Mutter Courage und Ihre Kinder”








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André Durand présente
‘’Mère Courage et ses enfants’’

Mutter Courage und Ihre Kinder”
(1938)
drame en deux tableaux de Bertolt BRECHT
pour lequel on trouve un résumé
puis successivement l’examen de :
l’intérêt de l’action (page 2)
l’intérêt littéraire (page 7)
l’intérêt documentaire (page 14)
l’intérêt psychologique (page 18)
l’intérêt philosophique (page 23)
l’intérêt du spectacle (page 27)

Bonne lecture !

Dans l’Allemagne déchirée et misérable de la guerre de Trente Ans, la cantinière Anna Fierling suit les soldats pour leur vendre et leur acheter, traînant sa roulotte de champ de bataille en champ de bataille, parcourant ainsi les routes de l’Europe centrale, de 1624 à 1636, passant des protestants aux catholiques, des troupes suédoises ou finnoises aux armées impériales, non pas à cause d’un changement de conviction mais parce qu'elle va là où son commerce risque d'être viable. Toujours prête à réaliser une bonne affaire, elle ne reconnaît ni patrie ni religion, rien que les petits profits qu'elle peut tirer des soldats, c'est-à-dire de la guerre car «il n'y a pas de soldats sans guerre». Elle s'est installée dans la guerre dont elle veut profiter au maximum tout en voulant être épargnée par elle, contradiction soulignée dès le premier tableau par le recruteur.

Elle est aussi mère de trois enfants qu'elle a eus de pères différents dont elle ne se souvient plus très bien : Ellif qui est du bois dont on fait les héros, l'innocent Petitsuisse, honnête par nature, et Catherine, la muette.

Ni la haine qu’elle porte à la guerre, dont elle a fait sa raison de vivre, ni la mort de ses trois enfants ne viennent à bout de son effrayante opiniâtreté.
Analyse
Intérêt de l'action

Originalité : Avec une admirable désinvolture, Brecht prenait ses sujets dans toutes les cultures, dans toutes les époques. Ce fut le cas aussi pour “Mère Courage”. En 1937, conscient des inévitables dangers de guerre qui pèsent sur le monde, il est allé chercher les sujets et les personnages de l'un de ses drames les plus violemment actuels dans les récits d'un romancier picaresque du XVIe siècle, Grimmelshausen.

Courage, la Vagabonde est, à l’époque de la guerre de Trente Ans, une «grande friponne» qui raconte avoir endossé l'uniforme de reître pour sauver son honneur, fut la femme d’un capitaine puis celle d'un lieutenant, se vante d'avoir eu tous les vices et. d'avoir appartenu «à une armée entière pour faire un riche butin» ; puis elle est devenue vivandière et elle s'étend complaisamment sur les rapines et même sur les crimes dont elle s'est rendue coupable. À la fin de sa vie aventureuse, elle se fait adopter par une tribu de bohémiens et elle périt sur un bûcher avec ses nouveaux compagnons.

Selon le critique Robert Lévesque, Brecht se serait aussi inspiré du poète finlandais de tangue suédoise du XIXe siècle, Runeberg.
Déroulement : L’action est divisée en douze tableaux dont chacun est présenté par une narration.

Tableau 1: «Printemps 1624. En Dalécarlie, le grand capitaine Oxenstierna recrute des troupes pour la campagne de Pologne. À la cantinière Anna Fierling, connue sous le nom de «Mère Courage», on enlève son fils». Elle rencontre un recruteur et un caporal à la recherche de nouvelles recrues ; avec eux, et ses enfants, elle joue au jeu des croix qui nous fait pressentir ce que sera le destin de ses enfants : sur des billets mis au fond du casque du caporal, elle a tracé des petites croix ; elle les présente à Eilif et a Petitsuisse, au caporal et à Catherine; tous tirent une croix noire (car elle en a mis une sur chaque carte), symbole de leur mort prochaine, «Soyez prudents», leur dit-elle, mais cette leçon de prudence, elle ne la suivra pas : l'attrait du commerce, des bénéfices à réaliser, la perdra, lui arrachera l'un après l'autre ses enfants. Tout de suite, c'est Eilif qu'elle perd, malgré son désaccord, à force de marchandages, pour un verre de plus vendu au recruteur qui réussira à l'enrôler. Quand la vente est conclue, il est trop tard : le fils, lui, est conscrit. La leçon est annoncée par le caporal : «Tu voudrais bien profiter de la guerre mais sans y laisser de plumes, hein?... Tu profites de la guerre. Il faudra bien lui payer son salaire». La suite n'est plus que le déroulement de cette proposition.
Tableau 2 : «Elle retrouve son fils. Heureuse vente d'un chapon et grands jours pour le fils audacieux». L’action se déroule dans deux lieux séparés : d'une part, la roulotte de Mère Courage, qui vend le chapon ; d'autre part, la tente du capitaine qui félicite Eilif.
Tableau 3 : «Trois ans plus tard, Mère Courage se trouve en captivité. Sa fille pourra être sauvée, mais son fils honnête va mourir». En fait, le tableau se divise en trois unités de temps (séparées à la mise en scène par des noirs) :

- d'abord, on constate que Mère Courage est accompagnée d'un aumônier et d'une prostituée, Yvette, qui se réjouit de l'arrivée de nouvelles troupes, et Mère Courage rriet en garde sa fille contre une telle conduite ;

- ensuite, scène terrible, inhumaine, révoltante, Mère Courage perd Petitsuisse ; il est devenu trésorier de son régiment et l'ennemi qui l'a capturé et qui veut s'emparer de la caisse, exige une rançon de deux cents florins pour sa mise en liberté. Mais Mère Courage hésite à tout risquer pour lui, tente de sauver sa roulotte et son négoce dans une négociation trop longue, et il est fusillé, le bruit des tambours et des fusils le lui apprenant.

- enfin, tandis qu'Yvette revient accompagnée d'un vieux colonel, Mère Courage ne se tire elle-même du danger qu'en feignant de ne pas reconnaître le cadavre de Petitsuisse qui sera jeté à la fosse commune.
Tableau 4 : C’est «le tableau de la Justice et du Compromis», Mère Courage venant porter plainte chez le capitaine contre des dommages causés par des soldats dans sa voiture. Elle attend en même temps qu'un jeune soldat : il veut tuer le capitaine qui lui a pris sa prime, mais il obéit à l'ordre de s'asseoir. Mère Courage se moque de sa capitulation en chantant la “Chanson de la grande capituIation”, mais, la chanson terminée, elle renonce elle-même à sa réclamation.
Tableau 5 : Elle refuse de donner ses chemises pour qu’on en fasse de la charpie destinée à panser les blessés.
Tableau 6 : Alors qu'ont lieu les funérailles du général impérial Tilly, se déroulent des discussions sur les héros et la durée de la guerre. L'aumônier déplore que ses talents soient inemployès, et Catherine, la muette, reçoit les chaussures rouges d'Yvette. De beaux moments de tendresse unissent Mère Courage et Catherine. Mais, en envoyant sa fille à la ville acheter des vêtements à bas prix, Mère Courage fait, indirectement, son malheur car, surprise par des soldats, elle est défigurée pour le restant de ses jours et, de ce fait, comme morte au monde.
Tableau 7 : C’est le sommet de la carrière commerciale de Mère Courage.
Tableau 8 : «La paix menace de ruiner le commerce de Mère Courage. Son fils, audacieux, accomplit un exploit de trop et trouve une fin honteuse». La rumeur de la paix l'inquiète car c'est la ruine pour elle. Elle fait alors face à un grave dilemme : doit-elle ou non suivre les conseils de l'aumônier et acheter de la marchandise en quantité, au risque de ne pouvoir l'écouler si s'installe la paix que Catherine, elle, attend depuis longtemps comme une délivrance. Le calcul de Mère Courage est horrible puisqu'elle achète des stocks en espérant que la paix soit lointaine. Mais, pour le plus grand bien du commerce, la paix ne sera que de courte durée. Eilif, devenu héros de la guerre, est fusillé pour s'être livré au pillage pendant une trève.
Tableau 9 : «Les affaires vont mal, si bien qu'il ne reste plus qu'à mendier». Le cuisinier reçoit une lettre d'Utrecht et Mère Courage pourrait aller avec lui y tenir une auberge.. Mais, comme il ne veut pas de Catherine, elle y renonce et le chasse, car seuls comptent pour elle son commerce et ses enfants.
Tableau 10 : «Ce qu'elle perd en errant sur les routes».
Tableau 11 : «À Halle, Mère Courag perd sa fille et continue seule.» Elle provoque la mort de Catherine dans ce tableau dont le pathétique détonne sur la platitude du reste de la pièce mais est parfaitement contrôlé : elle est partie faire des affaires à Halle que les troupes impériales s'apprêtent à attaquer par surprise. Catherine sort pour la première fois de son attitude passive et muette (au sens propre et figuré) et, dans un effort ultime, faisant preuve, elle, du courage attribué à sa mère, monte sur la carriole et bat du tambour pour avertir la ville endormie.. Les soldats la tuent, mais le coup de feu a donné l’alerte. La ville est sauvée et, avec elle, les enfants qui auraient tous péris dans le combat et le pillage.
Tableau 12 : En revenant de la ville, Mère Courage trouve Catherine étendue sur le sol. Elle s’accroupit près d'elle, mais elle laisse à des paysans le soin de l'enterrer : «Il est temps de retourner à mes affaires... J’espère que j'arriveral à tirer la roulotte toute seule. Ça ira, il n'y a plus grand-chose là-dedans». Et, à un régiment qui passe, elle fait signe : «Attendez-moi, je pars avec vous !» (et le metteur en scène André Brrassard a bien marqué son endurcissement en lui faisant porter un casque).
L'action est donc fragmentée, chaque tableau étant, selon la conception du théâtre que se faisait Brecht, traité comme une unité, qui vient pour lui-même (sans être fonction du précédent), ménage une tension, Mais lis s'organisent selon une alternance car ils n'ont pas tous la mëme longueur (Brassard en a sauté d'eux qui n'étaient qu'intercalaires) ni la même intensité, cette chronique étant tantôt épique et tantôt familière, tantôt sévère et tantôt comique (l’aumônier et le cuisinier, Yvette et son colonel), tantôt cynique et tantôt bouleversante.

Les tableaux les plus importants montrent les étapes de la perte de ses enfants : au tableau 1, perte provisoire d'Ellif ; au tableau 3, mort de Petitsuisse ; au tableau 6, mort de Catherine au monde puisqu'elle est défigurée ; au tableau 8, perte définitive d'Eilif ; au tableau 11, mort de Catherine. Une constante est à relever : à ces cinq moments où il arrive quelque chose de grave à ses enfants, Mère Courage est absente pour «affaires» (au tableau 1: elle négocie la vente d'une boucle de ceinturon tandis que le recruteur emmène Eilif ; au tableau 3 : elle est partie acheter un drapeau catholique quand Petitsuisse se fait arrêter ; au tableau 6 : elle a envoyé Catherine chercher des marchandises en lui donnant l'ordre de bien les défendre ; au tableau 8 : elle va à la ville «avant que les prix ne baissent» et on emmène Eilif prisonnier ; au tableau 11 : elle est allée à Halle pour acheter «parce beaucoup s'enfuient et liquident à vil prix»). Ces absences de Mère Courage, dont la durée va en augmentant, rythment le déroulement et produisent l'image finale : elle n'est plus Mère, elle n'est plus que Courage, la vivandière.

Les tableaux les moins importants sont en général plus courts et davantage centrés sur Mère Courage, en tant que commerçante ou sur la question de la façon de «mener ses affaires dans ce monde» : au tableau 2, elle montre son habileté ; au tableau 3, elle achète des munitions ; au tableau 4, elle préfère la capitulation (pour pouvoir continuer son commerce) ; au tableau 5, elle refuse de donner ses chemises ; le tableau 7, qui est court, marque le sommet de sa carrière commerciale ; aux tableaux 8 et 9, elle ne peut se défaire de son univers ; au tableau 10, on apprend ce qu'elle perd en errant sur les routes ; au tableau 12, elle continue seule. Ces scènes servent à situer plus précisément Mère Courage dans son activité mercantile, elles lui donnent aussi l'occasion d'exprimer sa vision du monde en tant que commerçante : il se partage entre «Ies faibles» et «les peu malins», d'une part, et «les malins», ceux qui s'en tirent toujours.
De plus ou moins grands laps de temps (trois ans à un an) peuvent séparer un tableau du suivant : entre 2 et 8 on ne voit pas Eilif pendant six ans ; Yvette et le cuisinier se retrouvent également après six ans. L'ensemble s'étend sur douze ans.
À l'intérieur des tableaux des changements de ton sont provoqués par
- le passage de l'action à des développements qui se placent à un moment où elle est au point mort (au tableau 3 : autour d'un verrre de schnaps, autour de la table ; au tableau 6 : Mère Courage fait son inventaire, tandis que l'aumônier et le secrétaire jouent aux dames, l'action, l'enterrement de Tilly, est extérieure, mais elle est commentée et elle ne reprend qu'après ces échanges de propos : c’est l'attaque des catholiques ; au tableau 6 : le retour de Catherine mutilée). Ces développements sont : au tableau 2, un dialogue entre Mère Courage et le cuisinier ; au tableau 3, une conversation sur la politique de Gustave-Adolphe, sur la notion de défaite ; au tableau 6, des propos de Mère Courage. sur les grands de ce monde et ceux de l'aumônier sur la guerre ;
- le passage du dialogue à la chanson aux «songs», qui tranchent sur le texte environnant par leur facture ainsi que par leur contenu (le résumé du point de vue d'un personnage, une sorte de confidence, de profession de foi, par lesquels le personnage nous éclaire sur la nature et ses rapports avec le monde) qui s'oppose à l'action : le Chant de Mère Courage au tableau 1 est démenti par la perte d'Ellif ; le chant de la fin du tableau 6 est démenti par celui du tableau 7 ; le chant du tableau 8 (la guerre a besoin de troupes fraîches) vient après la mort d’Eilif ; la berceuse est démentie par tout ce qui s'est passé ; le Chant de la Fraternisation, chanté par Yvette, enseigne que, sur le plan amoureux, le meilleur moyen de ne pas entrer en conflit avec la force, c'est d'aimer dans les camps des protestants comme dans les camps des catholiques ; le Chant de Salomon, qui affirme que les vertus ne servent à rien en ce monde, entre en conflit avec l'action telle qu'elle s'est dérouler ; le «song» final (l'espoir d'un miracle) détonne avec l'état d'abaissement, d'usure, où se trouvent les personnages, contraste rendu encore plus saisissant par la reprise du refrain du tableau 1 («Le printemps vient»).
Les «songs» sont à peu prés également répartis, un par tableau, en général au début ou à la fin. Ils constituent une convention semblable à celle du monologue du thêâtre classique qui a le même rôle : une modification de la décision (dans le cas surtout de la «chanson de la grande capitulation»).
Cette fragmentation de l'action et du temps explique que certains critiques aient pu voir, dans “Mère Courage”, une chronique invertébrée, une pièce interminable et ennuyeuse. Pour d'autres, c'est un des plus grands succès de ces quarante dernières années, «une des grandes pièces de la dramaturgie du XXe siècle» (Robert Lévesque), une des plus grandes pièces du théâtre mondial. Pourquoi ces appréciations différentes?

C'est que les critiques traditionalistes comparent la pièce aux pièces classiques, tragédies ou drames conventionnels. Or elle est tout à fait différente d'une tragédie ou d'un drame conventionnel, car elle ne présente pas un conflit.
Différence avec une tragédie : La tragédie est la représentation du malheur d’un personnage illustre à une fatalité supérieure qui passe par une crise comprenant exposition, nœud et dénouement. Or Mère Courage n'est pas une personne illustre, appartient au peuple ; elle n'est pas une victime de la fatalité, ni d’une fatalité métaphysique, ni même une fatalité sociale ou politique (la guerre considérée comme un cataclysme qui fondrait sur elle et auquel elle n'aurait pas de part) : elle est responsable de sa propre fatalité, elle opte pour la guerre et son profit, elle sait pourquoi elle le fait, elle vit de la guerre, se perd par l'argent qui signifie la guerre. À la violence sacrée s'oppose, chez Brecht, l'action imprévisible de l'ordre social qui façonne la vie des personnages et les jette dans l'infortune ou le bonheur. Enfin, si, dans “
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