Note css : a signaler que l’ouvrage de René Le Senne a fait l’objet en 2002 d’un mémoire de Xavier Leleu, étudiant à l’Université de Lille III, disponible sur internet sous le titre








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Les émotifs ne sont pas tous des expansifs. Le caractéro­logue doit donc prendre soin de dépister l’émotivité, quand elle ne se manifeste pas publiquement, soit en surprenant de petits symptômes tels qu’un plissement du visage ou une modulation de la voix, soit en constatant ultérieurement des effets indirects, comme un jugement ou un souvenir du sujet dont le caractère est en question.

20. Modalité de l’émotivité. — Nous venons de considérer l’émotivité dans son intensité. Pour une étude plus précise de l’individu il sera utile de la considérer aussi dans sa modalité. Cette modalité consiste dans la manière dont l’énergie de l’émotivité se dépense. En effet la libération de l’énergie se fait de bien des manières dans la vie des hommes, de même que dans les événe­ments physiques. Ce peut être brusquement, explosivement ou lentement, peu à peu ; la courbe d’intensité de la mobilisation peut être ascendante : le sujet « se monte »  ; ou descendante : elle est tout de suite ou presque tout de suite à son maximum, puis elle cesse de croître et décroît, elle « tombe ». Elle peut encore comporter p.69 des allures ou des rythmes plus compliqués. De toutes ces données il résulte des modes caractérologiques à déterminer par un examen plus précis en n’oubliant pourtant pas que ce que la caractérologie doit retenir, ce ne sont pas des variations exceptionnelles de l’émo­tivité et généralement de la vie, mais des résultantes moyennes ordinaires de ces modes.

21. Symptôme usuel de l’émotivité. — Après avoir précisé la nature de chaque propriété fondamentale, nous aurons à indiquer les critères c’est à dire les symptômes qui permettent de déceler sa présence parmi les constituants du caractère d’un individu donné. Nous allons le faire d’abord pour l’émotivité.

En conformité avec la définition même de l’émotivité, celle ci se reconnaît dans le cours de la vie à la disproportion entre l’impor­tance objective d’un événement, sa gravité réelle, et l’ébranlement subjectif par lequel l’émotif répond, bon gré mal gré, à sa provoca­tion. Pleurer ou souffrir pour une bagatelle, exagérer la menace d’un événement, attacher une importance excessive à un petit fait ne révélant aucun changement profond, réagir violemment à un mot ou à un acte sans portée, user de mots forts pour un détail négligeable, ces manifestations et bien d’autres font reconnaître l’émotivité, et, si elles sont assez répétées, sans possibilité d’erreur.

C’est ce qu’indique la question 9 (Psy. Femm., trad. fr.. p. 286) du ques­tionnaire de G. Heymans : « Est il émotif (prendre des riens à cœur plus qu’autrui ; être ravi ou en larmes pour des causes médiocres) ou non émotif (moins sensible que d’autres, de caractère froid) ? »

Nous venons pour une raison d’utilité pratique d’isoler l’effet signalétique de l’émotivité ; nous allons le retrouver à sa place dans la liste de ses effets principaux. Rappelons que cette liste ne vaut qu’à titre d’indication générale et préalable puisque l’émoti­vité doit se manifester assez différemment suivant qu’elle est asso­ciée à telles ou telles autres propriétés fondamentales. Les corréla­tions des propriétés fondamentales considérées isolément doivent p.70 être moins strictes et moins précises que celles des caractères : encore est il utile de les connaître, mais aussi préférable de s’en tenir aux données les plus saillantes.

Nous allons nous en tenir ou à peu près dans ce tableau aux listes établies par G. Heymans dans son article sur l’enquête statistique faite par lui et E. Wiersma (Beitr. z. spez. Psychol. u. s. w., dans la Zeitschr. für Psych. 1e Abt.. vol. 51, 1909, 6e art., § 7) ; mais nous croyons utile de préciser par un commentaire les résultats bruts. précisément pour aider au discernement de l’émotivité dans les diverses alliances où elle doit se trouver engagée.

22. Corrélations principales de l’émotivité. — Les numéros qui précèdent les divers paragraphes de cette liste indiquent ceux des articles du questionnaire de G. Heymans qui ont provoqué la documentation utilisée et les nombres suivants, ceux des pourcen­tages rassemblés par l’enquête statistique

Questions 1, 2, 3, 15. — Voici d’abord les nombres comparatifs se rapportant aux émotifs et aux non émotifs :




Moy. des non-É

Moy. des É

q. 1, 1° mobiles

23,2

58,1

q. 15, 3° humeur alternante

22,1

51,3

Ces chiffres signifient, comme nous l’avons annoncé, que 23,2 % des non émotifs (et 22,1) et que 58,1 % (et 51,3) des émotifs sont mobiles (et d’hu­meur alternante) ; mais en impliquant que la fréquence de la propriété résulte de la force de la disposition à l’avoir, on peut dire que cette propen­sion est de 23,2 en moyenne chez les non émotifs et de 58,1 en moyenne chez les émotifs.

Ces nombres expriment l’expérience courante d’après laquelle l’émotivité est le facteur d’inquiétude, de mobilité mentale et pratique, de changements d’humeur visibles et intérieurs ; qu’il s’agisse de sentiments passagers ou durables, l’émotivité fait aux émotifs, à proportion de la force avec laquelle elle les trouble, une histoire plus ou moins agitée. En opposition avec les émotifs les gens froids, même actifs, sont calmes, parfois, comme les p.71 apathiques, immobiles ; et, au voisinage de la limite, inertes. Les émotifs ressentent toujours plus ou moins l’insensibilité des non-émotifs : ils leurs paraissent durs ou inintelligents et ils s’en plai­gnent ou les raillent.

Sous sa forme la plus accentuée, cette inquiétude entraîne de plus ou moins grandes denivellations, passages de l’exaltation à la dépression de l’enthousiasme à la haine, d’un sentiment au senti­ment opposé. Ce trait est particulièrement net chez les émotifs les plus instables parce qu’ils sont toujours livrés à l’empire de l’instant. Mais, comme pour l’inquiétude, ces dénivellations pour­ront être masquées derrière un mur d’inhibition.

Q. 7. — L’impulsivité qui manifeste la puissance de l’instant sur le sujet résulte immédiatement de l’émotivité. Elle est mi-passive, mi-active, composant la secousse subie par lui avec une réaction peu organisée.

Mais il convient tout de suite d’indiquer deux modes d’impul­sivité suivant que l’émotivité est liée à un retentissement faible ou fort des représentations. Chez les sujets qui vivent dans le présent, l’impulsivité est une impulsivité immédiate, réactive : sous le choc du présent le sujet réagit sans retard et vivement et cette réaction trouve dans le choc une explication qui suffit à l’observateur : le passé n’intervient que pour fournir des moyens de la réaction.

Dans l’autre cas l’impulsivité est une explosivité : le choc paraît plutôt l’occasion que la cause de l’impulsion, car elle manifeste l’influence d’expériences antérieures et accumulées, comme il arrive chez celui qui a plusieurs fois inhibé un mouvement de colère contre quelqu’un et enfin « éclate ».

Q. 9, 10, 11. — L’émotivité entraîne l’excitabilité : non seulement on prévoit et quelquefois on redoute la réaction de l’émotif parce qu’elle est violente ; mais on sait qu’il faut peu de chose pour la provoquer. On ne s’approche des plus grands émotifs qu’avec précaution, surtout s’il convient de les mettre au courant d’un p.72 événement grave, même agréable. Ils sont semblables à des explo­sifs que le moindre heurt peut faire sauter. Des sur émotifs vivant ensemble se déchargent fréquemment l’un l’autre et font une maison tumultueuse.

Q. 10. — L’intensité des manifestations de l’émotivité résulte de l’intensité de l’émotivité. Où l’émotivité en effet se déploie sans inhibition, elle donne des marques d’elle même qui n’échappent à personne ; une voix forte, peut être criarde, des gestes bruyants, des mouvements volumineux sont les plus frappantes. Où au contraire la considération d’expériences passées ou d’effets futurs intervient pour conditionner la systématisation de ses expressions, cette intensité se transfère au contenu des actes que l’émotivité inspire.

Parmi les modes les plus apparents de cette intensité d’expres­sion est le superlativisme c’est à dire l’emploi de mots jugés exces­sifs par l’homme moyen pour qualifier les événements et les objets, tels que atroce, détestable ou infect pour désagréable ou délicieux, ravissant ou splendide au lieu d’agréable.

Il y aurait évidemment une étude minutieuse à faire de l’expres­sion de l’émotivité par le langage. Le style de Pascal ou de Danton n’a pas été celui de Leibniz ou de Franklin, tous deux non émotifs ; le discours d’un tribun ne ressemble pas au rapport d’un homme d’affaires. La longueur des phrases, la nature des constructions, la proportion des divers types de propositions, le vocabulaire, etc., sont autant de modalités du langage dont la caractérologie devra entreprendre l’étude à mesure qu’elle pénétrera plus avant dans l’étude des différences humaines.

Q. 14, 61. — Il n’est pas étonnant que l’intensité des sentiments favorise l’intolérance et desserve la tolérance. — L’intolérance est le résultat d’une adhésion forte à quelque direction d’action ; elle manifeste un autoritarisme, passager ou permanent, que l’énergie affective doit renforcer. Au contraire la tolérance est facile à l’indifférent par froideur.

p.73 C’est ce que vérifient les réponses à la question 14 :




Moy. des non-É

Moy. des É

tolérant

80,1

75,9

intolérant

9,2

12,5

ces nombres suggèrent la conclusion que l’intolérance est un effet de l’intensité de l’affirmation (et de l’action conforme à ce qu’elle affirme) : l’émotivité doit donc la favoriser.

Parallèles à ces chiffres, comme ils doivent l’être, sont ceux de la démonstrativité définie comme le penchant à exprimer volontiers ses sympathies et ses antipathies et à les défendre avec chaleur (question 61, 1°) :




Moy. des non-É

Moy. des É

démonstrativité

35,6

55,9

Q. 55. — Il n’est pas étonnant que l’émotivité contribue à infléchir bien des propriétés du moi de l’action vers l’émotion. C’est ce qui arrive pour la pitié.

Les réponses généralement données à la question 55, 1°, qui demande : « est il compatissant et prêt à aider ? » et associe par suite la pitié de sentiment, la compassion, et la pitié d’action, la serviabilité, favorisent déjà les émotifs :




Moy. des non-É

Moy. des É

compatissant et serviable

61

77,3

Mais certains rapporteurs ont distingué dans leurs réponses compatissants et serviables : les résultats malheureusement trop peu nombreux font apparaître (art. cit., p. 32), sur

84 sujets compatissants

35 nÉ

49 É

101 sujets serviables

53 nÉ

48 É

ce qui vérifie que l’émotivité est plus favorable à la pitié expressive qu’à la pitié p.74 volontaire et active. Les émotifs servent à l’occasion ceux qu’ils prennent en pitié ; mais ils les plaignent davantage.

Un résultat comparable est fourni par les nombres relatifs à l’attitude envers la religion (question 65). Si l’on classe les hommes d’après leur ferveur religieuse (warm religiös), la supériorité des émotifs est éclatante :




Moy. des non-É

Moy. des É

ferveur religieuse

12,1

21,1

Cette différence s’atténue considérablement dès que l’on considère la religion comme une pratique plus sociale que pieuse, relevant de l’habitude plutôt que du cœur :




Moy. des non-É

Moy. des É

Religion conventionnelle

18,7

22,5

La différence est tombée de 42,7 % à 17 %.

On trouverait d’autres exemples comparables de l’effet favo­rable produit par l’émotivité sur la bonté envers les inférieurs (q. 54). le patriotisme (q. 59) ; l’amour pour les enfants (q. 66) et les animaux (q. 67).

Q. 63. — Nous terminerons ces généralités en mettant en évi­dence à propos de la véracité




Moy. des non-É

Moy. des É

complètement dignes de foi

62,6

51,9

l’influence défavorable de l’émotivité sur les diverses formes de l’objectivité.

On trouvera les pourcentages relatifs aux questions 60 63 dans l’ouvrage de R. LE SENNE, Le Mensonge et le caractère (Paris, Alcan, 1930). pp. 336 7.

23. Corrélations principales de la non émotivité ou froideur. — Il y a souvent des cas, dans l’expérience physique ou mentale, où p.75 la variation quantitative d’une propriété commence par se manifes­ter par la variation quantitative de ses effets et finit par entraîner des changements qualitatifs. C’est ce qui se produit pour l’émoti­vité. Il suffit d’abord, pour connaître les effets de l’émotivité décroissante, de rapprocher la valeur de ses effets de 0. Ainsi la diminution de l’émotivité diminue l’inquiétude, affaiblit l’action, diminue la démonstrativité, la disposition à compatir, favorise l’objectivité et notamment la véracité. Mais à partir d’un certain point l’affaiblissement de l’émotivité entraîne l’établissement de la froideur qui produit des effets propres. Néanmoins ce renverse­ment est beaucoup plus net dans le passage de l’activité à l’inacti­vité et provisoirement, c’est à dire avant la considération des caractères, nous pouvons pour simplifier nous contenter d’admettre que la décroissance de l’émotivité détermine la décroissance de ses manifestations.

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