Recherche du bonheur et retour à l’identité [ Th ] Le bonheur est une réalisation de soi [Bergson] [ Arg ] Le bonheur est création de soi par soi; la recherche du bonheur implique donc les deux impératifs : connais-toi toi-même + «deviens ce que tu es»








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titreRecherche du bonheur et retour à l’identité [ Th ] Le bonheur est une réalisation de soi [Bergson] [ Arg ] Le bonheur est création de soi par soi; la recherche du bonheur implique donc les deux impératifs : connais-toi toi-même + «deviens ce que tu es»
date de publication12.09.2017
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Chercher le bonheur, est-ce revenir vers soi ?

[Rn] Chercher le bonheur : chercher à satisfaire ses désirs  s’approprier les objets du monde, rencontrer / séduire les autres, etc. : la recherche me pousse vers l’extérieur (monde + autrui) [Obj] Chercher le bonheur : chercher à satisfaire les désirs qui sont les miens, me réaliser moi-même : ce qui implique de chercher à me connaître, à trouver mon identité, à susciter en moi du plaisir : la recherche me reconduit vers moi. [Pb]  a quête du bonheur implique-t-elle une découverte du monde ou une quête de soi ? [Plan] I) La recherche du bonheur me porte vers le monde et vers les autres II) la recherche du bonheur me pousse à revenir à ma nature d’être humain III) la recherche du bonheur me reconduit vers mon identité personnelle.


  1. Recherche du bonheur et extériorisation

[Th1] La recherche du bonheur me pousse vers le monde

[Arg] Chercher le bonheur, c’est créer + c’est aller chercher dans le monde ce qui peut me satisfaire

[Ex] Le travail, les activités de loisir, la consommation

[Synth] La recherche du bonheur me pousse à découvrir le monde, à le transformer et à l’utiliser.

[Th2] La recherche du bonheur me pousse vers les autres

[Arg] Être heureux implique de partir à la rencontre des autres ; c’est en les découvrant que j’apprends à me connaître moi-même, c’est en vivant avec les autres que je m’épanouis ; l’une des causes du bonheur humain est l’amour : à la fois celui que je donne et celui que je reçois.

[Ex] Le bonheur est lié à ces liens sociaux que sont la solidarité, l’amitié et l’amour (qu’il s’agisse de l’amour familial ou du rapport amoureux), etc.

[Synth] La recherche du bonheur nous conduit à une découverte du monde et d’autrui.



  1. Recherche du bonheur et retour à ma nature

[Th] Le bonheur implique un retour vers les désirs naturels [Epicure]

[Arg] Le bonheur s’oppose à la frustration et à l’angoisse ; or les désirs non naturels sont source de frustration et d’angoisse  je dois apprendre à ne désirer que des désirs naturels

[Ex] Alcool, nourritures riches // boire de l’eau, etc.

[Synth] La recherche du bonheur exige un retour à ma nature d’être humain


  1. Recherche du bonheur et retour à l’identité


[Th] Le bonheur est une réalisation de soi [Bergson]

[Arg] Le bonheur est création de soi par soi ; la recherche du bonheur implique donc les deux impératifs : connais-toi toi-même + « deviens ce que tu es »

[Ex] La vocation

[Synth] la recherche du bonheur implique une quête et une réalisation de soi
Conclusion : la recherche du bonheur n’implique absolument pas un « repli sur soi », une fuite du monde ; mais elle implique un retour à soi qui permet de parcourir le monde selon un chemin qui soit mon chemin.

Est-il raisonnable de croire en la liberté ?

[Rn] La liberté est une caractéristique essentielle de l’homme (cf. DDHC) : ne pas croire en la liberté, c’est refuser ce qui fait l’humanité de l’homme. [Obj] La science ne cesse de nous montrer que l’homme est déterminé par des paramètres qu’il ne contrôle pas : son corps, ses gènes, son milieu social, etc. [Pb] Quelles raisons pouvons-nous donner pour justifier la croyance en la liberté ? [Pl] I) La liberté comme propre de l’homme II) Les arguments en faveur du déterminisme III) Les arguments qui justifient la croyance en la liberté.


  1. La croyance en la liberté comme croyance en l’humanité de l’homme

[Th] La liberté est ce qui caractérise l’homme

[Arg] L’homme est par essence doté de raison de conscience ; être libre = agir conformément à la raison et la conscience ; donc la liberté est ce en quoi se réalise l’essence de l’homme.

[Ex] Punir un criminel, ce n’est pas nier son humanité ; c’est au contraire la reconnaître en le considérant comme responsable de ses actes.

[Synth] Croire en la liberté, c’est croire en l’homme, car c’est la liberté qui fait l’humanité.


  1. Les objections rationnelles à l’encontre de la croyance en la liberté

[Th] La science considère toujours l’homme comme un être déterminé par des mécanismes et des lois qui sont indépendantes de la liberté.

[Arg] Il ne peut y avoir de connaissance scientifique de quelque chose que si ce « quelque chose » est déterminé par des processus et des lois générales

[Ex] La biologie considère l’homme comme déterminé par des mécanismes corporels (génétiques, cérébraux, etc.) ; la psychanalyse, par des processus inconscients ; la sociologie, par des processus sociaux, etc.

[Synth] Dans la mesure où toute approche scientifique de l’homme est déterministe « par hypothèse », on ne peut certes pas dire que la science peut « démontrer » que la liberté est une illusion. Mais les succès de la science nous montrent cependant que, en faisant comme si la liberté n’existait pas, on arrive à expliquer et à agir efficacement sur le comportement des hommes. Ce qui constitue bien une raison de croire que la liberté n’est qu’une illusion.


  1. Il est néanmoins raisonnable de croire en la liberté

[Th1] La croyance en la liberté est une obligation morale (et donc, pour Kant, rationnelle)

[Arg] En effet, la morale n’a pas de sens si l’homme n’est pas libre. Il est absurde de dire ce qu’il devrait ou aurait dû faire à un être qui ne peut pas choisir ses actes.

[Ex] On n’adresse pas de louange ou de blâme à un ordinateur.

[Th2] C’est la croyance en la possibilité de la liberté qui rend la liberté possible.

[Ex] Printemps arabes : le rôle politique de l’espoir (et du désespoir)

[Synth] La croyance en la liberté se donne raison à elle-même : car c’est précisément le fait de croire en la liberté qui fait qu’on peut avoir raison d’y croire.

Conclusion : On ne peut démontrer ni que la liberté existe, ni qu’elle n’existe pas ; l’existence de la liberté échappe donc à la certitude ; mais il est néanmoins raisonnable d’y croire, car cette croyance est exigée par l’humanité , la morale et la liberté des hommes.

Sujet 3, texte de Hegel

Thèse : l’homme trouve sa liberté par la connaissance du monde et l’instauration d’un Etat rationnel.

Plan : (point de départ) l’homme trouve sa liberté à la fois par la connaissance rationnelle du monde, et par l’action rationnelle ;

 si l’homme cherche à connaître le monde, c’est parce que cette connaissance lui permet d’accroître sa liberté en s’appropriant le monde extérieur ;

 la liberté dans l’action consiste à obéir à la raison ; or dans un Etat rationnel, les lois sont dictées par la raison : en obéissant aux lois, les individus obéissent donc à la raison ; donc la mise en place de l’Etat (rationnel) conduit les citoyens à être libres.

Remarque : Il ne faut donc pas confondre la liberté véritable, qui consiste à obéir à la raison, et « l’arbitraire » qui consiste à n’obéir qu’à nos désirs ou nos sensations.
2a) L’ignorant n’est pas libre, car être libre, c’est agir conformément à ce que l’on pense être le choix le plus raisonnable (= le plus intelligent et le plus juste) ; or celui qui ne connaît rien de la réalité ne peut déterminer ce que sont les choix les plus raisonnables. Par exemple, comment quelqu’un qui ne connaît rien en politique, en économie, en histoire (etc.) pourrait-il forger un jugement politique autonome ? Inversement, la connaissance du monde nous rend libre, car c'est en connaissant le monde que je suis capable de me l’approprier, de l’expliquer, de le comprendre et donc de le transformer conformément à mes besoins. Exemple : c’est grâce à la science que l’époque moderne a pu élaborer des techniques extraordinairement efficaces pour se protéger du monde, pour nous l’approprier, pour en exploiter les ressources, etc. La liberté repose donc sur une connaissance rationnelle de la réalité.
2b) L’idée d’Etat semble s’opposer à la liberté, puisque l’existence de l’Etat implique l’existence de lois auxquelles je dois obéir. Mais cette objection n’est pas valable en ce qui concerne un Etat rationnel ; car dans un Etat rationnel, les lois sont déterminées par la raison ; obéir aux lois, c’est donc obéir à la raison ; si bien qu’en me contraignant à obéir aux lois, l’Etat ne fait que me contraindre… à être libre ! Par exemple, lorsque l’Etat me confisque mon véhicule parce que j’ai été arrêté au volant en état d’ivresse, il m’empêche d’adopter une conduite déraisonnable (conduire en état d’ébriété, ce qui me met moi-même et les autres en danger) ; il m’empêche donc d’agir de façon contraire à la raison : il me force à être raisonnable : il me contraint à être libre. La mise en place d’un Etat ne s’oppose donc pas à la liberté, même si elle peut s’opposer à « l’arbitraire » (elle m’empêche de satisfaire tous mes désirs, puisqu’elle m’empêche de satisfaire les désirs qui sont contraires à la raison) ; elle conduit au contraire les individus à agir conformément aux exigences de la raison : être libres.
3) [Rn] Être libre, c’est suivre sa raison et sa conscience ; en ce sens, c’est n’obéir qu’à soi-même, et non aux choses ou aux personnes. [Obj] Mais si une loi m’oblige à agir conformément à la raison, n’est-ce pas en lui obéissant que je deviens libre ? [Pb] Être libre, est-ce n’obéir à rien d’autre qu’à soi-même ?

[Rappel] Pour Hegel, obéir aux lois de l’Etat raisonnable, c’est être libre, puisqu’en obéissant aux lois de cet Etat, je ne fais qu’obéir à la raison. En ce sens, il faut obéir aux lois pour être libre. Lorsque, ayant trop bu, je crois intelligent et courageux de prendre le volant (alors qu’en réalité, une réflexion sobre me montre que c’est seulement dangereux pour moi et irresponsable, car je mets en danger la vie des autres), et qu’un gendarme m’arrête et me prive de mon permis, il ne s’oppose pas à ma liberté ; il me force au contraire à agir conformément à ce que me dirait ma raison (et ma conscience) si je n’étais pas ivre et que je me donnais la peine de réfléchir.

Objection : mais cela suppose que l’Etat puisse toujours savoir ce qui est « raisonnable » ; cet argument ne vaut que si les lois sont conformes aux exigences de la raison. Qu’est-ce alors qu’être libre, face à une loi dont je pense qu’elle est contraire à la raison ?

[Réponses de Spinoza]

Première affirmation : Pour Spinoza, la liberté ne s’oppose jamais à l’obéissance à la loi, car il est toujours raisonnable d’obéir à la loi.

En effet, supposons que les individus désobéissent à la loi dès qu’ils pensent que la loi est injuste ; alors, dans la mesure où les individus ont des pensées très différentes, il est évident que la loi… deviendrait absolument inefficace. 

Si tous ceux qui pensent que la loi n’est pas juste lui désobéissent, il n’y a plus réellement de « loi » : par exemple, fumeront dans la salle des profs tous les professeurs qui estimeront, après réflexion, que la loi Evin n’est pas juste. Or ce qui donne un sens à la loi, c’est évidemment que personne ne fume en salle des profs.

Objection : Soit. Mais alors que dois-je faire face à une loi qui me semble déraisonnable ? Dois-je obéir sans rien faire, sans rien dire ? Dans ce cas, il ne s’agit plus d’obéissance (application de la loi), mais de soumission : je n’ai même pas à me demander si la loi est juste, je n’ai même pas à la comprendre, bref : je n’ai pas à penser, mais à obéir sans conditions et sans réflexion. Mais la liberté est-elle réellement compatible avec une telle « soumission » ?

Seconde affirmation : face à une loi qui me semble injuste, je dois faire part de mes remarques à l’Etat de façon raisonnable.

En effet, ce qu’exige la liberté, c’est que la loi soit raisonnable ; face à une loi qui me semble déraisonnable, je dois donc essayer de faire en sorte que la loi devienne raisonnable. Or ce n’est pas en transgressant la loi que je l’améliore : c’est en parvenant à convaincre celui qui l’énonce (et qui peut donc la modifier), c'est-à-dire le « Souverain », que la loi doit être modifiée. Face à une loi que je pense injuste, il me faut donc, non lui désobéir, mais exposer clairement au Souverain les raisons pour lesquelles, selon moi, la loi n’est pas conforme à la raison. En cela, j’obéis à la fois aux exigences de la raison (qui réclame mon obéissance) et à celles de la liberté (en travaillant à rendre la loi plus raisonnable).

Synthèse : en ce sens, on peut dire que la liberté ne s’oppose pas du tout à l’obéissance aux lois ; au contraire, elle exige cette obéissance, puisque celle-ci est raisonnable. En revanche, la liberté s’oppose à la soumission ; mon obéissance à la loi ne doit pas être passive, elle ne me dispense pas de réfléchir et d’évaluer la justice de la loi. Au contraire, la liberté exige que j’examine la validité des lois et que je fasse part à l’Etat de mes remarques. On peut donc dire que la liberté appelle l’obéissance aux lois, mais que cette obéissance appelle à son tour le respect de la liberté de pensée, ainsi que la liberté de s’exprimer (de façon raisonnable).

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