Mémoire ontologique








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Mémoire ontologique


Père P. Patrick, aux R.C.A. de Montpellier 1995


Mémoire ontologique 1

N.D.E. Near Death Experiences 1

Comment fonctionnent les phénomènes métapsychiques ? 13

La mémoire génétique 18

Mystique tibétaine 24

La mémoire génétique, suite 27

La mémoire ontologique, selon saint Augustin 32

La mémoire électrique 35

La mémoire tachyonique 38

La mémoire ontologique selon saint Augustin, suite 43

RECENSION OU « MENTAL DES CELLULES » DE SATPREM 48

Les religions archaïques 63

L’hindouisme 68

Fondements, terreau historique 68

Les principaux textes de l’hindouisme 70

L’hindouisme, suite 75

La guérison de la mémoire 91


N.D.E. Near Death Experiences


Ont expérimenté la mort de près ceux qui ont eu un moment de coma ou de choc, et par ce fait ont eu l’impression de sortir de leur corps, d’être entièrement enrobés d’amour, de rencontrer comme un personnage sans visage ; ils ont vu toutes leurs fautes, de leur naissance jusqu’à leur mort… ; et puis subitement ils ont été réintroduits dans leur corps et leurs corps se sont réanimés.

Au moment de la mort apparente (où le cerveau ne fonctionne plus du tout), il reste encore environ cinquante minutes où il est possible à l’âme psychique (psyché) de se réintroduire dans le corps pour le réanimer. Il est arrivé de réanimer un enfant au bout de deux heures : il revit, mais il lui manquera parfois des fonctions cérébrales.

La mort n’est pas brutale, elle est un processus de miséricorde et de vie : elle est la porte vers la vie éternelle. Tous les processus de vie sont des processus de croissance, et tous les processus de croissance impliquent qu’il n’y ait pas de discontinuité.

Il y a discontinuité quand quelque chose s’arrête spontanément et qu’autre chose commence subitement. Cette première discontinuité, nous allons la connaître : c’est la discontinuité placée entre un espace de mort apparente et de mort réelle. Dans un premier temps, la partie psychique de l’âme (la psyché) se déconnecte, mais cette déconnexion est cérébrale. L’animation demeure. Le corps est inerte, le cerveau est animé, les cellules continuent à vivre, à se multiplier, la scissiparité continue, et c’est seulement au bout d’un long processus qu’il va y avoir absence d’animation jusque sous l’aspect biologique.

Il faut bien se souvenir que c’est l’âme qui anime. Dans notre nature humaine, nous distinguons classiquement l’animation végétative, l’animation psychique et l’animation spirituelle (métaphysique) : ces trois animations sont simultanées. Nous regardons l’animation entre le corps et l’âme, comme étant une vivante mise en présence d’une vie spirituelle en nous par la médiation du corps dans sa dimension la plus fondamentale. En expérience de laboratoire, nous ne pouvons saisir que dans les expériences limites la mémoire ontologique, cette faculté de vie spirituelle, de lucidité intérieure.

La première expérience limite, dont nous ne nous rappelons plus beaucoup, est le premier instant de notre vie : l’instant d’animation de la première cellule embryonnaire. Le corps embryonnaire commence par avoir la petite oreille, la petite bouche au quarantième jour à peu près. C’est la longue traversée du désert : quarante ans pour le peuple d’Israël, pour passer de l’Egypte à la terre promise ; quarante jours de déluge, cette lente montée vers le Mont Ararat où l’on trouve la paix et la vie dans la terre (en attendant, on navigue) ; les quarante jours de tentation de Jésus au désert. Pendant ces quarante jours, nous ne pouvons pas, par exemple, tomber amoureux de notre mère : aucun exercice d’amour de volonté, d’affectivité, n’est possible. Le psychanalyste qui ferait la psychanalyse de l’enfant au quarantième jour après la conception, constaterait qu’il n’y a pas de conflit avec le père par jalousie, vis-à-vis de la mère. [D’après la théorie freudienne, il paraît que l’enfant est jaloux du père parce qu’il veut être uni à sa mère, mais c’est le père que la mère aime, alors l’enfant est jaloux du père, il se révolte contre le père et il a peur que le père le castre. C’est pour cela que notre toute vie spirituelle, selon Freud, est réduite à un complexe de castration].

Pendant ces quarante jours, donc, il y a dans l’embryon des cellules qui se divisent et se multiplient (on entend dire alors de l’embryon : « c’est un tas de cellules, ce n’est pas un être humain »). Pendant ces quarante premiers jours, je ne peux pas faire un exercice d’amour, même sommaire ; je ne peux pas faire un exercice de sensibilité externe, puisque je n’ai ni le sens de la vue, ni le sens de l’ouïe, ni le sens du toucher (ce qui reste à prouver, mais ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas les organes de réceptivité internes correspondants). Par ce fait, on va dire qu’il est impossible qu’il y ait un exercice de l’âme spirituelle, de l’âme humaine, donc il est impossible qu’il y ait, au niveau de la nature, une infusion de l’âme spirituelle dans le corps à ce moment-là, puisque l’âme spirituelle, c’est la forme du corps, ce que dit le Pape dans l’encyclique Splendor Veritatis, Splendeur de la Vérité 1. Le Pape explique en effet, pour un autre sujet, que l’âme est liée au corps : l’âme et le corps sont substantiellement liés en l’homme, et pour que l’union entre l’âme et le corps soit vraiment substantielle, il faut que le corps soit proportionné directement à l’âme.

Si, dans mon corps, je n’ai pas d’organes de réceptivité sensorielle, il est impossible que je puisse être animé par une âme humaine spirituelle. Certaines personnes disent donc que c’est à cause de l’unité substantielle de l’âme et du corps que l’on ne peut poser l’infusion, ni a fortiori la création par Dieu de l’âme. L’embryon est animé quand l’âme spirituelle, l’âme humaine, est créée (pour le croyant) ou infusée (pour l’athée, qui ne sait pas comment elle apparaît).

Dans Donum Vitae, l’Eglise dit, par le Cardinal Ratzinger : « On doit ‘considérer’ que l’être humain est présent dès le premier instant de la conception ». Cela veut dire qu’il n’y a aucune définition dogmatique qui oblige la foi catholique, la foi d’un chrétien, pour dire : dans le quarantième jour il y a l’âme spirituelle. L’Eglise dit aussi par ailleurs : entre le premier jour de la conception et le quarantième jour, qui correspondrait à une première possibilité d’exercice spirituel, d’exercice humain de la vie intérieure, l’interruption de la vie est un avortement. L’Eglise considère bien l’interruption de grossesse comme un crime. On n’est donc pas obligé de croire que l’on tue quelqu’un qui a une âme spirituelle, mais on est obligé de dire que l’on tue un être humain, même s’il n’a pas d’âme spirituelle ; pourtant c’est l’âme spirituelle qui fait l’être humain, puisque son âme spirituelle n’est pas encore créée par Dieu. C’est tout de même un crime parce que son animation n’est pas l’animation d’un poisson, mais l’animation d’un embryon humain. On atteint pour le moins la Sagesse créatrice de Dieu, la prédestination de cet être. C’est un avortement, donc un crime contre l’humanité, parce que quand on tue quelqu’un une fois qu’il a l’intégralité corporelle et spirituelle dans une seule substance personnelle, c’est lui seul que cela atteint : il est une victime innocente, mais il est seul à être atteint, tandis qu’ici, par l’embryon atteint, c’est en même temps l’unité de l’homme et de la femme qui est touchée, et c’est parallèlement la Sagesse créatrice de Dieu qui se trouve directement touchée avec elle. Dieu compris, quatre personnes au minimum sont directement touchées. C’est pourquoi ce crime ne pourra être repris que dans l’innocence crucifiée de Dieu. Il est impossible de réparer par un simple remord, au niveau de la nature, ce qui se passe ici : pour réparer, il faut la crucifixion de Dieu lui-même. C’est pourquoi quiconque opère un avortement, même au premier mois, est excommunié ipso facto (excommunication latae sententiae), avec tous ceux qui y participent. Ce sont des mesures disciplinaires qui font comprendre que c’est extrêmement important. Cependant, comme l’Eglise est miséricordieuse, en demandant pardon à l’évêque, la personne excommuniée peut obtenir l’absolution.

L’Eglise dit que : premièrement, il n’y a aucune définition dogmatique sur l’instant de l’animation : deuxièmement, c’est quand même un meurtre, quoi qu’il arrive.

L’expérience de la mort et l’expérience de la vie sont liées. Ce sont les deux moments où nous pouvons voir ce qu’est l’exercice d’un être humain pleinement conscient de ce qu’il est en tant qu’homme, en tant qu’être humain, spirituellement, intérieurement, en pleine lucidité. De la pleine lucidité, il fait l’expérience de l’innocence divine qui lui est donnée au moment de la conception, et il en retrouve quelque chose dans une N.D.E. au moment de la mort. Mais entre la mort apparente et la mort réelle, il ne peut plus faire un exercice de liberté affective, il ne peut plus poser un acte volontaire ; pour cela, il faudrait que les organes et la sensibilité externe soient en acte. Pour la vie contemplative, c’est pareil. Nous faisons donc là une expérience que nous n’avons pratiquement jamais vécue ; cette expérience relève précisément d’une puissance de l’âme spirituelle que nous appelons la mémoire ontologique.

Il y a deux grands moments où nous pouvons saisir l’exercice de cette vie spirituelle en nous, séparé de tout, des deux autres. Contempler quelqu’un, chercher la vérité, aimer quelqu’un, et puis être librement dans une dépendance de liberté par rapport à quelqu’un, ce n’est pas pareil. Qu’est-ce qui travaille fondamentalement à chaque fois que nous faisons un acte d’adoration ? Un acte d’adoration n’est vraiment tel qu’à partir du moment où la mémoire ontologique est motrice.

Dans le monde d’aujourd’hui, il est vital d’être de plus en plus lucide sur notre vie spirituelle humaine, au risque de perdre cette autonomie spirituelle, en tombant dans le point de vue psychologique (et au bout d’un certain temps nous devrons prendre des anxiolytiques), en tombant dans la marée de la culture moderne qui est une culture de l’imaginaire, de l’image, de la sensibilité.

Nous ne pouvons pas faire un exercice de vie spirituelle sans notre corps. Un ange peut faire un exercice de vie spirituelle sans corps parce qu’il est fabriqué sans corps. Mais nous sommes fabriqués par Dieu pour avoir des exercices de vie spirituelle par le corps et dans le corps : le corps fait partie substantielle de la personne humaine. Si nous faisons sauter cela, nous tombons dans une vision psychologique de notre humanité. A ce moment-là, le corps n’a plus aucune importance, et nous pouvons rentrer dans un cycle éternel de réincarnations. C’est évidemment absolument absurde.

Pourquoi est-ce dans ces deux grands instants que nous pourrions essayer de saisir l’exercice de la vie spirituelle d’une mémoire ontologique à l’état séparé ? Schématisons : l’animation au premier instant de la conception dans le génome humain, la première cellule qui porte le chiffre de l’acide désoxyribonucléique qui correspond à chacun (et à personne d’autre dans l’univers), l’arrivée dans la forme embryonnaire des premiers organes qui permettent de constater qu’il peut y avoir un exercice de sensibilité externe. Sans l’exercice de sensibilité externe, il ne peut y avoir d’activité de connaissance, de contemplation, ni d’activité d’amour, d’union. L’embryon ne peut être uni à sa mère qu’à partir du moment où il entend sa voix. Quand il a quarante cinq jours, il entend la voix du papa, alors il se met du côté de son vrai père (si c’est quelqu’un d’autre, il ne bouge pas). Ces exercices de connaissance et d’amour ne sont possibles qu’à partir du moment où il y a les organes physiques correspondants : avant leur mise en place, il n’y a aucune possibilité d’exercice de l’intelligence, de la partie contemplative, de la partie amoureuse de l’âme. Il ne reste donc plus que ce qui correspond à la mémoire ontologique.

Les quarante premiers jours sont peut-être le moment de la vie humaine le plus important au niveau de la formation de notre conscience, au niveau de la formation de notre sensibilité, parce qu’il n’y a aucune perturbation possible. Par notre mère, nous sommes protégés de tout ce qui est ténébreux et nous sommes liés à notre mère qui nous protège du monde extérieur. Dans notre expérience primitive, l’amour de Dieu nous touche pourrions-nous dire directement : nous sommes imbibés d’amour pur et infini, nous sommes dans cet élan, dans cet océan que rien ne vient assombrir. Pendant quarante jours, nous sommes baignés dans l’amour de Dieu, protégés par notre mère, à condition bien entendu que notre mère ne vienne pas perturber cette expérience océanique d’amour. C’est une expérience tout à fait analogue que nous retrouvons à la mort.

Pourquoi faisons-nous cette expérience d’amour originel ? Nous conservons toutes ces impressions originelles dans notre mémoire : tout y est retenu même si nous ne nous en souvenons pas. Notre cerveau de son coté fonctionne avec une vitalité conservatrice, comme un microprocesseur : la mémoire sensible. Quand nous vivons quelque chose, ou que nous commençons à comprendre quelque chose (par exemple : je ne suis pas aimé par mon père, il veut me tuer !-), c’est la mémoire de concept qui est sollicitée, la mémoire affective, et également, tout est enregistré en fonction des organes qui sont dans le concupiscible, dans l’irascible ; ce qui correspond à des organes. Quant à notre mémoire originelle, elle ne s’inscrit ni dans la mémoire d’appui, ni dans la mémoire conceptuelle, ni dans la mémoire affective, ni même dans la mémoire sensitive, mais plutôt dans le cadre de la mémoire cellulaire et génétique ; la mémoire ontologique est une autre mémoire. Rappelons que nous n’avons pas d’organe qui nous y permette de recevoir, de garder conscience dans le temps (c’est la mémoire sensible qui permet cela), de reproduire ce que nous avons vécu il y a dix ans. La continuité originelle, nous la vivons en la portant en notre mémoire ontologique, laquelle n’est pas une mémoire sensible : il faut donc bien distinguer entre mémoire sensible et mémoire ontologique, la mémoire spirituelle primordiale.

Néanmoins notre corps garde une marque d’amour qui certainement (c’est une hypothèse) joue un rôle très important dans la constitution du chiffre génétique du génome, au moment de sa constitution. L’ovule de la femme reçoit le spermatozoïde de l’homme parce qu’il y a une relation entre l’homme et la femme, entre l’époux et l’épouse. Que reste-t-il après cette relation ? La relation demeure vivante pour ainsi dire en son support puisqu’il y a une partie vivante du corps de l’homme qui reste en tension vivante dans le corps de la femme ; toute la relation de poids ontologique sponsal contenu dans cet amour qui était là dans l’unité sponsale, toute cette relation d’amour se maintient présente à l’intérieur d’une relation entre le corps de l’homme et le corps de la femme sous cet aspect de l’appel à la fécondité.

Dans l’Ecriture, il est dit que toute cette relation d’amour est gardée par la femme. La femme est gardienne de l’amour. Et ce n’est pas parce que la relation de communion des personnes est interrompue que le poids d’amour qui était là est cassé : il est conservé (mais quelqu’un qui n’a aucune vie spirituelle ne peut pas le comprendre, quelqu’un qui n’est pas humain ne peut pas comprendre cela) : il demeure au cœur de cette petite partie du corps de l’homme et cette partie du corps de la femme en tension inter-gamétique.

Il arrive une introversion, une conversio (en latin) de ce poids d’amour : Dieu opère cette conversion d’amour. L’unité sponsale de l’humanité intégrale, ce n’est pas l’amour d’un homme, ce n’est pas l’amour d’une femme, ce n’est pas l’amour d’un homme plus l’amour d’une femme, c’est l’amour humain de l’humanité homme-femme, l’humanité intégrale. Il y a donc quelque chose qui y relève de l’ontologique. Cette mutation, cette conversion de l’amour spirituel porté comme un poids dans cette attraction, est gardée par le corps de la femme. Cette conversion d’amour s’y opère métaphysiquement : il est impossible qu’elle se fasse sans l’intervention du Créateur. Le Créateur réalise cette conversion : ce poids d’amour nouveau qu’est le don de l’âme spirituelle va sans aucun doute influencer très fortement (en fonction précisément de la qualité de l’amour de la femme et de l’homme) la constitution du génome, la première cellule embryonnaire, et donc son organisation individuée.

Il faut un certain temps pour l’organisation du premier génome. A la première mitose, l’intervention dans l’organisation du premier complexe embryonnaire est conditionnée en grande partie par cette atmosphère d’amour, selon qu’elle est respectée ou pas. Les quarante premiers jours sont déterminants pour toute la vie.

Nous le savons très bien avec le mystère de l’Immaculée Conception. Dès le départ, L’Immaculée Conception : plénitude de grâce. Comment peut-on être dans la plénitude de grâce si l’on n’a pas d’âme spirituelle ? La doctrine de la vie chrétienne dit que l’on ne peut pas recevoir la grâce si l’on n’a pas une âme spirituelle. Donc si au premier instant elle n’avait reçue son âme spirituelle, elle n’aurait pas été dans la plénitude de grâce : a fortiori ne pourrait-on parler d’Immaculée Conception [ et toute la foi catholique serait une bêtise]. NON.

Il est vrai pourtant qu’il faut poser, physiquement, un organe ou quelque chose qui reçoive l’exercice de cette âme spirituelle dans le point de vue de la mémoire ontologique pour que puisse s’y vivre un acte expérimenté, qui ne sera ni psychologique ni psychique, mais d’ordre spirituel. Nous avons besoin du corps pour cela ! Alors il suffit qu’il y ait une mémoire génétique : notre génome est la grande mémoire physique au niveau biologique. Notre mémoire génétique est purement physiologique, purement biologique, purement physique. Elle est capable de mémoriser des choses qui vont se produire et qui relèvent d’un vécu qui correspond à la relation entre l’homme et la femme au moment de la fécondation, au moment de la conception, au moment où ils s’aiment tous les deux, et ce vécu du moment est lui-même conditionné par le vécu antérieur de leur relation les six mois précédents. Tout cela va influencer et sera porté quelque part, mais cela ne sera pas déterminant : c’est le poids de la donation de l’amour dans la vie spirituelle du don de Dieu qui se donne lui-même en donnant une âme spirituelle à l’image de Dieu, qui va donner la détermination principale. La foi, et même la sagesse, nous disent que c’est la prédestination qui sera déterminante. Notre mémoire y porte par ailleurs des qualités qui relèvent de la vie végétative (une difficulté ou une qualité de force cardiaque par exemple), des qualités de vie psychologique (une certaine sensibilité que l’autre n’aura pas). Si cette mémoire est capable de porter en amont et en aval des opérations de vie qui sont d’ordre végétatif et d’ordre sensitif, lesquelles ne correspondent pas à des organes existants (au moment où le génome se constitue, le cœur n’existe pas ; et au point de vue psychologique, les organes, le concupiscible et l’irascible, ne sont pas là), elle est forcément capable de porter sur les autres types d’animation qui font l’âme humaine 2.

La mémoire génétique suffit donc pour porter le point de vue de la mémoire ontologique dans son exercice : la mémoire génétique étant l’organe vivant capable de porter un exercice de vie spirituelle.

Une cellule est passive, elle suit son mouvement. L’exercice de vie spirituelle qui correspond à la vie contemplative est un exercice d’assimilation où nous sommes actifs : nous portons transformé en nous-même celui ce que nous contemplons. L’exercice d’amour est un exercice également actif où nous nous donnons nous-mêmes. Pour la mémoire ontologique, l’exercice de vie spirituelle est passif. Nous le retrouvons à la mort apparente (coma), quand nous sommes dans un état de passivité, quand notre cerveau ne fonctionne plus, quand tous nos organes sensoriels externes ne fonctionnent plus, mais que l’animation de notre âme vivifie encore dans nos cellules. C’est pourquoi notre animation spirituelle s’y trouve dans un état de passivité : nous ne pouvons plus exercer notre intelligence ni notre amour, et nous recevons une expérience qui n’est pas nouvelle, parce qu’elle ne nous a jamais quittés. Cet amour de Dieu qui ne nous a jamais quitté, nous revient de manière passive (vous ne verrez personne revenir d’une N.D.E en disant : « j’ai alors choisi de rentrer dans une zone d’amour différente… »).

Toutes les opérations décrites dans les N.D.E. sont à la fois troubles et à la fois pures, en ce sens qu’il y a quelque chose qui relève de ce passage de la mort apparente à la mort réelle, ce qu’il faudrait regarder attentivement. Dans le coma, il y a des choses qui relèvent de l’innocence pure (tout ce qui relève de la passivité relève de l’innocence et de la réalité spirituelle) et il y a des productions qui sont des auto-créations (c’est pourquoi beaucoup de parallèles sont faits entre l’expérience hallucinogène, l’expérience cataleptoïdo-somnambulique, et l’expérience de N.D.E.). Il faut donc considérer attentivement la différence entre un exercice de mémoire ontologique pur, celui que nous avons au premier instant de notre vie et pendant les tous premiers jours, et ces expériences mélangées où l’exercice de la mémoire ontologique est troublé en raison de nos actes, en raison de l’existence de puissances intermédiaires, en raison de l’influence de ceux qui nous entourent, en raison aussi de l’élasticité de notre âme. Si notre âme a eu des opérations d’ordre métapsychique ou paranormale (médiumnité, voyance, spiritisme, écriture automatique… ; en franc maçonnerie, on apprend, par exemple, à sortir de son corps en astral), nous allons voir se surajouter ici toutes sortes de choses qui n’ont plus rien à voir avec la mémoire ontologique.

Pourquoi y a-t-il du métapsychisme dans une N.D.E. ?

Notre corps est animé, notre corps vit, nos cellules se multiplient, nous avons chaud, nous avons froid ; nous avons une vie intérieure, nous sommes amoureux, nous avons des angoisses, nous ressentons plein de choses ; nous avons une vie spirituelle, nous sommes capables de prier, de regarder la réalité en face, de chercher la vérité, de comprendre ce qu’est un amour pur, où nous nous donnons substantiellement au-delà de la mort. Nous avons donc en nous trois grands types d’animations qui, avant notre mort, sont simultanées.

Au départ, nous sommes créés par Dieu dans l’amour de l’homme et de la femme. Puis à un moment il y a la rupture de la mort apparente. Entre-temps, nous pouvons avoir eu des expériences mystiques et spirituelles authentiques comme aussi des expériences métapsychiques. La spiritualité du Verseau nous engage par exemple à rentrer dans des expériences métapsychiques. La voie du Carmel, si nous lisons Ste Thérèse d’Avila par exemple, nous engage à rentrer dans des expériences surnaturelles, méta-pneumatiques 3. Notre vie spirituelle, notre amour spirituel qui est déjà capable d’avoir la victoire sur la mort, peut joindre le monde du surnaturel, de cet amour qui non seulement passe la mort, mais en plus est du même ordre que l’amour éternel de Dieu. Cet amour de Dieu est si fort qu’il est capable d’arracher notre pneuma (la partie pneumatique de notre âme spirituelle) dans un ravissement en Dieu.

Il faudra regarder attentivement la différence entre l’extase, le ravissement et le vol de l’esprit.

Dans la vie chrétienne, nous menons une vie d’union à Dieu et nous essayons petit à petit que ce soit Jésus qui vive en nous, comme l’eau se mêle au vin. Nous sommes le réceptacle d’un tourbillon d’union, où nous ne savons plus si c’est Jésus ou nous : c’est l’unité des deux, nous faisons une seule chair glorieuse à l’intérieur de notre corps, dans notre vie incarnée, et cela va si loin que pour l’union transformante soit totale (la septième demeure de Ste Thérèse d’Avila), il faut passer par la sixième demeure et par la cinquième, la quatrième, la troisième, la deuxième, la première.

Quand nous tombons quand la tentation grave vient, nous sommes dans la première demeure. Nous sommes dans la deuxième demeure quand nous arrivons un petit peu à lutter contre ces tentations graves et qu’en même temps nous continuons à prier. Dans la troisième demeure, nous ne nous occupons plus de lutter contre ces tentations parce que nous cherchons surtout à grandir en sainteté : la lutte contre le péché laisse la place à la lutte pour un amour plus grand, plus pur. Quand nous faisons oraison et que nous sentons cette saveur intérieure de la présence de Jésus ressuscité, nous sommes probablement arrivés à l’état qui correspond aux troisièmes demeures.

Dans la quatrième demeure de Ste Thérèse d’Avila, nous sommes capables de faire oraison d’union, d’abandon. Si nous exprimons par ce que nous ressentons le contraire de ce que nous voudrions dans l’oraison, cela ne fait rien, nous sommes heureux de vivre unis dans la contradiction à Jésus crucifié. Nous vivons silencieusement d’une réunion des Présences de la Très Sainte Trinité, un seul Dieu en trois Personnes, à tel point qu’au bout d’une heure d’oraison, notre corps est reposé, nos puissances s’y sont rassemblées et toutes les perturbations habituelles ne pénètrent plus.

Après, dans la cinquième demeure, nous rentrons dans l’union d’amour, ça commence à déborder. Mais il faut attendre la sixième demeure pour avoir ces extases et ravissements.

Nous devons être lucides sur ce que nous vivons.

Attention aux mystico-dingos qui pensent rentrer en extase, en ravissement ou en vol de l’esprit alors qu’ils font seulement une expérience métapsychique. Nous trouvons aujourd’hui de plus en plus de gens qui, quand ils se convertissent, se mettent à prier et à contempler Dieu : ils voient et ressentent des choses, c’est beau, c’est grand, très pur, magnifique, mais c’est métapsychique (deuxième demeure). Des gens doctes et très expérimentés nous le disent : sainte Thérèse d’Avila, docteur de l’Eglise ; saint Jean de la Croix, docteur de l’Eglise.

Le vol de l’esprit surgit parfois dans l’Amour de Dieu en méta-pneumatique, lorsqu’il devient si puissant que la partie spirituelle de notre âme est arrachée, emportée. C’est ce qui s’est passé pour Marie à l’Incarnation et à la Nativité. […Ne dites pas trop vite que vous connaissez le vol de l’esprit ! ]

Lorsque les enfants sont en extase à Medjugorje, ce n’est pas un ravissement. Si c’est vrai, c’est à la rigueur une petite extase, et encore : c’est imaginaire. Saint Jean de la Croix dira que des extases comme celles-là, correspondant à une apparition physique, sont à classer dans la troisième demeure, parce qu’elles restent très imparfaites et extérieures. Il peut évidemment y avoir des phénomènes très impressionnants… mais ils demeurent dans l’ordre du miracle, et donc dans l’ordre de l’extériorité : au moment où ils sont en extase, les enfants sont dans un état d’union à Dieu qui ne dépasse pas la troisième demeure. Le stigmatisé va apparaître dans la quatrième demeure ( mais les stigmates ne sont pas obligatoires : il y a des gens qui se trouvent dans la septième demeure et qui n’ont jamais été stigmatisés de leur vie ).

De la même manière que dans les premiers jours de notre vie embryonnaire, Dieu peut nous avoir pris dans l’oraison sous cette forme du vol de l’esprit. Il prend la liberté de nous prendre dans sa Gloire. Nous sommes comme sortis de notre corps, et c’est un miracle, nous dit le Seigneur, plus grand que la création de la terre toute entière, parce qu’on ne peut pas séparer l’esprit de l’âme sans un miracle. Il faut ici une intervention divine directe.

Nous pouvons avoir dans notre vie des petites expériences momentanées de vol de l’esprit, puis nous retournons et nous continuons à ramper, parce que dans la sixième demeure, nous avons des extases, mais c’est aussi dans cette même période que nous avons les purifications passives de l’âme et les nuits de l’esprit… c’est donc le martyre qui commence. Là, en haut, c’est très bien, mais quand nous redescendons, c’est la croix, le martyre, le plus grand martyre qu’un homme puisse connaître en cette vie. Ce passage de la sixième demeure est génial, mais…

Pourtant, nous devons tous passer par là… Personne ne rentre au ciel sans passer par là. Si nous ne le faisons pas ici, il faudra le faire plus tard, après la mort, dans la « vie purgative » (alors là, je vous plains !). Personne ne rentre dans la vision béatifique s’il n’est pas devenu parfait, et cette perfection se fait dans le passage jusqu’à la septième demeure, jusqu’à l’union transformante : accepter de se livrer et d’épouser la mort d’amour, l’amour à en mourir et le martyre de l’amour, l’holocauste de l’amour, le sacrifice de l’amour, l’amour victorieux de tout, dès maintenant.

« Ah oui, mais je souffre ! »

- Tant mieux, c’est excellent. Après la mort, aucun mérite ! Bien sûr vous irez au ciel, mais vous n’aurez que les purifications, vous n’aurez pas l’intensité d’amour correspondante, ce qui est franchement bête.

Un homme rencontre un ami qui lui dit :

« Tu sais, je suis dans un atelier, c’est vraiment intéressant, on apprend à se maîtriser, à trouver les énergies profondes, à dégager une espèce d’autonomie, cette radicalité, cette influence pour transformer l’univers, le monde, la société. Si tu rentres là-dedans, on pourra te faire confiance, tu auras une promotion, de l’argent… sinon, tant pis, tu resteras rampant, pas de promotion, rien… C’est vraiment intéressant, on va étudier la vie saine… »

Je fais allusion aux loges. Cet exemple est celui d’un homme que je connais personnellement, à qui l’on propose de rentrer à la GLNF (Grande Loge Nationale de France).

« Ah oui, vraiment, nous sommes croyants. Si tu ne jures pas sur la Bible, et si tu n’es pas croyant catholique pratiquant, tu n’entres pas dans notre atelier. Il y a des prêtres…

- Ah bon, je ne savais pas.

- Mais oui, on ne peut pas donner cela à tout le monde, c’est uniquement pour l’élite !

- Ah bon, eh bien je fais partie de l’élite, je rentre dans ton atelier.

Alors là, il va apprendre par tout un phénomène initiatique, auquel il se prépare, à receler en lui tous ces pouvoirs d’énergie qui lui permettent de temps en temps (comme l’AMORC, les Rose-Croix) de partir en astral (Sartre faisait cela par exemple), de sortir dans une espèce d’extase métapsychique où effectivement il se réalise dans l’initiatique d’une gnose (connaissance cachée) de la connaissance d’un soi apte à rassembler toutes ses forces d’animation, les séparer de l’animation végétative comme de l’animation pneumatique. Toute l’initiation consiste en cela, pour faire qu’il n’y ait plus cette unification de l’animation végétative et spirituelle dans le corps, par la puissance cachée su symbolisme alchimique, par lequel on fera émerger le corps énergétique, le corps subtil ( celui qu’on utilise en partie dans l’acupuncture ). Une fois qu’il se retrouve lui-même dans un corps subtil, il est capable, en effet, avec un certain type de motricité interne, de faire sortir ce corps subtil de son corps, et ainsi il peut se voir se promener à 800 mètres ou au plafond tout en nous parlant… Il lui suffit, pour se rendre disponible, de mettre son cerveau en ondes alpha (ce qui permet de court-circuiter un certain type d’animation), puis en ondes thêta (qui en court-circuite un autre type). Il est alors dans un état de suggestibilité qui le déconnecte de son cerveau antérieur toute la motricité névraxique. Alors il peut « sortir » de son corps.

Mais nous voyons bien que ce n’est pas un ravissement méta-pneumatique : c’est une sortie métapsychique ! La partie de la psyché est arrachée de son corps, la conscience de lui-même s’étant établie dans la partie psychique. Les expériences de mort décrites à la télé sont uniquement des expériences de N.D.E. qui correspondent aux sorties métapsychiques. Ce ne sont pas des expériences pneumatiques de la mémoire ontologique.

Nous n’avons pas besoin de mourir pour vivre une N.D.E. Ce que l’on appelle la médecine de la régression peut la provoquer, alors que nous sommes en pleine santé. On nous fait sortir de notre corps et nous faisons, grâce au thérapeute, l’expérience qu’il faut pour nous libérer d’un nœud que nous avons et qui fait que nous sommes complètement coincés ! Quand nous revenons dans notre corps, nous sommes soi-disant guéri. Mais ces expériences de régression ont de très graves inconvénients sur lesquels nous reviendrons.

Revenons à cette expérience limite finale où notre mémoire ontologique a son exercice séparé de l’exercice spirituel de notre vie intellectuelle contemplative et de notre vie affective d’amour.

Toute la question consiste à savoir reconnaître, entre la mort apparente et la mort réelle, ce qui relève de l’expérience en mémoire ontologique et ce qui relève de l’anomalie.

La mort, quant à elle, n’est pas une intervention divine directe, il ne faut jamais oublier cela : la mort est une conséquence du péché. Que s’y passe-t-il ?

Prenons l’exemple d’un accident de voiture. Supposons que le véhicule s’arrête violemment et que le conducteur soit projeté en avant en passant par le pare-brise. Son corps est toujours vivant, il est en plein vol si je puis dire, et il n’est pas encore blessé . Mais à l’instant où il est projeté tout vivant, l’adrénaline le met en ondes alpha thêta simultanément avec une telle violence que cela le fait sortir en métapsychique. Alors il peut voir comme un spectateur extérieur son corps qui se projette et s’écrase au sol

Notre corps est fragile : vous mettez de la gélatine un peu chaude à l’intérieur d’une grande baudruche en cuir, et vous balancez la baudruche : il est fort possible de voir que la gélatine qui est dedans ‘gicle’ dehors ; mais comme il y a un lien substantiel (il n’y a qu’une seule âme), elle revient forcément dans son lieu.

Selon le niveau où nous sommes au moment du vécu de ce choc, c’est la partie psychique ou la partie spirituelle qui se dégage en premier. Ordinairement, quand c’est la peur, c’est psychique. Toute la conscience est dans le point de vue psychique ; dans notre exemple notre accidenté peut observer son corps, et le voir vraiment du dehors.

Si le choc est vraiment trop fort, notre cerveau lui-même arrive à se déconnecter organiquement, petit à petit nos cellules elles-mêmes ne sont plus irriguées, notre cœur s’arrête, la partie végétative et spirituelle de notre âme sort, nous sommes tout à fait mort. On parle de mort réelle quand il n’y a plus du tout d’animation dans le corps.

Ceux qui ont approché ou aidé des gens qui étaient en train de mourir, ont certainement vu que la dimension végétative et spirituelle de l’âme est la dernière à partir : à un moment donné, toute l’animation concentrée se rassemble quelque part, c’est comme si tout s’arrêtait, et puis il y a le fameux ‘dernier souffle’ ; trente secondes après, il se peut très bien qu’il y ait encore la vie : l’âme est toujours là. Quand cela est vécu dans la douceur et dans la prière, la dernière partie de l’âme à partir est la conscience spirituelle, si bien que quelqu’un qui vit sa mort dans l’adoration ne connaît jamais d’expérience métapsychique.

En résumé : il y a normalement une unité entre le corps et l’âme. Nous n’avons qu’une seule âme. Elle a la forme de notre corps. Au moment de la sortie (mort apparente), il y a des anomalies, des contractions de l’âme, que l’on peut obtenir par voie initiatique pour sortir du corps en astral, en métapsychique, ou que Dieu peut produire dans l’âme (dans l’oraison d’union transformante, par exemple, lorsque l’âme rentre dans un vol de l’esprit, il y a également un événement, un accident, qui peut provoquer cette rupture, cette anomalie). L’âme est mobile, élastique, un peu comme dans un miroir transformant, elle sort par une ouverture, et il y a beaucoup d’ouvertures possibles, beaucoup de morts possibles.

L’union transformante, le vol de l’esprit, est une certaine expérience de la mort. La vie surnaturelle d’oraison et d’union à Dieu consistant bien à accepter la mort par amour, avant la mort : vivre une mort d’amour telle que, lorsque nous arrivons à la mort, la mort est déjà en nous, et la vie surnaturelle d’amour a pris possession de nous-même jusque dans notre corps et jusque dans notre âme végétative, psychologique et spirituelle, de sorte que nous n’avons plus à passer par la purification après la mort. Nous allons directement dans la vision béatifique.

Par contre, ceux qui n’ont pas voulu mourir dans l’Amour, mais qui ont voulu connaître des expériences terrestres d’amour sensible (l’amour qui se ressent, se palpe, leur fait du bien, leur donne un bonheur bien vécu, bien senti) s’enfoncent dans le métapsychique.

Au moment de la mort, s’opère ordinairement une rupture, soit du fait d’une peur panique soit encore d’un choc physique produisant le coma. Cette rupture va se traduire sous la forme d’une sorte de contraction. Imaginez-vous une marmite avec du fromage fondu à l’intérieur : si vous jetez une grosse pierre dedans, le fromage sort de la marmite : la N.D.E, c’est cela. Mais il reste du fromage dans la marmite, tout ne sort pas. C’est un fromage très spécial, de sorte que, même si le lien est encore très ténu et que le fromage s’en va très loin, il reviendra en principe vers son centre, parce qu’il y a une seule âme ! Il est donc naturellement possible d’éprouver ce que nous en ressentons en cette partie qui s’est évadée. C’est également selon le même processus que toutes les techniques initiatiques opèrent.

Le début d’une N.D.E. s’inscrit donc au moment de la mort apparente, mais ce n’est pas encore la mort réelle puisque du point de vue biologique de l’âme, nos cellules demeurent vivifiées.

L'animation biologique perdure assez longtemps après l’arrêt du cerveau, même après une heure : notre âme reste encore liée à notre corps de manière vivante. Il y a une unité de l'âme, il ne faut jamais l’oublier ! De sorte que, si notre mort réelle n'est pas advenue, il peut se passer ici dans cet espace un certain nombre de choses...

Tout le problème consistera donc à savoir ce qui se passe exactement.

Est-ce quelque chose d'humain ? Ou bien quelque chose qui relève de la production, d’une auto-production due à notre état de fragilité, en laquelle tout le domaine de notre imaginaire, de notre psychique, fonctionne encore…

Y-a-t-il, oui ou non, une influence du milieu extérieur et des êtres qui entourent le mort ? Les puissances intermédiaires, par exemple, ou les anges gardiens ? Dieu ? Toutes sortes de choses peuvent intervenir, mais une chose très importante devrait être considérée, à mon avis :

A l'origine de notre conception, jusqu'au quarantième jour de la vie embryonnaire, nous vivons une expérience spirituelle unique d'innocence, d’amour océanique quasi infini, une expérience de Dieu, de plénitude d'amour, jaillie du dedans et à partir de l’amour de la mère et du père porté par le point de vue biologique ( la tension de l’unité sponsale dans la conjonction des gamètes parentales ). Cette innocence d'amour, cette innocence divine, demeurera en nous ; elle y sera continuellement conservée. La mémoire ontologique ne cesse de subsister dans un exercice spirituel particulier, dont la première caractéristique peut etre définie par la passivité. Cela veut dire que nous n’avons pas besoin de poser un acte d'amour ni un acte de vie contemplative pour vivre cet exercice spirituel de mémoire ontologique. La mémoire ontologique s'exerce spirituellement et … librement de manière passive.

Je suis toujours capable de rejoindre cette épure qui est au centre de moi, portée dans mon corps au niveau micro-cellulaire ou biologique à travers cette mémoire du génome, donc cette mémoire génétique dont nous entendrons parler certainement bientôt. Je porte toujours en moi cette innocence divine, cet amour. Je suis fabriqué avec de l'amour incarné : un amour pneumatique et incarné. Le point de vue psychique ne s’exerce pas encore en nos premières heures de « conscience embryonnaire ». Dans les quarante premiers jours de la vie humaine, le point de vue psychologique ne peut encore s’y exprimer ! Tout le monde est d'accord sur ce point : le psychiatre, le psychanalyste... Il suffit de réfléchir un peu : si je n'ai pas d'organes, il m'est impossible d'avoir une sensibilité interne. Reste donc une sensibilité spirituelle et génomique.

Au moment de la mort apparente, à l’autre bout de la vie, du point de vue de l'exercice spirituel, du pneuma, de l'intelligence, je ne peux plus rien faire puisque je suis déconnecté de la sensibilité externe. Du côté de l'amour, nous ne pouvons pas davantage y poser un seul acte de liberté : c'est terminé, je suis dans le coma. Je ne puis alors perdurer que dans un exercice humain de passivité substantielle, lequel doit rester considéré comme un exercice spirituel. Quiconque a aidé quelqu'un qui a été dans le coma sait cela. Exercice de passivité, de reconnaissance, de gratitude quand vous priez « Je Vous salue MARIE » devant quelqu'un qui est mort dans le coma ; vous devinerez la gratitude de la personne, si vous avez un peu de perception spirituelle (... car elle est morte apparemment ). Ceux qui ont un peu assisté les morts savent cela. Comme il n'y a plus d'exercice spirituel actif, il ne reste plus que l'exercice spirituel passif, parce qu'il y a encore un reste en animation dans le corps qui reste au niveau purement biologique.

Les blessures, les angoisses de la mère (l’amour de la mère n’est pas absolument parfait, elle n'est pas l'Immaculée Conception, et donc il y a toujours des petits mélanges d'orgueil, de concupiscence, de vanité, etc), l'union avec Dieu et avec son prochain qui n’est pas totale quand la mère porte son enfant, puis à la naissance, le péché, le péché originel, recouvrent d’une espèce de gangue, d’écorce, la mémoire ontologique en laquelle brille encore une connaissance, expérience, satisfaction, plénitude qui la fait demeurer fondamentalement en elle-même comme dans une innocence infinie fabriquée avec de l'Amour.

Mais lorsque j'arrive ici à la mort apparente, l'exercice actif de l'intelligence et de l'amour disparaît et laisse la place à cette liberté de l'innocence divine qui est en nous : la mémoire ontologique reprend ses droits dans la conscience de soi.

Si je suis dans une maturité humaine qui n'a pas dépassé le point de vue psychologique (ce qui est le cas pour le grand nombre), ma mémoire ontologique va informer une conscience passive, mais dominée par le psychologique, et c'est ce qu'on appelle une N.D.E. métapsychique.

Ma mémoire génétique est portée par l’organe fondamental de base redupliqué des milliards de fois dans mon corps (composé de milliards de cellules), cet organe physique portant l’expérience divine originelle. C’est pourquoi je ne peux pas en prendre conscience activement : je ne peux en prendre conscience que dans l’adoration et l’oraison passive .

Lorsque spirituellement s’effacent les exercices actifs (exercices de recherche de la vérité, de connaissance, de compréhension, de conscience de soi, de connaissance de Dieu, de connaissance du monde, de la vie, de l’éternité, etc.), nous ne pouvons plus chercher la vérité, nous mourons, notre cerveau s’éteint, notre affectivité également, nous ne pouvons plus poser d’acte de liberté, c'est fini. Notre liberté active s’arrête à la mort apparente, mais cela ne veut pas dire que notre vie spirituelle et notre liberté profonde s'arrêtent.

Notre mémoire ontologique est une des trois puissance de notre âme spirituelle, un des trois vecteurs de puissance spirituelle qui nous permettent de faire des actes méta-pneumatiques naturels, et surnaturels (comme les actes d’espérance, de foi, de charité). Ces trois vecteurs de puissance spirituelle en nous peuvent s'exercer : nous avons reçu cet amour en don avec gratitude, nous l’accueillons, nous en jouissons, nous le savourons, nous nous engloutissons dedans passivement. Si ces opérations libres s’exercent à travers nos actes, parce que nous le voulons, nous parlons de vie contemplative et de vie affective.

Notre exercice actif s'arrêtant à la mort apparente, notre corps en sa mémoire génétique continue de vivre dans l’exercice passif de notre mémoire ontologique ; et la conscience de l'amour quasi infini avec lequel nous sommes fabriqués jusque dans notre corps, apparaît immédiatement à notre conscience. Mais si, au niveau de notre vie de conscience, notre vie intérieure se résume en raison de notre immaturité à une vie psychologique (« je ne veux faire quelque chose que si je le ressens, que si j’en ai envie »), cette mémoire ontologique va apparaître dans la partie psychique de l'âme. Mais cette advenue spirituelle de soi va envahir la partie psychique qu’elle n’avait pas vocation naturelle d’animer : le spirituel étant de soi beaucoup plus grand que le psychologique, cette invasion va pour ainsi dire faire gonfler et exploser l’intensité psychique de manière telle qu’elle va muer … en méta-psychique ! Cela nous fait sortir dehors : N.D.E. !

A chaque fois que nous avons à faire à une N.D.E., nous sommes sûrs d’avoir affaire à quelqu'un à qui il manque pas mal de choses au niveau de sa maturité. D'où la nécessité très importante de savoir comment il faut faire pour mourir dans une maturité humaine, et non dans une maturité animale.

Sur le plan médiatique, Elisabeth Kubler Ross est la coqueluche de tout l'accompagnement des mourants. Mais comme elle n'a aucune formation philosophique ni théologique, aucune expérience mystique personnelle, elle n'a que des expériences métapsychiques de sorties d’elle-même (elle y fut initiée chez Monroe), elle proposera du fait même un accompagnement des mourants les orientant vers l’entrée en N.D.E. L'accompagnement des mourants dans les hôpitaux s’organise et prépare les mourants à un abandon accompagné qui les pacifient en ondes alpha et thêta, les amenant à un état de conscience psychologique tel qu’ils pourront très difficilement vivre une mort naturelle dans un dernier exercice de liberté spirituelle : ils n'auront donc pas de mort naturelle au sens strict, et du coup ils seront très fragilisés et poussés vers l’expérience de type N.D.E. Une manœuvre démoniaque dont E.K.R. est probablement inconsciente (E.K.R a le mérite énorme de dire qu’il faut accompagner les mourants avec beaucoup d’amour, de compréhension, de compassion : ce qui est déjà grand !)

En conclusion, pourquoi la mémoire ontologique, lorsqu’elle ressurgit à la mort apparente, peut-elle provoquer une N.D.E ? Si la mémoire génétique qui porte cet amour spirituel est déconnectée du pneuma, alors il se réfugie dans la partie psychique de l’âme, ce qui provoque le phénomène instable que nous racontent les revenants de N.D.E. Je tiens à dire que cette expérience n'est pas une expérience de la mort, mais d'un coma, une expérience métapsychique. La mort, c'est après. Dans la N.D.E, si je revois toute ma vie dans un flash, c'est seulement une expérience métapsychique, il ne s'agit nullement d'une vision ouvrant au jugement, celle qui signe la consommation de la mort définitive.

A la mort réelle, en effet, c’est tout différent : l’âme se trouve toute entière séparée du corps. A ce moment-là, le point de vue pneumatique de l’âme reprend tous ses droits : c’est l’heure du jugement particulier (voir Catéchisme).
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