Chapitre Préliminaire : introduction épistémologique à la Sociologie Politique








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LE TITRE 1, traitera de la Notion de Pouvoir Politique. Le Pouvoir Politique par le caractère Global et Fondateur de son Objet, s’impose en premier lieu en effet la Réflexion. Sur sa Définition, son Exercice, sa Transmission, son Evolution, seront tour à tour examiné, l’apport des Auteurs du Passé, les grandes Cosmogonies Explicatives des dernières années du XIXème siècle et des premiers temps du XXème siècle, puis les Outils et les Théories Modernes pour son Etude aujourd’hui.

LE TITRE 2, abordera la Notion de Système Politique et celle connexe de Développement Politique, plus récente, plus vaste, mais plus vague que la précédente, elles en constituent le Complément Nécessaire. Il sera démontré notamment en Théorie Pure d’abord, puis à travers les exemples contraires, des Pays développés d’une part et du Tiers Monde d’autre part, que le Pouvoir ne peut se concevoir et se comprendre que par Rapport à un Environnement qui le conditionne.

LE TITRE 3, sera consacré à ce que l’on pourrait appeler la Participation Politique, autrement dit, il s’agira des différentes Formes d’Influence que les Gouvernés peuvent avoir sur les Gouvernants. Comme le Vote ou encore la Violence, le Jeu des Partis ou encore celui des Groupes de Pression.

Voilà très succinctement exposé, le Plan de notre Enseignement.

Qu’il nous soit permis enfin de délivrer deux Conseils, dans l’optique du passage de l’épreuve d’examen dans notre Discipline de Sociologie Politique.

1 — Bien apprendre ce Cours en premier lieu, la Lecture d’un Manuel de Complément n’intervenant à mon sens, qu’en appoint, s’il est jugé que telle ou telle question appelle des Développements plus circonstanciés. Cela dit, chaque Enseignant traitant à sa manière le Programme, aucun ouvrage du commerce ne démarque totalement le présent Enseignement.

Nous nous permettons toutefois de recommander plus particulièrement Trois Ouvrages :

« Sociologie Politique » de Claude Leclerc, aux Editions Economica, paru en 1998.

« Sociologie Politique » de Philippe Braud, paru à la LGDJ, également en 1998.

« Science Politique » de Dominique Chagnollaud, aux Editions Dalloz de 1999.

2 — Préparer les Sujets de Réflexion, mentionnés en fin du Dossier de Travaux Dirigés qui est distribué aux étudiants du Centre audio-visuel.

Après l’Etude complète du Cours, ceux-ci doivent y consacrer environ une heure par Thème et ils seront interrogés principalement sur ces différentes questions, qui leurs sont proposées.

Les précurseurs de la Sociologie Politique Contemporaine et les grandes directions

de la Pensée Politique Moderne.

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Titre 1

Les APPROCHES scientifiques des phénomènes de pouvoir

Les relations de Pouvoir propres à toute collectivité humaine, et spécialement dans l'Etat étant au coeur de l'Univers Politique, c'est-à-dire du Champ de l'Etude de la Société Politique, celles-ci sont désormais isolées, décrites et expliquées Scientifiquement, grâce à une batterie de plus en plus performante d'outils techniques, mis progressivement au point, pour leurs observations et leurs classifications et de Théories explicatives plus ou moins larges. Mais avant même cet avènement Scientifique relativement récent, la Réflexion sur le Pouvoir a nourri les travaux de générations de penseurs.

Trois chapitres composeront ce TITRE 1

chapitre 1

Ce sera l'objet de ce chapitre que de parcourir à travers les oeuvres majeures des grands auteurs, les premières analyses qui ont pu être menées sur les Mécanismes du Pouvoir. Certes, il ne s'agit pas encore avant le tournant des années 1900, d'Etudes Scientifiques à proprement parler, mais d'un mélange intime de Sciences Politiques et de considération tout autre, Géographique, Anthropologique, Démographique, voire Climatique, et surtout Philosophique. Qui méconnaissait la profonde différence aujourd'hui évidente, entre les Logiques Intellectuelles d’un discours axé principalement sur les jugements de valeur, et celles d'un discours orienté au contraire vers l'élucidation des Processus Politiques effectifs.

Sans doute est-il juste de relever toutefois et c'est pourquoi nous commencerons par parcourir cette galerie de portraits, que certains ouvrages de la Tradition Philosophique, outre le Rapport à la Culture en général, et à la Réflexion Politique en particulier, recèlent aussi des éléments d'analyse Scientifique au sens moderne. L'accent portera sur ces différentes bribes d'avancées Scientifiques. Après quoi seront évoquées les années cruciales pour la Formation des Sciences Sociales, ou des auteurs comme Max Weber, qui écrit « Le savant et le Politique » ou encore Emile Durkheim, qui fait paraître en 1895, ses « Règles de la Méthode Sociologique » se nourrissent d'une forte ambition d'examen empirique des Réalités observables, et rompant avec la Tradition Philosophique, développent une vision très aiguë des conditions auxquelles doit se plier l'investigation savante. Après eux l'école systémique Américaine insufflera de nouvelles perspectives à ce qui constitue la Sociologie Politique Moderne.

chapitre 2

Ce chapitre sera plus spécialement consacré à deux Grandes Théories concernant la nature du Pouvoir dans toutes Sociétés Etatiques, et les changements qui l’affectent immanquablement. Parmi les modèles de systèmes Théoriques, c'est en l'occurrence, le Marxisme et la Théorie Elitiste, bien qu'un peu oublié aujourd'hui, que nous étudierons. Alors que tous les auteurs antérieurs que nous aurons vus dans le précédent chapitre, ne faisaient que décrire et classer les Etats en fonction de leurs différents Régimes Politiques, sans imaginer leur transformation autrement que sur la base d'observation comparative, les Théories Marxistes et Elitistes c'est leur intérêt, constitue les premières cosmogonies Socio-Politiques qui cherchent à expliquer la dynamique du Pouvoir d'Etat, à partir de construction de l'esprit basé sur l'expérience. Longtemps un modèle d'analyse de référence, ces Théories trop générales, gardent une fraîcheur intellectuelle indéniable. Mais reflétant les structures d'une Société Occidentale d'il y a 100 à 150 ans, elles ont perdu aujourd'hui une partie de leur séduction Scientifique. Parce que les Sociétés Etatiques sont d'une part plus complexes, que par le passé, et parce que d'autres part, l'échec d'une expérience Marxiste dans les années 90 après 7 décennies de mise en oeuvre en Europe de l'Est, a montré toute la part d'utopie et d'irrationnelle, que cette Doctrine longtemps dominante chez les Politologues recelait.

chapitre 3

Aussi ce chapitre, sera-t-il consacré à l'Examen de l'Etat de la Sociologie Politique actuelle. Qui à l'inverse des généralisations du passé, incapables de donner un sens définitif au phénomène du Pouvoir Etatique, se caractérise plutôt par de multiples approches, de la notion de Pouvoir, pour de proche en proche, en arriver à éclairer celle de Pouvoir dans l'Etat, comme il a été dit précédemment en Introduction. Plus modeste, mais se voulant plus opérationnelle et plus pertinente, la Recherche Socio-Politique actuelle a deux priorités.

D'abord, elle est un laboratoire où l'on affine les outils d'observation et de classement des faits sociaux. Ceux-là mêmes, que la Sociologie Générale d'après-guerre a perfectionné comme les sondages ou les analyses de contenu. Ensuite, elle développe des modèles formels, plus restreints que les modèles Théoriques précédents, plus éloignés de l'expérience, et aussi plus dominés par le Raisonnement pur, modèle qu'elle construit à propos de toute Relation de Pouvoir recensée, afin de pouvoir l’expliquer et d'agir sur elle. L'objectif ultime étant, la découverte d'un modèle explicatif général du Pouvoir, par la formulation de plusieurs types d'architectures virtuelles des différentes forces en interaction qui le produise.

Autrement dit, la Sociologie Politique cherche actuellement à parfaire pour son propre Champ d'Etude, le Raisonnement Systémique qui est un outil désormais utilisé dans toutes les disciplines Scientifiques, en remplacement des modèles Théoriques Sociaux Etatiques des Ecoles Marxistes et Elitistes antérieures.

chapitre 4

Les précurseurs de la Sociologie Politique contemporaine et les grandes lignes de la Pensée Politique Moderne.

Avant que la Sociologie ne devienne une Science à part entière, empruntant sa méthode à la Sociologie Générale, existait une réflexion Socio-Politique innomée, mal dégagée longtemps de Réflexion Ethique, Philosophique, ou de Préceptes Religieux, et encombrée de pré-notions Scientifiques, mais qui commence à dessiner un champ d'investigation autonome sous la plume d'une pléiade de Penseurs.

Le socle de notre discipline est donc fait de tout cet héritage Philosophique, Humaniste et Chrétien, qui couvre depuis Hérodote au Ve siècle avant Jésus-Christ, une longue période qui va de l'Antiquité au XVIIIe siècle. Il s'agissait alors d'une Réflexion Philosophique, c'est-à-dire d'une Pensée qui de l'Antiquité aux 15 premiers siècles de l'ère Chrétienne ne savait interpréter le destin de l'homme que d'abord, par référence aux Dieux, puis à une seule Puissance Divine.

Au XVIe siècle l'apparition du courant Humanisme marginalise le Créateur, on ne se préoccupe plus seulement de gagner le Ciel, mais également de bien vivre, sur terre. Avec la Philosophie des Lumières à partir du XVIIe siècle, la Pensée se laïcise. La Philosophie se dégage de la Religion, l'esprit positif l'emporte peu à peu sur la méditation déductive, et la conséquence en est une contestation de plus en plus radicale de la formule Monarchique du Gouvernement des Hommes, élaborée au cours des siècles, avec la collaboration de l'Eglise et une réintroduction parallèlement à sa place, de la Démocratie Antique que l'on redécouvre.

Une Section 1 couvrira cette période en quatre paragraphes.

La Philosophie Antique sera ainsi examinée en premier lieu, puis dans l'ordre chronologique , le Christianisme, l'Humanisme de la Renaissance, puis celui des Lumières.

Avec la Section 2, sera abordé en deux paragraphes,

L'essor de la Pensée Politique Moderne au XIXe siècle, et nous finirons par un regard rapide sur la Sociologie Politique actuelle.

Section 1

Les pères fondateurs de la Science Politique et la classification des Régimes Politiques.

A travers sa Constitution, tout Etat exprime un Régime Politique donné, que ce soit à travers le Pouvoir d'un seul homme, c'est la Monarchie ou la Dictature.

De quelques-uns, c’est l'Oligarchie ou l'Aristocratie, si l'on considère que ce sont les meilleurs, ou encore du Peuple, dont les institutions issues de lui, peuvent être Démocratiques si elles sont respectueuses des Libertés de chacun, ou Démagogiques dans le cas contraire. En fait, un Gouvernement quel qu'il soit, et tous ces avatars n'est jamais Pur. La Monarchie par exemple, pouvant comme en Espagne aujourd'hui, s'accommoder de la Démocratie marquant par là le caractère Mixte du Régime. C'est ce qu'ont compris les auteurs et les acteurs de la vie Politique des époques que nous allons traverser, dont nous allons pour chacun isoler les idées touchant à ce qui fait l'objet de la Sociologie Politique, à savoir, l'Organisation Sociale, la nature du Pouvoir d'Etat et sa légitimité, ainsi que, le jeu des comportements Sociaux et Politiques.

Paragraphe 1

Les Penseurs de l'Antiquité Greco Latine.

HERODOTE :

A l'origine, il y a Hérodote. Né à Halicarnasse, Colonie Panathénaïque d'Italie du Sud, il peut à juste titre être considéré comme le père de l'Histoire et de la Sociologie. Dans les neuf livres de ces histoires, qui sont autant d'enquête sur les civilisations qu'il a rencontré au cours de ces voyages, il est en effet le premier à avoir distingué les différentes formes de Gouvernement qu'il observait, et en établir une typologie, non sans en affirmer ses préférences. Ainsi dans le livre trois, après avoir fait exposer par le Mage Otanès, les avantages de la Démocratie et ceux de l'Oligarchie par Mégabyze, fait-il dire par le Mage Darius, je cite. « Trois formes de Gouvernement s'offrent à nous, supposons les parfaites toutes les trois. Démocratie, Oligarchie, Monarchie. Je déclare que ce dernier Régime l'emporte nettement sur les autres.

Un seul homme est au Pouvoir, s'il a toutes les vertus requises, on ne saurait trouver de Régime meilleur. Et l'auteur de poursuivre par la démonstration, maintes fois reprise, depuis Aristote jusqu'à David Easton selon laquelle, lorsqu’un système Politique ne correspond plus à son environnement, il se transforme en un autre modèle. Et c'est ainsi, pense Hérodote que les dissensions parmi les Oligarques, ou la corruption dans la Démocratie ne peuvent que conduire au rétablissement d'un Chef Unique, preuve s'il en est, de l'excellence du Régime Monarchique. Après Hérodote la construction la plus complète est sans conteste, celle de Platon, indissociable de celle de Socrate, dont il suit l'enseignement qu'il retranscrira durant huit ans, de 407 à 399 avant Jésus-Christ.

B - Platon

Platon de son vrai nom Aristocle, né en 427 avant Jésus-Christ. A la mort de Socrate, il espère installer au Pouvoir en Sicile, un Roi Philosophe. Il échoue, il revient à Athènes où il fonde une Ecole destinée à former les Hommes d'Etat, c’est l'Académie. Hommes Politiques raté, Platon est un auteur majeur par ses 28 dialogues, qui retracent les entretiens de Socrate avec ses disciples. Trois d'entre eux retiennent plus particulièrement le Politologue, il s'agit de celui qui est connu sous le titre de « La république », et qui s'intitule plus exactement « de la Constitution », et parmi les derniers dialogues il y a les Lois d'une part, et d'autre part le Politique qui nous retiendrons.

Tout à la fois Théoricien de la Société et du Pouvoir mais également utopiste, puisqu'il imagine un modèle Socio-Politique d'une République idéale, Platon conduit une triple Réflexion sur la Société Humaine dans son ensemble, sur la Cité et sur le Pouvoir Politique. Chacune de ces Réflexions étant indissociable des autres. Ainsi, en ce qui concerne la Société des Hommes, l'auteur développe dans le livre sept de la République, la métaphore du Mythe de la Caverne, selon laquelle, de la même façon qu'un homme enchaîné, et le dos tourné à l'entrée d'une caverne d'où vient la lumière, ne voit projeter sur la paroi du fond que les ombres des choses et non les choses elles-mêmes, de la même façon nous avons de la Réalité, qu’une Connaissance incomplète. Autrement dit qu'un reflet. Sur la Société Civile, Platon est Organiciste, comme le sera Spencer, bien plus tard au XIXe siècle.

Platon en effet, compare la société, à un corps humain. Avec une tête les Gouvernants, les Juges, un coeur ce serait la Police et l'Armée, et un ventre les Agriculteurs et les Commerçants. On peut voir déjà la, l'amorce de la Théorie des Classes Sociales. Mais c'est surtout sur le Pouvoir que l'apport de Platon à la réflexion Scientifique est important. Sur le Pouvoir en effet, il sera maintes fois copié, par tous les auteurs qui vont lui succéder. Ayant une inversion marquée pour la Démocratie qu'il identifie à cette forme dégénérée de la Politique qu’est la Démagogie, il développe en effet la Pensée d'Hérodote, sur les trois formes principales de Régime Politique et sur leur forme dénaturées, qui glisseraient progressivement de l'une à l'autre suivant des cycles.

Sa Pensée en fait, va évoluer d'ouvrages en ouvrage sur ce Thème. C'est ainsi que, dans la République, où il prône l'abolition de la propriété de la famille, tout à la fois en même temps que la communauté et des biens et des femmes, au moins pour l'éclat supérieur des Philosophes, Gouvernants et des Guerriers, le Gouvernement qu'il juge comme étant le meilleur est le Totalitarisme Aristocratique de la Monarchie. Mais la décadence menace, ce qu'il appelle la Timocratie, c'est-à-dire l'ambition et l'amour des Honneurs, est amené à le supplanter. Vient ensuite l'Oligarchie, qui est une dégénérescence de la Timocratie. C'est le Régime du Commandement par les gens riches sur des pauvres qui n'ont aucune autorité. A ce régime, succédera immanquablement pense Platon, la Démocratie, lorsque les pauvres massacres ou bannissent les Aristocrates en place, et fondent avec ce qui reste, écrit-il dans le livre de huit de la République, je cite, « un Gouvernement agréable, anarchique et bigarrée, qui dispense une sorte d'égalité, aussi bien sur ce qui est inégal qu'à ce qui est égal ».

Enfin, cette Démocratie, va mener d'un excès de Liberté et de Servitude c'est-à-dire à la Tyrannie, où tout le monde est malheureux, y compris le Tyran lui-même, réduit à flatter les hommes les plus méchants, pour se maintenir. Alors que rappelons-le, le Gouvernement qui à l'opposé est celui du bonheur pour tous, est celui de l'Etat royal, celui-là même de la cité idéale. Dans « le Politique », son oeuvre de jeunesse, dont beaucoup d'observations se retrouveront dans les Lois, Platon découvre que ce qui fait la différence, entre un bon et un mauvais Régime, qu'il soit celui du Gouvernement, d'un seul, de plusieurs, ou de tout le Peuple, c'est en fait, la soumission aux Lois, ou au contraire le dédain des Lois.

Dans « les Lois » précisément, sa dernière oeuvre importante, l'auteur nous livre une autre réflexion intéressante, comparant le Despotisme Perse et la Démocratie Athénienne, il en vient à penser que toutes les autres formes de Régime n'en sont que des adaptations. Et qu'en définitive le meilleur Régime, celui qui dure est toujours celui qui combine des éléments Monarchiques et des éléments Démocratiques.

Sa Cité des Lois est la meilleure Cité possible, que Platon envisage donc après observations et déductions. Entre cette dernière configuration et la Cité idéale de la République purement utopiste, l'on peut mesurer tout le cheminement Scientifique de cet auteur majeur, et apprécier certain fulgurant Sociologique comme notamment la Théorie des climats, que reprendra particulièrement Montesquieu au XVIIIe siècle.

C – Aristote

384-322 avant Jésus-Christ, élève de Platon, Aristote, qui sera abondamment traduit, commenté, popularisé en Occident, notamment par les auteurs Cordouens, comme Avicenne et Averroès au XIIe siècle, est le troisième auteur majeur de l'Antiquité Grecque, notamment avec son oeuvre capitale, « Les Politiques ». La Société est pour Aristote, inhérente à l'homme, dans la mesure où l'homme ne peut se suffire à lui-même. La Société existe donc par elle-même, comme une exacte sensation d’une choses réelle, et ses fondements en sont, la Famille est la Propriété. Point n’est donc besoin de l'imaginer idéalement, comme le faisait Platon dans son Mythe de la Caverne. Quant au Pouvoir Politique, si Aristote partage avec Platon l'idée que seul la pratique du Bien et de la Justice assure le bonheur individuel et social, et c'est là que nous touchons à l'Etat, cette pratique ne peut être assurée, que par un Ordre juste, qui prend racine dans la Constitution et dans la Loi.

Mais Aristote se sépare encore de Platon dans la mesure où, affirmant que la Politique n'est pas une Science Théorique mais une Science pratique, il va étudier et comparer tous les Régimes Politiques de son époque. Et s'il distingue trois Régimes essentiels comme son prédécesseur et leur évolution en trois formes corrompues, la Tyrannie succédant à la Royauté, l'Oligarchie à l'Aristocratie et la Démocratie qu'il assimile à la Démagogie au Gouvernement Constitutionnel qu’il nomme Politis. C’est non pas, par une construction Théorique, mais par une approche comparative des systèmes, qu'il en vient à se poser cette réflexion.

Ainsi découvre-t-il, que les Lois d'Evolution des Cycles Politiques, dépendent de la Géographie Physique Humaine et Sociale de chaque contrée considérée. De même, que la vitesse des changements. Avec Aristote la grande innovation c'est que, pour la première fois, est employée une méthode d'analyse, non pas abstraite et déductive mais comparative et inductive.

D - les auteurs latins

Avec Polybe en 205-125 avant Jésus-Christ, et Cicéron 106-43 avant Jésus-Christ, il s'agit principalement de transcripteur d'Aristote. Certes, la Pensée Grecque, avec Anaxagore Thucydide, Démocrite, Solon et tous les cyniques autour de Diogène de Sinope et riche de découvreur de la Rationalité, mais c'est encore les deux auteurs que nous venons d'étudier, qui servent de Maître à Penser, à Rome. C’est Polybe le premier semble-t-il, qui les introduit dans la Capitale de l'Empire Romain. Grec latinisé, il se lie d'amitié avec la famille de Scipion l'Africain, après avoir subi un temps le sort d'otage. Il admire ces Romains qui ont imposé leur domination au reste du Monde, et il l’écrit dès le livre un de son ouvrage intitulé « Histoire ». En notant que par comparaison, c'est dans le livre six, je cite, « le Peuple Athénien a toujours ressemblé à l’équipage d'un navire privé de capitaine ».

De ces prédécesseurs, Polybe reprend la Théorie des Cycles des Régimes Politiques.

A la forme primitive et naturelle du Gouvernement d’un Seul, dérive pense-t-il après quelques perfectionnements, la Royauté, laquelle se dénature à son tour en Despotisme. Puis sur les ruines de l'une et de l'autre s'instaure l'Aristocratie qui se transforme à son tour en Oligarchie, puis en Démocratie, laquelle évoluera à son tour pour se faire Démagogie, où Gouvernement de la Populace qu’il nomme Ochlocratie. Partant de ces lieux désormais communs, Polybe découvre la Séparation des Pouvoirs et ses avantages. Pour lui en effet, les Institutions de la République Romaine atteignent l'excellence parce que leurs Constitutions étaient tout à la fois Monarchiques en raison de la présence des Consuls, Aristocratiques par l'instauration du Sénat, et Démocratique par l'existence notamment des Comices.

Il s'agit donc d'un Régime Mixte, qui puise sa force dans l'équilibre de ces trois Pouvoirs. Analyse identique, que redécouvrira Montesquieu en 1748, pour louer les institutions britanniques, analyse que par ailleurs les pères fondateurs de la Constitution Américaine de 1787 mettront en pratique. Il reste à mentionner parmi les auteurs de la Rome ancienne, le Cicéron du De Republica et du De Legibus, qui sous les mêmes intitulés que les deux œuvres majeures de Platon, reprend grosso modo, son analyse du Pouvoir, suivant une Méthode identique, c'est-à-dire sous forme de Dialogue. Détestant comme ses Maîtres Grecs la Démocratie en laquelle il voit un Régime non pas de Liberté mais de Licence, Cicéron admet également, comme eux, qu'il existe trois formes de Gouvernement, qui alternent dans les Etats, suivant des cycles. Et il se prononce nettement pour un Gouvernement Mixte, celui qui résulte de la combinaison des trois formes pures, à savoir, Royauté, Autorité de l'Elite et Autorité du Peuple.
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