Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires








télécharger 144.78 Kb.
titreRéunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires
page1/2
date de publication20.01.2018
taille144.78 Kb.
typeRéunion
b.21-bal.com > loi > Réunion
  1   2

A.I.S.
ASSOCIATION INTERPROFESSIONNELLE DU SARLADAIS



ADEQUATION EMPLOI-FORMATION INITIALE


TRAVAUX ISSUS DE LA CONFERENCE DEBAT
Du 28 JUIN 2007

PARTICIPANTS :


  • Représentants d’entreprises et de l’Education Nationale du Bassin d’emploi du Sarladais


ANIMATION :


  • Monsieur Jean FIGARELLA, Inspecteur Général, Honoraire de l’Education Nationale

  • Membres du bureau de l’AIS.


Dans le cadre de ses activités, l’Association Interprofessionnelle du Sarladais, AIS, a organisé le jeudi 28 juin 2007 une conférence débat sur le thème :
« Adéquation Emploi-Formation Initiale »
Cette démarche prolongeait un travail mené depuis quelques années pour rapprocher à partir d’actions concrètes deux mondes complémentaires, celui de l’Entreprise et celui de l’Education Nationale :


  • Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires.

  • Participation au Conseil d’Administration d’un Lycée Polyvalent.

  • Exposé des besoins lors d’un audit d’un établissement scolaire.

  • Approche concertée pour aider les orientations professionnelles (Carrefour des Métiers, visites d’entreprises, animations en classe…).

  • Accueil d’enseignants stagiaires en entreprise.

  • Appui auprès de programmes pédagogiques adaptés à la connaissance du Marché de l’Emploi (techniques de recrutement, besoins en compétences…).

  • Soutien au développement de section scolaires avec pour dernier exemple la signature de la convention portant création d’une section d’apprentissage pour le Baccalauréat Professionnel Maintenance des Equipements Industriels.


C’est dans cette perspective d’actions communes que se sont retrouvées près de 50 personnes, représentants de l’entreprise et de l’Education pour débattre ensemble de l’équation posée et à résoudre sur l’emploi et la formation initiale.
Afin d’aider les participants dans la réflexion et la construction, l’animation du débat a été confiée à Monsieur Jean FIGARELLA, Inspecteur Général Honoraire de l’Education Nationale, Ancien Doyen du Groupe d’Inspection Générale des Sciences et Techniques Industrielles.
Grâce aux partages d’expérience et de connaissance entre Monsieur FIGARELLA et l’ensemble des participants, des réponses ont été apportées aux questions de bases fixées par le débat :


  • Comment l’enseignement technique doit prendre en compte les attentes du Monde Professionnel ?

  • Quels contenus donner aux diplômes de l’enseignement technologique et de l’enseignement professionnel pour réaliser la meilleure adéquation formation-emploi possible ?

  • Quelle est la nature des liens qui doit permettre d’assurer une relation efficace et durable entre le Monde de l’Education et le Monde de l’Entreprise. Comment se décline le partenariat Ecole-Entreprise ?


Le présent compte rendu a pour objectif de rendre compte de la qualité des échanges entre participants et de contribuer à poser les pierres d’un édifice commun pour le développement des emplois.
Dans un premier temps, l’exposé de Monsieur FIGARELLA complété et rédigé après la conférence, permet de définir les bases profondes et durables d’un partenariat efficace entre l’Ecole et les entreprises tout en précisant les caractéristiques de l’adéquation recherchée.
Dans un deuxième temps, seront présentées des axes d’amélioration pour conduire des actions futures. Les éléments sont issus directement des échanges ; ils précisent ainsi les attentes et réactions du terrain.
Que l’ensemble des participants au débat, chefs d’entreprise ou représentants directs, chefs d’établissement scolaire, chef de travaux et enseignants soient sincèrement remerciés pour leur envie de rendre vivant et adéquat la relation entre l’emploi et la formation initiale.
Nos remerciements également à Monsieur FIGARELLA pour sa disponibilité et la passion qu’il a su communiquer tout le long de son intervention.
Enfin, au nom de tous, que cet important travail puisse guider les pas de ceux qui orientent et décident.


James CHATENOUD

Président AIS

A - L’adéquation emploi- formation initiale

Exposé de Monsieur Jean FIGARELLA – 28 juin 2007


Introduction :
Une étude récente de l’Association de la Mécanique Industrielle et des Constructions spéciales (AMICS) dénonce le déficit actuel d’usineurs qualifiés et estime à 180 000 le nombre d’emplois qualifiés à pourvoir d’ici 2015. Cette étude constate des profils inadaptés des candidats à l’emploi dans ces secteurs, l’insuffisance de pratique sur machines-outils, les difficultés à intervenir dans un programme voire à modifier un mode opératoire.

Selon la même étude, la question du comportement ou du savoir être devient cruciale et doit constituer un objet de la formation : il importe de bien connaître les exigences et les contraintes de l’entreprise, sa structure, les postes en amont et en aval ; il convient d’avoir un comportement adapté envers les clients ou les fournisseurs et de s’intégrer parfaitement dans une équipe au sein de son entreprise.

«  L’orientation par défaut vers les métiers de l’industrie et la dévalorisation des emplois manuels se traduisent par un fort déficit de compétences et de motivations » (AMICS).
En même temps qu’il convient de recentrer la formation sur des niches d’emploi correspondant à la réalité et à la diversité économique, qu’il s’agisse d’emplois très qualifiés, peu qualifiés, de haut niveau ou de niveau plus modeste, doit se poursuivre l’effort d’élévation du niveau général de qualification. Les pays où la proportion de diplômés de niveau égal ou supérieur au baccalauréat est la plus forte sont ceux qui sont les plus performants en terme de PIB par habitant. En outre, le niveau de formation a des effets à long terme en matière économique, sociale, sanitaire, culturelle. « Tout ne peut se résumer, sans risques considérables, à la recherche d’une impossible, ou sinon très difficile adéquation minutieuse entre l’emploi et la formation » (D. BLOCH, ancien Recteur, ancien président du haut comité éducation-économie).

1ère partie :

Comment l’enseignement technique doit prendre en compte les attentes du monde professionnel tout en remplissant sa mission de formation du citoyen ?


    1. Technologie et enseignement technique.


Au préalable, il est important de clarifier le sens des mots : on parle souvent de techniques, de technologie, d’enseignement technique, d’enseignement de la technologie. Ces mots recouvrent des réalités différentes.
3 remarques préliminaires :
* La technologie est omniprésente dans la société et pourtant elle ne l’est pas dans l’enseignement général mise à part une tentative timide d’introduction de la technologie en collège.
* Ce qui caractérise le technique, en tous cas aux yeux de l’opinion, c’est sa mission explicite d’insertion professionnelle. Cette mission masque sa vocation culturelle ou la relègue au second plan.
* Une réflexion que m’inspire un écrit, celui de Claude PAIR : « L’instruction générale insiste d’abord sur l’unité, la formation professionnelle assure une différenciation et complète l’identité personnelle. C’est sans doute pourquoi elles ne doivent, moins que jamais, et quelles que soient les difficultés de l’emploi, être séparées ».
On peut prolonger cette réflexion en disant que la voie technologique est un exemple de cette coopération où une formation qui n’est pas professionnelle mais qui peut en être une propédeutique se superpose à une formation générale dans laquelle concourent les enseignements généraux et technologiques.
Plusieurs dimensions culturelles à la technologie :
L’enseignement de la technologie devrait permettre de former des usagers cultivés et responsables.


  • la dimension « usager » à travers l’acquisition de connaissances et de savoir faire indispensables dans la vie quotidienne : citons l’utilisation des ordinateurs, des outils de communication, l’accès à tous les systèmes d’information.

  • la dimension « culture scientifique » via l’étude de produits et de systèmes techniques qui au-delà du « comment ça marche » permet d’accéder au « pourquoi » (technologie médiatrice de science…)

  • La dimension « culture d’entreprise » permettant de comprendre les enjeux économiques.

  • La dimension historique et sociétale c’est à dire la place des techniques dans l’histoire mais aussi dans la société actuelle et la société du futur ce qui permet de comprendre les conséquences sociales, sociologiques, morales et éthiques


Ex : les ruptures historiques qu’ont constitué l’irrigation, la céramique, le moteur à combustion interne, la TSF, le microprocesseur, la fission nucléaire, les plastiques, le génie génétique…
Ex : l’adaptation permanente des techniques et des produits du fait de l’émergence de nouvelles techniques : l’acier face aux plastiques et composites, le train face à l’avion ou à la voiture, la presse face à la télévision et internet…
Ex : le développement de la voiture et ses répercussions sur l’urbanisme et le remodelage des villes…
Ex : les biotechnologies et les nouveaux produits de l’agro-alimentaire ou les nouvelles thérapeutiques….
Ex : qui nous touche : les technologies de l’information et de la communication et les nouvelles pratiques d’enseignement.
Un autre avantage inhérent à l’enseignement de la technologie, c’est l’approche systémique : l’enseignement technique mobilise des savoirs et savoir faire de plusieurs disciplines et permet d’approcher la notion de système.
L’éducation de l’homme moderne demande de développer une vision globale d’un monde complexe et suppose des outils d’analyse et des approches pluridisciplinaires. L’entraînement à l’approche systémique, à la « pensée complexe » (Edgar MORIN) est fondamental en éducation. « Il nous faut pouvoir échapper à l’alternative entre un savoir spécialisé local qui ne voie pas le global et un savoir global qui ne comprend rien au local…..La pensée complexe ….est une pensée qui n’affronte pas seulement les choses qui sont liées ensemble mais aussi l’incertitude et l’aléa ». (Edgar MORIN)
L’enseignement technique :

Au-delà de la préparation « visible » à des métiers, son but implicite reste la diversification des voies de formation et par cette diversification une prise en compte de la diversité des talents et des goûts. Mais toutes les voies de la formation initiale préparent directement ou indirectement à un métier, à court, moyen ou long terme :

Directement et rapidement pour la voie professionnelle ;

Indirectement et souvent à moyen terme pour la voie technologique ;

A long terme pour la voie générale.
Une des critiques majeures faites à notre système d’enseignement par des partenaires extérieurs réside dans le fait qu’il tende de plus en plus à ne reconnaître qu’une seule forme d’excellence intellectuelle, celle de la section scientifiques des lycées et son prolongement dans les grandes écoles, voire en médecine ou à l’Université. Mais cette critique mérite d’être corrigée car le système éducatif français offre une grande diversité de voies et de passerelles entre ces voies. Il est en effet construit depuis longtemps sur l’idée qu’au-delà d’une culture commune, seule une diversification des parcours de formation permet d’élever le niveau de qualification.

Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas lutter contre la hiérarchisation des pratiques et des savoirs notamment celle qui s’établit entre le « pur » et « l’ appliqué », entre le « théorique » et le « pratique » ou le « technique ». Bref doit-on continuer à différencier enseignement technique et enseignement général ?


    1. Les grands principes directeurs d’une bonne adéquation

formation-emploi.
Auparavant, la qualification était pensée comme une adéquation étroite entre les aptitudes acquises pendant la formation et les aptitudes requises pour l’emploi.

A cette conception réductrice s’est substituée peu à peu une conception plus large et plus évolutive qui tient compte de la façon dont se forgent chez un individu des capacités, des compétences et des comportements.
Les situations de travail ont subi de larges mutations sous l’influence de l’automatisation et de l’informatisation des tâches, de la disparition du taylorisme, du poids des nouvelles exigences économiques liées notamment aux difficultés économiques et à la mondialisation.
Deux types de changements sont intervenus :


  • des transformations du processus technique grâce à l’introduction de nouvelles technologies ;

  • des transformations liées aux évolutions de l’organisation du travail.


Ces changements visent 6 objectifs :

  • L’amélioration de la productivité ;

  • Le développement de la flexibilité ;

  • L’augmentation de la fiabilité ;

  • La recherche de la qualité ;

  • Les économies d’énergie et de matières premières ;

  • Le respect de l’environnement.


Pour faire face à ces nouvelles situations de travail, les compétences à développer deviennent d’une autre nature :


    • La maîtrise des méthodes et des procédés ainsi que la connaissance des matériaux ce qui débouche sur une vision plus exhaustive de la formation permettant d’être davantage partie prenante dans la politique qualité de l’entreprise ;

    • L’appropriation d’une démarche d’analyse et de résolution des problèmes permettant de mieux répondre aux situations imprévues et aux aléas ;

    • L’approche systémique ;

    • Une meilleure connaissance de la production et de l’entreprise.


Comment prendre en compte les besoins des entreprises ?
Le contexte économique est trop instable et trop imprévisible pour donner avec précision l’état quantitatif des besoins à long terme. On ne peut que prévoir des tendances.

Quant aux aspects qualitatifs, dans le cas du long terme, le problème de l’adéquation formation-emploi peut peut-être se résoudre par un recentrage des diplômes autour d’une famille de métiers. Cela peut permettre une mobilité professionnelle plus facile mais risque d’entraîner une déprofessionnalisation des diplômes. Dans le cas où l’on recherche une adéquation efficace dans le court terme, une adéquation trop étroite entre la formation et l’emploi peut se traduire par une multiplication extrême des spécialités et un verrouillage de la qualification qui ne permet plus la mobilité professionnelle.
2ème Partie :

Les savoirs, les voies de la formation, la certification.
2-1- Vers une redéfinition du mode de transmission des savoirs.
Comme le dit Michel SERRES,   l’histoire démontre, qu’à chaque changement de support a correspondu une mutation du savoir . Lorsqu’on est passé du support oral au support écrit est apparue la géométrie en Grèce au Ve siècle avant JC.

Lorsqu’on est passé à la Renaissance du support écrit au support imprimé ont émergé les sciences expérimentales.
« Qu’allons-nous inventer aujourd’hui où les ordinateurs nous dispensent des opérations les plus sottes de l’intelligence ?...

Des centres du savoir, des villes, des bibliothèques, furent donc créés. Et les hommes, mobiles, se déplacent vers le savoir. La grande nouveauté du changement du support d’aujourd’hui est une inversion complète de ce schéma…Le savoir diffusé lui-même par les réseaux et les circuits, se déplace aujourd’hui vers les hommes qui, de nouveau, peuvent être immobiles ». (M. SERRES).

Le changement des supports de la connaissance interroge à chaque fois le système éducatif et l’oblige à évoluer dans sa relation maître-élèves. Après l’arbre à palabres sous lequel officie le Sage, se forme peu à peu le couple éducatif. Ce rapport se  transforme avec l’émergence du support livre qui délivre de la contrainte du temps. Avec l’internet une nouvelle contrainte est levée, celle de la distance. Toute réflexion sur l’évolution du système éducatif doit désormais intégrer ces nouveaux paramètres.

2-2- Les voies de la formation initiale.
Ces voies sont multiples. On distingue :


  • Dans le second cycle :




  • la voie générale qui conduit aux baccalauréats généraux qui permettent ensuite les poursuites d’études universitaires ;




  • la voie technologique qui est sanctionnée par les baccalauréats technologiques ; les baccalauréats technologiques permettent comme les baccalauréats généraux des poursuites d’études supérieures notamment en BTS, DUT (niveau III), en classes préparatoires spécifiques de ces baccalauréats ; ils donnent également accès aux études universitaires dans des secteurs professionnels correspondant à la spécificité des baccalauréats technologiques ;




  • la voie professionnelle conduisant aux CAP (niveau V), BEP (niveau V), baccalauréats professionnels (niveau IV) c'est-à-dire des diplômes donnant une qualification professionnelle précise.


Au niveau post-baccalauréat, toutes les voies peuvent être considérées comme professionnalisantes ; les BTS, les DUT, les licences professionnelles, les diplômes d’ingénieurs sont des diplômes fortement professionnalisés.
Il existe ainsi une extrême diversité en niveaux, en voies, en contenus, en passerelles ; il existe également de nombreux organismes certificateurs et différentes modalités de certifications : l’examen ponctuel terminal, le contrôle en cours de formation (C.C.F) et la validation des acquis de l’expérience (V.A.E).

La place de l’éducation nationale dans la certification est particulièrement importante : en France chaque année sont délivrés 850 000 diplômes, titres et certifications. 75% sont octroyés par l’Education nationale.

La validation des acquis de l’expérience donne une nouvelle légitimité aux diplômes et un nouveau sens à la formation : valider des acquis (professionnels notamment), c’est reconnaître que l’activité professionnelle génère des compétences et des savoirs qui peuvent, à l’instar de celles acquises dans un cursus de formation, être certifiées officiellement par un diplôme.

2-3- Les caractéristiques de l’enseignement professionnel.
Le système de qualification professionnelle s’efforce d’être une construction adaptative qui répond de façon permanente aux besoins de l’économie. Les diplômes professionnels sont conçus pour être des diplômes qualifiants reconnus par les entreprises.
Les diplômes professionnels sont conçus à partir de l’analyse prévisionnelle des emplois. Ils sont organisés en compétences générales, technologiques et professionnelles.
Les diplômes professionnels peuvent être préparés selon différentes modalités :

  • en formation initiale sous statut scolaire ;

  • en formation initiale sous contrat de travail ou apprentissage ;

  • en formation continue.


L’enseignement professionnel est un dispositif fondé sur l’alternance qui n’est plus désormais une caractéristique de l’apprentissage : les formations professionnelles sous statut scolaire comportent aussi une période de formation dans l’entreprise (PFE) ou un stage. La PFE est obligatoirement évaluée et validée pour l’obtention du diplôme.
La conception, la création et le fonctionnement du dispositif de formation s’appuie sur le partenariat au sein des commissions professionnelles consultatives (CPC).
Une adaptation locale des formations peut être nécessaire pour répondre aux besoins des entreprises locales et pour prendre en compte les évolutions technologiques rapides qui caractérisent certains métiers. Cette adaptation locale peut se faire selon diverses modalités :

  • Dans le cadre du projet d’établissement qui peut intégrer la spécificité de l’environnement socio-économique sans déroger aux programmes nationaux grâce notamment aux stages ;

  • Elle peut se faire par le biais de formations complémentaires d’initiative locale d’une durée maximale de 1 an, négociées localement par les établissements scolaires avec les professions et conduites avec une forte alternance.

Exemple : après le BTS Maintenance ou le BTS Analyses biologiques, on peut suivre une formation complémentaire en maintenance bio-médicale.

3ème partie :

Un exemple de partenariat avec les entreprises : la construction des diplômes professionnels.
En matière de création ou de rénovation de diplômes professionnels, le système éducatif français fait appel à un large dispositif consultatif.

Ce dispositif est celui des Commissions professionnelles Consultatives (C.P.C.) qui associent des représentants des organisations professionnelles des employeurs et des salariés, des représentants des pouvoirs publics ainsi que des personnalités qualifiées (syndicats d’enseignants, représentants des parents d’élèves). Au nombre de 17, ces CPC correspondent aux principales activités économiques reconnues : CPC Métallurgie, CPC Bâtiment et travaux publics, CPC Chimie, CPC Alimentation, CPC Tourisme-hôtellerie, CPC Arts appliqués, CPC Bois et dérivés, CPC Habillement, CPC techniques de commercialisation…
Le processus de création ou d’actualisation d’un diplôme du type CAP, BEP, baccalauréat professionnel, brevet professionnel, BTS comporte 4 étapes 

(voir annexes 1, 2 et 3 pour des exemples de contenus de référentiels et la démarche d’élaboration du diplôme) :


  • L’étude d’opportunité : les demandes de création ou de rénovation d’un diplôme existant émanent le plus souvent des professions concernées. Celles-ci justifient alors leur demande en constituant un dossier d’opportunité : besoins quantitatifs à moyen terme, voire à long terme, définition et évolution des tâches et des situations de travail, profils de recrutement souhaités, analyse de l’existant c'est-à-dire des diplômes du même secteur…

La CPC compétente, réunie en séance plénière, formule un avis sur l’opportunité de création d’un diplôme et sur le niveau et le type de diplôme demandé. Si cet avis est positif, il se constitue un groupe de travail mandaté par la CPC avec un chef de projet qui est en général un inspecteur général.


  • L’étape d’élaboration du référentiel d’activités professionnelles :

Ce référentiel (R.A.P.) est un document qui décrit les activités professionnelles que le titulaire du diplôme (ou de la formation complémentaire) sera amené à exercer après une période d’adaptation dans l’entreprise. Il essaie également d’anticiper sur les évolutions de ces activités en fonction de ce qui a été présenté dans le dossier d’opportunité.

Chacune des situations de travail est décomposée en différentes tâches. L’étude comparée des tâches constitutives des différentes situations de travail aboutit à dégager des familles de tâches dénommées « fonctions ».


  • L’élaboration du référentiel de certification du diplôme :

La notion de référentiel de certification repose sur la distinction fondamentale entre diplômes et modes de préparation de ces diplômes ; en effet, des candidats de différentes origines peuvent se présenter à un même diplôme : élèves, apprentis, adultes ayant suivi une formation continue. Tous ces publics vont passer le même examen ; ils devront donc avoir acquis les mêmes compétences quelles que soient les modalités de leur préparation. Il ne s’agit donc pas d’établir des programmes avec des heures d’enseignement mais de faire apparaître les compétences caractéristiques des emplois visés.

La construction du référentiel de certification répond à une autre logique que celle du R.A.P. On analyse l’activité professionnelle tâche par tâche et à chaque fois, on fait l’inventaire des compétences nécessaires. On structure ensuite cet ensemble, on regroupe ou on fusionne les compétences de même nature et on classe les compétences différentes. Ces compétences doivent donc être mesurables ce qui implique que le référentiel de certification précise les indicateurs d’évaluation.

Ces compétences exigent des connaissances : ce sont les savoirs associés : ceux directement utiles dans la profession concernée et ceux qui sont nécessaires pour comprendre et assimiler les premiers ou appréhender les évolutions technologiques ultérieures. Dans ces savoirs associés figurent évidemment les enseignements généraux car ils sont constitutifs de la culture du citoyen.


  • La validation et les aspects réglementaires.

La dernière phase de ce processus porte sur la mise au point des modalités de validation: validation globale ou validation par unités capitalisables. Certaines unités (ou la totalité du diplôme) peuvent être acquises par le dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE). D’autres peuvent être acquises par dispense du fait de la possession d’un diplôme français ou étranger de même niveau ou appartenant au même champ professionnel.
Une fois les travaux terminés, le projet de diplôme est de nouveau soumis à la CPC réunie en assemblée plénière. La durée des travaux est en général d’une année et, compte tenu de l’évolution des métiers, il est nécessaire de revoir souvent ces référentiels (tous les cinq ans par exemple). Les travaux d’actualisation, pour récents qu’ils soient, ne doivent pas faire oublier l’inertie du dispositif : la mise en œuvre de la formation nouvelle est certes immédiate mais il faut attendre 2 à 3 ans pour la sortie de la première promotion sur le marché du travail.

Les projets de diplômes sont ensuite transmis aux bureaux du Ministère chargés d’assurer leur mise en forme réglementaire et leur suivi jusqu’à leur parution au Journal Officiel de la République française et au Bulletin Officiel de l’Education nationale.

Il apparaît ainsi que le diplôme est le même pour tous puisqu’il se réfère à des programmes nationaux et à des définitions d’épreuves nationales.

Remarque : Les DUT sont élaborés également en commissions et aboutissent à des programmes et à des définitions d’épreuves nationales.
Conclusion :
Un des objectifs importants de cet exposé était, outre celui d’une bonne adéquation formation-emploi, la recherche d’un partenariat efficace avec le monde du travail. Ces deux objectifs sont étroitement liés car le partenariat école-entreprises est une condition fondamentale pour réussir cette adéquation.

Mais ce partenariat se décline également dans d’autres domaines tant sur le plan national que sur le plan local.


  • Au niveau national : il existe des conventions de coopération entre des entreprises et l’éducation national (PSA, groupe ACCOR, etc…)portant sur des mesures d’information et d’orientation des jeunes, sur l’organisation des formations, sur la place de l’apprentissage et sur les diplômes ; les CPC étudiées précédemment relèvent de ce partenariat.




  • Au niveau régional : les professions sont consultées dans l’élaboration de la carte des formations régionales (la loi du 20 Décembre 1993 a confié aux régions la responsabilité de la formation professionnelle des jeunes). L’Education nationale a également une mission de contrôle de la qualité de la formation des apprentis.




  • - Au niveau de l’établissement de formation, le partenariat est indispensable dans l’élaboration du projet d’établissement, dans l’organisation des stages et des périodes de formation en entreprise. Les entreprises sont sollicitées pour le versement de la taxe d’apprentissage et pour la participation de professionnels aux examens, au contrôle en cours de formation, aux jurys de validation des acquis de l’expérience. Les établissements scolaires (par les G.R.E.T.A.) participent à la formation continue des salariés.


Ce partenariat, même s’il s’est considérablement développé ces dernières décennies, n’est pas nouveau. Il faut rappeler en effet qu’en 1946 a été créée la fonction de conseiller de l’enseignement technologique, professionnel qui joue un rôle actif dans toutes les mesures visant à rapprocher le système éducatif et son environnement économique. La candidature en est présentée par une organisation professionnelle, interprofessionnelle, consulaire, syndicale… Le C.E.T est nommé par le Recteur. Il participe à divers conseils et commissions, à l’information des élèves sur les emplois et les professions, au fonctionnement des établissements de formation et aux examens. Son rôle est particulièrement important dans ce dernier domaine puisqu’il préside les jurys de CAP et de BEP et qu’il est vice-président des jurys de brevet professionnel.


  • Le système éducatif n’est donc pas un monde fermé coupé des réalités du monde économique. Il est fortement dépendant de ce dernier puisque sa mission fondamentale est de former les personnels qualifiés dont la France a besoin. En même temps, il ne renonce pas pour autant à sa mission première : celle de former des citoyens cultivés et responsables, capables de comprendre et d’accompagner les évolutions de la société dans laquelle il est partie prenante.


Annexe 1 :


METHODOLOGIES DE L’ELABORATION DES DIPLOMES PROFESSIONNELS


Référentiel d’activités professionnelles
Situations de travail décomposées en tâches









Compétences



Savoirs scientifiques et

Technologiques appliqués

(directement liés aux technologies

Et aux techniques)


Savoirs scientifiques

fondamentaux, supports

des savoirs appliqués


Annexe 2 : 2 exemples d’activités décrites dans un référentiel d’activités

professionnelles.

Fonction

Mise en œuvre de techniques de laboratoire

Participation à un système qualité

Activités

Mise en œuvre de techniques microbiologiques

Conditions d’exercice

MOYENS ET RESSOURCES :


  • Echantillon à analyser, souches microbiennes

  • Milieux de culture et réactifs

  • Equipements, en particulier PSM, robots et automates

  • Equipements individuels et collectifs de sécurité

  • Équipements de prétraitement ou de traitement des cultures en vue d’une élimination sécurisée

  • Procédures et protocoles

  • Fiches de données de sécurité

  • Procédures de mise en œuvre d’opérations touchant à la sécurité biologique



AUTONOMIE :

  • Autonomie totale

Résultats attendus





  • Organisation pertinente du poste et du temps de travail

  • Respect des procédures, des protocoles et des règles d’hygiène et de

sécurité

  • Analyse critique des résultats

  • Gestion des souchiers microbiens

  • Participation aux choix méthodologiques

  • Participation à la gestion des risques

  • Procédés d’élimination conformes
  1   2

similaire:

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconEnsemble des moyens mis en œuvre afin de démontrer, réfuter. Recherche...

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconEt des etablissements participant au service public
«entrepreneurs» dont une part importante des revenus proviennent de la mise en œuvre des moyens techniques

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconAdresse : 32 route de la Haute Corniche, 29280 plouzane
«dons» de réception et d’émission peuvent être remis en activité pour peu que l’on s’en donne les moyens. Comme dans tout domaine...

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconDécouvrir, comment dans divers champs et sur des thématiques d'actualité,...

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconPetit détour par les neurosciences pour mieux comprendre les problèmes dentaires

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconBibliographie. Introduction
«à simplifier et à clarifier les modalités d’organisation des projets pour les sorties scolaires»

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconPour les jeunes qui veulent bouger, pour les parents souhaitant trouver...

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconPour les jeunes qui veulent bouger, pour les parents souhaitant trouver...

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconLieu de la réunion : cdos 1 rue du Quatorze juillet à Chartres
«codep28ffessm» doit être utilisé pour favoriser la communication des commissions et donc de la Bio. IL ne faut pas hésiter à solliciter...

Réunions pour recueillir les attentes des entreprises et comprendre les moyens mis en œuvre par les établissements scolaires iconI définitions I a Individus vs société
«Tend à comprendre et à expliquer comment les pensées, les sentiments, les comportements moteurs des êtres humains sont influencés...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com