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INSTITUT REGIONAL DU TRAVAIL SOCIAL

LANGUEDOC ROUSILLON

Site de Perpignan


FICHE DE LECTURE

Sous le signe du lien – Boris Cyrulnik

BILOTTE Emilie

Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé

Juin 2010

Introduction

Boris Cyrulnik est né en 1937 à Bordeaux. Il est médecin, éthologue, neurologue et psychiatre. Il est actuellement responsable d’un groupe de recherche en éthologie clinique à l’hôpital de Toulon et enseigne l’éthologie humaine à l’université du Var. B. Cyrulnik est connu pour avoir développé le concept de « résilience ».

Dans les années soixante, après ses études de médecine, il se dirige vers l’éthologie et contribue à légitimer cette science qui jusqu’alors était une discipline controversée. Dans les années 1980, B. Cyrulnik écrit de nombreux ouvrages généralistes dans lesquels il tente de décoder l’être humain et vulgarise son savoir. Avec Sous le signe du lien, son troisième livre, B. Cyrulnik a reçu le prix Sciences et Avenir en 1990.

Sous le signe du lien est un ouvrage de vulgarisation scientifique, inspiré par l’éthologie mais aussi par les concepts de la biologie, la psychanalyse, la sociologie, l’ethnologie… A la lumière de sa démarche, basée sur l’observation éthologique. L’auteur nous livre des éclaircissements sur les liens naturels qui unissent une famille. Et, plus généralement, tente d’expliquer par la biologie et l’histoire, l’être humain, son développement, sa façon d’être au monde.

B. Cyrulnik, dans son livre sous le signe du lien, retrace l’histoire de l’attachement de la vie intra-utérine à la vieillesse, en utilisant les méthodes d’observation de l’éthologie humaine et animale. Il met en évidence le lien d’attachement qui unit la mère et l’enfant. Cet attachement a pour cadre la maturation biologique de l’enfant. Par le tissu biologique, la mère fait partager ses représentations inconscientes à l’enfant.

L’auteur met en avant la complexité des éléments qui entrent en jeu dans la constitution de la personnalité, de la singularité d’un être.

Le lien d’attachement permet à l’enfant d'évoluer dans un cadre sécurisant, qui lui permet d’explorer l’inconnu. Cette notion peut-être investie par la figure paternelle, et permet, par la suite, d’accéder à l’individualisation.

L’absence d’attachement provoque chez les enfants des carences affectives et perturbe leur développement biologique et psychique. Les enfants abandonnés, privés de base de sécurité ne peuvent étayer leur développement. Pour autant, l’auteur dans cet ouvrage, nous démontre que l’absence de lien ne compromet pas le développement de l’enfant de façon définitive. Ainsi, ce manque de lien peut-être réparé.

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L’attitude éthologique

Dans son introduction, B. Cyrulnik définit sa méthode de travail. Ainsi, il fait un bref historique de ce qu’est l’éthologie et en donne une définition. L’éthologie est l’étude objective et scientifique des comportements des animaux, des êtres humains dans leur milieu naturel. B. Cyrulnik ne fait pas de différences entre l’éthologie animale et l’éthologie humaine, car la méthode d’observation et le mode de raisonnement sont les mêmes, l’observateur doit seulement intégrer la notion d’évolution et donc observer sur des périodes prolongées.

Pour l’auteur, l’éthologie est un « acte de création » soumit à l’interprétation inconsciente de l’observateur. L’inconscient organise ce qu’il perçoit. B. Cyrulnik met en garde le lecteur, quant aux observations et aux propos qu’il énonce dans son livre. Pour l’auteur, les observations sont fausses, car elles sont le fruit de nos représentations, mais elles sont aussi « révisionnables ». Ainsi, l’observateur doit adopter une attitude mentale ouverte qui provoque chez lui un changement d’attitude lequel induira un changement de forme sur l’objet observé.

L’éthologie est aussi une méthode, c’est une observation scientifique et naturaliste, c’est à dire effectuée sur l’être vivant dans son milieu naturel et culturel. De cette observation, une séquence comportementale est pointée du doigt et devient une variable expérimentale. Pour répondre à une question émergente, toutes sortes de comparaisons expérimentales sont établies.

Dans cet ouvrage, l’auteur va s’attacher à décrire le lien d’attachement au travers de parallèles entre des observations d’animaux en milieu naturel et des observations cliniques d’êtres humains.

La mère

Selon l’auteur, le processus d’acculturation et l’histoire affective du bébé commencent bien avant sa naissance. In utero, l’organisation neuropsychologique fait fonctionner les cinq sens du bébé et lui permet de percevoir des sensations stimulantes. A sa naissance, l’enfant n’est plus un produit biologique, il est un être soumis à la représentation fantasmatique de la mère et aux empreintes culturelles.

La naissance est un changement radical de milieu dans lequel l’attachement change de forme. Le bébé est obligé de s’adapter pour tisser du lien avec sa mère. Le premier cri, le premier sourire, la première odeur participent à donner naissance au sens. Ces stimulations prennent sens, parce qu’elles sont interprétées par la mère et son histoire.

Dans le sous-chapitre, « la biologie de notre histoire », l’auteur nous montre comment donner sens aux gestes par la mise en avant d’éléments signifiants. Le langage permet à l’enfant de s’exprimer, de dire ses désirs, de ressentir des émotions ; le code de communication est le même que celui de la mère. Alors que le contexte social donne un sens différent à un évènement, un comportement. Le regard social, issu d’un imaginaire collectif, peut modeler l’histoire d’une vie. En créant un sentiment de sécurité, l’attachement maternel et la production fantasmatique de la mère ont des effets sur le développement de l’enfant.

C’est la mère qui donne naissance et sens au père. Ce père passera par trois étapes nécessaires au développement de l’enfant : « le père intra maternel, le père péri maternel et le père social ». Avant la naissance de l’enfant, le père communique avec celui-ci, par les émotions qu’il provoque auprès de la mère. Après la naissance de l’enfant, la fonction paternelle change en même temps qu’évolue l’enfant. Pendant les premiers mois, le père est un substitut maternel, vers le septième mois il permet cette triangulation qui amorce la pensée abstraite, la conscience de la différence des sexes. Par le jeu, le père permet à l’enfant de se séparer du corps de sa mère et d’accéder ainsi à la socialisation. Vers trois ans, les termes « papa » et « maman » désigneront des fonctions différenciées et non plus des mots prénoms. Le développement de l’enfant, ses performances physiques et sociales sont liées à cet effet différenciateur du couple.

Le couple

Des observations en milieu naturel ont permis d’établir le constat suivant : les pulsions sexuelles des animaux sont influencées par les pressions du milieu. Chez l’homme, c’est de son histoire et du lien d’attachement qui peuvent dépendre les comportements sexuels. La sexualisation permet la différence, la recherche d’un autre. Par la rencontre, on va pouvoir tisser un lien d’attachement et tenter l’aventure amoureuse.

L’amour est une force affective qui nous pousse vers l’autre, nous incite à l’incorporer. L’empreinte laissée dans l’autre par son histoire, son développement, son équipement génétique nous attire. Le concept d’empreinte chez les canetons, étudié par K. Lorenz, apporte un éclairage sur ce qui détermine nos préférences sexuelles. Pendant, la période de « sensibilité variable aux évènements », les interactions mère/enfant vont influencer le développement de l’enfant.

Le choix du partenaire sexuel laisse peu de place au hasard, les êtres humains se dirigent vers un autre semblable, un autre signifiant. La séduction se construit autour de jeux et de signes divers.

L’apaisement des désirs voit le jour avec l’apparition de l’attachement dans le couple. L’attachement inhibe le désir. Le sexe laisse sa place à une tendresse tranquillisante et plus forte. L’attachement se tisse au quotidien.

Sans attache

Dans ce troisième chapitre, B. Cyrulnik définit la famille comme une structure organisatrice, où se tissent et s’établissent des liens d’attachements, qui permettent à l’enfant de se construire par rapport à un milieu social identifiable. Un enfant sans famille ne peut se construire car il ne peut s’identifier à un milieu.

Les enfants sans famille ne peuvent se rencontrer car ils ne sont pas intégrés dans des structures affectives, familiales et sociales. Pour se construire une identité, l’enfant abandonné se raconte une histoire, un roman familial dans lequel il idéalise ses parents. Plus tard, l’enfant devra confronter la réalité à cet imaginaire idéalisé, et pour cela, il partira à la recherche de ses origines.

Les enfants abandonnés s’identifient à des « enfants poubelles » car ils éprouvent un sentiment de honte lié à leur abandon. Ils sont en quête d’un objet tranquillisant, substitut d’attachement, qui ne peut être que leur corps. L’enfant aura des comportements autocentrés.

Le lien d’attachement nous structure toute au long de notre vie, d’avant la naissance jusqu’à notre mort. Dans nos sociétés industrialisées, l’espérance de vie augmente, on assiste à l’apparition d’une nouvelle classe, celle du quatrième âge. Certaines études montrent que les facteurs favorisant cette longévité sont dus à l’entretien des facultés intellectuelles et au mariage. Car dans ce dernier, l’attachement conflictuel donne sens au quotidien en créant des évènements stimulants.

Pourquoi conclure ?

Comme dans l’introduction, B. Cyrulnik nous invite à douter. Pour cela, il ne souhaite pas écrire une conclusion traditionnelle qui résumerait les chapitres et poserait une question. Il conclut en présentant la démarche scientifique qui demande au chercheur de rester critique face à ses résultats obtenus. Il ne doit pas se contenter de ses impressions mais remettre en cause son résultat. Ainsi, l’auteur en nous présentant les « butées » éthologiques et autres, démontre que nous ne devons pas ériger en principe de réalité absolu et catégorique les données de l’observation. Il illustre, au travers de ces « butées », que l’observateur effectue l’observation à l’aide de ses filtres. Tous ces éléments l’amènent à définir l’observation comme « une proposition à inventer le réel ». De ce fait, notre position de lecteur est, elle aussi, remise en question, puisque nous lisons au travers de nos représentations.

Il conclut sur le thème de l’attachement en le caractérisant comme : «complexe à obtenir, (et) hors de prix, mais son absence l’est plus encore ».

Réflexion personnelle

Dans cette partie intitulée réflexion personnelle, j’ai choisi de développer mon argumentation sur le thème de l’observation. Car elle est à mon sens, un outil indissociable du métier d’éducateur spécialisé, elle fait partie et doit faire partie de ma pratique professionnelle.

Dans l’observation, l’observé est posé en vis-à-vis de l’observateur. Le sujet se distingue et s’oppose à l’objet. Notre mode de représentation nous porte à opposer, à observer l’Autre en ce qu’il diffère de moi.

L’observation scientifique est fondée sur des jugements de faits et non sur des jugements de valeurs. Elle est utilisée dans de nombreuses disciplines comme la sociologie, la psychologie, l’éthologie, la biologie… au travers de l’expérimentation. L’observation va permettre de recueillir des données, de tirer des conclusions, de dégager une problématique. L’observation peut se faire sous différentes formes. Elle peut être directe (visuelle, auditive, sans recours à un instrument extérieur) ou indirecte (à partir de données, d’une observation ou d’hypothèses), participante ou clinique. L’observation est dite participante quand l’observateur décide de s’introduire dans le groupe, l’institution … Elle est clinique quand les conditions environnementales sont fixées par le chercheur et qu’elle implique un grand degré de participation de l’observateur.

« Il y a observer et observer, par exemple, quand on demande aux gens d’observer le silence, ils l’observent, et tête baissée en plus ! » R. Devos. Cette citation exprime le double sens du mot observer. Observer peut renvoyer à la perception d’un objet, mais il peut désigner s’arrêter pour se recueillir. Le paradoxe est alors qu’il n’y a plus d’objet à voir, mais un acte de l’attention sans objet. Dans le métier d’éducateur spécialisé, l’observation doit être un acte de l’attention sur le sujet.

L’observation est une pratique qui se base sur la relation que l’éducateur crée avec l’usager. Je pense que l’éducateur doit être et se sentir impliquer dans l’observation. Il doit se positionner comme sujet opposé à un autre sujet. C’est par ce qu’il ressent, lors de la rencontre avec l’autre, qu’il peut observer. C’est au travers de ses sentiments, de ses émotions qu’il entre en relation, et qu’il observe. Elle devient un engagement dans lequel l’éducateur, en position d’observateur, ne doit pas se perdre, se laisser emporter par ce qu’il ressent, ce qu’il vit. Il doit avoir conscience de ce que la relation procure chez lui, pour pouvoir se laisser entraîner dans cette dernière, et savoir en ressortir. Pour cela, l’éducateur doit être capable de s’observer dans cette relation et d’observer l’autre dans ses faits et ses dires. Il doit être en capacité de pointer du doigt ce que la relation provoque chez lui, noter ses forces et ses faiblesses, pour pouvoir établir une relation et engager un processus de travail.

L’observation est un outil de travail de décodage du comportement de l’usager. Elle est un point d’appui pour établir un diagnostic éducatif en vue d’élaborer des hypothèses d’intervention socio-éducative. L’analyse de l’observation doit, à mon sens, se faire et être partagée en équipe. Cette dernière permettra à l’observateur de prendre du recul sur son observation, sa position, son ressenti. Cet échange avec l’équipe aidera l’éducateur à objectiver son observation. Cette dernière devient alors une question d’éthique.

Pour Joseph Rouzel1, la morale sociale balise le travail éducatif et l’éthique pose la question du choix au niveau du sujet, de la responsabilité pour l’éducateur de rendre compte de ses actes. Je pense que l’observation relève elle aussi de l’éthique, car elle est un engagement comme doit l’être une pratique professionnelle. Lors de son observation, l’éducateur fait des choix par son ressenti. Il doit pouvoir retranscrire les traces de celle-ci à l’équipe. L’éducateur doit être capable « de dire ce qu’il fait et de faire ce qu’il dit ».

Conclusion

En juin 2008, lors de la présentation de cette commande, j’ai fait le choix de ce livre pour deux raisons.

La première était en lien avec mon premier amour : mes études antérieures. Par la méthode éthologique, j’ai retrouvé le cœur du principe de la géographie : la complémentarité des sciences et des disciplines pour valider des hypothèses et des observations ce qui permet de faire de la géographie une science à part entière.

Les expériences vécues lors de mon premier stage en Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale en sont la deuxième raison. Lors de ce stage, je me suis posée de nombreuses questions sur la Parentalité et sur les relations pères/mères/enfants ? Comment être parent (père ou mère) quant on a connu des expériences difficiles, comment permettre à son enfant d’exister, de grandir et d’être soi ? C’est pour, peut être, trouver une ou des réponses à ces questions que j’ai choisi de faire mon troisième stage dans le milieu de la protection de l’enfance. Ce livre est pour moi une première approche de ce que peuvent permettre ces liens de chair, de sang, de voix et de pensée.

1 Joseph Rouzel, in « Le travail d’éducateur spécialisé – Ethique et pratique », ed Dunod, juin 2000.


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