Chapitre Préliminaire : introduction épistémologique à la Sociologie Politique








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A — Chez Marx et Engels, toute Société donnée est caractéristique à trois points de vue. A savoir, un certain développement technologique, une certaine structure économique, et partant, un certain paysage social.

Reprenons ces trois points.

1 — D'abord le développement technologique au sens large.

C'est le mode de production, et lui-même est constitué par la combinaison de trois éléments, les forces productives qui sont, les instruments de production, c'est-à-dire les instruments techniques plus ou moins perfectionnés, grâce auxquels les hommes produisent des biens matériels. Il faut distinguer ces instruments de production, d'un deuxième élément, les objets du travail, c'est-à-dire, la matière transformée pour devenir objet, qui est pour l'homme une occasion de travail. Enfin dernier élément, élément fondamental dans la production, les hommes.

Les Marxistes sur ce point ont adopté cette maxime de certains Libéraux, selon laquelle, il n'est de richesses que d'hommes, l'homme est en effet au centre de la Théorie Marxiste. Il dispose d'une certaine force de travail, physique et intellectuelle, qui appliquée aux objets du travail par le moyen des instruments de production permet la production des biens matériels.

2 — Après le développement technologique, voyons au point de vue économique,, l'apport de la Théorie Marxiste.

A ce point de vue, les rapports de l'homme avec la nature que nous venons de dégager, caractérisent la société où ils vivent. Mais contrairement à ce que pensent certains auteurs comme Raymond Aron, pour Marx et les Marxistes, ce ne sont pas les seuls qu'il faut prendre en compte, il y a aussi les rapports que les hommes entretiennent entre eux. Rapports qui sont indépendants de leur type de rapport avec la nature.

Les rapports économiques de production, ces rapports de production chez Marx, c'est l'ensemble de ces deux éléments. Relisant Marx à ce propos, il écrit dans « Travail salarié Capital », je cite « Dans la production, les hommes n’agissent pas seulement sur la nature, mais aussi les uns sur les autres. Ils ne produisent qu’en collaborant d’une manière déterminée et en échangeant entre eux leur activité », fin de citation. Conséquence des rapports que les hommes nouent entret eux et avec la nature, sur le plan Social c'est l'existence de Classe Sociale.

A la vérité Marx lui-même, n'a pas donné de définition précise des Classes sociales à proprement parlé. En revanche, Lénine en a conçu une, très claire et très profonde. On appelle Classe Sociale, dit-il, « De grands groupements humains se distinguant, par leur place dans un Système Historique déterminé de production sociale, par leur rapport le plus souvent fixé par la Loi avec les moyens de production, par leur rôle dans leur manière de recevoir leur part de la richesse sociale, ainsi que par la grandeur de leur part. Les Classes Sociales sont des groupements humains dont l'un peut s'approprier le travail de l'autre, par suite, de la place qu'il occupe dans un Régime Economique donné », fin de citation.

Autrement dit, c'est parce qu'une Classe peut s'approprier le travail de l'autre, que pour en revenir à une célèbre phrase de Marx dans « Le manifeste du Parti Communiste » je cite,

« L’Histoire de toute Société jusqu'à nos jours, c'est l'Histoire de la Lutte des Classes ».

Ce schéma d'explications, hormis certaines sociétés primitives irréductibles à la compréhension par l'antagonisme de Classes, s'applique aux Sociétés préindustrielles. Mais il est vrai, qu'il est particulièrement opérationnel pour l'étude de notre Société, c'est-à-dire de la Société Capitaliste où s'opposent deux Classes antagonistes fondamentales, les Bourgeois et les Prolétaires, avec, altérant quelque peu leur antagonisme majeur, survivance de la Société Préindustrielle, les Classes Moyennes de petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tels que Marx les recensent dans « Le manifeste du Parti Communiste », Classe généralement réactionnaire et en voie de Prolétarisation.

B — Mais attachons-nous à présent, d'un peu plus près, à l'explication Marxiste de la Dynamique Sociale par la Lutte des Classes.

Les deux Classes fondamentales de la Société Capitaliste sont donc, la Bourgeoisie, dont Marx ne nie pas certains mérites dont notamment, d'avoir détruit la Société Féodale, obscurantiste. Et le Prolétariat de Classe qui n'existe que l'une par l'autre, en un complexe économico-social caractérisé par une lutte des contraires, laquelle ne peut déboucher que sur la dislocation de l'ensemble et sur son dépassement.

Il y a en effet Lutte des Classes, parce que la production dans de grandes unités économiques étant sociale, et la propriété des moyens de production restant privée, l'équilibre est impossible dans la Dialectique Marxienne, entre les forces productives et les rapports de production, laquelle contradiction ne peut être dépassée que dans la synthèse de ces deux réalités, c'est-à-dire dans la Socialisation des moyens de production, nouvelle formation économico-socialiste qui caractérise enfin, l'étape de la Société définitive, à laquelle aspire les Communistes, c'est-à-dire à la Société Socialiste.

Certes le temps, comme par le passé, devrait arriver à résorber l'illogisme de cet agencement. Ne serait-ce que, par le mécanisme bien connu des Economistes, de la Concentration Capitaliste. Processus aux termes duquel la Classe des possédants ne devrait plus être que résiduelle. Cependant et là on entre de plain-pied dans l'Idéologie Marxiste, les rapports entre les Classes ne sont pas simplement déterminés mécaniquement, par les seules forces productives, et les seuls rapports de production, ce que Marx nomme l'infrastructure, ils sont aussi conditionnés, codifiés, par tout un arsenal de Lois, de règlements, ainsi que par des règles morales, religieuses et autres préceptes idéologiques, garantis par l'Organisation Etatique, et subtilement imposés par l'agencement de tout un Système de valeurs, aux mains de la Classe possédante.

C'est ce que Marx appelle la superstructure, par opposition au mode de production lui-même dont elle en constitue le reflet. Hors, par et dans, cette superstructure, se manifeste comme une force active pénétrant largement la Classe antagoniste, l'idéologie la Classe dominante qui, grâce à elle, œuvre à maintenir en l'Etat le mode de production. La force des idées, des mœurs, des valeurs, est-elle pour les Marxistes, quelle persiste, alors même que les conditions objectives de la production, celles-là même qui fondaient leur existence, ont disparu. On dit alors, qu’il y a survivance, c'est-à-dire retard de la conscience sur la situation objective, dont tire bénéfice la seule Bourgeoisie propriétaire des moyens de production, en conséquence Marx et ses successeurs proposent de mettre fin le plus tôt possible à cet Etat de choses néfastes au plus grand nombre.

Et cela en activant l'Idéologie Révolutionnaire, qui se trouve à l'Etat embryonnaire dans la Classe dominée, en perpétuelle opposition larvée, vis-à-vis de l'idéologie dominante. Et cela, ce sera en faisant la Révolution Prolétarienne, c'est-à-dire en mettant fin à cette situation et à l'antagonisme Idéologique et aux contradictions existantes dans le mode de production, pour réaliser enfin une Société sans Classe.

Cet acte final doit se jouer en trois tableaux successifs. A savoir, la Révolution tout d'abord, qui constitue l'événement rétablissant l'ordre, entre l'infrastructure et la superstructure, ensuite la Dictature du Prolétariat, dont le rôle est de briser les dernières résistances de la Bourgeoisie, enfin l'avènement de la Société sans Classe proprement dite, creusée d'un homme nouveau, altruiste et libre de toute contrainte dans laquelle toute structure Etatique aura disparu puisque désormais sans objet.

Paragraphe III

Portée de l'analyse Marxiste de la Dynamique Sociale

et question du primat du politique

Nous l'avons vu le Marxisme révèle les Lois de la Lutte des Classes, autrement dit, il fait dépendre la mécanique politique, de l'infrastructure économique, en posant que les facteurs déterminant de la dynamique politique ne sont pas des facteurs politiques.

A leur manière, Platon et Aristote développaient en leur temps, la même Doctrine, tant il paraît évident ainsi que le notent, Mattei Dogan et Dominique Pelassy à la page huit, de leur « Sociologie Politique comparative », ouvrage paru aux Editions Economiques en 1982, que les conflits sociaux animent l'Histoire, comme ils disent.

Cependant dès la fin du XIXe siècle, cette Théorie suscite de nombreuses réfutations.

Par exemple Max Weber, assimilant la notion de Politique à celle d’Etat, considère dans son ouvrage majeur, « Le savant et le politique », que dans tout Etat existe un rapport de domination de l'homme sur l'homme. Rapports fondés non sur les moyens de production mais sur des moyens spécifiques de Gouvernement, d'ordre historico psychologique, lesquels se manifestent par l'exercice de la violence légitime, c'est-à-dire par la violence, qui est une contrainte administrative aux pouvoirs de police ou autre, reconnu comme légitime par les Gouvernés au profit des Gouvernants.

Autre réfutations par ailleurs, pour beaucoup en effet, la Révolution Bolchevique de 1917, réussie dans une Russie largement sous-développée, peu industrialisée, agricole, et par conséquent peu concerné par les luttes sociales intenses, était bien le signe évident, d'une autonomie jugée par certains absolue, du domaine politique par rapport aux conditions socio-économique du moment. Le concept de situation exceptionnelle, surdéterminant les contradictions de Classe, que dans un article intitulé « Contradictions et surdéterminations », Louis Althusser, a tenté d’accréditer à cet égard, pour justifier malgré tout le bien-fondé de la logique Marxiste, est sujet à caution.

Et les Neomarxistes, Roger Garaudy, Nicos Poulantzas, qui fait paraître en 1968,

« Pouvoirs Politiques et Classes Sociales de l'Etat Capitaliste », ou encore un autre auteur, Henri Claude, qui publie en 1965, « La concentration Capitaliste, Pouvoir Economique et Pouvoir Gaulliste », sans oublier d'autres auteurs, comme Ralph Miliband, et bien tous ces auteurs ont été contraints, bien que Marxistes à l'origine, d'admettre que dans les Sociétés Occidentales Capitalistes modernes, le Pouvoir n'était pas détenu obligatoirement par la Bourgeoisie possédante. Mais c'est sans doute le Politologue Français aujourd'hui décédé, Raymond Aron, que l'on retrouvera dans la suite de notre enseignement, qui a le plus clairement démontré à l'encontre de Marx, le rôle primordial du politique sur l'économie et qui a le mieux cerné le concept de Pouvoir en l'isolant de tous déterminants socio-économiques. Aussi pour aller un peu plus loin à présent, dans l'explication des phénomènes de Pouvoir, et cela sans sortir de ces manifestations propres et de l'analyse de la Classe Politique, il nous faut rendre compte des travaux, d’une école de pensée Politique, dite l'Ecole Elitiste.

L'Ecole Elitiste a abordé la question de savoir, pourquoi certains individus gouvernent plutôt que d'autres, par la Lutte des Elites, contrairement à la Théorie ou l'Idéologie de Marx qui lui y voyait la Lutte des Classes.

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SECTION II

L'Ecole des Machiaveliens, et le Primat du Politique,

envisagée à travers les notions d'Elite et de Circulation des Elites.

Sans rendre compte de l'ensemble des travaux de l'Ecole Elitiste, nous essaierons de fixer quelques points de repère, sur ce qu'il est convenu d'appeler, l’Elite Politique, avant d'examiner le problème qui est plus spécifiquement le nôtre ici à savoir, comment ces auteurs expliquent la Dynamique Politique par la Lutte des Elites.

Leur réflexion part d'une vision réaliste toute empreinte de pessimisme, voire de cynisme, du Monde Politique. Selon eux en effet partout et toujours, le Pouvoir est exercé par une petite minorité, qui s'impose aux masses, c'est-à-dire à la Majorité qui regroupe par définition les Gouvernés.

Paragraphe I

Les définitions de l'Elite

Pour s'en tenir au père fondateur de la Théorie, Pareto et Mosca, l'on retrouve à peu de choses près, les mêmes termes, et une même conception d'ensemble chez chacun d’eux. Mais il est néanmoins évident que l'on peut déceler entre eux des variations sur un thème commun. L’un ayant une approche de l'Elite que l'on peut qualifier de psychologique, l'autre ayant dégagé un concept d'ordre organisationnel.

A — L'approche psychologique de Wilfredo Pareto.

Pareto discerne des constantes psychologiques, qu'il nomme des résidus. Véritable force motrice de l'Histoire, derrière ce qu'il appelle les dérivations, autrement dit, les Doctrines et Idéologies Politiques Sociales Economiques, qui ne représentent que des traductions fugaces. Les résidus se ramènent à des instincts, qui constituent le fond éternel, immuable de toute civilisation, quelles que soient les dérivations du moment. Voilà donc récusée la thèse Marxiste de la Lutte des Classes, engendrée par l’infrastructure socio-économique.

Et poussant plus avant son analyse de l'Histoire des Sociétés, Pareto en arrive à l'explication du phénomène du Pouvoir proprement dit. A cet égard, il constate, et l'observation n'a rien d'original en soi, que c'est toujours un petit nombre d'individus qui tient les rênes de l'Etat. Ce qui est nouveau c'est qu'il détecte comme dénominateur commun à tous ces noyaux de dirigeants, à toutes ces Elites, des qualités psychologiques particulières. Des qualités viriles, pour reprendre son expression. Ce que l'on peut traduire, par référence au mot latin, « virtus », par qualité de combativité.

Pour Pareto, l’Elite c’est donc l'ensemble des hommes qui manifestent des qualités exceptionnelles, dans quelque domaine où quelque activité que ce soit. Supposons écrit-il, qu’en toutes les branches de l'activité humaine on attribue à chaque individu un indice, qui indique ses capacités à peu près de la même manière dont on donne des points aux examens, dans les différentes matières qu’enseignent les Ecoles.

« Par exemple, à celui qui excelle dans sa profession, nous donnerons 10, à celui qui ne réussit pas avoir un seul client, nous donnerons un, de façon à pouvoir donner zéro à celui qui est vraiment un crétin.

A celui qui a su gagner des millions, que ce soit bien ou mal, nous donnerons 10, à celui qui gagne des milliers de francs, nous donnerons six, à celui qui arrive tout juste à ne pas mourir de faim, nous donnerons un, à celui qui est hospitalisé dans un asile d'indigents, nous donnerons zéro, et ainsi de suite, pour toutes les branches de l'activité humaine. Formons donc une Classe de ceux qui ont les indices les plus élevés dans la branche où ils déploient leur activité, et donnons à cette Classe le nom d’Elite », fin de citation.

Mais Pareto ajoute aussi, je cite encore « Pour l'étude à laquelle nous nous livrons, qui est celle de l'équilibre social, il est bon de diviser en deux cette Classe. Nous mettrons à part ceux qui directement ou indirectement jouent un rôle notable dans le Gouvernement, ils constituent l'élite gouvernementale. Le reste forme l'élite non-gouvernementale. »

Et plus loin Pareto écrit encore, « nous avons donc deux couches dans la population, — premièrement la couche inférieure, la classe étrangère à l'Elite, nous ne rechercherons pas pour le moment l'influence qu'elle peut exercer dans le Gouvernement,

— deuxièmement, la couche supérieure, l'élite qui se divise en deux, l'Elite gouvernementale, l'élite non-gouvernementale », fin de citation.

Par conséquent, par élite gouvernementale, l'auteur désigne ceux qui ont les capacités individuelles les plus élevées, mais aussi, et là il y a une ambiguïté, que notamment le Professeur Duverger a pu relever dans la Pensée de Pareto : en effet il définit également l’élite gouvernementale par la nature des rôles sociaux de ceux qui en font partie. Et le Professeur Duverger dans son manuel de « Sociologie de la Politique », qui est paru au P.U.F. (Presse Universitaire de France) en 1973, remarque je le cite, consciemment ou non cette confusion aboutit à laisser croire que les titulaires des rôles de dirigeants, de gouvernants, de chefs, sont les individus les plus capables, en ce sens le concept d’élite est directement opposé à celui de classe au sens Marxiste », fin de citation.
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