Chapitre Préliminaire : introduction épistémologique à la Sociologie Politique








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B— Mais venons-en maintenant, aux Techniques vivantes.

L'idée de faire des enquêtes, c'est-à-dire de chercher dans la réalité des éléments plus précis et objectifs que de simples impressions, est fort ancienne, puisque Hérodote signale déjà un recensement de la population et des revenus du Peuple Egyptien en 3000 avant Jésus-Christ. Les premières enquêtes sur le terrain remontent pour l'Epoque Moderne, aux travaux de Villermé en France avec une étude de 1846 sur la situation des travailleurs, et à une enquête de Charles Booth en Grande-Bretagne avec un travail également sur les ouvriers de Londres cette fois en 1886. Mais c'est surtout les Américains qui à partir de 1920 dirigeront leurs recherches dans un but plus spécifiquement Scientifique.

Les Techniques vivantes peuvent se caractériser finalement par la mise en pratique de deux moyens de recherche.

A savoir, l'interrogation et l'observation

En fonction de cette constatation, nous pouvons en distinguer deux grands groupes,

—les Techniques individuelles d'une part,

—et les Techniques de groupes d'autre part.

Les Techniques individuelles sont appliquées à des individus.

Dans un rapport, enquêteur, enquêté, plus ou moins complexe, elles consistent en des interrogations suivant différentes modalités.

Les Techniques de groupes ont pour but d'observer les individus agissants et réagissants les uns sur les autres dans un groupe.

Il s'agit ici d'une classification fonctionnelle commandée, et par le but de l'enquête, et par la population à laquelle ces Techniques s'appliquent. Ce qui signifie que les Techniques de rapports individuels concernent, soit des individus en tant que tel, un Premier Ministre par exemple, soit des individus en tant que Membres d'un groupe, il s'agira en l'espèce d'interviewer l'un ou l'autre des Ministres en qualité de Membre de Cabinet Ministérielle. Soit au contraire des individus, désignés par sondage, en tant que représentant d'une population plus étendue. Les recherches, visant un groupe quant à elles peuvent utiliser les Techniques de rapports individuels lorsqu’elles s’appliquent comme dans l'exemple précédent à l'étude de tel ou tel personnage considéré comme Membre du groupe et en tant que tel, mais en revanche, elles ne sont pas applicables à des individus isolés.

Pour plus de clarté, considérons donc à présent, en premier lieu l'interview, l'archétype des techniques de rapports individuels, et en second lieu le procédé du sondage qui n'est rien d'autre qu'une collection organisée d'interviews.

Et d'abord l'interview. Encore appelé entretien, ou entrevue,

c'est au sens Technique un procédé d'investigation scientifique utilisant un processus de communication verbale pour recueillir des informations en relation avec un but fixé, une enquête s'organise sur une idée de départ, et elle a pour objectif, triple, de permettre la formulation d'hypothèses vérifiables, de recueillir suffisamment de données et enfin d'obtenir des résultats généralisables. Cela dit, deux éléments essentiels permettent de différencier et de classifier les interviews. Il s'agit d'une part, du Degré de Liberté, que la forme du questionnaire laisse aux interlocuteurs, et d'autre part, du niveau de profondeur de l'information, que l'enquêteur cherche à obtenir, information qui va de la simple récapitulation statistique de variables à l'étude de motivation particulièrement utilisée en Sociologie Electorale.

Aussi cet outil de l'interview est-il protéiforme et adaptable à toutes sortes d'investigations, des plus simples, aux plus complexes, suivant que la liste des questions posées est courte ou longue et que les questions elles-mêmes, celles que l'on appelle fermées, ne laissent qu'un choix limité de réponse, OUI ou NON, ou au contraire, il s'agira en l'espèce de questions ouvertes permettant à l'enquêteur de répondre comme il le désire.

Et entre questions fermées et questions ouvertes, on distingue une troisième espèce de questions, les questions dites « Cafétéria », où il est possible de répondre, oui, non, ou peut-être.

Encore faut-il que l'interview soit un bon outil, c'est-à-dire qu'il permette d'obtenir un contenu vrai par rapport à l'enquêté, et significatif par rapport aux problèmes, de manière à ce que les questions par le choix des mots simples et non ambigus, par la syntaxe aussi claire que possible, de manière donc à ce que ces questions bien comprises par l'enquêté, traduisent néanmoins pour l'enquêteur toutes les complexités de la réalité analysée.

En un mot, cela signifie que, pour donner des résultats fidèles, c'est-à-dire sans distorsion, dans les rapports entre les enquêteurs est valide c'est-à-dire l’adéquation avec les réalités, les sources d'erreurs doivent autant que faire se peut être réduites, tant au niveau des questionnaires que dans l'exploitation des résultats

Le sondage quant à lui est né d'une impossibilité pratique.

A savoir, l'interrogation de toute une population individuellement à laquelle on s'adresse. Il est né également d'une possibilité statistique, à savoir la description du tout par la partie, autrement dit, les enquêtes par sondage sont adaptées à l'étude de populations nombreuses et suffisamment fractionnées.

Les Politologues sont très friands de cette Technique, au point que Jérôme Jaffré, dans le numéro 33 de la revue « Pouvoir », a pu parler de « sondomanie ». Il est vrai que le sondage présente l'avantage pratique de recueillir une masse d'informations autrement inaccessibles, principalement en matière d'opinion, à titre d'exemple, le Droit Français, interdisant la comptabilisation séparée du vote des hommes et de celui des femmes, seul le sondage permet de connaître les différentes attitudes éventuelles entre les sexes, dans les isoloirs.

Cela dit, au risque d'erreur inhérent aux interviews individuelles, que la Technique du sondage démultiplie, se surajoutent d'autres sources occasionnant une interprétation erronée. Jacques Antoine dans son ouvrage intitulé, « L'Opinion, Techniques d'Enquête par Sondage », paru aux Editions Dunod, en collection Sygma n°19 en 1969, les a répertorié en page 177 et suivantes, notamment, la Méthode de Sélection de l'échantillon représentatif des personnes interrogées, conditionne le taux d’incertitudes statistiques, du résultat final.

A cet égard, les grands Instituts de Sondage en France la Sofres, l'IFOP, ou encore Louis Harris, préfèrent pour des échantillons de 1000 personnes, chiffre régulièrement retenu pour les enquêtes à la Technique du Sondage aléatoire qui consiste à interroger des personnes au hasard, la construction d'un modèle réduit de la Société de référence, c'est-à-dire une reproduction proportionnelle de celle-ci, à base de certaines variables tenues pour significatives. Le sexe, l'âge, les répartitions géographiques et professionnelles etc.

C'est une Technique que l'on appelle encore Méthode des Quotas, qui est jugée plus fiable.

Signalons pour en terminer avec ce Chapitre des Sondages, la Législation Française du 19 juillet 1977 qui a pour objet d'instituer une Déontologie en direction des organismes diffusant des sondages par la création d'une Commission des Sondages d'une part, et par également, l'interdiction de la publication, de la diffusion, et du commentaire de tout sondage électoral, pendant la semaine qui précède chaque tour de scrutin, ainsi que pendant le déroulement de celui-ci.

Cette dernière mesure de prévention des manipulations de l'Opinion de dernière heure s'avère au demeurant relativement inefficace, parce que contournée lors de chaque élection, et sévèrement critiquée au nom de la Liberté d'Information. Bien entendu, d'autres Techniques que les sondages permettent aussi l'étude des collectivités, encore qu'elles soient d'une utilisation plus limitée.

Il s'agit de l'enquête sur le terrain, qui consiste à observer un groupe dans son contexte social habituel et la valeur scientifique de ce procédé dépend naturellement des données recueillies, mais elle dépend également du degré d'intégration du chercheur dans le groupe. Il s'agit aussi de l'expérimentation, par laquelle le Sociologue intervient pour manipuler les facteurs qui l'intéressent, de manière à se donner les moyens d'analyser les interactions, qu’il aura suscité. C'est là un outil au maniement délicat, car il ne peut manquer de perturber plus ou moins, les comportements des individus auxquels on l'applique, et partant, son application est relativement exceptionnelle.

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SECTION II

Venons-en à présent à la Méthode même de l'Approche Scientifique, c'est-à-dire à la Théorisation des données Sociologiques pour une compréhension des phénomènes du Pouvoir, par l'étude des relations existantes entre ceux qui le détiennent, et l'ensemble de l’environnement Social où il s'exerce. Suivant les objectifs de la recherche, il sera fait appel à l'Analyse Fonctionnelle, à l'Analyse Structurale, ou encore à la Méthode Systémique ou à l'Approche Cybernétique, chacun de ces apports Théoriques à la Méthodologie Scientifique, utilisés à bon escient, ouvrant sur une compréhension en profondeur de tel ou tel aspect de la Réalité Politique.

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SECTION III

Les Théories Explicatives dans l'Analyse Sociopolitique du Pouvoir.

Théoriser, autrement dit, développer un système cohérent et global d'interprétation des phénomènes politiques, comportant l'identification des variables principales, c’est doter la Sociologie Politique, d'un cadre général d'analyse fait de concepts propres à guider les recherches et interpréter le résultat. Dans cette optique, quelle que soit l'approche retenue, la Méthode suivie par delà les dissemblances de ces types d'analyse, présuppose une double démarche intellectuelle fondamentale.

En premier lieu, il s'agit de concevoir le Groupe Social plus ou moins vaste qui fait l'objet de l'étude, comme une totalité dont les éléments sont liés et interdépendants, de telle manière que l'explication du jeu de chacune des parties de l'ensemble ne saurait découler autrement, que du contexte global qui l'enveloppe. Pour saisir l'ensemble, la Méthode consiste donc, à expliquer les parties par le tout, à commencer par envisager un ensemble pour tenter d’en comprendre chaque élément.

En second lieu, il s'agit de traduire cet effet de Formalisation Théorique, dans la construction de modèles formels plus ou moins vastes qui sont autant de reconstructions mentales de la réalité, les uns privilégiant le concept de fonctions, les autres celui de structures, d'autres encore celui de systèmes ou encore celui de communications.

Rappelons à cet égard la définition que Guy Rocher, au tome II, pages 154, 155 de son « Introduction à la Sociologie Générale », parue dans la collection Point, en 1968, donne de la Notion de Modèle, je cite, « Il est véritablement de l’ordre de l'abstraction écrit-il, parce qu'il construit en extrayant de la réalité étudiée, certaines propriétés qui, une fois représentées par des signes, des concepts, peuvent servir à donner de cette réalité, une interprétation et une explication de caractère logique », fin de citation.

Paragraphe I

l'analyse fonctionnelle et le Fonctionnalisme

en Sciences Politiques

En Sociologie, le terme Fonction, revêt au moins trois significations discernables. C'est la profession, les activités imparties aux bénéficiaires d'un Statut Social déterminé, auquel cas, le mot fait partie du langage courant et ne nous intéresse pas directement ici, mais c'est aussi deuxième acception d'ordre mathématique, la relation existant entre deux ou plusieurs éléments, tel que tout changement introduit en l'un, provoque une modification dans l'autre, où les autres, et entraîne de leur part une adaptation.

C'est à partir de ce concept, que s'est développée, l'Analyse des Variables Sociales ou Analyses Fonctionnelles, que l'on retrouve par exemple dans l'étude de Durkheim sur le suicide. Mais l'influence du fonctionnalisme en Sciences Sociales, procède d'un troisième sens du terme fonction, qui a été dégagé sous l'influence du Sociologue Anglais Herbert Spencer à la fin du siècle dernier, du modèle des organismes vivants.

L'idée sous-jacente du Fonctionnalisme proprement dit, consiste en conséquence à considérer toute Société, à l'image d'un organisme vivant qui se maintient en vie grâce aux fonctions respiratoires, digestives et autres, comme un Corps Social, autrement dit une totalité, dont les éléments constituants, interdépendants, assument certaines fonctions qui répondent à ces besoins fondamentaux. Penchons-nous plus avant sur les caractères de cette Théorie, après quoi, nous essaierons d'évaluer son apport à la Science Politique.

A— Définition du Fonctionnalisme

Après Spencer, le chantre du Fonctionnalisme dit Absolu est un ethnologue Anglais, Bronislaw Malinowski, disparu en 1942.

Premier chercheur moderne à partager la vie des peuples qu'il étudiait, il considère que chaque culture forme un tout cohérent et que chacun de ces éléments ne peut se comprendre que par référence à ce tout. A partir de ce constat, il en déduit un principe général d'organisation harmonieuse des Sociétés ou tout élément, chaque objet matériel, chaque institution, chaque trait de culture, est à la fois utile et nécessaire.

Dans un ouvrage traduit en Français sous le titre, « Eléments de Théorie et de Méthode Sociologique », qui est paru à Paris en 1965, l'Américain Robert King Merton va dénoncer en Sociologie, les excès de l’hyper fonctionnalisme de Malinowski. Il le juge inadapté aux Sociétés Modernes, sauf à le relativiser. C'est ainsi que Merton critique les trois postulats du Fonctionnalisme Absolu de son prédécesseur, et en revanche, il propose de les remplacer par trois nouveaux concepts fonctionnels jugés plus opératoires et notamment, à nos Sociétés Modernes.

Au postulat de l'unité Fonctionnelle de la Société, selon lequel pour Malinowski, tout élément, toute activité remplit une fonction pour la Société dans son ensemble, Merton propose en remplacement, la Notion d'Equivalent Fonctionnel. Ce qui signifie qu'un seul élément peut avoir plusieurs fonctions, de même qu'une seule fonction peut, être remplie par des éléments interchangeables. Et pour illustrer cette idée, on peut donner l'exemple d'un Club Politique, qui peut se révéler tout à fait en mesure dans certaines circonstances d'exercer la fonction programmatique d'un Parti Politique.

De la même manière, au postulat du Fonctionnalisme Universel, selon lequel aucun élément Culturel ou Social ne subsiste, s'il ne répond à un besoin absolu, Merton oppose la Notion de Dysfonction qui gêne l'adaptation ou l'ajustement du système à certains moments.

A titre d'exemple, telle croyance religieuse, comme celle qui consiste à reconnaître un caractère sacré aux vaches dans l'hindouisme est fonctionnel, dans la mesure où elle participe au ciment Culturel du Sous-continent, mais elle est dysfonctionnelle dans la mesure où elle est susceptible d'entraver son Développement Economique. Enfin, opposé au postulat de la nécessité fonctionnelle, selon lequel tout élément Culturel ou Social est indispensable, Merton propose de distinguer les fonctions manifestes, celles qui contribuants à l'ajustement du système sont comprises et voulues par les participants du système, et les fonctions latentes qui elles, ne sont ni comprises ni voulues.

B— Fonctionnalisme et Sciences Sociales

Sous ses différentes formes précisément, le Fonctionnalisme a inspiré de nombreux spécialistes de la Science Politique. Notamment, Gabriel Almond et Bingham Powell, ces deux auteurs dans un ouvrage paru à Boston en 1966, « Comparative Politics and Development Approche », expliquent que tout Système Politique se rattache à la Société globale qui constitue son environnement. Et que tout Système Politique, ne peut perdurer dans un rapport d'échange avec son milieu qu'en répondant aux attentes et aux différents intérêts de ce milieu qu'il doit réguler, et en développant des structures adaptées à ses fonctions. Et de la sorte, il démontre qu'un Gouvernement est d'autant plus Fonctionnel, autrement dit accepté comme légitime, qu'il est structurellement en phase, avec la Culture Politique de la Société qu’il régente.

Ainsi ces deux auteurs distinguent la Culture Paroissiale, dans laquelle les individus sont peu sensibles à l'ensemble National et qui convient plutôt à une Structure Politique Traditionnelle et Décentralisée, la Culture dite de Suggestions, dans laquelle le Système Politique est ressenti comme extérieur et qui conviendrait particulièrement à une Structure Autoritaire et Centralisée, enfin la Culture de Participation, celle des individus citoyens, qui s'accordent, à une Structure Démocratique. Ce type d'analyse donc, à une réelle valeur heuristique, car elle facilite grandement la comparaison entre les Régimes Politiques.

Paragraphe II

L'étude du structuralisme
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