Recherche sur le site








titreRecherche sur le site
page1/10
date de publication07.01.2017
taille0.5 Mb.
typeRecherche
b.21-bal.com > littérature > Recherche
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-left-ras.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-right-ras.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/jpg/logo-ethiopiques.jpg




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/bottom-left.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/bottom-right.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-left-ras.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-right-ras.gif




Accueil > Tous les numéros > Numéro 79 > ORALITE ET NARRATIVITE DANS LE ROMAN AFRICAIN

[ Plan du site ]




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-left.gif

http://ethiopiques.refer.sn/img/icones/menu.gif

http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-right.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/left.gif Actualités

http://ethiopiques.refer.sn/img/left.gif Tous les numéros

-->




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/bottom-left.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/bottom-right.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-left.gif

http://ethiopiques.refer.sn/img/icones/recherche.gif

http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/top-right.gif




-Recherche sur le site

Haut du formulaire

Rechercher :

Bas du formulaire




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/bottom-left.gif




http://ethiopiques.refer.sn/img/cadre/bottom-right.gif







1. Littérature

ORALITE ET NARRATIVITE DANS LE ROMAN AFRICAIN

Jean-christophe L. A. KASENDE

impressionImprimer

Ethiopiques n°79.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2007


Auteur : Jean-Christophe L. A. KASENDE [1]

« Les proverbes ont par eux-mêmes un prix assez grand pour pouvoir se passer de celui que leur prêterait un habile agencement. Ils ressemblent aux perles qui, pour être mal enfilées, n’en sont pas moins précieuses » (Quitard, 1860 : 420).

La plupart des univers de romans africains subsahariens sont bâtis sur l’imbrication des genres. Chansons, contes, proverbes et devinettes provenant tout droit de la littérature orale traditionnelle sont convoqués par l’écrivain pour construire l’architecture du roman. Incorporés dans la structure narrative de ce dernier, ces différents genres de l’art oral traditionnel négro-africain fonctionnent comme des références au discours de l’« Autre » par rapport au récit romanesque. Leur analyse en contexte permet de déterminer leur statut et leur fonctionnalité en tant qu’intertexte ayant valeur d’idéologème dans les œuvres qui les intègrent. Ce statut d’« intertexte idéologémique » de l’oralité dans le roman africain oriente le regard critique vers la production d’un autre discours. Il peut en effet être envisagé dans une perspective qui transcende le pur constat de cette imbrication générique considérée à l’origine comme l’une des spécificités du roman francophone de l’Afrique subsaharienne. Cette étude s’attache donc à déterminer le rapport fonctionnel implicite entre l’oralité traditionnelle négro-africaine et la structure narrativo-discursive du roman, ce dernier étant considéré comme un objet sémiotico-artistique construit fondé sur les exigences de vraisemblance, de cohérence narrative et argumentative.
Ce rapport fonctionnel entre l’oralité, en l’occurrence les proverbes, et la structure du récit romanesque sera examiné à travers un corpus limité constitué de quatre romans : Karim et O pays, mon beau peuple ! respectivement des Sénégalais Ousmane Socé et Ousmane Sembene, Les soleils des indépendances de l’Ivoirien Ahmadou Kourouma et Le monde s’effondre du Nigérian Chinua Achebe. Il convient de signaler que, malgré la distance temporelle qui les sépare, ces œuvres ont comme caractéristique commune : la volonté affichée de leurs auteurs de recourir à l’oralité, comme modalité traditionnelle d’énonciation, pour traduire et symboliser certains conflits sociaux décrits dans les univers qu’ils créent à l’intention du public. Par ce choix formel, les écrivains obéissaient, consciemment ou inconsciemment, au mot d’ordre de la revue Présence africaine qui exigeait des artistes africains la mise en valeur de la culture africaine authentique. L’éloge de cette vocation, on le sait, avait conditionné le discours critique qui en était réduit pendant longtemps à la quête de la spécificité africaine comme critère esthétique de la littérature africaine. Ainsi peut-on admettre, comme résultat d’une certaine lecture, que ces quatre romans retenus pour cette étude relèvent de la veine dite « culturaliste » de par leurs structures narratives marquées par la survivance de l’oralité en tant qu’expression de la culture traditionnelle africaine. Mais ce simple constat de la « spécificité africaine », résultat d’une lecture idéologique, ou de ce que l’on peut a posteriori appeler « le nationalisme culturel africain » (nous parlons ailleurs de « la formalisation de l’africanité comme critère essentiel d’évaluation du texte littéraire négro-africain » [2]), laisse dans l’ombre l’essentiel : la fonctionnalité même de ce phénomène en tant que choix scripturaire à la fois technique et esthétique. La lecture basée sur la seule détermination de la spécificité africaine du roman ne s’intéresse ni ne répond, en effet, à certaines questions d’ordre logico-structurel se rapportant au statut artistique des énoncés de l’oralité traditionnelle, à leur contenu propositionnel comme effet-idéologie, à leur efficacité et à leur cohérence argumentatives dans les structures narrativo-discursives ou syntagmatiques des œuvres qui les intègrent. C’est vers le dépassement d’une « certaine esthétique africaine classique de réception » que cette étude est orientée. Le constat de l’imbrication générique comme caractéristique du roman africain sert donc de point de départ à cette nouvelle réflexion sur ces romans « traditionalistes » au lieu de demeurer la finalité d’une recherche critique.
1. LES CONTEXTES ENONCIATIFS DES PROVERBES DANS LES ROMANS

Le narrateur de Karim décrit l’attitude culturellement hybride du héros. Karim (ce nom désigne à la fois le héros et le roman) avait fixé à mardi son départ pour Dakar. Le héros accepte de reporter son voyage à vendredi sur l’injonction de sa mère. Selon cette dernière, qui réussit à convaincre son fils, le mardi « est un jour néfaste pour les voyages lointains » (p. 63). Présenté dans l’univers de ce roman comme un esprit critique envers les pratiques superstitieuses « qui présidaient à la vie des indigènes » (Socé, 1948 : 63), Karim affiche ici une ambiguïté et une incohérence comportementales. Pour corriger cette rupture opérée dans la logique du récit, le narrateur reprend pour le compte du héros ce proverbe (P1) wolof :

(P1) « Mord-il ? ne mord-il pas ? Abstiens-toi » [3](Socé, 1948 : 63).

Dans Ô pays, mon beau peuple ! les parents d’Oumar Faye lui avaient choisi pour épouse, comme le veut la tradition, Aïda, une jeune fille de son village natal. Mais après son séjour en Europe, le héros revient au pays marié à Isabelle, une Française. Seul contre tous, Faye s’emploie à détruire les préjugés qui pèsent dans son milieu natal sur la femme occidentale. Celle-ci, en effet, différente par sa culture et sa race de son homologue africaine, passe pour incapable de se comporter comme cette dernière et d’accomplir les tâches que la communauté africaine traditionnelle attend généralement d’une femme. Pour justifier sa décision et réagir contre le conservatisme intransigeant des milieux africains traditionnels, Faye recourt à ce proverbe (P2) : (P2) « On ne s’attache pas à la couleur d’un pagne mais à sa solidité » (Sembene, 1957 : 39).

Fama, dans Les soleils des indépendances, vit en milieu urbain depuis plusieurs années avec sa femme Salimata. Après le décès de son cousin survenu au village, il vient d’hériter, comme le veut la coutume, de Mariam, la plus jeune épouse du défunt. La présence désormais, dans la vie et dans la maison du héros, d’une deuxième épouse plus jeune, rivale légitime de la première, suscite la jalousie de cette dernière. L’atmosphère de ce ménage à trois se révèle aussitôt intenable et irrespirable pour Fama qui commence à s’en plaindre. A la fin de cette séquence narrative ainsi résumée, le narrateur intervient pour émettre un jugement que rend péremptoire cet aphorisme (P3) :

(P3) « On ne rassemble pas les oiseaux quand on craint les bruits des ailes » (Kourouma, 1968 : 159). Le conflit « intraculturel » dans le roman du Nigérian est logico-métaphysique et donc plus subtil. Pour se conformer à la volonté de l’oracle, Okonkwo, dans Le monde s’effondre, accepte de sacrifier par une mort rituelle son fils adoptif, le beau et jeune Ikemefuna. Représentant la valeur ajoutée au prix de la jeune fille vierge remise en guise de dédommagement à Udo dont la femme a été tuée par le clan ennemi du héros, le sang d’Ikemefuna doit être versé pour venger la victime et calmer son esprit, ainsi que le recommande la coutume. Obierika seul refuse de prendre part à ce meurtre qu’il estime immonde et insensé. Il désapprouve l’attitude d’Okonkwo et tente de lui faire comprendre que le sang innocent d’Ikemefuna, loin d’apaiser l’oracle, ne peut qu’attirer la colère de ce dernier sur les vivants. A cet argument opposé par Obierika à la décision de son ami Okonkwo, ce dernier répond en s’appuyant sur ce proverbe (P4) :

(P4) « Les doigts d’un enfant ne sont pas brûlés par un morceau d’igname chaude que sa mère lui met dans la main » (Chinua, 1972 : 83).

Comme on peut bien le remarquer, le choix de ces proverbes et leur utilisation dans les romans du corpus répondent aussi bien aux exigences artistiques que logico-structurelles. L’analyse ne peut donc pas se limiter au simple constat du phénomène pour conclure à la spécificité du roman négro-africain. Ce résumé des contextes énonciatifs permet d’interpréter ces parémies dans leur fonctionnalité par rapport aux récits qui les intègrent, à la fois comme intertextualités, idéologèmes et arguments.
2. LE PROVERBE COMME INTERTEXTE

En tant qu’intertexte, le proverbe, dans ces romans africains dits « culturalistes », illustre le rapport implicite entre l’intertextualité, l’hétérologie et l’hétérogénéité énonciative. Définie généralement comme « présence effective d’un texte dans un autre » (Maingueneau, 1991 : 154), l’intertextualité, illustrée ici par chaque énoncé proverbial, est une altérité marquée ou montrée ; elle est l’expression d’une conception du monde dans une énonciation littéraire et se trouve dans une relation logique de cause à effet avec l’hétérologie. En d’autres termes, celle-là se fonde sur celle-ci qui « est en quelque sorte naturelle à la société [et] naît spontanément de la diversité sociale » (Bakhtine, 1981 : 99). Le proverbe comme intertexte est saisi au sens où Bakhtine pose la pratique (la conscience) linguistique non pas comme « un système abstrait des formes normatives » (99) mais comme « une opinion hétérologique concrète sur le monde » (99). Il est aussi, en tant que structure littéraire intégrée, à situer « dans l’ensemble social considéré comme un ensemble textuel » (Grivel, 1973 : 60).
Par ailleurs, les contextes énonciatifs des quatre proverbes intégrés dans les romans font apparaître chacun de ces énoncés de l’oralité traditionnelle africaine comme une altérité discursive entretenant, dans l’énonciation littéraire, une double rupture aux deux niveaux syntagmatique et paradigmatique. En effet, au niveau syntagmatique, les quatre proverbes relevés sont ici des formes « discursives ou textuelles altérant l’image d’un message monodique » (Authier-Revuz, 1984 : 98), étant donné leur statut de segments discursifs simplement mentionnés et non assumés par les instances énonciatives citantes (énonciateurs selon la distinction établie par Simonin) [4]. Au niveau paradigmatique, la rupture se manifeste par l’affrontement des opinions hétérologiques, chaque proverbe se posant comme un segment discursif en opposition avec le discours de l’autre. C’est à travers cet affrontement entre la logique narrativo-discursive du récit romanesque et celle de l’oralité traditionnelle que le proverbe, en tant que référence socioculturelle partagée, s’interprète comme un intertexte à valeur d’idéologème. Dans tous les cas relevés dans cette étude, les proverbes fonctionnent comme des « signifiés parémiques [qui] sont investis [...] en tant que signifiants d’un signifié supérieur et premier » (Juillard, 1984 : 265). C’est en cela que le proverbe se pose comme idéologème.
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Recherche sur le site iconFiche action : Cette fiche actions sera mis à jour sur le site dans...

Recherche sur le site iconBonjour (ou plutôt bonsoir pour les couche-tard !) aux internautes...

Recherche sur le site iconLittérature, n° 3 Octobre 1971, éd. Larousse. Lituraterre, sur le...
«les formules de la sexuation», IL faut installer la police de caractères spécifique, dite «Lacan», disponible sur la page d’accueil...

Recherche sur le site iconUne version plus complète de ce bulletin est accessible sur le site de l'

Recherche sur le site iconUne version plus complète de ce bulletin est accessible sur le site de l'

Recherche sur le site iconUne version plus complète de ce bulletin est accessible sur le site de l'

Recherche sur le site iconUne version plus complète de ce bulletin est accessible sur le site de l'

Recherche sur le site iconCctp rédaction : V. Guy date : Janv 2013 Le présent cctp décrit le...

Recherche sur le site iconPour voir un exemple de cette lettre téléchargeable sur notre site

Recherche sur le site iconRéforme de la biologie médicale : présence obligatoire d’un biologiste médical sur chaque site








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com