Ça c’est aujourd’hui, tant pis !








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6 juin 1944.

Le petit garçon  de 9 ans que j’étais se rendait à l’école, comme chaque matin au bourg de la Flocellière (Vendée). Cela faisait  4 ans et 9 mois que  son papa était absent, toujours prisonnier de guerre en Allemagne. Son père, il l’imaginait, mais il n’en avait aucun souvenir.  Par contre il entendait  souvent les hommes  du pays  discuter entre eux, en prenant un verre à la cave : « Les Américains vont débarquer, » ou bien : « Ils  ne pourront jamais,  il n’y a qu’à voir  ces gros blockhaus  face à la mer sur la  côte, et les «  asperges  de Rommel », ces pieux en bois, plantés sur les plages,  aux Sables d’Olonne, pour empêcher les bateaux de débarquer . » 

Pourtant  ce 6 juin,  grande effervescence dans toute la France et  branle-bas à l’école des gars à la Flocellière. Après la récréation du milieu de matinée, on ne se met pas en rang deux par deux comme d’habitude,   pour entrer dans la classe, mais   Mr Bouillaud,  l’instituteur,  un réfugié du Nord avec sa famille,  s’affaire devant sa maison au coin de la cour  de récréation. Il installe  dans la poussière  deux grands  bancs, lisses et sans dossier.  Il y assoit toute la classe des grands. Devant nous  un petit poste de radio  grésille. Il est posé sur le rebord extérieur de la fenêtre  de la cuisine  et nous délivre des bribes  d’information.  « Ca y est.  Ils ont débarqué en Normandie ! » Madame Bouillaud et ses enfants  écoutent  de l’intérieur.  Mr Bouillaud,  toujours en blouse grise et petites lunettes sur le nez,  très ému, nous  explique ce qu’il  comprend, malgré les brouillages et les parasites. Nous vibrons  d’un grand espoir,  à l’unisson de  notre directeur d’école, près des grands tilleuls qui embaument.

A la  reprise de l’après-midi,  c’est à nouveau la radio, puis nous quittons les bancs  de plein air pour réintégrer la classe et son tableau noir. Le maître  nous montre sur la  grande carte murale ces plages où les Américains  débarquent. 

Pour lui renaît  l’espoir de retrouver son pays, Valenciennes dans le Nord. Et,  pour mon jeune frère et moi, le bonheur promis de revoir un papa dont notre mère nous lisait à haute voix  la lettre mensuelle. Les américains vont  libérer notre père, nous en sommes sûrs,  mais dans combien de temps ?  Alors nous le verrons en chair et en os. Presqu’un an après, le 22 mai 1945, un télégramme posté à Metz annoncera son arrivée imminente.

D’ici là,  chaque jour d’école nous suivons  sur la  grande carte cartonnée Vidal-Lablache la progression des Américains. Désormais nous savons où  est Arromanches  et la Pointe du Hoc. Nous  chantons avec plus de cœur,  comme si nous étions de ce pays : « Quand tout renait à l’espérance et que l’hiver fuit loin de nous …j’aime à revoir  ma Normandie ». 

De longs mois  encore,  un automne et un hiver de  guerre et des mois entiers sans aucune nouvelle de notre père, car le courrier circule mal entre la France et une Allemagne nazie aux abois et désorganisée.

 

Le 8 mai 1945, les cloches de l’église voisine de l’école sonnent à toute volée : c’est l’Armistice et la fin de la guerre. On  chante et on danse dans les rues du bourg.  Presque quinze jours encore et nous pourrions embrasser notre père. Nous n’allions plus à l’école. Nous attendions à son arrivée à la maison, ce qui advint 3 jours après la  réception du télégramme de Metz. Pour nous les vacances d’été ont commencé très tôt cette année-là.

Claude
Ta phrase m'interpelle : "partir maintenant, ce serait renoncer au souvenir d'Angélique, au passage de Jérôme ici, à ce rêve que j'avais construit ici, je vais réfléchir"

C'est bizarre, avec des nuances, je suis dans la même situation que toi !!!

José veut partir, quitter la Vendée (il n'aime pas la mentalité vendéenne, il a vu de belles maisons plus petites et moins coûteuses en Charente Maritime et dans la Vienne). Certes, les maisons qu'on a été visitées (par curiosité) sont très belles et refaites avec goût, certaines ont du charme du caractère, la nature environnante est jolie, ça nous permettrait de souffler et ne plus avoir cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes concernant les emprunts à rembourser tous les mois qui ne nous permettent aucun écart! Mais, quitter cette maison qui représente tellement pour moi, puisque c'est la maison de la reconstruction (René et toi savez pourquoi), c'est un déchirement. Ici j'y ai mon cœur! Je me sens bien (pas forcément en Vendée mais juste ici, dans cette maison)......

Moi aussi je réfléchis. Que dois-je faire???? Partir (pour faire plaisir à mon mari et éloigner les problèmes d'argent donc pouvoir profiter un peu comme il dit) ou rester (car c'est la maison où est mon cœur). Je n'ai pas encore trouvé la réponse.....

Je vais réfléchir, encore et encore, ....

Bisous

Corinne

Ce qui est bien, c’est qu’aujourd’hui nous nous parlons, entre nous et l’écriture de nos pensées montrent combien chacun de nous a besoin d’échanger, de dire, d’écrire, de lire. Au moins, à ce stade de nos nouvelles quotidiennes, je me dis être, un peu, comme un facilitateur de Fraternité…

 

Continue, tes lignes d’écriture nous donnent un bol d’air bien rafraichissant.

Jean
Amitiés

René

13 mai 2014
14 mai 2014
Hier, c’était un autre jour. Hier, encore une autre journée riche d’émotions, de plaisirs partagés. Au fait, je vous envoie le début du manuscrit de ‘Si demain je meurs, en pièce jointe. Vous aurez désormais une page de plus par jour…
Bonne lecture à ceux qui n'ont pas eu tout depuis le début !

Cat
Journée du lundi 12 mai :

Cet après-midi, tournée de signature pour la pétition Sablière de la Lande avec Mme Gaudin, ma voisine, ça va on se débrouille pas trop mal, ça nous fait découvrir enfin plus pour moi, des gens en lien avec Le Traversier et qui ont des anecdotes intéressantes, même si le but premier n'est pas celui-là, pour certains la visite est très agréable, un peu de chaleur dans leur solitude et quelques-uns, très rares sont très désagréables, mais pas suffisamment pour nous déstabiliser. 

Le retour n'en est pas négatif, bien au contraire, le début avait du mal à démarrer, mais après le rôdage, nous nous sentions bien car on se répartissait la tâche et nous discutions chacune notre tour et nous étions particulièrement à l'écoute de nos interlocuteurs, ainsi ils se sentaient en confiance et nous ont livré des pensées qui leur importaient.

Nous étions satisfaites de notre après-midi. René a paru surpris que nous ayons recueilli 9 signatures en 6 h 30, apparemment il s'attendait à moins. Au moins, le plus urgent Nesmy est fait, ensuite il y aura les hameaux de La Boissière des Landes (La Lande, La Chouépière, La Glorandière, Moulin Guy Bertin), bref de quoi s'occuper encore un peu, il faut essayer d'en faire au maximum tant qu'il fait beau !

C'est toujours plus agréable de prendre un bain de soleil que de subir le mauvais temps et la mauvaise foi du public que nous rencontrons.

Nous avons terminé la tournée à 20 h 15, Mme Gaudin ayant oublié un document dans ma voiture est revenue, en allant à la voiture, j'ai eu du mal à l'ouvrir, la clé ne fonctionnait pas, j'ai eu recours au dégrippant, bonjour le stress !!

J'étais vanée, plus de ressort le soir, mine de rien, ça fatigue même en voiture, car c'était un peu loin à pied surtout dans Nesmy.

Tout de même, c'est en faisant ce genre d'activités que l'on se rend compte combien les gens apprécient les visites, quand ils sont isolés, ils nous ont apporté leurs savoirs et nous avons su les écouter, même les Mamans d'enfants d'âge scolaires ont eu l'air d'apprécier de pouvoir un peu discuter d'autre chose que de leur quotidien.

A plus. 

Cath.
Si demain je meurs’

Pépé, en fait rien n’a changé… Cet hiver nous n’avons même pas connu la neige. L’année dernière nous n’avions pas connu le soleil !

Dans la période 1900, la population du village était décomptée comme aujourd’hui au nombre d’habitants, mais la cellule sociale était la famille… ça me rappelle le dernier sujet de philo de mon frère et des atermoiements de mon Pépé au sujet de l’individualisme exacerbé d’aujourd’hui !

« Expliquer le texte suivant :

La décomposition de l’humanité en individus proprement dits, ne constitue qu’une analyse anarchique, autant irrationnelle qu’immorale, qui tend à dissoudre l’existence sociale au lieu de l’expliquer, puisqu’elle ne devient applicable que quand l’association cesse.

Elle est aussi vicieuse en sociologie que le serait en biologie, la décomposition chimique de l’individu lui-même en molécules irréductibles, dont la séparation n’a jamais lieu pendant la vie. À la vérité, quand l’état social se trouve profondément altéré, la dissolution pénètre, à un certain degré, jusqu’à la constitution domestique, comme on ne le voit que trop aujourd’hui.

Mais, quoique ce soit là le plus grave de tous les symptômes anarchiques, on peut alors remarquer, d’une part la disposition universelle à maintenir autant que possible les anciens liens domestiques, et d’autre part, la tendance spontanée à former de nouvelles familles, plus homogènes et plus stables. Ces cas maladifs confirment donc eux-mêmes l’axiome élémentaire de la sociologie statique : la société humaine se compose de familles et non d’individus.
Suivant un principe philosophique posé, depuis longtemps par mon ouvrage fondamental, un système quelconque ne peut être formé que d’éléments semblables à lui et seulement moindres. Une société n’est donc pas plus décomposable en individus qu’une surface géométrique ne l’est en lignes ou une ligne en points.
Auguste ComteSystème de politique positive (1854). »
On dirait du Proust avec ces phrases qui n’en finissent pas d’obscurcir ma pensée ! Individu ou famille, quelle unité sociologique de notre société ? Patrie, Nation, universalisme ou mondialisme, quelle unité pour notre planète Terre ? Je comprends mieux mon Pépé qui se bat pour plus de Fraternité, et qui clame partout que cette Fraternité commence au sein de la famille… Je comprends mieux mon Pépé qui se bat pour l’universalisme de nos valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité, de Fraternité et de Laïcité…

Je comprends mieux mon Pépé qui ne se veut ni un exemple, ni un not’ bon maître, et qui ouvre son livre de vie à qui le veut !
Il y avait à Boursault, à cette époque, une douzaine de familles importantes reliées entre elles par des liens de parenté. Je vois encore mon Pépé en train de geindre sur ce fait des mariages ‘bien faits’ ou de complaisance…, d’argent évidemment !
Amitiés

René

14 mai 2014


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