Docteur M. Boigey








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date de publication11.09.2017
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Docteur M. BOIGEY

MANUEL SCIENTIFIQUE D’EDUCATION PHYSIQUE


(extraits)

Masson, 1922


PREFACE
Cet ouvrage est destiné à donner un aperçu d'ensemble des problèmes biologiques que pose aujourd'hui la pratique de l'éducation physique et des sports.

L'éducation physique ne peut plus être réduite à des questions de forme et de style. La méthode expérimentale, introduite dans son domaine, apparaît désormais comme seule capable de permettre de substituer des données positives à un empirisme capricieux et à des considérations purement descriptives.

Il s'agit moins de commenter les diverses modalités de l'exercice musculaire que de décrire ses effets sur l'économie et d'en déduire les limites dans lesquelles il convient de l'exécuter en tenant compte de l'âge, du développement et de la constitution générale de chacun.

Le médecin apparaît comme le guide et le conseiller indispensable de l'éducateur. Il le met en garde contre les excès, lui signale les erreurs et lui indique, dans chaque cas particulier, la meilleure méthode à employer. Ce n'est que lorsque l'éducation physique sera contrôlée physiologiquement, qu'elle s'imposera à tous d'une manière évidente. Les exercices n'effraieront plus personne quand on saura les proportionner à la force de chacun et quand il résultera de leur pratique bien dosée une santé florissante et un développement corporel parfait.
Nous nous sommes attachés à connaître les différentes méthodes d'éducation physique. Nous avons, à loisir, analysé les effets de chacune d'elles. Après des observations nombreuses poursuivies pendant plusieurs années, nous sommes arrivés à cette conviction qu'il n'est pas de méthode qui puisse légitimement prétendre être la meilleure. Aucune d'elles ne possède, en soi, des qualités qui la puissent faire équitablement prévaloir sur toutes les autres.

Elles ont presque toutes des effets excellents lorsqu'elles tendent à améliorer la santé générale, en régularisant les échanges nutritifs et en augmentant la force de résistance. Elles sont recommandables lorsqu'elles tiennent compte des différences de sexe, d'âge et de constitution. Elles peuvent, au contraire, devenir la source de graves accidents lorsqu'elles imposent indistinctement à tous et à toutes des exercices bons en soi, mais appliqués sans discernement.

La vérité est que les mouvements que l'homme peut accomplir ne sont pas nombreux.

Ils se réduisent à six groupes : flexions, extensions, adductions, abductions, rotations et circumductions.

Mais il y a la manière de les utiliser et de les combiner, l'ordre dans lequel ils doivent se succéder, leur étendue, leur dosage aux différents âges, pour chaque sexe et pour chaque constitution. L'éducation physique n'est qu'une question de mesure.

Toutes les méthodes sont composées d'une série de mouvements qu'on retrouve, d'ailleurs, dans celles qui paraissent le plus s'opposer. Les théories sont fort belles et d'une surprenante diversité. La pratique est beaucoup plus simple et, ramenée à ses éléments, se ressemble fort, qu'il s'agisse, par exemple, des Suédois ou des Français. A l'heure où nous écrivons ces lignes, nous parcourons des yeux les photographies des leçons données à L'Institut National de Stockholm, et nous y voyons que les moniteurs suédois, comme ceux de Joinville, font des exercices d'opposition, d'équilibre, travaillent aux agrès, jouent au rugby, sautent, grimpent, courent, manipulent des haltères, des disques, des javelots, bref, emploient les mêmes procédés que nous.

Il faut résolument s'affranchir de toute doctrine cataloguée et ne plus parler que pour mémoire de ces belles conceptions schématiques par lesquelles on prétendait représenter la gymnastique d'école. Ce faisant, on ne commet que des erreurs ; on jette le discrédit sur des procédés qui ont parfois de bons effets. On entoure d'une atmosphère antipathique ce qui ne mérite pas d'être jugé défavorablement. Avec de telles habitudes de langage, le rejet d'une méthode accule à la nécessité d'en adopter une autre qu'on lui oppose. Que de fois nous avons entendu faire l'apologie d'une gymnastique considérée comme le « mouvement scientifique réglé », et, par contraste, tourner en dérision la gymnastique d'Amoros, par exemple, qu'on lui opposait. Sait-on que, contrairement au schéma insuffisant par lequel il est convenu de la représenter, la gymnastique d'Amoros ne fut pas seulement une gymnastique acrobatique et de poids lourds, mais un programme gymnastique empirique très complet, qui comprenait tous les exercices éducatifs employés aujourd'hui dans les différents pays, tous les jeux que nous préconisons pour l'enfance et l'adolescence, les exercices naturels de la méthode Hébert, sans en excepter un seul, enfin jusqu'à la danse et aux chants.

Méthode d'Amoros, méthodes de Ling, de Demeny, d'Hébert, de Racine, de Desbonnet, de Duncan, de Jacques Dalcroze, de Joinville : voilà qui est bientôt dit. Sous ces vocables, se cachent diverses modalités du mouvement. Les résultats physiologiques sont identiques lorsque les exercices sont bien faits : ils se traduisent par la santé pour celui ou celle qui les exécute. Soyons prudents et modestes dans la création de nos beaux systèmes éducatifs. Inspirons-nous d'une maxime célèbre de Leibniz : « Tous les systèmes sont vrais dans ce qu'ils affirment, et faux dans ce qu'ils nient. » Rappelons-nous que les compétitions sportives ne datent pas d'hier. On lançait le disque peut-être mieux que nous au siècle de Périclès. On parle beaucoup du rythme introduit dans les exercices par nos professeurs d'éducation physique contemporains ; mais l'orchestique était en honneur, il y a trois mille ans, dans les fêtes. On sait aujourd'hui les noms de deux cents danses grecques et nos poètes lyriques ne sont pas encore redevenus, comme leurs devanciers de la belle époque hellénistique, maîtres de choeurs ; leurs demeures ne sont plus les maisons des « muses ».

Simonide de Céos habitait ordinairement le Chorégeion, près du temple d'Apollon ; il enseignait la musique, la récitation, l'art des belles attitudes. Les fêtes les plus saintes étaient alors des défilés rythmés par des chants et des danses exécutées devant les dieux par des citoyens choisis.

Ce que nous tentons aujourd'hui pour fortifier et embellir la race n'est qu'un recommencement. Au point de vue de la technique de l'éducation physique, nul ne peut se flatter avec certitude d'avoir découvert quelque chose de nouveau sous ce vieux soleil qui nous éclaire.

Ce qui importe avant tout, c'est de déterminer les limites au delà et en deçà desquelles l'exercice devient nuisible ou demeure inopérant chez un sujet donné. Par son oeil exercé et sa connaissance des fonctions organiques, le véritable professeur de gymnastique doit saisir l'instant où les signes avant-coureurs de la fatigue apparaissent. Entre l'excitation salutaire qui suractive la respiration, accélère modérément la circulation du sang, et le surmenage musculaire qui aboutit à l’anhélation et à la dilatation du cœur, existent des phases intermédiaires. Le véritable maître les appréciera exactement.

Cette science est délicate. Elle ne s'acquiert pas du jour au lendemain. Il faut bien du temps et faire bien des observations pour arriver à établir promptement le bilan physiologique d'un exercice chez un sujet donné. Et on se trompe quelquefois ! Se prononcer judicieusement sur les problèmes courants de l'éducation physique est aussi difficile que faire un diagnostic au lit d'un malade. En cette matière, trancher ou affirmer a priori peut avoir de funestes conséquences.

Nous avons rassemblé jusqu'à ce jour, soit sur le stade, soit sur les terrains de jeux, un peu plus de deux cents observations d'exercices au cours desquels, manifestement, le dosage a été mal fait par excès ou par défaut. Dans le premier cas, l'exercice a abouti au surmenage dans le second, il n'a pas produit sur la santé les heureux effets qu'on devait en attendre.

La physiologie humaine, cette synthèse des sciences biologiques, appliquée à l'organisme de l'homme, est une étude indispensable à celui qui veut remplir dignement et, nous dirons, honnêtement, son rôle d'éducateur. Il faut, en cette matière, laisser le moins possible au hasard et à l'inspiration du moment.

Il convient de soumettre l'exercice, comme tous les autres agents de l'hygiène, au contrôle scientifique. La science expérimentale ne donne pas toujours raison à l'empirisme qui fut longtemps seul à la base de l'éducation physique. Il est nécessaire de connaître les mécanismes secrets de la machine humaine pour l'employer judicieusement. Les connaissances physiologiques permettent seules de diriger l'éducation physique dans la bonne voie. Sur beaucoup de points de physiologie, on peut greffer des applications importantes qui intéressent à la fois l'athlète et l'éducateur : un détail en apparence négligeable peut avoir une grande importance pratique.

La supériorité des modernes sur les anciens ne réside pas dans une perfection plus grande de la technique sportive pure. Il est probable qu'on luttait au moins aussi bien que nous dans les palestres de l'Hellade et que les coureurs d'Olympie valaient les nôtres. Notre supériorité est tout entière dans ce fait que, grâce aux progrès de la biologie, nous interprétons les effets de l'exercice sur l'organisme et sommes capables de le mieux doser suivant les circonstances et les constitutions. C'est là un avantage que nous serions inexcusables de négliger puisqu'il nous permet d'entraîner, de retenir, de guider nos enfants, nos adolescents et nos athlètes avec sécurité.

En soumettant au public cet ouvrage, il nous reste à solliciter son indulgence pour les omissions, les erreurs de détail, les imperfections, qu'en dépit du soin apporté à sa composition il peut présenter.

Nous avons visé beaucoup moins à être complet dans les détails qu'à être clair dans l'interprétation des faits. C'est dire que nous nous sommes refusés, sur bien des points, les développements que la matière eût pu comporter, afin de ne laisser dans l'ombre aucun des objets sur lesquels il convenait d'appeler l'attention.

Les difficultés d'une telle oeuvre seront comprises de tous. Elles serviront d'excuse aux imperfections qu'elle présente et dont l'auteur a conscience plus que qui que ce soit.

ECOLE NORMALE D'ÉDUCATION PHYSIQUE DE JOINVILLE.

(Mars 1922.) M. B.




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