Rapport d’Étape : projet auf








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UNIVERSITÉ DE CONAKRY UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ

RAPPORT D’ÉTAPE : PROJET AUF

(2003-2004)

RÉSEAU DE CHERCHEURS EN SOCIOLINGUISTIQUE
ET
DYNAMIQUE DES LANGUES

Incidences du multilinguisme sur les compétences en français

des élèves guinéens en fin de cycle primaire


Gisèle Holtzer

Responsable scientifique du projet

Décembre 2003
SOMMAIRE


I. Le programme et son déroulement

1.1 Origine du projet

1.2 Le projet AUF

1 .3 Calendrier d’exécution

1.3.1 Choix des lieux pour les compléments d’enquête

1.3.2 Les compléments d’enquête

1.3.3 Exploitation des données orales et écrites

1.3.4 Organisation d’un colloque international

1.4 Bilan financier
II. Travaux réalisés en 2003

2.1 Questionnaire sociolinguistique

2.1.1 Le croisement de variables

2.1.2 Questionnaire et plurilinguisme

2.1.3 Répertoires plurilingues (transmission et appropriation)

2.1.4 Réseau communicationnel en classe

2.2 Exploitation des productions orales des élèves

2.2.1 Objectifs

2.2.2 Analyse

2.3 Exploitation des productions écrites

2.3.1 Les données CAMPUS

2.3.2 Les données AUF
III. Conakry : approche historique et socio-historique

3.1 Histoire de la ville

3.2 Le peuplement de Conakry
IV. Le plurilinguisme dans les recherches urbaines

4.1 Les recherches urbaines en Afrique de l’Ouest

4.2 Multilinguisme et Plurilinguisme : problèmes de terminologie

4.3 Des plurilinguismes urbains
BIBLIOGRAPHIE

ANNEXE


I. LE PROGRAMME ET SON DÉROULEMENT


    1. Origine du projet


Le programme de recherche dont il est question dans ce rapport se situe dans le prolongement d’un programme de recherche CAMPUS (1998-2001) intitulé Français en Guinée et implications didactiques conduit en partenariat entre l’université de Franche-Comté et l’Université de Conakry. Ce programme avait d’abord pour objet de préciser la place du français et des langues guinéennes dans les pratiques langagières des locuteurs guinéens après vingt-six ans de rupture avec la francophonie, rupture externe avec les institutions francophones et rupture interne par une longue période d’enseignement des/en langues nationales guinéennes dans le cycle primaire et les deux premières années du secondaire. Les études sociolinguistiques de type macro ont eu lieu sur l’ensemble du territoire guinéen et ont permis de faire un état des lieux du multilinguisme guinéen et des usages sociaux, rôles et fonctions du français et des langues guinéennes. Les enquêtes ont confirmé et précisé l’importance des trois langues nationales dominantes au niveau des régions, langues qui sont donc des véhiculaires régionaux : le soso en Basse Guinée, le pular en Moyenne Guinée, le maninka en Haute Guinée ; elles ont également confirmé la compartimentation linguistique de la Guinée forestière où plusieurs langues sont pratiquées (kissi, toma, guerzé…). L’élément nouveau révélé par ces enquêtes est la dynamique du français dans les situations de travail (bureau), au marché, dans les transports publics mais aussi dans les communications informelles, particulièrement à Conakry. Des études linguistiques portant sur des données orales recueillies en milieu « naturel » auprès de locuteurs scolarisé et non scolarisés ont fourni des informations sur certaines spécificités du français en Guinée, notamment sur la morphosyntaxe. On rappellera que les particularités lexicales du français en Guinée ont fait l’objet d’études dans le cadre du réseau « Étude du français en francophonie » (A. M. Diallo, 1999)
L’objectif principal de la recherche était centré sur l’école. Il s’agissait de procéder à une évaluation des compétences en français des élèves guinéens dans le système scolaire, en choisissant des années charnières : la fin du cycle primaire (6ème année) et la fin du premier cycle du secondaire (10ème année). Une étude évaluative de productions écrites d’élèves de 6ème année (1097 productions) et d’élèves de 10ème année (995 productions), d’établissements situés en zone urbaine et en zone rurale, a d’une part donné lieu à des études quantitatives, traduites en niveaux de compétences et apporté des éléments de réflexion sur l’efficacité de l’enseignement du français ; d’autre part l’analyse discursive des productions a permis de mettre en évidence un certain nombre de problèmes récurrents intervenant dans la pratique scolaire du français, problèmes qui touchent le niveau interphrastique et mettent en jeu la compétence textuelle des élèves (anaphores, organisateurs textuels…).
Les résultats du programme de recherche CAMPUS ont été présentés lors du colloque international de Conakry (18-20 octobre 2001) et dans différentes publications (voir annexe 1).
Un prolongement à cette recherche nous a paru nécessaire. Nous disposions en effet de données non totalement exploitées (productions écrites d’élèves) et de données non traitées (de nature orale). De plus, ce travail nous a amenés à prendre conscience de façon plus affirmée de la nécessité de prendre en compte la dimension multilingue du contexte, non comme un simple « paysage linguistique » qui servirait de toile de fond à une étude sur le français mais comme un facteur dynamique façonnant des plurilinguismes à configurations variables qui se traduisent dans des répertoires verbaux eux-mêmes divers. Il nous a donc paru indispensable d’intégrer pleinement la notion de plurilinguisme à notre étude. C’est dans ce sens que nous avons élaboré le projet de recherche AUF qui prend comme contexte d’étude la ville de Conakry, c’est-à-dire le plurilinguisme en contexte urbain, avec un lieu central, l’école, espace d’appropriation du français dans sa version scolaire.
1.2 Le projet AUF Incidences du multilinguisme sur les compétences en français des élèves guinéens en fin de cycle primaire
La problématique générale du projet est la suivante : l’école est un lieu d’appropriation du français et de contacts de langues. Même si les langues guinéennes sont exclues de l’espace de la classe, elles sont présentes, elles sont le « déjà-là » dont parlent les acquisitionnistes. La question du contact a été posée sous deux angles complémentaires et interdépendants :


  • l’école guinéenne est un milieu au fonctionnement explicitement monolingue (les activités se font en français, totalement ou majoritairement) mais de nature multilingue où différentes langues coexistent, le français de manière explicite et légitime au titre de langue de scolarisation, les langues guinéennes – n’ayant en principe pas droit de cité – de manière « muette » dans le répertoire verbal des élèves où elles sont le substrat sur lequel se construit l’apprentissage du français. L’école est par ailleurs un milieu ouvert où pénètrent des formes de français venues de l’extérieur et qui ne sont pas nécessairement conformes à la norme académique (présence de normes endogènes, français « non standard »). L’école fait ainsi partie intégrante du contexte multilingue étudié ;




  • l’élève est appréhendé comme sujet plurilingue porteur d’un répertoire verbal complexe construit au fur et à mesure des contacts avec des locuteurs d’autres langues (dans la famille, dans le quartier, avec des pairs d’autres ethnies…). Ce répertoire verbal est compris comme l’ensemble des langues pratiquées par l’élève (langue nationale, langue(s) vernaculaire(s), français, variétés de ces langues), quel que soit le degré de maîtrise qu’il en a. Ces parlers s’interpénètrent à des degrés divers, ce dont témoignent des phénomènes bien connus et classiquement relevés (calques, interférences). Plus intéressant, des compétences - par exemple communicationnelles - se sont développées dans les langues premières définies comme « toutes les langues acquises simultanément et de façon précoce » (D. Véronique, 1993 : 463). On peut se demander si et comment ces compétences acquises et manifestées naturellement dans l’interaction sociale jouent dans l’appropriation et la pratique scolaire et non scolaire du français.


Dans l’espace scolaire, les questions à l’étude concernent les relations entre les compétences développées à l’oral dans les langues guinéennes et les compétences en voie de développement en français. Dans ce but, nous avons prévu de recueillir des productions orales d’élèves de 6ème année, productions successivement en langues guinéennes - plus précisément en L1 - puis en français, avec comme invariant le récit oral. Le projet est de procéder à une étude comparative des compétences manifestées dans l’une et l’autre langue. Les compétences proprement scripturales sont étudiées à partir du corpus CAMPUS et à partir de nouvelles données recueillies selon le protocole établi pour CAMPUS dans les écoles de Dixinn et de Tombolia. Il est clair que, outre la continuation des travaux sur les données CAMPUS, nous avons voulu disposer d’un ensemble de productions orales et écrites d’élèves habitant dans les deux quartiers retenus et scolarisés dans une école de ces mêmes quartiers caractérisés par un multilinguisme important. Dans les enquêtes CAMPUS le plurilinguisme des élèves n’avait en effet pas été pensé en tant que dimension majeure et première de la recherche, c’est la raison pour laquelle un complément d’enquête a été programmé plaçant le plurilinguisme au centre de la problématique.
1.3 Calendrier d’exécution 2003
L’équipe participant au projet est présentée en annexe 2.
1.3.1 Choix des lieux pour les compléments d’enquête

Les quartiers choisis pour l’implantation des écoles sont Dixinn-école situé dans la commune de Dixinn et Tombolia situé dans la commune de Matoto.
- Dixinn 

Cette commune, subdivisée en dix-sept quartiers, compte 147.500 habitants selon le recensement de 1996. Elle abrite le plus grand ensemble culturel de la capitale : l’université de Conakry créée en 1962, le complexe scolaire de Donka, la Grande Mosquée (construite en 1983 et qui est la plus grande de l’Afrique de l’Ouest), le Centre islamique, le stade du 28 septembre. Dixinn comprend des quartiers résidentiels (Camayenne, la cité ministérielle, la Minière) et des quartiers populaires (Hafia, Landréah…). Le quartier Dixinn-école a été choisi parce que la population y est relativement stable (les habitants y sont installés depuis longtemps) et que la plupart des ethnies y sont représentées.
- Tombolia 

La commune de Matoto est la plus peuplée de Conakry (389.692 habitants, recensement de 1996). Tombolia est un nouveau quartier de la périphérie de la capitale, situé en « haute banlieue », à 24kms du centre. La population, ethniquement diverse et issue de migrations nouvelles, y est plus récemment installée que celle de Dixinn,. Ces caractéristiques offrent un contraste intéressant pour l’étude des plurilinguismes.
1.3.2 Les compléments d’enquête

- Questionnaire sociolinguistique (mission Jean-Pierre l’Hôte, 12-20 avril 2003)

Enquête réalisée à l’école de Dixinn et de Tombolia en avril 2003. 468 questionnaires exploitables ont été recueillis. Ces questionnaires ont ensuite été saisis par l’équipe de Conakry, les opérations de tri à plat ont été effectuées à Besançon, ainsi que le croisement de certaines variables par la méthode de l’analyse factorielle des correspondances (voir partie II).
- Productions écrites Dixinn et Tombolia (mission Gisèle Holtzer, 18-24 mai 2003)

Sujet : Votre mère vous a envoyé acheter du sucre chez un commerçant de votre quartier. En arrivant près de la boutique, vous avez vu un homme sortir en courant. Vous avez entendu le commerçant crier très fort : « Au voleur ! Au voleur ! ».

Vous écrivez à un ami d’une autre ville et vous lui racontez ce qui s’est passé et ce que vous avez fait.
Les exigences pour le choix du sujet étaient triples : obtenir un récit, situer la production dans un processus de communication (la lettre à un ami), être adapté culturellement. Sur ce dernier point, selon les dires des Guinéens, le vol fait partie des événements quotidiens dont tout élève habitant à Conakry a pu être témoin ou a entendu parler. La consigne donnée présente la situation de départ avec précision, fournissant le cadre, les circonstances de l’événement, les personnages, au risque de voir l’élève se contenter de recopier l’amorce (ce que certains élèves ont fait) et de restreindre la créativité des élèves. Il faut préciser que le souci était plutôt d’éviter que des élèves restent « muets » scripturalement parlant, et n’écrivent rien ou presque. D’où le choix (peut-être discutable) d’une consigne cadrant le sujet avec précision. Nous avons choisi de recueillir ces productions dans des classes de 5ème année afin d’avoir de meilleures chances de retrouver les mêmes élèves en 2004 pour le recueil de productions orales.
Les enquêteurs chargés du recueil des productions sont des membres guinéens du projet AUF suffisamment expérimentés pour expliquer aux instituteurs en charge des classes visitées les objectifs du recueil et avoir l’autorité nécessaire pour faire face à tout problème imprévu. Les instituteurs ont participé à l’explication de la consigne, assuré la traduction en langues guinéennes lorsque cela s’est avéré nécessaire, collaboré avec l’enquêteur tout au long de la séance de productions des écrits par leurs élèves. Le choix a été fait d’associer étroitement les instituteurs à l’enquête. Ces derniers ont été invités à remplir un bref questionnaire sur leur pratique des langues guinéennes et l’utilisation éventuelle de celles-ci en classe (voir partie II). Le tableau 1 indique le nombre de productions recueillies dans les 3 classes de Tombolia et dans les 4 classes de Dixinn.






Tombolia

22 mai 2003

Dixinn

23 mai 2003

5ème A

76

61

5ème B

90

51

5ème C

61

42

5ème D




44

TOTAL

227

198


Tableau 1 : Productions écrites recueillies

- Archivage (mission Amadou Baldé, 20 septembre-3 octobre 2003)

L’objectif était de mettre en correspondance pour chaque élève le questionnaire sociolinguistique et la production écrite le concernant. A l’issue de ce travail des correspondances ont pu être établies pour 372 élèves, la variabilité des effectifs en classe (absences) ne permettant pas un appariement complet.
1.3.3 Exploitation des données orales et écrites (mission Aly Badara Sylla, 2 novembre-2 décembre 2003)

Voir partie II.
1.3.4 Organisation d’un colloque international (Besançon, 6-7 novembre 2003)

Intitulé du colloque : Situations de plurilinguisme et enseignement du français en Afrique (voir programme annexe 3).

Le colloque avait pour objectif de réunir des spécialistes engagés dans des recherches portant sur l’enseignement du français dans le contexte du plurilinguisme africain (projets nationaux ou internationaux) afin de proposer un lieu d’échange sur des problèmes communs et de confronter nos méthodologies et nos outils d’analyse. Cette réunion scientifique a été l’occasion de faire se rencontrer deux programmes soutenus par l’AUF, celui dirigé par C. Noyau « Dynamique de l’appropriation et de la maîtrise du français via la scolarisation en situation diglossique », mené en partenariat entre l’université Paris X-Nanterre et l’université de Lomé au Togo - et le présent programme, conduit en collaboration entre Besançon et Conakry. Sur les dix-huit communications présentées, cinq l’ont été par les membres du programme Paris X-Lomé, sept par les membres du programme Besançon-Conakry.
Outre la somme de 850€ programmée pour le soutien au colloque dans la subvention AUF 2003, la manifestation scientifique a bénéficié de subventions de la Région de Franche-Comté (800€) et de la Ville de Besançon (350€). Ces aides financières ont permis la prise en charge (totale ou partielle) d’intervenants venus de l’île Maurice, de Dakar, de Conakry. L’édition des Actes, prévue en 2004, sera réalisée à Besançon.
1.4 Bilan financier
Subvention AUF 2003 7500€
Dépenses montant prévu réalisé

- Mission Besançon-Conakry

G. Holtzer, Responsable scientifique du programme, 17-25 mai 2003

Besançon-Paris train AR

Paris-Conakry, avion, AR 872€49

Per diem 630€

1500€ 1502€49

- Mission Conakry-Besançon

A. Baldé, 20 septembre-3 octobre 2003

Conakry-Paris, avion, AR

Paris-Besançon, train, AR 879€57

Per diem 1345€

2225€ 2224€57
- Mission Conakry-Besançon

A. Badara Sylla, 3 novembre-3 décembre 2003

Conakry-Paris, avion, AR

Paris-Besançon, train, AR 868€90

Per diem 1400€

2125€ 2269€90

Participation colloque 850€ 850€
Documentation : achat d’ouvrages 500€ 500€
Fonctionnement

(Photocopies, papier, cartouche d’encre…..) 300€ 300€

TOTAL 7500€ 7646€96

La différence entre la subvention et les dépenses effectuées est compensée par la subvention accordée par la Région de Franche-Comté et la Ville de Besançon pour l’organisation du colloque.

L’université de Franche-Comté a mis une mission de l’Accord Interuniversitaire à disposition du programme AUF. Cette mission a été effectuée par Jean-Pierre L’Hôte (12-20 avril 2003) pour procéder au complément d’enquête sociolinguistique.




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