Emmanuel Desrosiers








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L’intérêt de Mlle Dixon


Le président de la Silver Dollar Steamship Lines se tenait en communication avec son agent américain qui lui annonça que Steel s’était complètement désintéressé de l’affaire des dix millions puisqu’il était en Floride et se reposait sur les plages.

Une minutieuse enquête à bord l’avait rassuré.

Wilcoxon paraissait nerveux et malgré l’assurance que lui donnait le capitaine du navire que rien ne laissait supposer qu’il pourrait y avoir vol, le président de la Silver Dollar Steamship Line ne se calmait pas.

– Je vous dis, capitaine, qu’on me volera !

– Enfin, Wilcoxon, personne ne peut tout de même nous fausser compagnie en mer. Et un lingot d’or ne se cache pas dans un réticule. Et de plus dans trois jours nous serons en vue de la Tamise.

Revenons à Bielman et à Mlle Dixon. Ils causaient, accoudés aux bastinguages :

– Croyez-vous, M. Bielman, que l’or que nous transportons puisse s’envoler ?

– Mlle Dixon, je vous croyais plus sérieuse, moins romanesque.

– Vous savez, M. Bielman, j’ai toujours aimé l’aventure.

– Diana, vous êtes adorable !

– M. Bielman, ne persiflez pas. Je suis comme toutes les jeunes filles, j’ai besoin d’amitié. Peut-être ne le comprenez-vous pas assez, vous, professeur de biologie.

– Ne me faites pas injure, Diana, vous savez bien que je vous aime !

Mlle Dixon demanda de rentrer dans le salon brillamment éclairé.

Un steward qui la recherchait la prévint que son patron la mandait dans sa cabine.

Elle prit congé de Bielman.

C’est justement ce qu’attendait Goldfield pour sortir à son tour et aller retrouver Croote. Personne ne les avait suivi ; ils pouvaient donc causer à leur aise.

– Tout est prêt, Goldfield ?

– Tout est prêt. Je mettrai le feu à bord vers midi, à deux endroits différents. À trois heures le « Mary L » nous abordera sous prétexte de secours et nos hommes transborderont l’or.

– Pas mal ! maître. Y a-t-il danger que les soutes soient incendiées ?

– Aucun danger, Croote. Le feu sera mis à l’avant et à l’arrière du navire. Cette nuit, Bielman doit saboter les boyaux de ces deux sections du steamer. On aura donc de la difficulté à maîtriser l’incendie.

– Mais les passagers, la panique, qu’en faites-vous ?

– Croote, vous n’êtes qu’un enfant. Vous êtes cependant brave et audacieux, mais vous n’avez pas d’imagination pour un penny.

– Je ne saisis pas bien, Goldfield.

– Eh ! bien voici mon cher Croote, cette nuit « l’Iroquois » changera de capitaine ! Il sera remplacé par Dixham !

– Je commence à comprendre, cher maître.

– Dixham s’est procuré une photographie du capitaine et il a déjà réussi un maquillage parfait. Vous savez d’ailleurs qu’il est à peu près de la taille et de la corpulence de cet officier.

– Et le capitaine, qu’en faites-vous ?

– Je le supprime cette nuit même. C’est le seul moyen à ma disposition. Dixham prendra la direction de « l’Iroquois » et fera mettre les chaloupes à la mer. Tout le monde devra y descendre, ce sera notre chance. À la faveur du désordre, s’il est nécessaire, nous nous débarrasserons des gardiens des soutes. Ce sera votre partie, Croote.

– C’est entendu, Goldfield !

– Quant à Bielman il est chargé de l’incendie du navire. Tout doit se passer tel que prévu et le « Mary L » nous débarquera à Liverpool. En cours de route il changera de nom et même d’apparence. Deux jours suffiront à le transformer.

Puis Goldfield se retira.

– Je dois m’occuper du capitaine.

Il avait bien étudié les mouvements habituels du capitaine, les heures de relève, etc., et il savait où trouver celui-ci et à la minute précise.

Il pouvait être onze heures de la soirée.

Goldfield savait trouver Dixham dans sa cabine. Il ne frappa même pas.

Il fut stupéfié d’y trouver Dixham sous les traits exacts et d’une parfaite ressemblance du capitaine de « l’Iroquois ».

– C’est réussi, Dixham !

– Ce le sera encore plus lorsque je commanderai à bord.

– À minuit, vous deviendrez capitaine de « l’Iroquois ». D’ici à cette heure vous vous tiendrez caché aux yeux de tous. À minuit le capitaine véritable servira de pâture aux poissons de la mer.

Et Goldfield se retirant se dirigea vers le deck supérieur où il savait que le capitaine passerait vers onze heures et demie. Il ne prévoyait pas de lutte. Un solide coup de poignard entre les deux épaules et le personnage gênant serait éloigné de la route.

Goldfield se blottit près d’une chaloupe de sauvetage et là, caché par un pan de toile, il attendit.

Il était bien près de la demie de onze heures. Le capitaine ne tarderait pas à venir. Et cependant Goldfield gardait son sang-froid. Il ne lui vint pas à la pensée que sa victime pouvait se défendre. Il n’eût pas l’idée même qu’il pouvait être découvert.

Soudain une ombre parut, hésitante. Elle semblait chercher quelque chose ou quelqu’un.

La personne qui s’avançait était plutôt petite. C’était sans doute une femme à voir son allure plutôt svelte et dégagée.

Goldfield tempêta lorsqu’il reconnut Mlle Diana Dixon.

Que diable faisait-elle là, à cette heure de la nuit. Attendait-elle ce satané Bielman qui se permettait de faire l’amour à un moment aussi critique ?

Elle passa tout près de Goldberg sans le voir ou faire mine de le voir et redescendit vers le pont inférieur.

Et Goldfield gelait littéralement exposé qu’il était à la froidure et au vent. Ce n’est que vers minuit moins le quart que le capitaine parut sur le deck.

Il était sans défiance et arpentait le pont d’une démarche sereine. Au détour de la chaloupe près de laquelle se cachait Goldfield une ombre se faufila cauteleuse. C’était le bandit.

Le capitaine l’aperçut. Il vit un poignard briller dans sa main. L’officier n’était pas un homme pour refuser le combat mais il s’en était manqué de peu que le combat en perspective n’ait été un lâche assassinat.

En un tournemain le capitaine prit son Colt, le braqua sur le bandit et tira. La balle alla se loger dans la coque de la chaloupe de sauvetage. Prompt comme l’éclair, Goldfield fonça sur son adversaire. Un corps à corps terrible s’ensuivit. Deux autres balles furent tirées sans résultat.

Le capitaine avait reconnu Craig, mais il se douta que cet homme avait quelque rapport avec la consignation d’or. Goldfield était souple, son adversaire possédait une vigueur peu commune.

Déjà presque toutes les embarcations s’éloignaient sur d’aucune utilité, c’était le poignard de l’autre qui était dangereux et le capitaine l’évitait autant qu’il pouvait.

Celui-ci ne pouvait appeler à l’aide, ses cris se seraient perdus dans le vent. Il luttait seul avec l’énergie d’un soldat et d’un chef car il était responsable de la vie et de la sécurité des passagers de son navire.

Et Goldfield était un expert dans ces sortes de rixes. Jamais encore il n’avait rencontré une telle résistance. Il était extrêmement agile et déterminé.

Le capitaine de « l’Iroquois » parvint à se dégager et promptement visa et pressa sur la gâchette, mais son arme s’enraya.

Dans un bond formidable Goldfield fut sur lui et le poignarda entre les deux épaules.

Le pauvre homme croula comme une chose inerte et sans vie.

Le bandit ne perdit pas un instant. Il traîna le corps auprès des bastingages et le précipita à la mer.

Maintenant les choses n’allaient pas traîner en langueur..

La nuit se passa très calme à bord. Vers quatre heures du matin un cargo signala sa position. C’était le « Mary L ».

Mlle Dixon ne s’était pas montré. Que machinait-elle seule avec son vieux marchand de Coventry ? C’est ce que nous aurions peine à dire.

Vers midi tous les passagers étaient dans les salles à manger dînant aux accords d’une musique de concert.
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