Emmanuel Desrosiers








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« L’Iroquois » approchait de Land’s End


Le même soir Goldfield réunit ses complices dans la cabine de Croote.

Mlle Dixon avait relevé au tableau du bord 20° de longitude est et 48° de latitude nord, « l’Iroquois » se trouvait donc à 800 milles du cap Land’s End environ.

Elle causait avec son vieux patron enfoui dans un grand et profond fauteuil. Celui-ci n’avait pas sommeil.

Diana aurait voulu que son patron se fut couché. Elle aurait pu furtivement pratiquer son métier de détective amateur et aller voir ce qui se passait dans la cabine de Croote. Mais M. Irving (c’était le nom du vieux monsieur) s’obstina à dormir.

Vers deux heures et demie du matin, M. Irving, vieux marchand de Coventry, donna congé à Diana Dixon.

– Je vous remercie, M. Irving. Je me retire à l’instant.

Était-il trop tard pour aller épier du côté de la cabine de Croote ? Mlle Dixon se le demanda.

Cependant au lieu d’aller se coucher, elle suivit le corridor, éclairé de loin en loin par des verres dépolis, qui conduisait aux cabines de la Section C où se trouvait la cabine de Croote.

Avec d’infinies précautions, elle s’approcha du hublot et risqua un œil.

Elle fut fort surprise d’y voir M. Craig (que nous connaissons déjà comme étant Goldfield).

Que faisait là, Craig ?

Si Mlle Dixon ne le savait pas, le lecteur, lui, sait très bien que Goldfield était à bord afin d’organiser le vol des dix millions en or que contenaient les flancs du transatlantique.

À part Craig, il y avait dans la cabine de Croote les inséparables lord Dixham of Glenfall et le professeur de biologie Bielman.

Il faut avouer que la romanesque Diana Dixon avait fait plus que remarquer Bielman et celui-ci avait encouragé un amour naissant.

Il faisait froid dans cette partie du navire malgré la vapeur courant dans les tuyaux dissiminés un peu partout.

Mlle Dixon frissonnait et aussi quelqu’un pouvait la voir. Elle décida donc de retourner à sa cabine.

Elle y alla sans précaution aucune certaine qu’elle était de ne rencontrer personne. Quand soudain elle se trouva, au détour d’une cursive face à face avec Bielman.

Elle fut stupéfiée.

Ce ne pouvait être le professeur ! Elle venait de le voir dans la cabine de Croote.

– Bonsoir, ou plutôt bonjour, Mlle Diana. Vous avez des cauchemars ? Vous ne dormez pas ?

Diana Dixon était rarement prise au dépourvu. Elle répondit à son interlocuteur :

– Et vous, M. Bielman, ce sont vos rêves qui vous tiennent éveillé ?

– Ne soyez pas méchante, Diana ! Vous savez bien que la mer est mauvaise et le froid intense. Je parie que, comme moi, ce sont les éléments qui vous empêchent de dormir.

– Alors, voulez-vous que nous les affrontions, ces éléments ? Venez, nous allons faire une promenade sur le pont arrière. Il est quelque peu abrité du vent que nous avons devant.

– L’idée est bonne, Diana. Humer le grand air et laisser la brise nous donner son âpre caresse.

– M. Bielman, vous êtes poète.

– Je n’ai pas dépassé l’âge de l’amour, Diana.

– Vous n’avez jamais été marié ?

Et pendant que le professeur répondait, mademoiselle Dixon songeait encore qu’elle avait vu Bielman avec les autres dans la cabine de Croote et que c’était pour le moins étrange qu’elle l’eût rencontré au détour de la cursive.

Enfin, il avait bien pu quitter avant elle par une porte dérobée ce qui expliquait qu’elle l’eût rencontré si vite.

– Non, mademoiselle, jamais je n’ai eu l’occasion de rencontrer de charmante personne et surtout cultivée !

– Ne causons pas ici M. Bielman, allons sur le pont et sous les étoiles.

– Les étoiles ! Oh ! il n’y en a pas cette nuit. Le ciel est à l’orage !

Il fallait parler assez fort à cause de la vague mugissante et de la tempête qui ne tarderait pas à se déchaîner.

– Ce n’est pas un endroit idéal pour causer, mademoiselle.

– Non, mais on y respire autre chose que l’air rare des cabines.

– On y respire aussi un peu d’amour !

Et Bielman s’était penché vers Diana et la regardait dans les yeux.

Diana n’essaya pas de détourner son regard. Elle semblait se complaire infiniment en la présence de Bielman. Elle se pressait contre lui si bien que le professeur l’enlaça dans ses bras sans qu’elle fit un mouvement pour se dégager.

Maintenant leurs lèvres s’unissaient en un long baiser.

– Il vous faut entrer, Diana. Il fait froid, il est tard.

– Vous avez raison, Bielman. Nous sommes deux enfants terribles.

Et Mlle Dixon se dirigea vers sa cabine dans la Section C.

Aussitôt qu’elle eût refermé sa porte, Bielman retourna rencontrer ses complices dans la cabine de Croote.

Ceux-ci l’attendaient avec impatience. Pourquoi ?

Évidemment, on savait que Mlle Dixon s’obstinait à les épier. Qui était-elle, que voulait-elle ?

On croyait que ce n’était qu’une lectrice de romans détective, mais qui sait jamais ! On avait chargé Bielman d’élucider la question. C’était l’homme des situations délicates.

Celui-ci revenait rendre compte de ses investigations.

– Et puis Bielman ?

– J’ai vu mademoiselle Dixon. Elle est en amour avec moi.

– En amour !

– Oui, rassurez-vous, ce n’est pas un détective, vous pouvez me croire C’est moi qu’elle recherche.

– Tant mieux, reprit Goldfield, car je n’aime pas que les gens se mêlent de mes affaires.

– Enfin, dans deux jours, nous serons en vue du « Mary L » ? demanda Bielman.

– Oui et nous devons organiser notre opération et j’ai un plan qui devrait donner plein succès. Je vais vous l’exposer dans ses détails, dit Goldfield.

– Nous devrons stupéfier l’équipage et les passagers et ce par un moyen simple mais dangereux.

– Et quel est ce moyen, demanda Bielman.

– Le feu !

– Le feu ?

– C’est un moyen simple comme vous voyez, mais il est dangereux. Si l’incendie devenait incontrôlable nous pourrions tout perdre.

– Mais le « Mary L » sera dans les parages ?

– Sans doute, mais, il faudra transborder l’or. Et ne pas avoir sur les bras les cerbères qui gardent le trésor.

– Il sera facile avec nos complices du « Mary L » de les mater.

– À condition toutefois que « l’Iroquois » ne soit pas un brasier.

Et Goldfield regardant bien en face Croote, Dixham et Bielman, leur dit :

– Je prendrai charge des opérations. Je vous indiquerai l’heure et ce qu’il faudra faire.
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