Note css : a signaler que l’ouvrage de René Le Senne a fait l’objet en 2002 d’un mémoire de Xavier Leleu, étudiant à l’Université de Lille III, disponible sur internet sous le titre








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p.82 La difficulté restera dans la vie de discerner entre la persévérance et l’entêtement. On y arrive d’ordinaire en constatant que l’entêté persiste sans s’adapter au milieu tandis que le persévérant main­tient son intention, son dessein en tenant compte des circonstances dans lesquelles il en poursuit la réalisation.

Q. 31. — L’émotivité attache aux objets qui la provoquent, soit pour les faire craindre, soit pour les faire aimer : l’activité est liée à l’indépendance :




Moy. des non-A

Moy. des A

indépendance

51,3

66

Q. 15. — Supériorité sur les obstacles, indépendance, voilà des circonstances favorables à la gaieté, à la bonne humeur, générale­ment à l’optimisme. Les actifs sont en effet privilégiés de ce point ie vue par rapport aux inactifs :




Moy. des non-A

Moy. des A

gai et vif

29,7

41

Pour voir déjà, par anticipation sur la caractérologie spéciale, comment l’émotivité affecte l’activité dans la détermination de cette propriété, descendons des émotifs actifs (EA), ici la formule maximale, aux actifs de moindre émotivité, puis aux non émotif non actifs (nEnA), pour finir enfin aux émotifs que l’activité n’aide plus : nous obtenons le tableau suivant :

Moy. des :

%

ÉA

nÉA

nÉnA

ÉnA

43,1

39

32,1

27,3

La chute régulière des nombres montre que, pour la propriété 15, gai et vif, optimiste, l’émotivité accentue l’opposition de l’activité et de l’inactivité.

p.83 Cet effet est aisé à comprendre. Quand l’émotivité fournit son énergie à l’activité, celle ci en est renforcée et par suite l’opti­misme s’accroît. Quand au contraire l’inactivité la barre, elle ne peut que rebrousser dans la conscience de l’impuissance, entretenir un complexe d’infériorité et la désaffection pour la vie. L’émotivité manifeste ici son pouvoir de dénivellation : elle produit par elle-­même l’enthousiasme ou le désenchantement plutôt que le conten­tement froid imparti à l’activité.

C’est ce qui explique que la mélancolie, même chez les actifs-­émotifs, mais surtout chez les émotifs inactifs teigne si souvent l’émotivité. Celle ci manifeste en somme la passivité de l’individu plus que son autonomie : elle doit donc être assez souvent doulou­reuse ; et elle le reste si l’activité, ou à son défaut, l’intelligence n’interviennent pas pour la relever. Encore faut il que l’intelligence produise ici les dialectiques convenables ; et d’abord évite les dialectiques de dépréciation.

Q. 40 42. — On peut grouper un certain nombre des effets de l’activité en disant qu’elle favorise la présence aux choses en tant que choses. Tandis que l’émotivité est intéressée aux événements par les émotions qui s’en dégagent, ce qui en un sens détourne de l’analyse des événements eux mêmes et les soustrait à un examen spéculatif et froid, l’activité porte vers ce qu’il y a de déterminé en eux, ce qui les fait, non des causes d’émotions, mais des objets de savoir.

Aussi trouve t on pour la q. 40 les nombres suivants :

Moyennes des:

non-A

A

EA

non-EA

bons observateurs

43,9

60,5

56,3

64,7

p.84 et pour la question 42 :




Moy. des non-A

Moy. des A

habile, adroit (geschickt)

48,3

70,8

Aussi n’est il pas étonnant que pour lesprit pratique (ques­tion 29), les A, avec la moyenne de 71,8 l’emportent de beaucoup sur les nA, avec la moyenne de 47,2.

Ces chiffres sont à rapprocher de ceux qui sont déterminés par la question 83 :




Moy. des non-A

Moy. des A

distrait

43

17

toujours présent

34

63,5

Ces convergences numériques entre nombres fournis en réponse à des questions indépendantes prouvent l’objectivité des résultats obtenus par la caractérologie.

Q. 46 50. — En connexion avec ce qui précède, on peut reconnaître encore comme un effet important de l’activité la prévalence chez l’actif des intérêts pratiques qui visent à l’abondance des moyens d’action comme l’argent, sur les intérêts sensibles, ceux dont la fin est une jouissance immédiate.

C’est ce que vérifie le groupement des nombres suivants :




Moy. des non-A

Moy. des A

q. 46, 2°, continence sexuelle

53,9

64,5

q. 44, 1°, jouissances de la table

49,9

40,3

mais :

q. 50, 1°, désir de l’argent, cupidité

19,8

21,3

Q. 63, 85 et 86. — En beaucoup de ses effets l’activité se pré­sente comme le contraire de l’émotivité. C’est le cas pour les p.85 qualités en relation avec l’objectivité : l’émotivité leur nuit ; l’acti­vité au contraire les favorise :




Moy. des non-A

Moy. des A

q. 63, 1°, véracité

51,4

63,1

q. 85, 1°, ponctualité

39,25

75,8

q. 86, 2°, parle de manière objective (sachlich).

15,9

34,8

30. Corrélations principales de linactivité. — Puisque l’inactivité comporte, un peu comme la matière d’Aristote, une positivité dans sa négativité, il peut être utile de souligner trois effets de celle ci parce qu’ils en montrent des aspects importants et peuvent servir aussi de critères pour le tri des actifs et des inactifs.

Le premier est la facilité à se décourager. Chez l’émotif la force des désirs anime les réactions qui ont été provoquées par une détermination émouvante ; mais que le désir tombe, l’entreprise fléchit ; et s’il persiste, à moins qu’il ne soit très fort comme l’est un désir vital, les obstacles qui s’opposeront à sa satisfaction l’useront ou le conduiront à se satisfaire sous une forme qui ne sera qu’un succédané, une réduction de la fin précédemment visée. — Chez l’actif au contraire la disposition permanente à l’activité s’ajoutera à l’émotivité pour accroître la puissance des énergies et des moyens mis à son service et, dans l’intervalle de deux accès de désir, elle fera souvent le pont entre eux. C’est ce que vérifient les nombres correspondant à la question 6, 1° :




Moy. des non-A

Moy. des A

facile à décourager

40,4

21,2

La vie des inactifs émotifs manifeste des chutes brusques d’entre­prises interrompues, soit par le caprice, soit par une abdication souvent masquée par la complicité de l’intelligence, qui fournit p.86 des prétextes à l’assujettissement de l’homme à son caractère. Chez les inactifs non émotifs, la difficulté à entreprendre se substitue souvent à la facilité à se décourager.

Le deuxième effet de l’inactivité à mettre en évidence est la mélancolie. Nous avons déjà vu qu’elle est favorisée par l’émotivité ; elle l’est plus encore par l’inactivité, comme on le voit par les nombres de la question 15, 2° :




Moy. des non-A

Moy. des A

mélancolique (schwermütig)

6,7

3,6

Il n’est pas douteux que Kierkegaard n’ait été un inactif.

Enfin, comme troisième trait caractéristique, nous retiendrons que le manque de naturel, qu’il se manifeste soit par une attitude forcée (gezwungen), soit par de l’affectation (geziert) est le plus souvent une conséquence de l’inactivité, plus fréquemment chez les émotifs que chez les non émotifs. Le manque de naturel des inactifs est confirmé par les chiffres de la question 60 :




Moy. des non-A

Moy. des A

parfaitement naturel

55,3

72,5

mais :

forcé

25,5

16,7

affecté

12,8

7,7

31. Signification philosophique de lactivité. — En indiquant à propos de l’émotivité (p. 75), que celle ci exprime la dépendance du sujet à l’égard de l’objet nous annoncions que l’activité manifeste l’influence du sujet sur l’objet. La conscience caractérologique, considérée dans les deux premières propriétés fondamentales, apparaît ainsi comme la relation du moi à l’objet, avec son double sens.

III. — Le retentissement

32. p.87 La troisième propriété constitutive est le retentissement des représentations ou, plus brièvement, le retentissement. Si cette troisième propriété n’a été reconnue que récemment, elle avait été pressentie plusieurs fois avant sa reconnaissance expresse : et la clarté que sa découverte a introduite dans le classement dies données caractérologiques force à professer son objectivité.

Les caractérologues de l’école française de la fin du dernier siècle avaient déjà assez généralement reconnu la nécessité de distinguer entre deux variétés d’actifs. Ainsi Fouillée qui voit dans le tempérament actif « celui qui est en prédominance de désintégration » remarque que cette désintégra­tion peut être « rapide ou intense » ou au contraire « lente et modérée », comme le rappelle Malapert (op. cit., p. 89), qui à sa suite distingue (p. 90), parmi les actifs, les vifs et les lents. Ces considérations pouvaient être mises aisément en connexion avec l’opposition familière à la psychologie, des hommes à temps de réaction court et des hommes à temps de réaction long.

Cependant non seulement cette opposition n’était pas exploitée comme elle aurait dû l’être, mais elle était présentée comme n’intéressant que l’acti­vité, bien que dans le domaine de la vie affective on eût pu également distin­guer entre les émotifs dont l’émotivité éclate par bouffées vives et courtes et ceux chez qui les sentiments sont tenaces et profonds. En cherchant la raison de l’opposition entre les deux catégories d’individus dans la nature du système nerveux. Otto Gross préparait l’universalisation de la portée de la notion.

C’est dans un écrit intitulé Die cerebrale Sekundärfunktion (Leipzig, 1902) ; puis dans Ueber psychopathologische Minderwertigkeiten (Braumüller, Vienne et Leipzig, 1907) que Gross expose sa distinction de la fonction primaire et de la fonction secondaire du cerveau et son importance pour la distinction de deux types d’hommes (sur les deux types, cf. Ueb. Psych. Minderw., p. 27 sqq.)

On trouve un exposé assez détaillé des idées d’O. Gross dans l’ouvrage de C. G. JUNG. Psychologische Typen (1920. 7e mille, 1937, Rascher, Zurich et Leipzig) : VI. « Le problème des types dans la psychiatrie », pp. 383 sqq.

Ce que Gross appelle la fonction primaire du cerveau est l’exercice propre et initial d’une cellule nerveuse, à savoir la production de son effet psychique positif c’est à dire d’une représentation. Cet exercice s’accompagne d’une transformation énergétique qui est la résolution d’une tension chimique, donc d’une chute énergétique de caractère chimique.

La fonction secondaire est la reconstitution, la réfection de l’état anté­rieur de la cellule. Suivant l’intensité énergétique de la première fonction, cette seconde fonction sera plus ou moins rapidement reconstituée. Mais dans p.88 l’intervalle la cellule nerveuse n’est plus dans le même état qu’avant l’exer­cice de la fonction primaire. Elle a été sensibilisée, d’autant plus profondé­ment que la première action a été plus forte.

De là Gross tira la distinction de deux types humains, suivant que la fonction secondaire est de courte ou de longue durée, conditionnant dans le premier cas la disponibilité ininterrompue du tissu nerveux, dans le second, une réactivité retardée. A la prépondérance de la fonction primaire sont d’après Gross attachées la rapidité de réaction, mais l’absence de critique, la superficialité ; à la prépondérance inverse le Tiefsinn, la profondeur aux divers sens du mot, la personnalité.

Cette opposition a été adoptée par les psychologues de l’école de Groningue. G. Heymans entend par fonction secondaire « l’action que les élé­ments du contenu psychologique continuent d’exercer après avoir disparu de la conscience claire » (G. Heymans, Psych. des Femmes, trad. fr., p. 53). La section III du questionnaire qui a servi à l’enquête statistique concerne la fonction secondaire (Psych. des Femmes, trad. fr., pp. 288 90).

La notion est discutée par A. Burloud. Le Caractère (Paris. Pres. Univ. Fr., 1942), pp. 132 135 (cf. ci-dessous p. 100) mais utilisée par lui p. 135 en bas et p. 137.

Voici ce que, d’accord avec les caractérologues hollandais et en faisant abstraction de son substrat physiologique qui en tant que tel n’intéresse pas la caractérologie, les significations dans lesquelles seront pris dans ce qui suit les mots de retentissement, de fonction primaire ou secondaire des représentations, de primarité et de secondarité.

Tout d’un coup une représentation, par exemple perceptive, s’impose à l’attention d’un homme. Ainsi un professeur, parlant devant un auditoire, aperçoit une pendule, marquant telle heure, sur le mur de la salle où il parle. Cette perception produit dans son corps et son esprit un premier groupe d’effets pendant tout le temps qu’elle occupe sa conscience : le professeur énonce mentalement l’heure qu’il lit sur la pendule, réfléchit plus ou moins claire­ment au temps qui lui reste. Tous les effets produits par la repré­sentation de la pendule pendant qu’elle occupe la conscience claire constituent le premier retentissement, la fonction primaire de la représentation. — Mais ces effets ne sont pas les seuls que la perception initiale doive engendrer. Une fois la perception sortie p.89 de la conscience claire, tombée dans la subconscience, elle continue, et peut être pendant des années, à produire d’autres effets. Par exemple le professeur qui a lu l’heure sur la pendule parlera éven­tuellement plus vite qu’il n’aurait fait si l’heure avait été moins avancée, mais sans le faire intentionnellement ; et à l’avenir il se fera des programmes de leçons moins chargés par l’effet prolongé d’une expérience de plus en plus reculée dans son passé. Tous les effets produits par une représentation après qu’elle a cessé de se trouver dans le champ de la conscience claire constituent le second retentissement, la fonction secondaire de la représentation.

De ces définitions passons à la caractérologie. — En tout homme chaque représentation possède son double retentissement, actuel et posthume. Il n’y a personne à qui le présent n’importe, personne sur qui le passé ne prolonge son influence : mais on voit bien que l’importance relative des deux fonctions peut changer de sens, et chez tel ou tel la fonction primaire des représentations l’emporte sur la fonction secondaire ou inversement. Quand les effets d’une donnée mentale actuellement présente à la conscience refoulent ceux des données passées, la fonction primaire ou prima­rité prévaut sur la fonction secondaire ou secondarité et l’homme chez qui cette alternative est ordinairement vérifiée doit être dit primaire. Si au contraire l’influence persistante des expériences passées prévaut sur celle du présent, la masque, la refoule, se la subordonne, l’homme doit être dit secondaire. Le primaire est plus primaire que secondaire ; le secondaire est plus secondaire que primaire. — De ces considérations il apparaît tout de suite que l’homme primaire vit dans le présent, se renouvelle avec lui : la primarité est une fontaine de jouvence. Au contraire le secondaire amortit le présent comme par la force d’un volant, par une structure qui le leste, en opposant à l’événement actuel la répercussion d’une multitude d’impressions passées, d’ailleurs inégalement opérantes.

p.90 On peut résumer ces indications en comparant la notion de retentissement avec celle d’élasticité. De même qu’un ruban de caoutchouc, quand il a été étiré, peut, soit revenir à sa longueur initiale ou à peu près, comme s’il ne gardait rien de la modification subie par lui, soit en conserver un allongement persistant, de même un homme peut être de caractère tel que les événements qui l’affectent épuisent presque immédiatement leur répercussion sur lui et ne laissent par la suite que peu de traces dans sa conduite, et dans ce cas il est primaire ; ou au contraire cet homme peut être marqué par chaque événement au point d’en porter longtemps la trace, et dans ce cas il est secondaire. — Chez le primaire le présent est pour le présent ; chez le secondaire, pour l’avenir, ce qui fait que l’avenir sera sous la dépendance du passé. Un homme peut être injurié, être ému par cette injure, réagir immédiatement et vivement, puis tout oublier presque aussitôt. La mule de Tistet Védène dont parle Alphonse Daudet gardait sept ans en réserve un coup de sabot pour qui l’avait molestée. Celui-là est un primaire, celle ci une secondaire.

Pour conclure disons que nous devons avoir devant l’esprit que les hommes se laissent, du point de vue du retentissement et à la limite, répartir en deux classes : ceux chez qui les impressions produisent leur maximum d’effet immédiatement, mais en même temps épuisent leur efficacité de sorte qu’ils vont se retrouver tels qu’ils étaient auparavant et ceux chez qui elles inscrivent lente­ment leur action dans le système nerveux, mais sont ultérieurement plus ou moins longtemps, et plus plutôt que moins, capables de faire sentir leur influence sur leur conduite. Pour les premiers, les primaires, expérience veut dire présence vive du donné : ils ont telle, puis telle expérience ; pour les autres, les secondaires, expé­rience signifie accumulation d’impressions reçues : ils ont de l’expérience. On écrit facilement sur le sable ; mais cela s’efface aussi facilement ; on grave péniblement sur le marbre, mais ce qu’on a gravé demeure.

p.91 A l’appui de l’objectivité de la notion de retentissement doivent être allé­guées des mesures faites par E. Wiersma pour mettre en évidence le rapport de la fonction primaire et de la fonction secondaire des représentations.

Wiersma est parti de cette idée que l’opposition des deux facteurs devait se retrouver dans toutes les opérations psychophysiologiques, à commencer par la sensation. Or les mélancoliques, à qui sont familières les ruminations et les idées fixes doivent se caractériser par la prédominance de la fonction secondaire ; et les maniaques, désignés par leur agitation. souvent dépen­dante des actions extérieures, manifester le primat de la fonction primaire. Ne doit il pas résulter de ces prémisses que les sensations des mélancoliques doivent prolonger plus longuement leurs effets sur eux et au contraire celles des maniaques révéler la plus grande élasticité de ces sujets ?

C’est ce qu’ont vérifié les nombres obtenus au cours de deux séries d’expériences.

Dans l’une Wiersma a étudié la durée de l’action secondaire des sensations cutanées et des sensations de lumière et d’électricité. Chez les mélancoliques et les paranoïaques cette durée a été deux fois plus longue et chez les maniaques, plus de trois fois plus courte que chez les normaux.

Une autre série d’expériences consistait à faire tourner un disque, compor­tant un secteur rouge et un secteur bleu vert d’ouverture égale, à une vitesse croissante, jusqu’à ce que les deux secteurs se fondent l’un avec l’autre dans une sensation grisâtre devant la vue d’un sujet. Il est évident que, moins les sensations persistent, ce qui arrive aux sujets dont le système nerveux est le plus élastique, plus la vitesse devra croître pour que la fusion des deux secteurs colorés s’opère. Inversement il faudra moins de présentations des deux secteurs par seconde quand on opérera avec des mélancoliques à sensibilité moins élastique.

Wiersma a trouvé que la distinction des couleurs disparaissait, en moyenne,

- pour les mélancoliques et les paranoïaques, à la vitesse de 12 tours par sec.

- pour les normaux, — 16 —

- pour les maniaques, — 27 —

d’où il résulte que la durée de la persistance juste suffisante pour la vision des impressions était

- pour les mélancoliques et les paranoïaques, de 83 millièmes de sec.

- pour les normaux, de 62 —

- pour les maniaques, de 37 —

(Cf. G. Heymans, Résultats et avenir de la psychologie spéciale dans les Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles, série III, B t. II, pp. 479 495. 1915.)

Il importe de souligner que ces résultats ont été retrouvés, naturellement dans des limites plus étroites de variation, à partir des chiffres donnés ci-dessus, pour des individus normaux classés en primaires et secondaires d’après d’autres critères. — G. Heymans est fondé à conclure (art. cit. p. 6) « ... La fonction secondaire est un phénomène fondamental, embrassant toute la vie psychique. »

A. — LA PRIMARITÉ

33. A la fois pour nous mettre en état de discerner les hommes chez qui le retentissement est court de ceux chez qui il est long et pour favoriser l’élaboration de la notion délicate de secondarité, nous allons successivement, séparément déterminer les critères, les symptômes de la prédominance de la fonction primaire des repré­sentations, puis ceux auxquels se reconnaît au contraire le primat de la fonction secondaire.

Dès avant le travail d’Otto Gross les caractérologues ont reconnu l’exis­tence d’une classe d’hommes qu’on dit suivant les cas vifs, mobiles, instables mais s’opposant avec une autre classe de gens qu’on juge méthodiques, réfléchis ou lourds et difficiles à mettre en mouvement.

Déjà Kant a décrit le tempérament « sanguin » comme léger (leicht­blütig) : « Il est sans souci et d’espérance facile ; il donne à chaque chose au premier moment une grande importance et ne peut plus ensuite y penser. Il promet magnifiquement, mais ne tient point sa parole parce qu’il n’a pas assez réfléchi d’abord s’il pourrait tenir sa promesse... Le travail le fatigue et toujours il est occupé, mais à ce qui n’est qu’un jeu parce que c’est là un changement et que la constance n’est pas son affaire. » (Anthropologie, partie II, section A.)

Malapert qui cite ce texte de Kant tout au long (op. cit., pp. 218 9) reconnaît des sensitifs vifs (p. 218 sqq.), des émotifs instables ou impulsifs (p. 226 sqq.), des agités (p. 238 sqq.).

Enfin une preuve frappante de l’objectivité de la notion caractérologique de fonction primaire et par suite de celle de fonction secondaire est donnée par les articles où, par une voie absolument indépendante de Gross et toute d’observation psychologique, Paulhan nous découvre ce qu’il appelle le présentisme (Fr. PAULHAN, Le Présentisme dans la Revue Phil. de sept­-oct. 1924, p. 190 ; ID., LInfluence psychologique et les associations du présen­tisme, I. Les traits de caractère subordonnés du présentisme dans le Journal de Psychologie normale et pathologique, XXIIe année, 1925, Paris. Alcan, p. 193 ; II. Quelques groupes de présentistes, id., p. 297). La notion du présen­tisme dont use Paulhan a même ce caractère d’évoluer entre ce que nous appelons primarité et l’essence de cette espèce de primaires, qui sont de beaucoup de points de vue les plus primaires, que nous étudierons sous le nom de nerveux : il y a donc là une double confirmation de l’exactitude de cette p.93 famille d’analyses de la caractérologie. Nous aurons donc à revenir sur les résultats de Paulhan (Cf. p. 202).

34. Corrélations principales de la primarité. — Doivent se rencontrer d’abord dans le profil psychologique du primaire les nombres se référant aux éléments de sa définition. Appartenir autant que possible au présent en oubliant le passé et l’avenir, c’est refléter la mobilité des impressions par celle des réactions.

C’est ce dont témoignent les réponses aux questions suivantes :




Moy. des P

Moy. des S

q. 1,10, mobilité

52,8

28,4

q. 7,10, impulsivité

59,2

27,3

On voit la connexion entre ces propriétés générales et celles des questions 17 25 qui en considèrent les applications :




Moy. des P

Moy. des S

q. 17, 1°, vite consolé

66,1

30,3

q. 18, 1°, immédiatement réconcilié

59,9

32,2

q. 19, changeant dans ses sympathies

44,2

7,1

q. 20, 2°, intéressé par de nouvelles impres­sions et de nouveaux amis

64,1

7,1

q. 21, 3°, facile à convaincre

30,3

5

q. 22, 1°, désireux de changement

69,3

16,9

q. 23, 1°, a changé plusieurs fois de profession ou de spécialité intellectuelle


16,8

2,6

q. 25, 2°, agit en vue de résultats immédiats

61,0

17,9

De même Paulhan attribue aux « présentistes » (J. Psy. norm. et path., 1925, p. 196 sqq.) : 1° l’expansion (p. 197) notamment verbale,... ; 8° la gaieté superficielle (p. 212) ; 9° l’étourderie (p. 214 24) ; 10° l’absence de rancune (p. 217) ; 11° le défaut de reconnaissance (p. 219).

p.94 L’accord impressionnant de ces chiffres permet de comprendre que les primaires se contredisent souvent dans la conduite et dans la pensée :




Moy. des P

Moy. des S

q. 26, 2°, contradictions dans la conduite

32,2

6,3

q. 27, 3°, superficiel, se contredisant souvent

36,3

17,1

On ne cesse sans doute pas d’être exposé à se contredire quand on est porté aux mots desprit dans lesquels se manifeste une sensible supériorité des primaires sur les secondaires :




Moy. des P

Moy. des S

q. 34, 1°, spirituel (fait des remarques spirituelles, « met les autres dedans » d’une manière ré­jouissante, a la réponse cinglante)



43



37,2



Il n’est pas étonnant que la primarité, en livrant l’individu à l’instant, favorise lindiscipline des mœurs comme de la parole. C’est ce que prouvent les réponses aux questions suivantes :




Moy. des P

Moy. des S

q. 44, 1°, jouissances de la table

51,2

39

la différence est beaucoup plus forte pour l’indiscipline sexuelle :




Moy. des P

Moy. des S

q. 46, 1°, sexualité déréglée

11,8

4,5

mais 2°, continent

49,9

68,5

Enfin puisque la primarité diminue la protection contre les tentations, elle doit être également défavorable à toutes les formes p.95 de la régularité de la conduite et de l’objectivité. C’est ce dont témoignent les nombres relatifs aux questions suivantes :




Moy. des P

Moy. des S

q. 51, 3°, dépensier

54,4

36

q. 63, 1°, complètement digne de foi

44

70,6

q. 85, 1°, ponctuel

47,6

67,4

Toutes ces corrélations sont plus fortes encore, ou au moins plus apparentes, chez les primaires émotifs, chez lesquels l’émoti­vité fait fonction de grossissement ; et, de nouveau, plus fortes chez les émotifs inactifs primaires, que l’inactivité livre à la pure passivité à l’égard de l’instant présent : nous les verrons corroborées par les observations qui ont servi à définir la cyclothymie, en der­nier lieu par Kretschmer.

Ces faits se laissent aisément systématiser au moyen des trois données suivantes. — La primarité, d’après les réponses aux ques­tions ci-dessus, 1, 6, 7, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27, 34 est d’abord, conformément à sa définition, par elle même toute hypo­thétique et conjecturale, la brièveté du retentissement. — En deuxième lieu, d’après les réponses aux questions 26 et 27, elle défavorise la cohérence mentale, la systématisation à travers le temps. — Enfin, d’après les chiffres des questions 25, 46, 51, 63, 85, elle gêne la soumission de la vie à lobjectivité, parce qu’elle y dimi­nue l’importance de l’inhibition par les représentations abstraites de l’expérience qui forment le corps concret de la raison.

B. — LA SECONDARITÉ

35. Puisque la secondarité est l’inverse de la primarité, il faut d’abord renverser les propriétés caractéristiques de la fonction primaire des représentations pour obtenir les corrélations de la secondarité. — Nous les répartirons en trois groupes en utilisant la systématisation faite à la fin du chapitre précédent.

p.96 Il est inutile que nous établissions ici spécialement l’objectivité de la fonction secondaire puisqu’elle est solidaire des notions de retentissement et de fonction primaire pour lesquelles cette objectivité a déjà été avérée.

Corrélations principales de la secondarité. — Les trois aspects principaux de la secondarité sont :

  • le prolongement des impressions,

  • la systématisation de la vie mentale,

  • et la puissance d’inhibition.

I

La longueur du retentissement apparaît dans tous les senti­ments qui manifestent notre dépendance à l’égard du passé. Ainsi :




Moy. des P

Moy. des S

q. 17, 2°, longtemps sous une impression, ne peut se consoler

6,6

32,8

q. 18, 2°, rancunes persistantes

24,8

38,9

q. 19, 2°, constant dans ses affections

41,9

84,9

q. 20, 1°, attaché aux vieux souvenirs

20

73,5

q. 21, 1°, attaché de façon opiniâtre à des opinions prises

16,4

38,9

q. 22, 2°, hommes dhabitudes

13,7

62,4

De ces nombres il faut tout de suite rapprocher celui qui manifeste la solidarité entre la dépendance à légard du passé par leffet du prolongement des impressions et laction en vue dun avenir lointain :




Moy. des P

Moy. des S

q. 25, 1°, agit en vue dun avenir lointain

12,7

48,1

Cette solidarité ne doit pas étonner. L’action en vue d’un avenir lointain comme la dépendance à l’égard du passé supposent une p.97 relative indépendance à l’égard de ce qui est actuellement présenté et précisément cette indépendance est diminuée par la primarité. Relier une situation donnée à un résultat possible ne peut se faire qu’en utilisant les expériences passées qui ont permis de reconnaître par induction la possibilité de passer de cette situa­tion initiale à ce résultat : c’est donc aussi la secondarité qui conditionne la conception d’une fin lointaine à atteindre, celle des moyens qui permettront d’y atteindre, sans parler, comme nous le verrons, de la persévérance indispensable pour y réussir.

II

La substitution ordinaire de la considération du passé et de l’avenir à l’absorption dans le présent est évidemment favorable à la systématisation de la vie mentale.

Celle ci doit s’orienter vers l’une ou l’autre de deux limites suivant que le sujet accorde, au cours de sa vie mentale, plus ou moins d’importance aux différences. En effet sacrifie t il les dif­férences à l’identité, la neutralisation des différences engendre l’uni­formité. La généralité devient le mode d’expression ordinaire de l’esprit. Au contraire celui-ci, par l’effet d’une finesse qui l’emporte sur la force, respecte t il les différences, la systématisation s’éloigne, de l’identité qui les confond, vers l’harmonie qui les intègre.

Ce sont ces deux aspects de la systématicité que manifestent les nombres fournis par l’enquête statistique.

L’homme vérace et ponctuel est soucieux de respecter l’identité entre la réalité et l’instant de son action ou le contenu de sa parole : véracité et ponctualité sont servies par la secondarité.

Pour la véracité, suivant lactivité c’est à dire des émotifs­-inactifs primaires aux émotifs actifs primaires l’augmentation est de 23,5 % ; suivant lémotivité (ici considérée dans sa décroissance), des mêmes émotifs inactifs primaires aux non émotifs inactifs-­primaires, l’augmentation est de 49,4 % : enfin, suivant la p.98 secondarité, toujours des émotifs inactifs primaires aux émotifs inactifs secondaires, l’augmentation est de 86,3 %. — D’après ces résultats la croissance de l’activité est moins favorable à la véracité que la décroissance de l’émotivité, qui l’est moins elle même que la croissance de la secondarité (R. LE SENNE, Le Mensonge et le Caractère, p. 32).

Pour la ponctualité nous retrouvons les chiffres de la ques­tion 85 :




Moy. des P

Moy. des S

1°, ponctuel

47,6

67,4

2°, non ponctuel

35,9

18,2

Rien d’étonnant par conséquent à ce que la secondarité favorise de façon générale l’objectivité :




Moy. des P

Moy. des S

q. 86, 2°, parle dune manière objective

20,2

30,5

q. 72, 1°, sintéresse aux choses (plus qu’aux personnes)

36,9

48,7

Elle doit enfin dans la vie assurer l’accord des actions et des paroles comme celui des pensées entre elles :




Moy. des P

Moy. des S

q. 26, 1°, agit en général conformément aux principes exprimés par lui


36,3


77,6

et pour passer aux cas extrêmes, par suite plus rares :




Moy. des P

Moy. des S

q. 7, 3°, agit daprès des principes

2,8

12,2

Il est ainsi permis de conclure que la secondarité agit comme un facteur de cohérence mentale : tandis que la primarité est p.99 atomisante, qu’elle laisse la vie mentale s’égrener parce qu’elle introduit la séparation entre les présents successifs, entre les instants, la secondarité manifeste la puissance organisatrice du moi par le moyen du cerveau au travers du temps. Cette puissance d’organisation n’ira naturellement que jusqu’à un certain point et ce serait confondre la secondarité avec sa limite, la secondarité absolue, que de concevoir ce pouvoir d’unification comme tout puissant. Encore une fois il n’y a de propriétés caractérologiques qu’avec des degrés ; mais ce degré peut être élevé et nous verrons que l’influence de la secondarité sur un caractère peut en s’accen­tuant à l’excès aboutir à le dessécher en le mécanisant.

III

Il n’en est pas moins vrai que la systématicité du moi telle que la secondarité, qu’elle soit au reste implicite ou explicite, immanente à la vie mentale ou cristallisée en principes et en systèmes par la réflexion, la favorise, doit faire sentir son influence sur les représen­tations actuellement efficaces dans la conscience et sur les réactions qu’elles exigent de lui. Qu’elle intervienne pour les modifier, elle les inhibe plus ou moins car elle les empêche de se manifester telles qu’elles l’eussent fait sans son intervention. Cette inhibition est complète quand elle en suspend la manifestation, intérieure ou jouée.

On le constate dans tous les cas où la fonction secondaire des représentations intervient pour affaiblir la puissance des désirs vitaux ou des tentations faciles sur nous.

Nous rappelons par exemple que, bien qu’il n’y ait aucune rai­son de penser que les conditions physiologiques du désir sexuel soient en moyenne inférieures en force et en efficience dans l’orga­nisme d’un secondaire que dans celui d’un primaire, la manifesta­tion en est réduite chez le secondaire par rapport au primaire : ce p.100 qui suppose que la secondarité intervient pour le discipliner et même pour en limiter la satisfaction :




Moy. des P

Moy. des S

q. 46, 1°, sexualité déréglée

11,8

4,5

q. 46, 2°, continent

49,9

68,5

Il n’y a guère de tentation, dans la vie civilisée, qui n’exige de dépense d’argent. La résistance aux tentations, du moins à celles qui brutalisent la prévoyance, plus fréquente chez les secondaires (cf. ci-dessus, p. 96, q. 25, 1°) doit se manifester par la résistance à la tentation de dépenser :




Moy. des P

Moy. des S

q. 51, 2°, économe

27,3

57,7

La disposition à l’inhibition se manifeste presque à l’état nu dans les nombres provoqués par la question 61, 2° :




Moy. des P

Moy. des S

q. 61, 2°, fermé

28,8

42,2

36. La secondarité en composition avec les autres propriétés. —Les deux pages consacrées par A. Burloud (Le Caractère, pp. 134 5) à l’examen critique de la notion de secondarité ou, comme il dit, de retentivité, comportent des indications, non seulement accep­tables, mais profondément justes en ce qu’elles consistent à reconnaître que, dans la réalité complexe d’un caractère donné, la secondarité, en se composant avec l’émotivité, l’activité et d’autres propriétés, susceptibles de plus et de moins, produit sui­vant leur degré des effets différents et souvent opposés. Ainsi chez le sentimental qui est un inactif, elle favorise l’introversion ; chez des actifs elle sert leur action sur le monde extérieur en y mettant plus de systématisation, quelquefois trop.

p.101 Il n’en résulte nullement que la secondarité soit une notion sans objectivité ni qu’elle ne soit constitutive, au même titre que l’émo­tivité ou l’activité. Sur ce point la position de A. Burloud est ambiguë : d’une part il ne veut la considérer que comme « un facteur auxiliaire » (p. 135, en bas) ; d’autre part elle lui sert comme à Heymans à introduire des « divisions particulières » parmi les émotifs et les actifs, comme en témoigne la classification de la p. 137.

37. Persistance des sentiments tristes et secondarité. — En rapport avec ce qui précède nous devons ici dire quelques mots, en vue d’éviter des confusions, sur la ressemblance entre la secondarité et certaines persistances affectives telles que l’inconsolabilité : leur comparaison aidera à préciser la notion de fonction secondaire.

On trouve en effet des sujets qui ne possèdent pas la plupart des caractéristiques d’une secondarité plus grande que la moyenne et donnent des exemples indiscutables d’une grande fidélité à des sentiments tristes comme ceux que laisse derrière lui le deuil d’une personne très aimée. Ce sont d’ordinaire des sujets très émotifs qui ont par conséquent été profondément ébranlés par le trauma­tisme passé, plus ou moins inactifs et comme tels livrés par leur inactivité à la passivité envers leur sentiment. Le fait se constate particulièrement chez des femmes chez qui en moyenne l’analyse, instrument éventuel de dissolution d’un sentiment, est moindre que chez les hommes. Il est appuyé par une donnée de l’enquête statistique puisque l’inconsolabilité des EnAP (q. 17, 2° : 12,1) est plus élevée que celle des EAP (9,3). — Ces données ne démentent elles pas la connexion entre le prolongement des impres­sions et la secondarité ?

A cette objection nous répondrons que tout se passe dans ce cas comme si la secondarité affective devait être distinguée de la secondarité intellectuelle et pratique. En fait un sentiment, de cela seul qu’il sort de conditions organiques mais s’achève par une expression ou une action plus ou moins intellectualisée est p.102 mixte : il dépend de deux systèmes nerveux. Par ses racines viscérales il dépend du sympathique et de ses annexes ; par sa détermination pensée et jouée, il dépend du cerveau. Or, comme l’a vu Gross, la fonction secondaire des représentations est une propriété du cerveau. Elle n’intéresse donc pas le sentiment en ce qu’il tient de ses origines viscérales, mais par l’interprétation que le cerveau en conditionne. Ce que nous venons d’appeler la secondarité affective est donc la composition d’une persistance passive, extérieure ou plutôt antérieure à la secondarité proprement dite et de celle ci sans laquelle l’affectivité resterait affective et sans nom. C’est cette persistance passive qui, chez des secondaires et même chez des primaires joue jusqu’à un certain point le rôle de la secondarité en tant que celle ci prolonge les impressions.

Entêtement et persévérance. — On peut rapprocher cette opposi­tion entre la persistance passive de certains sentiments et la secondarité de l’opposition entre l’entêtement et la persévérance (question 6, 2° et 3°) :

pour la persévérance, la moyenne des S, 43,5, l’emporte sur la moyenne des P, 38,3 ; tandis que pour lentêtement, la moyenne des P, qui égale 20,5, l’emporte sur celle des S, 18,3 ; mais on voit tout de suite que la différence essentielle entre la persévérance et l’entête­ment résulte de l’inactivité ou passivité,

car, si pour la persévérance la moyenne des inactifs qui est de 25,3 est nettement inférieure à celle des actifs qui est de 56,5 ;

pour lentêtement, la moyenne des inactifs qui est de 24,2 est supé­rieure à celle des actifs qui est de 14,7.

Rapprochons l’opposition de l’entêtement et de la persévérance et celle de la persistance de sentiments passifs et de la secondarité : elles s’éclairent l’une par l’autre. On comprend que dans les deux cas une pure passivité imite l’intervention des conditions nerveuses de l’activité cérébrale et mentale, et on conçoit par suite que cette persistance par inertie chez des émotifs inactifs très peu secondaires puisse faire croire, à première vue, qu’on ait affaire à des secondaires.

p.103 Il n’y a donc plus lieu que nous distinguions une secondarité affective d’une secondarité cérébrale, intellectuelle et pratique. La seule secondarité des deux est la seconde, à savoir l’influence de représentations sur la vie ultérieure de l’esprit par l’effet de l’influence d’ébranlements cérébraux sur l’état ultérieur du cerveau. L’affectivité en subit indirectement le contre coup parce qu’elle doit, pour s’exprimer et engendrer des actions, passer par le cerveau ; mais elle a par elle même des modes de développement qui sont indépendants de la secondarité. Quant à celle ci elle se reconnaît aux trois groupes d’effets que nous venons d’induire, à savoir le prolongement des éléments représentatifs, la systéma­ticité à travers le temps et l’inhibitivité.

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