Théorie 1 : les notions de culture et d’identité, problème définitoire








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date de publication02.02.2018
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INTERCULTUREL

Josette Gaume
Objectifs :


  • découvrir ou redécouvrir la dimension et l’impact de la question des contacts de cultures dans l’enseignement d’une langue étrangère.

  • être capable de mettre en place des activités complémentaires, d’ordre interculturel

Contenus 


  • étude de quelques éléments théoriques de base tels que la notion de culture, l’acculturation, l’interculturel, l’ethnocentrisme.

  • analyse de documents d’un point de vue interculturel (les lettres persanes, les proverbes, l’image).


Modalités :


  • présentation magistrale d’un concept

  • analyse d’un document

  • élaboration d’une fiche pédagogique


Josette Gaume

Maître de Conférences

Centre de Linguistique Appliquée

Université de Franche Comté

6 rue Plançon

25000 Besançon

josette.gaume@univ-fcomte.fr

josette.gaume@wanadoo.fr


Plan :


Théorie 1 « culture et identité »

Doc. 1 Les proverbes

Doc.2 La langue coréenne (la culture dans la langue) Bouriane Lee

Activité : fiche pédagogique sur les proverbes algériens

Théorie 2 « malentendu et choc culturel » 

Doc.1 « Voyage d’un français en Grèce »

Activité : fiche pédagogique, exercice de cultures comparées

Théorie 3  « les représentations et les clichés »

Doc. 1 Montesquieu « Comment peut-on être persan ? »

Doc.2 « L’européen »

Doc.3 « Les mots associés»

Activité : fiche pédagogique sur les clichés

Théorie 4 « assimilationnisme et perspectivisme »

Doc.1 « Les Bororos »

Doc.2 Manuel de FLE et interculturel

Activité : fiche pédagogique sur les traits culturels dominants en Algérie

Théorie 5 « Interculturel et images »

Sémiologie et Musée des beaux Arts
Théorie 6 « l’accommodation identitaire »

Doc.1 article de Josette Gaume

Activité : fiche pédagogique sur les identités en Algérie

CUCHE Denys

La notion de culture dans les sciences sociales

coll. Repères La Découverte

Paris 1996

Théorie 1 : les notions de culture et d’identité, problème définitoire

La notion de culture





  • en latin "cultura" : soins au bétail ou aux champs

  • au 13ème = une parcelle de terre cultivée

  • au 15ème = l'action plus seulement l'état

  • de la culture comme état à la culture comme action (métonymie)

  • de la culture de la terre à la culture de l'esprit (métaphore)

  • entrée dans le dictionnaire de l'académie en 1718

  • culture perd ses compléments et désigne formation ou éducation

  • au 18e les penseurs des lumières font la différence entre nature et culture celle-ci étant l'accumulation de savoirs par l'humanité, le mot Culture est toujours singulier, c'est le propre de l'Homme, la culture signifie : progrès individuels, alors que civilisation signifie progrès collectifs.

  • au 19e et au 20e le concept de Kultur en Allemagne est adopté par la bourgeoisie intello pour s'opposer à l’aristocratie : richesse + apparences + brillant = civilisation alors que intellectuel + spirituel = culture

  • conception universaliste : en France au même moment l'idée de culture renvoie l'unité du genre humain

"…avant la culture française, la culture allemande, la culture italienne, il y a la culture humaine »

Ernest RENAN La Sorbonne 1882


  • 1ère définition de la culture par l’ethnologue britannique Edward TYLOR (1832-1917) en 1871, donc en ethnologie, il ne s'agit plus de dire ce que doit être la culture mais de la décrire. Pour lui la culture est acquise et n'a rien de biologique. Par l'étude des survivances, on peut remonter à l'ensemble culturel originel et le reconstituer. Entre les primitifs et les civilisés il n'y a pas de différences de nature mais de degré d'avancement dans la voie de la culture. Tylor est l'inventeur du concept scientifique de culture.


"Culture ou civilisation pris dans son sens ethnologique le plus étendu est ce tout complexe qui comprend la connaissance les croyances l'art, la morale le droit les coutumes et les autres capacités ou habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société" "

La civilisation primitive Paris 1871



  • L’ethnologue étasunien Franz BOAS (1858-1942) tente de penser la différence il étudie les cultures et pas la culture. Il invente la conception anthropologique du relativisme culturel qui est pour lui un principe méthodologique pour échapper à toute forme d'ethnocentrisme il est attiré par ce qui fait l'originalité d'une culture. C'est à lui qu'on doit le concept de modèle culturel = l'ensemble structuré des mécanismes par lesquels une culture s'adapte à son environnement. Idée de relativisme culturel. Pour échapper à l’ethnocentrisme, l'anthropologie culturelle introduit l'idée de relativité des cultures et de leur impossible hiérarchie hiérarchisation a priori Et elle recommande pour échapper à tout ethnocentrisme dans l'enquête l'application de la méthode de l'observation participante.



  • Le sociologue étasunien William SUMMER (1840-1910) Dans « Folkways » en 1906 et dans une perspective darwinienne, il définit l'ethnocentrisme :


"C’est le terme technique pour cette vue des choses selon laquelle notre propre groupe est le centre de toutes choses, tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à lui… chaque groupe nourrit sa propre fierté et vanité se targue d'être supérieur, exalte ses propres divinités et considère avec mépris les étrangers. Chaque groupe pense que ses propres coutumes sont les seules bonnes et s'il observe d'autres groupes ou d'autres coutumes, celles-ci provoquent son dédain."



  • l'ethnologie française débutante ignore le concept de culture (à cause de la vocation civilisatrice du colonialisme)

  • Emile DURKHEIM (1858-1917) conteste la notion d'évolution culturelle, Il affirmait la priorité de la société sur l'individu.



" Rien n'autorise à croire que les différents types de peuples vont tous dans le même sens : il en est qui suivent les voies les plus diverses. Le développement humain doit être figuré, non sous la forme d'une ligne où les sociétés viendraient se disposer les unes derrière les autres comme si les plus avancées n'étaient que la suite et la continuation des plus rudimentaires mais comme un arbre aux rameaux multiples et divergents"

L'année sociologique tome XII 1913 p.60

  • Lucien LEVY-BRUHL sociologue français (1857-1939) refuse la théorie de l'évolutionnisme et la thèse du progrès mental.

  • Bronislaw MALINOVSKI l’ethnologue britannique (1884-1942) fait une analyse fonctionnaliste de la culture = il faut s'en tenir à l'observation directe des cultures dans leur état présent. Notion de fonctionnalisme

"… chaque coutume, chaque objet, chaque idée et chaque croyance remplissent une certaine fonction vital,e ont une certaine tâche à accomplir, représentent une part irremplaçable de la totalité organique tout cela en fonction des besoins. »

  • Edward SAPIR, (1884-1939) linguiste et ethnologue étasunien, s'intéresse aux comportements concrets d'individus dans une société. Il essaie d'élaborer une théorie des rapports entre cultures et langage

  • Ruth BENEDICT (1887-1948) anthropologue étasunienne définit les types culturels, écrit "patterns of culture" en 1934 toute culture comporte un schéma inconscient qui harmonise les traits culturels suivant une configuration culturelle.

  • Margaret MEAD (1901-1978) étasunienne, influencée par Freud, étudie comment un individu reçoit sa culture et les conséquences que cela entraîne sur la formation de la personnalité = processus de transmission culturelle et de socialisation de la personnalité

  • Claude LEVI-STRAUSS (1908- ) notions d’invariants culturels toujours identiques d’une culture à une autre. Les universaux culturels Le culturalisme développe également la notion de sous-culture puis de sub-culture


"Toute culture peut être considérée comme un ensemble de systèmes symboliques au premier rang desquels se placent le langage, les règles matrimoniales, les rapports économiques, l'art, la science, la religion. Tous ces systèmes visent à exprimer certains aspects de la réalité physique et de la réalité sociale, et plus encore les relations que ces deux types de réalité entretiennent entre eux et que les systèmes symboliques eux-mêmes entretiennent les uns avec les autres"

1950 p.19 Introduction à l'œuvre de Mauss in sociologie et anthropologie PUF

  • L'interactionnisme de la culture PaloAlto Bateson : anthropologie de la communication verbale et non verbale




Sub-culture

Sub-culture

Culture générale




  • Melville HERSKOVITS (1895-1963) anthropologue étasunien étudie l’acculturation (1928) "Le mémorandum pour l'étude de l'acculturation" 1936 assimilation = phase ultime de l'acculturation rarement atteint il définit des critères d'analyse de l'acculturation (taille des groupes, dominants ou non, hostile ou non etc.) Il définit le concept de réinterprétation c’est-à-dire le processus par lequel d'anciennes significations sont attribuées à des éléments nouveaux ou par lequel de nouvelles valeurs changent la signification culturelle de formes anciennes. Dit que les éléments non symboliques (techniques et matériels) d'une culture sont plus aisément transférables que les éléments symboliques (religieux, idéologiques)




  • Roger BASTIDE anthropologue français (1898-1974) : analyse la culture afro-brésilienne et les phénomènes d'interpénétrations des cultures pour lui le culturel ne peut pas être étudié indépendamment du social il critique le culturalisme EU parce qu'ils ne font pas ce lien il ne faut pas réduire les faits sociaux à des faits culturels comme les EU Exemple de la monnaie introduite en Afrique créant des problèmes dans les échanges matrimoniaux se faisant avant par des échanges de produits donc collectif et qui se font ensuite avec de l'argent donc démarche individuelle. A tout don correspondait un contre don ce qui n'est plus possible avec de l'argent. Il définit différents types de situations de contact L'acculturation ne se produit jamais à sens unique = interpénétration ou entrecroisement des cultures. L’acculturation ne se fait jamais dans un seul sens


Pour lui 3 critères

- critère 1 manipulation ou non :

1 acculturation spontanée = libre

2 acculturation organisée mais forcée esclavage colonisation

3 acculturation planifiée = culture prolétarienne ou néo colonialisme

- critère 2 homogénéité ou hétérogénéité des cultures en présence

- critère 3 ouverture ou non des cultures en présence

Il tente de classer les phénomènes d'acculturation

Facteur démographique = quel type de populations (âge-nombre etc.)

Facteur écologique = où a lieu le contact

Facteur ethnique ou racial = quel type de relation entre les groupes en contact

Il introduit l'idée de 2 causalités entrant en rapport dialectique dans le processus d'acculturation :

    • la causalité interne : son fonctionnement particulier sa logique propre qui peut freiner voire empêcher les changements culturels

    • la causalité externe qui est liée à la causalité interne et liée aux changements exogène. Un changement exogène provoque des réactions en chaîne qui sont absorbées puis auront lieu des réajustements internes. La causalité externe stimule la causalité interne.

    • Il crée le concept de coupure : l'univers social de l'individu est découpé en compartiments étanches (exemple de la religion au Brésil) Mais il n'est pas coupé en 2 malgré lui c(est lui qui établit des coupures dans ses différents engagements. C'est souvent une forme de défense de l'identité cultuelle dans les groupes minoritaires S'oppose à LS sur la notion de structure trop rigide et parle de structuration et déstructuration moins statique La culture est une construction synchronique

    • acculturation formelle = qui touche les formes du psychisme (l'inconscient)

    • acculturation matérielle = qui touche les contenus de la conscience psychique (le conscient)


Bastide enfin en 1970 développe la notion de bricolage pour rendre compte des cultures en train de se faire (Brésil) On critique cette notion aujourd'hui en disant que c'est du bris collage


  • Culture dominante vs culture dominée

  • Culture populaire = culture de groupes subalternes : le folklore bidasse = culture de contestation = "manière de faire avec" la culture dominante

  • Michel DE CERTEAU (1925-1986) théologien et anthropologue, culture ordinaire de gens ordinaires = culture de consommation des produits offerts par la culture dominante = pour lui c'est du bricolage multiforme et combinatoire.(c'est LS qui utilise le premier la notion de bricolage dans la pensée mythique




  • La notion de culture de masse avec Edgar MORIN a connu un succès dans les années 60

  • La notion de culture de classe (classes sociales) WEBER 1er à mettre en rapport les faits culturels et les classes sociales : explique que le protestantisme détermine le comportement des entrepreneurs influencé par leur "mode de vie"

  • La culture bourgeoise = ritualisation des pratiques de la vie quotidienne vêtements entretien de la mémoire généalogique etc.




  • HALWACHS 1913 La culture ouvrière




  • HOGGART 1957 La culture du pauvre




  • Pierre BOURDIEU Il fonctionne comme la matérialisation de la mémoire collective reproduisant dans les successeurs l'acquis des devanciers L'hexis corporelle concerne les habitus des dispositions corporelles révélant son appartenance sociale



"Les habitus sont des systèmes de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme des structures structurantes, c’est-à-dire en tant que principes générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre" 1980 p88

La notion d’identité





  • exaltation de la différence (1970)

  • culture = processus inconscients

  • identité = signes d'appartenance conscients fondés sur des oppositions symboliques

  • l'identité est sociale exclusion et inclusion


Conceptions objectivistes :

  • conception naturaliste de l'identité considérée comme innée et inchangeable aboutit à la racialisation

  • conception culturaliste met l'accent sur l'héritage biologique elle est "essentielle"

  • conception primordialiste = le groupe ethnique est déterminant



Conceptions subjectivistes

  • ce que l'individu fait de tout cela quelles sont ses représentations = aspect éphémère de l'identité


Conceptions relationnelles et situationnelles
BARTH Fredrik : le contact avec les autres construit l'identité il ne suffit pas d'inventorier les pratiques sociales mais il faut repérer celles qui sont significatives les procédures de différenciation identité et altérité vont de paire notion d'auto-identité et d'hétéro-identité = identité négative manifeste dans les groupes dominés

Exemple des Méos = sauvage dominés au Laos deviennent les Hmong réfugiés en France = homme = l'autorité légitime a le pouvoir symbolique de faire reconnaître comme fondées ses catégories de représentations

Pour lui l'identité c'est la volonté de marquer la limite entre eux et nous en utilisant certains traits culturels comme marqueurs

Il ne faut pas analyser l'identité et faire des contrôles d'identité mais explique rles processus d'identification
GIRAUD (1987 Notion d'identité mixte les jeunes immigrés n'ont pas une double identité mais une identité syncrétique
SIMON 1979 les poupées gigognes = identités emboîtées les unes dans les autres

Notion de stratégie identitaire implique que l'individu a une certaine marge de manœuvre exemple des juifs espagnols faussement convertis au christianisme

L'identité doit être analysée d'un point de vue diachronique également les groupes n'utilisant pas les mêmes comportements pour marquer leurs différences

L'important n'est pas de savoir ce qu'est un corse mais comment il s'y prend pour l'indiquer
3 conceptions différentes du relativisme culturel

  • théorie selon laquelle les différentes cultures forment des entités séparées aux limites aisément identifiables, incomparables

  • principe éthique préconisant la neutralité à l'égard des cultures pour affirmer la valeur intrinsèque des cultures selon Melville HERGOVITS toutes les cultures se valent.

  • le relativisme éthique = attitude des défenseurs des cultures minoritaires ou attitude élégante du défenseur du faible une prétendue neutralité peut être de la condescendance




  • sens originel et scientifique :


"Postuler que tout ensemble culturel tend vers la cohérence et une certaine autonomie symbolique qui lui confère son caractère original singulier ; et qu'on ne peut analyser un trait culturel indépendamment du système culturel auquel il appartient, qui seul peut en livrer le sens. Cela revient à étudier toute culture quelle qu'elle soit sans a priori"

D Cuche p.115
"…la mode identitaire récente est le prolongement du phénomène d'exaltation de la différence qui a surgi dans les années 70… »

p. 83

"La culture peut aller sans conscience identitaire… la culture relève en grande partie de processus inconscients… L'identité elle renvoie à une norme d'appartenance nécessairement consciente car fondée sur des oppositions symboliques.

D Cuche P. 83

  • identité culturelle = année 50 EU en psycho sociale permet de penser l'articulation du psychologique et du social.

  • Identité sociale d'un individu = ensemble de ses appartenances dans le système social = se repérer = être repéré par les autres.

  • Identité sociale est le fait aussi d'un groupe = exclusion et inclusion


Conceptions objectivistes : identité définie à partir de critères "objectifs"

  • représentation quasi génétique de l'identité = sentiment d'appartenance en quelque sorte inné.

  • culturalistes : non plus l'héritage biologique comme précédemment mais l'héritage culturel. L'identité est définie comme préexistante à l'individu comme "essentielle"




  • Conceptions subjectivistes : identité n'est pas reçue une fois pour toutes ce qui compte ici ce sont les représentations que l'individu se fait de la réalité sociale et de ses divisions = caractère variable de l'identité = aspect éphémère



Conceptions relationnelle et situationnelle


La construction identitaire se fait à l'intérieur des cadres sociaux c'est un construit qui s'élabore dans une relation avec les autres

Fredrik BARTH : l'identité est un mode de catégorisation utilisé par les groupes pour organiser leurs échanges Pour définir l'identité d'un groupe il ne suffit d'inventorier les traits qui sont communs mais de repérer ceux qui sont utilisés par les membres du groupe pour affirmer et maintenir une différence culturelle.
Identité et altérité sont dans une relation dialectique, l'identification va de pair avec la différenciation cf. René GALLISSOT

  • L'identité est toujours une négociation entre une "auto-identité définie par soi et une "hétéro-identité ou une exo-identité" définie par les autres Pierre Jean SIMON




  • On peut aboutir à une identité négative définie par le groupe dominant, ceci pouvant évoluer

Exemple des Laotiens en France en 1970 réfugiès minoritaires chez eux appelés Méo = sauvage, arriéré. Arrivés en France ils sont redevenus les Hmong = homme, nom par lequel ils se désignent eux-mêmes. Jean Pierre HASSOUN 1988
Donc l'identité est l'enjeu de luttes sociales, tous les groupes n'ont pas le même pouvoir d'identification. Pour Pierre BOURDIEU "L'identité et la représentation" 1980 L'autorité légitime a le pouvoir symbolique de faire reconnaître comme fondées ses catégories de représentation de la réalité sociale. L'identité comme enjeu de luttes devient problématique, il ne nous revient pas de définir l'identité de tel ou tel groupe mais tout simplement de comprendre comment elle se construit.

L'état, le pouvoir définisse l'identité et ont un grand pouvoir sur elle
Ainsi, l'identité résultant d'une construction sociale est multidimensionnelle On a des identités mixtes GIRAUD 1987 (les immigrés) = identité syncrétique Chaque individu a conscience d'avoir une identité à géométrie variable construite comme les poupées gigognes selon Pierre Jean SIMON Notion de "stratégie identitaires" pour souligner cette dimension changeante de l'identité qui ne constitue jamais une solution définitive. Stratégie parce que l'individu dispose d'une certaine marge de manœuvre

Par sa plasticité, l'identité se prête à l'instrumentalisation, Georges DEVEREUX, mais l'individu ne peut pas faire n'importe quoi. Identité est une "boîte à outils" Le caractère stratégique de l'identité = exemple des juifs espagnols convertis au 15ème et qui ont continué à faire leurs rites.

  • Fredrik BARTH : processus d'identification = volonté de marquer la limite entre "eux" et "nous" = on utilise certains traits culturels comme "marqueurs" de son identité spécifique. Il fait bien la différence entre culture et identité. "Une même culture peut être instrumentalisée de façon différente, voire opposée dans diverses stratégies d'identification L'analyse de l'identité ne doit pas se faire que sur un plan synchronique mais aussi en diachronie. La question n'est pas de savoir la définition des identités particulières comme comment sont les corses mais "Comment, pourquoi, et par qui, à tel moment et dans tel contexte est produite, maintenue ou remise en cause telle identité particulière?"ou"Qu'est-ce que ça signifie "avoir recours à l'identification corse"

Conclusion : Le terme de culture est de plus en plus utilisé partout en politique, en économie etc. On se demande s'il ne faut pas l'abandonner il est trop souvent un euphémisme de race.

On peut conserver le concept en soulignant la notion "relativisme culturel" qui renvoie à trois conceptions différentes :


  • 1 théorie selon laquelle les différentes cultures forment des entités séparées aux limites facilement identifiables (on a montré que c'était faux)

  • 2 principe éthique qui préconise la neutralité à l'égard des différents cultures = reconnaissance de la valeur intrinsèque de chaque culture mais glissement = toutes les cultures se valent

  • 3 le relativisme éthique conduit à l'attitude élégante du fort par rapport au faible du style "vous êtes différent de moi mais je vous pardonne"


Le relativisme culturel = postuler que tout ensemble culturel tend vers la cohérence et une certaine autonomie symbolique qui lui confère son caractère original et singulier ; on ne peut analyser un trait culturel indépendamment du système culturel auquel il appartient qui seul peut en livrer le sens = étudier toute culture sans a priori sans la comparer à d'autres

"L'ethnocentrisme doit être tenu pour un phénomène pleinement normal, constitutif en fait de toute collectivité ethnique en tant que telle assurant une fonction positive de préservation de son existence même constituant comme un mécanisme de défense de l'in group vis-à-vis de l'extérieur.."

Pierre Jean SIMON 1993

« Il faut prendre comme principes méthodologiques "le relativisme culturel et l'ethnocentrisme pour appréhender la dialectique du même et de l'autre de l'identité et de la différence autrement dit de la Culture et des Cultures qui est au fondement de la dynamique sociale."p116 D Cuche
Théorie 2 : malentendu et choc culturel

Effet produit sur un individu pris au dépourvu lorsqu'il est plongé dans une culture étrangère.
(Tiré de GRAWITZ, Madeleine. Lexique des sciences sociales. Paris : Dalloz, c1981. v, 376 p., p. 53)
Théorie 3 : les représentations et les clichés
«  Une représentation est un phénomène mental qui correspond à un ensemble plus ou moins conscient, organisé et cohérent, d’éléments cognitifs, affectifs et du domaine des valeurs concernant un objet particulier. On y retrouve des éléments conceptuels, des attitudes, des valeurs, des images mentales, des connotations, des associations, etc. C’est un univers symbolique, culturellement déterminé, où se forgent les théories spontanées, les opinions, les préjugés, les décisions d’action »

Garnier et Sauvé 1999 p.66 in « Apport de la théorie des représentations sociales à l’éducation relative à l’environnement" Arlon FUL

Théorie 4 : assimilationnisme et perspectivisme
« La conquête de l’Amérique » la question de l’autre

Seuil coll. Essais 1982
Il s’agit de la perception que les Espagnols ont des indiens

Il s’agit de la découverte que JE fait de l’autre


  • Action transitive ou intransitive : pour Colon, découvrir est une action intransitive qui trouve sa raison d’être en elle-même

  • Finalisme : il agit dans une perspective finaliste de l’interprétation : le sens final est donné d’emblée, il cherche une confirmation de sa vérité

  • L’altérité : la problématique de l’altérité c’est : un jugement de valeur, l’autre est bon ou mauvais, supérieur ou inférieur ; une action de rapprochement ou d’éloignement, de soumission à l’autre ou de soumission de l’autre, une connaissance ou une ignorance de l’identité de l’autre.



Il peut n’y avoir aucune implication : Colon n’aime pas ne connaît pas, ne s’identifie pas à l’autre


  • Attitude assimilationniste : on cherche à appliquer ses propres valeurs

  • Attitude perspectiviste : on admet la coexistence d’univers de représentations possibles et différents

  • Notion de brouillage d’identité : Cabeza de Vaca dit « les indiens » puis « les espagnols » puis « nous »


Las Casas a la même attitude il aime les indiens en fonction de leur idéal pas du sien. C’est une exotopie comme dit Bakhtine c’est-à-dire une affirmation de l’extériorité de l’autre qui va de pair avec sa reconnaissance en tant que sujet.


Théorie 5 L’interculturel dans l’image

(Reprise du cours de sémiologie)

Présentation de l’image de publicité

Les critères d’analyse : les fonctions de l’image

Définition

L’image est un objet second, pour Platon c’est le reflet d’un objet

Dans la notion d’image, il y a la notion de ressemblance

« Dieu créa l’homme à son image »

Dans la notion d’image, de façon triviale, il y a la notion d’immobilité « être sage comme une image »

La lecture de l’image comme l’utilisation d’autres langages sous-entend une capacité intellectuelle de représentation. Les jeunes enfants les animaux ne reconnaissent pas les éléments représentés par une image.

La notion d’image recouvre d’autres domaines que le regard effectif : l’image mentale, image de la liberté, image de soi, image de marque, images du rêve.

L’image scientifique permet une visualisation de phénomènes comme les battements du cœur, elle permet aussi de montrer l’invisible comme le virus du sida.
Les fonctions de l’image
dénotative = le référent

expressive = le destinateur

conative = implication du destinataire

phatique = maintenir le contact

métalinguistique = quel code utilisé

poétique = le message lui-même sa palpabilité

Activité :

Travail sur une image culturelle du manuel

Bibliographie
ABDALLAH-PRETCEILLE M. 1990 « Vers une pédagogie interculturelle » La Sorbonne

BOURDIEU P. 1982 « Ce que parler veut dire » Fayard

BOURDIEU P., 1997, « Méditations pascaliennes » Seuil Points Essais, Paris.

CAILLE A, 1992, « Sciences sociales et lien social» Correspondances. Bulletin scientifique de l’IRMC (Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain

CORM G. 2009 « L’Europe et mythe de l’occident » La découverte

CARLO (de) M. 1998 «  L’interculturel » Seuil

CUCHE D. 1996 « La notion de culture en sciences sociales » coll. Repères La Découverte

DEMORGON J. 2004, « Complexité des cultures et de l’interculturel. Contre les pensées uniques » Economica Anthropos, Paris.

DEMORGON J., 2005 « Critique de l’interculturel » Economica Anthropos Paris

CERTEAU (de) M. « Vers une grammaire des civilisations »

GAUME J. (2008) « Le don en didactique : approche épistémologique à partir de l’essai sur le don de Marcel Mauss » EME Louvain

GAUME J. « Interculturellement nôtre » Les cahiers pédagogique janvier 1998

GRUZINSKI S. (1999) « La pensée métisse » Fayard

HALL E. 1979 « Au-delà de la culture » Seuil

LEVI-STRAUSS C. 1983 « Le regard éloigné » Paris Plon

TODOROV T.1982 « La conquête de l’Amérique la question de l’autre » Paris Seuil

ZARATE G. 1986 « Enseigner une culture étrangère » Hachette






CLA Université de Franche Comté Besançon

Anthropologie culturelle

Josette Gaume mars 2012



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