-à-dire sur des caractéristiques que notre esprit a extraites de la réalité en négligeant toutes les autres. De plus, les principes fondamentaux des démonstrations (les axiomes et les postulats) ne sont peut-être pas si évidents qu’ils en ont l’air. Pour prouver une vérité concernant la réalité concrète, il semble donc préférable de recourir à l’expérience qu’à la raison.

Mais les choses sont-elles aussi simples que cela ? Notre expérience est-elle vraiment une connaissance objective de la réalité ? N'est-elle pas influencée par nos habitudes de pensées, par nos désirs ou par nos préjugés ?
III. Point de vue sceptique : une expérience est peut-être moins une connaissance qu'une interprétation de la réalité
1. Objection à l'argumentation précédente

Toute l'argumentation empiriste repose sur l'idée que l'expérience permettrait à notre pensée de se confronter aux faits. Grâce aux sens, notre pensée entrerait directement en contact avec la réalité, et pourrait ainsi acquérir un certain nombre de certitudes. Or, cette idée est bien discutable. Selon la définition que nous avons donnée plus haut de l'expérience, celle-ci ne se réduit pas à la sensation. Avoir une expérience de la réalité, c'est avoir tiré de la perception un certain enseignement des informations données par les sens. Avoir des sensations, ce n'est pas encore avoir une connaissance. Il faut, pour avoir de l'expérience, interpréter ce que l'on voit, entend, sent, etc. Autrement dit, il faut essayer de découvrir la signification cachée des phénomènes perçus. Or, qui nous garantit que cette interprétation est bien conforme aux faits ?

2. Point de vue sceptique : l'expérience nous fournit des preuves très douteuses

Si, comme nous l'avons dit, toute expérience comporte une part d'interprétation, il paraît raisonnable d'adopter vis-à-vis d'elle un point de vue sceptique. Le scepticisme est une attitude intellectuelle qui consiste à douter. Toute philosophie, dans la mesure où elle critique les préjugés, comporte une part de scepticisme. Mais les philosophes sceptiques vont plus loin que les autres : ils passent leur temps à mettre en cause les prétendues vérités, y compris celles qui paraissent les plus évidentes. Ici, notre scepticisme portera essentiellement sur les opinions empiriques, celles qui s'appuient sur les sens. Voyons maintenant ce qui peut justifier nos doutes.

3. Argument n°1 : l'expérience ne permet pas de prouver des liens de cause à effet

Cet argument a été exposé au XVIIIème siècle par le philosophe écossais David Hume. Pour ce dernier, notre connaissance serait extrêmement limitée si elle se limitait à ce que nous percevons actuellement ou aux souvenirs de ce que nous avons perçu dans le passé. Nous serions incapables de dire quoi que ce soit sur ce qui est éloigné dans l'espace (tout ce qui est hors de portée de nos sens) ou dans le temps (passé lointain, avenir). Par exemple, nous ne pourrions pas savoir que le soleil va se lever demain, ou qu'un ami à nous se trouve actuellement dans un pays étranger.

Comment pouvons-nous connaître ce genre d'informations ? Pour Hume, c'est très probablement parce que nous mettons en rapport ce que nous connaissons directement (ce que nous voyons, entendons, etc., ou bien ce que nous nous rappelons avoir vu, entendu....) avec les événements dont nous ne pouvons pas faire directement l'expérience. Et ce rapport, c'est une relation de cause à effet. (N.B. On dit toujours "relation de cause à effet", ou "rapport de cause à effet", et non "cause à effet" tout court). Nous pensons, autrement dit, qu'il existe une connexion nécessaire2 (cf. la note de bas de page) entre un événement A (la cause) et un événement B (l'effet). C'est en nous référant à ce rapport de cause à effet que nous nous sentons autorisés à parler de choses que nous n'avons pu percevoir. Nous remontons alors de l'effet à la cause, ou au contraire nous partons d'un événement perçu pour en inférer les conséquences.

Par exemple, nous pouvons anticiper un événement à venir ("je vais bientôt pouvoir me réchauffer") d'un événement présent ("je suis en train de me rapprocher du feu"). Nous pouvons aussi connaître un événement passé à partir des traces qu'il a laissées dans le présent : je sais que mon ami était à l'étranger il y a deux jours, car je viens de recevoir une lettre de lui. Ou encore, je sais qu'il y a eu des hommes sur cette île, car je viens d'y trouver une montre.

Nous utilisons sans arrêt ces idées de « cause » et d' « effet » afin d'accroître nos connaissances au-delà du domaine borné de nos sensations et de nos souvenirs. Mais d'où viennent ces idées ? Pour Hume, la réponse est claire : de l'habitude. À force de voir un événement de type A être suivi d'un événement de type B, nous avons fini par croire qu'il y avait une connexion nécessaire entre A et B. Mais rien ne nous prouve que cette connexion existe réellement. Peut-être avons-nous fait une généralisation abusive à partir de cas particuliers observés. Qui nous dit que tous les feux réchauffent, que des montres ne poussent pas naturellement sur certaines îles, ou que le soleil va réellement se lever demain ? L'existence d'un feu froid, de montres poussant naturellement sur des arbres ou d'un arrêt brutal du mouvement de la terre est hautement improbable. Mais si nous refusons d'envisager ces possibilités, ce n'est pas en vertu d'un fait connu par expérience, ni d'un raisonnement logique : c'est seulement par habitude.

Notons à ce propos que le scepticisme de Hume a été confirmé par un certain nombre d'exemples. Ainsi, on a pu croire longtemps que les femmes étaient moins rationnelles, moins aptes à l'abstraction que les hommes. Cette croyance venait en grande partie d'un préjugé sexiste, mais aussi de l'expérience. En effet, les faits semblaient montrer qu'il y avait un lien de cause à effet entre la constitution biologique des femmes et leurs moindres aptitudes (apparentes) dans le domaine intellectuel. En réalité, ce lien de cause à effet n'existait pas. C'est bien plutôt le sexisme omniprésent qui entraînait (et entraîne encore) des différences d'éducation et de comportement entre les hommes et les femmes. Ainsi, les préjugés sexistes ont engendré des comportements stéréotypés (typiquement « virils » ou « féminins »). Et l'habitude d'observer ces comportements a à son tour renforcé les préjugés sexistes, parce qu'on les a considérés comme les effets d'une différence naturelle entre les sexes. Des remarques analogues pourraient être faites au sujet des différences entre blancs et non blancs, hommes libre et esclaves, riches et pauvres, etc.

4. Argument n°2 : les apparences sensibles sont parfois trompeuses

Nous venons de voir que notre expérience est douteuse lorsqu'elle nous conduit à parler de choses que nous n'avons pas directement perçues. Mais qu'en est-il des choses dont nous avons l'expérience directement ? Pouvons-nous être certains de leur existence ? Rien n'est moins sûr, étant donné que les sens sont parfois trompeurs. Ce n'est pas que les sensations soient en elles-mêmes fausses. Seulement, comme l'explique Descartes, nos jugements au sujet de ce que nous percevons peuvent être faux, car nous avons à ce sujet des idées confuses. Il n'est pas toujours facile d'interpréter ce que nous percevons, car des perceptions semblables peuvent renvoyer à des réalités très différentes.

Quand nous avons chaud, par exemple, nous pouvons croire qu'il fait chaud dehors, alors que nous avons peut-être la fièvre. De même, nous pouvons croire qu'il y a une flaque d'eau en bas d'une côte, en été, alors que ce que nous voyons vient seulement de la réflexion de la lumière par une couche d'air surchauffée.

Dans tous ces cas, nous sommes victimes d'une illusion, c'est-à-dire d'une confusion entre une apparence trompeuse et la réalité. L'expérience, loin de constituer une preuve, nous amène alors à croire à des choses fausses.

5. Argument n°3: notre perception du monde est influencée par nos désirs

Il existe encore un autre type d'illusions : celles qui naissent de nos désirs. Bien souvent, nous ne voyons pas (consciemment) les choses telles qu'elles sont, mais telles que nous aimerions qu'elles soient. L'amour (mais la haine également) rend aveugle, par exemple. Si nous aimons quelqu'un, nous aurons tendance à ne pas voir ses défauts. Ce n'est pas que nos sens fonctionnent mal, ou que les apparences soient trompeuses. Seulement, notre conscience est sélective : elle ne retient qu'une partie de ce que nous percevons. De plus, notre mémoire peut déformer nos souvenirs en fonction de nos désirs.

6. Argument n°4 : notre expérience est faussée par nos préjugés

Si nous avons du mal à interpréter correctement ce que nous percevons, c'est aussi parce que notre esprit est encombré de nombreux préjugés plus ou moins faux. Ces préjugés peuvent venir d'une apparence trompeuse (nous pensons que la terre est immobile parce que nous ne percevons pas son mouvement) ou de nos désirs (on est souvent sexiste ou raciste parce qu'on a envie de se croire supérieur). Mais il arrive que nos préjugés viennent simplement de l'éducation, et qu'ils ne correspondent pas à nos désirs. C'est ainsi que les préjugés sexistes, racistes ou sociaux peuvent être partagés par des personnes qui en sont victimes. Dans tous les cas, l'expérience semble impuissante à prouver une vérité. Elle peut même contribuer à renforcer les préjugés les plus faux. En effet, nos préjugés nous conduisent à minimiser les observations qui pourraient nous conduire à les mettre en doute, et à exagérer l'importance des faits qui semblent les confirmer. Si un sexiste ou un raciste constate de grandes qualités intellectuelles chez une femme ou une personne d'une prétendue « race inférieure », il aura tendance à considérer ces cas comme des exceptions peu significatives.
Transition (conclusion provisoire et ébauche d’objection): Comme on vient de le voir, notre expérience comporte toujours une certaine part d'interprétation, ce qui la rend peu digne de confiance. D’abord, elle nous conduit souvent à faire des généralisations abusives, en particulier quand nous affirmons l’existence d’une relation de cause à effet entre deux catégories de phénomènes. Ensuite, il arrive fréquemment que les apparences sensibles soient trompeuses, ce qui nous conduit à mal interpréter ce que nous percevons. Enfin, notre manière de percevoir la réalité est faussée par nos désirs et par nos préjugés.

Cependant, faut-il pour autant rejeter comme invalides toutes les preuves empiriques ? Les arguments que nous venons d’étudier valent sans doute pour l'expérience ordinaire, celle que nous acquérons sans esprit critique. Mais qu'en est-il de l'expérience scientifique ? Est-elle incapable de prouver une vérité ?
IV. Il faut associer la raison à l’expérience pour pouvoir prouver une vérité

 

1. Objections à l'argumentation précédente

Nous avons vu plus haut que l'expérience est trompeuse, parce qu'elle nous incite à croire qu'il y a réellement des relations de cause à effet entre les événements. Mais ces idées de cause et d'effet sont-elles purement illusoires ? S'il n'y avait pas de rapports nécessaires entre les événements, la réalité manquerait de cohérence. Les événements se succéderaient de façon chaotique, sans raison, surgis de nulle part. Cela semble difficile à croire. C'est pourquoi les scientifiques admettent souvent le principe de causalité : chaque événement est la conséquence nécessaire d'une cause ou d'un ensemble de causes. Ce principe, bien que difficile à démontrer, apparaît comme un principe rationnel. D'ailleurs, même Hume semble admettre implicitement ce principe, puisqu'il explique la croyance en l'existence de causes par la notion d'habitude mentale. Or, qu'est-ce qu'une habitude, sinon un certain automatisme ? Et qu'est-ce qu'un automatisme, sinon un lien de cause à effet entre deux types d'événements ? Il y a donc bien des relations de cause à effet dans le monde, ne serait-ce que dans notre esprit, entre une idée et une autre idée.

Toute la difficulté, bien entendu, est de trouver quelles sont les causes véritables des phénomènes observés. Comme on l'a vu, nous pouvons être influencés par des illusions physiques ou des illusions d'optique : les apparences sont parfois trompeuses. Nous pouvons également être prisonniers de nos désirs, ou victimes de nos préjugés. Mais nous possédons en même temps une raison, qui nous permet de mettre en question les illusions et les préjugés. C'est notamment le cas si, comme le font les scientifiques, nous ne sommes pas isolés mais travaillons en collaboration avec de nombreux êtres humains ayant reçu des éducations différentes. Alors, il semble possible d'élaborer des théories vraiment rationnelles, et qui s'appuient sur des expériences menées de manière méthodique.
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