Chapitre II la participation politique








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date de publication07.01.2017
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Chapitre II - La participation politique
2.3. Comment expliquer le comportement électoral?
Définitions des notions :

> Abstention électorale : décision d’un électeur régulièrement inscrit sur les listes électorales de ne pas se rendre aux urnes à l’occasion d’un scrutin.
> Participation électorale : décision d’un électeur régulièrement inscrit sur les listes électorales de se rendre aux urnes à l’occasion d’un scrutin.
> Variables lourdes du comportement électoral : déterminants sociologiques, psycho-sociologiques et économiques qui orientent la position politique de l’individu. Il peut s’agir du sexe, de l’âge, de la classe sociale, d’une identification partisane ou d’une rationalité personnelle.
> Vote sur enjeu : idée selon laquelle les électeurs sont plus attentifs à l’ « offre politique » du moment et moins sujets au vote de classe. Plus pragmatiques, plus sensibles au contexte, ils voteraient en fonction des positions des candidats sur des enjeux précis.

A- Comment interpréter la baisse de la participation électorale?
. Une démocratie de l’abstention ?
L’abstention est le fait d’un électeur inscrit de ne participer au scrutin. Aujourd’hui, celle-ci occupe une place de plus en plus importante (+20% d’abstention aux Européennes de 1979 à 2009 = abstention de 59,5% en 2009).

Pourquoi de l’abstention? Globalement, les citoyens ne comprennent pas l’utilité des élections Européennes et n’en voient pas les conséquences concrètes.

Néanmoins, l’abstention était beaucoup moins importante (19,7%) au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, du fait du régime qui accorde beaucoup plus de place au Président.
Comment se caractérise l’abstentionniste? Généralement, il vient de la classes populaire, peu diplomé, faible intégration sociale, peu de compétence-culture politique. Le politiste français Daniel Gaxie évoque un « cens caché ».

L’abstention peut également être rapproché du mécontentement de certains individus.
> Non-inscription : fait de ne pas être inscrit sur les listes électorales (le nombre d’inscrits/individus pouvant voter).
> Mal-inscription : fait d’être enregistré sur les listes électorales mais pas dans la bonne commune.
> Taux de mobilisation : pourcentage des individus ayant réellement participé à un scrutin (différent du taux d’inscription).
Le taux de non-inscription atteint 10% en France contre 30% aux Etats-Unis.

En France, les jeunes ayant atteint l’âge de 18ans sont inscrits d’office depuis la loi du 10 Novembre 1997.

Certains parlent d’une « américanisation électorale » ou de « démocratie de l’abstention ».
> Abstentionnisme hors-jeu : milieu populaire, faiblement diplômés, ne sait pas se situer sur l’échiquier politique, pas d’intérêt politique. Ils restent loin de toute forme de participation et d’implication, de ce fait, cet abstention est un détachement et désinvestissement de la scène politique.
> Abstentionnisme dans le jeu : plutôt jeunes, diplômés et intéressés par la politique. Ils sont politisés et cette forme d’abstention exprime une sanction à l’adresse des candidats et des partis en lice (rejet électoral malgré un intérêt politique).

B- Quels sont les déterminants du comportement électoral?
. L’impact géographique sur les choix politiques
André Siegfried, fondateur de la géographie électorale, affirme que les caractéristiques géographiques; la structure de l’habitat et la forme dominante de la propriété orientent les choix politiques des individus.

Le type de sol > détermine le type d’habitat > donc le type de propriété > soit l’orientation politique.
Par exemple :

- sol calcaire à l’Ouest de la France > habitats regroupés autour des points d’eau > petites et moyennes propriétés (avec sentiment égalitaire, d’appartenance) > vote à gauche.

- sol granite > habitats isolés car étendue d’eau importante > grandes propriétés (individualisme) > vote à droite.
Ainsi, la répartition de la propriété influe sur la structuration des rapports sociaux : sur un sol granite, on retrouve des relations de domination et de dépendance.
Il y a de ce fait des variables lourdes dans le comportement électoral :

- analyse d’André Siegfried (XIX-XXe siècle) : lien entre la géologie qui influence l’habitat, donc le régime de propriété, donc le vote.

- vers 1940 : sondage à l’Université de Colombia qui fait apparaître des variables lourdes : religion, patrimoine, classe sociale,… ( aux Etats-Unis, généralement, les ruraux aisés votent Républicains et les chrétiens urbains votent Démocrates).
D’après la carte d’Emmanuel Todd : le vote F.N. est très important au Nord-Est et Sud-Est de la France du fait de :

- régions désindustrialisées et déchristianisées à l’Est

- en Corse : identité régionale très forte.

- au Sud-Est : peu favorables à l’immigration maghrébine et Pieds Noirs.

Dans les grandes villes, le vote F.N. est moins présent car les revenus sont généralement plus élevés et habitude au paysage cosmopolite.
. L’indice d’Alford
> L’indice d’Alford : c’est in indicateur qui mesure la spécificité du vote de la classe ouvrière par rapport aux classes moyenne et supérieure. Il a été définit en 1963 par le sociologue anglais éponyme. Il s’obtient par la soustraction entre les proportions des ouvriers et des « non-ouvriers » qui votent pour la gauche. En France, il a tendance à baisser depuis les années 1980, ce qui signifie que le vote ouvrier est de moins en moins singulier et illustre le déclin d’un vote de classe.
Depuis 1945, l’indice d’Alford a été divisé par 2 (15 points en 1986 contre 30 en 1945) en raison de :

- la moyennisation (ouvriers s’abstiennent ou votent F.N. ou votent à droite)

- la baisse des effectifs ouvriers

- les partis de gauche se sont transformés (le P.S. est plus libéral dans ses positions donc attirent d’autres C.S.P.). Ils se socio-démocratisent et « attrapent » des électeurs en dehors de leur camp traditionnel.
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. Quelques déterminants sociologiques du vote

- La religion pèse sur le vote : les catholiques pratiquants votent plus à droite (valeurs traditionnelles, sécurité, famille, plus conservateurs) alors que les « sans-religion » votent à gauche mais aussi les Musulmans issus de l’immigration (protection sociale).

- L’âge : personnes âgées avec fort capital économique votent à droite (patrimoine) alors que les jeunes plus urbains et diplômés votent à gauche.

- L’origine sociale

- Le patrimoine : 57% des sans-patrimoine ont voté Ségolène Royal au deuxième tour des élections présidentielles en 2007. Plus on a de patrimoine, plus on vote à droite. L’effet patrimoine a été mis en évidence en 1978.

- Le genre : il n’y a pas de biologie du vote féminin. Au milieu de XXe siècle, les femmes votaient davantage à droite du fait de leur situation sociale (faible instruction, pratique religieuse, valeurs conservatrices), mais avec l’émancipation, le comportement électoral des femmes a convergé avec celui des hommes (abstention).
Il n’y a pas de vote spécifiquement féminin ou des personnes âgées, mais une situation sociale particulière : on parle de « sexe social » ou « d’âge social ».
C- Comment analyser la volatilité électorale?
. L’électeur rationnel
Depuis la fin des années 1990, il y a l’émergence d’un nouvel électeur : moins prisonnier des appartenances sociales, mieux informé, plus instruit et donc plus volatile et sensible à l’offre politique du moment : le vote sur enjeu.

On parle ainsi de marketing électoral, et de marché de consommation : le vote répond toujours à une vision utilitaire mais il y a des votes idéalistes. L’individu est plus rationnel, plus stratège (vision utilitariste, minimisation des coûts et optimisation des gains).

Néanmoins, ces théories dites du « choix rationnel » mettent en avant des électeurs qui s’éloignent des variables lourdes, en réalité, les électeurs qui votent sur enjeu sont peu nombreux.
. La mobilité électorale
Les électeurs mobiles sont généralement ceux qui s’en sortent difficilement avec leurs revenus. On parle aussi de volatilité électorale; lorsque les individus changent d’attitude ou d’orientation politique.

Il en existe différente forme :

- le vote intermittent (le plus fréquent, abstention ou vote)

- la mobilité partisane (le fait de changer de représentant au sein d’un même parti)

- la mobilité transgressive (la plus rare qui concerne 10% des électeurs, c’est le changement de camp gauche-droite).
Ces mobilités électorales sont dues à :

- l’offre électoral

- brouillage du clivage gauche-droite ainsi que les caractéristiques sociologiques des individus.

- manque de compétence et désintérêt politique

- augmentation du nombre de partis.
D- Quelle est l’influence des médias sur les attitudes politiques?
. Une influence médiatique qui semble limitée
Les reproches adressés aux médias sont nombreux :

- vaste influence sur le milieu politique, très rapide mais sans traitements de fonds

- culte de l’émotion

- peopolisation, ou vedettisation, des élus

- outils de manipulation des foules (Bourdieu dans Sur la télévision) qui appartiennent aux dominants, et fabriquent l’opinion.

- mise en avant des faits-divers pour dissimuler la réalité

- contrôle de l’agenda politique, c’est-à-dire, qu’ils imposent leurs propres thématiques.
Lasswell en 1927 utilise l’image de la « seringue hypodermique » : les médias sont un instrument de propagande, liés aux régimes totalitaires.

Les médias alimentent les campagnes, cependant, les plus intéressés sont les plus politisés donc les moins susceptibles d’être influencés. A l’inverse, les moins orientés politiquement ne suivent pas les campagnes.
L’effet d’agenda des médias dit ce à quoi il faut penser. Il peut être important dans un contexte de volatilité électorale.
. Les sondages
Les sondages d’opinion sont une source d’informations supplémentaires qui peuvent améliorer le fonctionnement des démocraties représentatives.

Se posent les problèmes de compétences, de construction et de méthode. Par exemple, les sondages partent du constat que tous les citoyens votent, or, les personnes âgées et CSP+ votent plus que les jeunes.

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