I. Des problèmes, des questions légitimes, notamment concernant l’aide personnalisée ? Des réponses, des solutions, des pistes








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- son rapport à ses pairs.

Les mots qui décrivent peuvent varier selon les tâches scolaires.





Rapport

aux tâches et objets scolaires

Rapport

aux adultes

Rapport

aux autres élèves

Comportement

S’intéresse aux consignes

Comprend les consignes

Disponible

Actif

Passif

Réfléchi

Motivé

Attentif

Absent

Autonome

Calme

Agité

Se précipite

Trop rapide, cherche à se débarrasser de la tâche

Hésite

Lent

Fait preuve d’évitement

Ne sait pas faire

Renonce facilement

Retourne sur la tâche

Méthodique

Termine en temps voulu

N’a pas le temps de terminer

Gère son matériel

Perd souvent son matériel

Manipule fréquemment un objet

Comportement

Accapare

Sollicite, cherche l’attention

S’oppose

Contredit

Refuse

Manque de respect

Cherche à séduire

Obéit

Est très docile

Ignore

Evite

Se laisse oublier



Comportement

Autonome

Leader

En retrait

Se fait remarquer

Est rejeté par le groupe

Prend des initiatives

Peut travailler en groupe

Coopère facilement dans une activité de groupe

Cherche le conflit

Agresse verbalement

Agresse physiquement

N’a pas de camarades

A un seul camarade

A des relations plutôt avec les plus jeunes

A des relations plutôt avec les plus âgés

Se limite à des relations avec les élèves qui sont de la même origine


Communication orale

Est mutique

Evite de parler

Refuse de parler

Ne répond pas

Chuchote

Fait des mimiques

Coupe la parole

Prend la parole spontanément sans respecter les règles de prise de parole

Prend la parole hors de propos

Prend la parole après sollicitation

Se confie plutôt

Recherche le contact physique

Refuse de laisser une trace écrite


Communication orale

S’exprime par gestes

Prend la parole clairement

Inaudible

Coupe la parole

Ecoute l’autre

Discute


Communication orale

Sait dire ce qu’il ne comprend pas

Ne sait pas dire ce qu’il ne comprend pas

Opposant

Découragé facilement

Réaction désinvolte devant un échec

Réaction exacerbée devant un échec

Sollicite ses pairs

Cherche à copier sur autrui

Sollicite l’adulte

Réclame l’adulte

Ne demande pas d’aide

Communique ses procédures


  • Guide de questionnement concernant le constat suivant : « il ne sait pas lire ».


Lors d’une réunion de travail concernant un enfant, pour aider à préciser la demande d’aide, voici des questions à se poser :


  1. A-t-on la certitude que l’élève voit et entend bien ?




  1. Lire, les écrits, apprendre à lire 

    • Sait-il à quoi sert de lire ?

    • La lecture a-t-elle pour lui surtout un objectif sans rapport avec l’écrit (du type apprendre à lire permet de passer dans la classe supérieure, pour faire plaisir à ma mère…) ?

    • Est-ce que l’élève fréquente les livres, à l’école, à la bibliothèque, à la maison ? Se souvient-il de livres, vus, qu’on lui a lus ? Lesquels ?

    • Reconnaît-il certains supports de l’écrit ?

    • Connaît-il leurs usages ? (lettre, menu, calendrier, liste de courses…) 

    • S’envisage-t-il lecteur à court terme ?

    • Se représente-t-il certaines des tâches à accomplir pour apprendre à lire ?

  1. Le code

    • A-t-il compris qu’il y a un mécanisme de correspondance arbitraire, mais relativement régulier, entre la langue orale et la langue écrite ?

    • Quelles sont les correspondances graphie/phonie qu’il connaît ?

    • Déchiffre-t-il correctement ?

  1. Comprendre

    • Est-il capable d’agir à la lecture d’une consigne simple ?

    • Est-il capable de comprendre un texte simple ? Ecouté, lu ?

On distinguera le texte lu oralement par le maître, du texte lu par l’élève. Cela permet de repérer :

- si l’élève comprend les textes lus par autrui, ce qui laisse supposer que l’absence d’automatisation du déchiffrage empêche la compréhension ;

- si l’élève cumule l’absence d’un décodage efficace et une compréhension insuffisante de la langue.

    • Est-il capable de reformuler un texte qu’il vient de lire ? Peut-il dire de qui ou de quoi le texte parle ?

    • Est-il capable de prélever des éléments d’information dans un texte (en répondant à une question précise) ?

    • Est-il capable de comprendre un texte plus complexe :

- contenant des substituts : le roi, il, notre héros, ce célèbre souverain

- présentant des éléments non explicites à comprendre : « cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas ouvert un livre » = il ne lit quasiment jamais.

    • Les difficultés de compréhension viennent-elles :

- de la méconnaissance du vocabulaire (tente) ?

- de la méconnaissance de la réalité (il ne se représente pas ce qu’est une tente) ?

  1. Lire à haute voix

    • Parvient-il à lire silencieusement ? A-t-il besoin d’oraliser ? Toujours ? Si non, dans quels cas ?

    • La lecture à haute voix est-elle compréhensible ? Hachée ? Bute-t-il sur les mots ?

    • La lecture est-elle aisée, mais sans montrer une compréhension du texte, limitée à un déchiffrage fluide ?

  1. Ecrire : produire, encoder

    • Est-il capable d’écrire des noms fréquents (mardi), des mots outils (avec, pour), des mots faciles à écrire (moto), des pseudos mots (cobatou, tripron) ?

    • Est-il capable de produire une phrase ? Un texte ?

    • Est-il capable de produire :

- un texte dont les mots ont une écriture alphabétique, phonétiquement plausible ?

- un texte de quelques lignes en respectant la correspondance graphie-phonie ?

Ce texte a-t-il du sens ?

  1. Ecrire : copier 

Après observation de son écriture cursive et sa capacité à copier :

    • Reproduit-il correctement ? Respecte-t-il la forme et la hauteur des lettres ? Le sens de la rotation ?

    • Fait-il tenir les mots dans l’interlignage fourni ?

    • Le geste est-il fluide, crispé ? Enchaîne-t-il les lettres ou hache-t-il sa copie ?

Après un échange :

    • Donne-t-il sens à ce qu’il écrit ou l’écriture est-elle analogue pour lui à un dessin reproduit ?


Ces questions déclinent et complètent les trois grands domaines de connaissances et de compétences développés au CP :

- savoir déchiffrer et reconnaître les significations des mots ;

- savoir comprendre les textes ;

- savoir écrire seul des mots déjà connus, rédiger de manière autonome un texte.

Pour approfondir l’analyse des difficultés des élèves, on gagnera à s’appuyer sur : Lire au CP : programmes 200830.


  • L’entretien avec l’élève


Centrons-nous sur l’élève :

- pour comprendre ses difficultés,

- pour l’aider à les comprendre,

- pour y remédier,

au moyen de l’entretien qui débouche sur un projet avec l’élève.
Un entretien pour quels élèves ?

Il s’adresse tout particulièrement aux élèves dont les difficultés alertent l’enseignant et dont il a mentionné la situation en équipe.
Quels sont les objectifs de l’entretien ?

- Mieux comprendre ce que l’élève perçoit de ses difficultés et comment il les ressent.

- Mieux comprendre les difficultés, les vérifier.

- Aider l’élève à les identifier et à repérer ses domaines de réussite, l’aider à hiérarchiser ses difficultés.

- Montrer à l’élève la mobilisation de l’enseignant.

- Rassurer l’enfant par rapport à ce qu’est apprendre (« surmonter des difficultés ») et sur ses capacités à progresser.

- Mobiliser l’élève.
Qui mène l’entretien ?

L’entretien est mené si possible par l’enseignant de la classe ; il peut aussi l’être par le directeur, un autre enseignant connaissant l’enfant, par exemple lorsque l’enseignant actuel est un remplaçant, un membre du RASED, tout professionnel de la pédagogie ayant établi ou susceptible d’établir une relation de confiance avec l’élève.

Parfois la présence d’une deuxième personne sera jugée utile pour un entretien conjoint.
Où mener l’entretien ?

La classe peut-être, mais un autre lieu peut être préférable. L’aspect symbolique du lieu a son importance.
Quand mener l’entretien ?

Un temps trop court ne permettra pas d’approfondir la relation avec l’élève ; un temps trop long peut entraîner un malaise de la part de l’enfant ; d’où cette durée indicative : de 10 à 20 min. Cet entretien peut se dérouler pendant l’aide personnalisée.
Comment commencer l’entretien ?

Pour commencer, on expliquera à l’élève l’objectif de l’entretien, en évitant tout flou ou imprécision susceptibles de créer de l’anxiété.

Cet entretien est un temps d’échange afin que l’enseignant comprenne comment il va pouvoir aider l’élève à mieux apprendre.

Une attention particulière est à porter au ton de l’entretien : un ton trop léger peut banaliser, un ton dramatique ou autoritaire peut inhiber.

On évitera d’induire les réponses ; on acceptera l’absence de réponses et les silences. L’entretien se conduit aussi en fonction de la personnalité de l’élève, de son parcours scolaire, de son contexte personnel... Pendant l’entretien, on pensera à rassurer l’enfant si c’est nécessaire, à l’encourager, à accueillir ses réponses avec un intérêt manifeste.



Quelles questions poser ?
Les questions générales de départ servent d’introduction avant d’aborder les questions centrales de rapport à l’apprentissage.
- Sur l’école et le travail scolaire en général

Comment te sens-tu à l’école ? Est-ce que cela change ou est-ce toujours pareil ?

Est-ce que tu aimes aller à l’école ?

A quoi sert l’école pour toi ?

Qu’est-ce qui te plaît le plus à l’école ?

Qu’est-ce que tu aimes le plus faire ?

Qu’est-ce que tu préfères apprendre à l’école ?

Qu’est-ce qui te plaît le moins à l’école ?

Quelles sont les matières où tu réussis le mieux ?

Et parmi les différentes matières (les citer) ? Et le sport ? Les éventuels ateliers ?

Quels sont les moments dans la journée de la classe ou dans l’année que tu aimes particulièrement ?

Quels sont ceux que tu aimes le moins ?
Et en récréation, à quoi joues-tu ? Toujours avec les mêmes camarades ?

As-tu des copains dans la classe ?

Dans d’autres classes ?
Après l’école, comment se passe le travail à faire à la maison ?

Pratiques-tu un sport ou une autre activité après l’école ?
A l’école, qu’est-ce qui est facile pour toi ?

Qu’est-ce que tu réussis ?

Où fais-tu des progrès ?

Qu’est-ce qui est difficile ?

Qu’est-ce qui te fait le plus progresser ?

Quel est le compliment qui te fait le plus plaisir ?
- Sur les réalisations de l’élève dans les domaines où l’enseignant repère des difficultés

Préciser à l’élève qu’il ne va pas avoir à refaire des activités de la classe : ce qui intéresse l’enseignant est que l’élève lui explique comment il s’y prend quand il les fait, ce qui intéresse l’enseignant est de comprendre un peu mieux « ce qui se passe dans sa tête ».
A partir des évaluations nationales :

Quel est ton avis sur ces évaluations ? A ton avis à quoi servent-elles ? (montrer le livret d’évaluation fermé)

Qu'est-ce que tu as ressenti au moment des évaluations ?

Comment les as-tu trouvées ? Faciles ou difficiles ? Longues ou courtes ?... (feuilleter le livret et le consulter avec l’élève)
A partir d’autres réalisations de l’élève ou un document que l’enseignant a sélectionné (évaluations, cahier quotidien) :

Qu'est-ce que tu as su faire le mieux ?

Qu'est-ce que tu as su faire le moins bien ?

Montre-moi le ou les exercices qui t’ont semblé faciles ? Ou difficiles ?
Proposer à l’élève à partir de quelques exercices qu’il a échoués, réussis ou laissés sans réponse, un questionnement permettant d’expliciter les procédures, les démarches :

  • pour solliciter des descriptions des procédures :

Comment sais-tu que …?

A quoi reconnais-tu que… ?

Que fais-tu quand… ?

Comment t’y prends-tu pour … ?

Peux-tu m’expliquer comment… ?

Si tu avais à le refaire, comment t’y prendrais-tu ?

  • pour aider à la précision des descriptions :

Quand tu …... tu t’y prends comment ?

Par quoi commences-tu ?

Peux-tu dire ce que tu as compris de la consigne ?

  • pour aider à la prise de parole quand elle est peu aisée :

Quand tu dis je n’ai rien fait ou c’était trop difficile, comment savais-tu que c’était trop difficile ?

Montre-moi comment tu fais pour… ? (au lieu de « Explique-moi ce que tu as fait »).

Qu’est-ce qui peut t’aider à … ?

Qu’est-ce qui pourrait t’aider : personne, documents, outils …?

Le questionnement s’arrête lorsque l’enseignant aura obtenu les réponses aux questions qu’il se posait sur le fonctionnement de l’élève face à la tâche, en situation de réussite ou de difficulté.
Comment conclure l’entretien ?

Le maître reprendra les points essentiels mentionnés et en particulier des paroles de l’élève depuis le début.

Il demandera à l’enfant s’il est d’accord avec ce résumé.

- Soit l’enseignant a besoin de faire le point sur la situation de l’élève au vu des éléments qu’apporte l’entretien : dans ce cas, il dit qu’il va réfléchir à la façon de mieux le faire progresser à partir de cet échange et qu’il lui en fera part.

- Soit l’enseignant enchaîne sur le projet d’aide : compétences prioritaires à travailler/modalités de personnalisation, etc.

Comment enchaîner sur le projet d’aide, type PPRE ?

L’enseignant explique l’aide proposée :

Nous (si plusieurs collègues sont concernés), avec…, nous avons pensé…

J’ai pensé pour toi à un projet pour t’aider à mieux réussir à l’école »…

Tout ce que nous venons de dire m’aide à voir plus clair dans le programme que je te propose.

Suit la présentation des grandes lignes du programme. Cette présentation peut aussi se faire lors d’un autre entretien...

Qu’en penses-tu ? Cela peut-il t’aider ?

Crois-tu que quelque chose ou quelqu'un pourrait t'aider (à l’école, à la maison...) dont nous n’avons pas encore parlé ?

Le projet peut s’accompagner d’un document pour l’enfant (le PPRE de l’élève voir p.67), avec en termes simples une transposition du PPRE des professionnels voir p.68

Si nécessaire, on fixera la date de la prochaine rencontre (avec sa famille, son enseignant ou autre…).


Pour prolonger la réflexion :

- « L’entretien d’explicitation pour explorer les difficultés », Graig AME 33, Les Cahiers pédagogiques, dossier« Travailler avec les élèves en difficulté », n°480, mars 2010

- L’entretien d'explicitation, Pierre Vermersch, ESF éditeur, 1994 (nlle édition 2006)

- le site www.expliciter.fr
L’entretien ci-dessus évoqué permet de faire le point sur la situation, sur les apprentissages, sur le parcours de l’élève.

Bien d’autres occasions permettent d’organiser le dialogue sur la tâche donnée, permettant d’expliciter procédures et incompréhensions et de faire prendre conscience à l’élève de sa démarche et des stratégies pour réussir.


  • Le projet de l’élève : projet d’aide, projet personnalisé, PPRE


Mon nom :
Mon prénom :

Ce que je réussis bien :

Ce qui m’intéresse :

Ce qui est difficile pour moi à l’école :

Je vais m’entraîner à :

Qui va pouvoir m’aider et comment ?
Qui pendant le temps de classe ?

Comment m’aider ?
Qui le midi ?

Comment m’aider ?
Qui après la classe ?

Comment m’aider ?
Qui ailleurs ?

Comment m’aider ?
Mon emploi du temps de la semaine à la page suivante montre mon programme personnel.
Le prochain rendez-vous pour faire le point :

Date

Mes progrès

Ce qui reste difficile

Ce qu’on décide















  • Le projet pour l’élève : le PPRE


Ce document est un canevas pour élaborer un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative). Les rubriques incontournables à renseigner sont en gras.

Ce document doit être signé par les parents (ou le responsable légal).

Il peut être joint au livret scolaire.
École :

Nom de l’élève :

Classe :

Dossier présenté en conseil de cycle le : par :

Existence d’un PPS ou d’un PAI depuis …
Résumé précis des observations et évaluations organisées dans différentes situations (évaluations ministérielles, évaluation du maître, évaluation du RASED, observations du maître, du directeur, du RASED, du médecin scolaire, des PVP, de l’EVS, de l’assistant d’éducation, de l’ASEM, des animateurs, du bécédiste, etc., entretien avec les parents, entretien avec l’enfant)
1- Difficultés :

2- Points positifs (domaines de réussite, intérêts de l’enfant, etc.) :
Compétences prioritaires à travailler (y compris concernant les attitudes ; les compétences choisies seront peu nombreuses et si possible hiérarchisées) :

Plan coordonné d’actions

(présentant qui fait quoi, où, quand, comment, avec quoi, avec quelle régulation)
1- L’emploi du temps de l’élève sur toute la semaine sur le temps scolaire et périscolaire répondra aux questions quand ? où ? avec qui ?
2- Pour chaque adulte intervenant auprès de l’enfant, on indiquera :

- les compétences travaillées

- les activités, situations, supports, stratégies, démarches… :
3- Le calendrier :

Durée des actions de chaque intervenant :
Les bilans prévus (d’étape, de régulation des actions - une date ultérieure est fixée en fin de chaque réunion de bilan - les modes d’évaluation)
Ce document a été discuté avec les parents le … Signature :

présenté à l’enfant le
Personne garante du programme :



  • Le rapport à la tâche proposée à l’élève


Après nous être centrés sur l’élève pour définir son attitude, pour comprendre ses difficultés et l’aider à les comprendre et y remédier, n’oublions pas le quotidien de la classe : tout au long de la journée vont se succéder une multitude de consignes. Centrons-nous sur le rapport à la tâche proposée à l’élève et sur les bonnes conditions à instaurer pour qu’il s’en approprie le sens.
« Devenir élève », ce n’est pas seulement respecter des règles et faire ce que l’enseignant attend. C’est aussi – et le programme de l’école maternelle donne des précisions à ce sujet pour l’élève – comprendre ce qu’il apprend, établir une relation entre les activités matérielles réalisées et ce qu’il en apprend. « Dire ce qu’il apprend » est ainsi une compétence de fin d’école maternelle.

Toujours dès l’école maternelle, les élèves « acquièrent des repères objectifs pour évaluer leurs réalisations ; en fin d’école maternelle, ils savent identifier des erreurs dans leurs productions ou celles de leurs camarades31 ». La seule validation de la part du maître ne peut par conséquent être la démarche retenue.
Des études ont montré l’impact négatif des « malentendus » scolaires où l’élève « écoute bien », montre les signes extérieurs d’un élève attentif, cherche à exécuter une consigne, et n’en a pas compris les enjeux. L’attitude de l’enseignant, l’explicitation qu’il fournit sur la situation proposée (dès l’école maternelle), la compréhension qu’il permet à l’élève de la tâche, sont extrêmement importantes.
L’on cherche parfois dans des projets coûteux en temps et en énergie à « donner du sens », perdant de vue parfois les apprentissages.

Voici des propositions pour le quotidien de la classe. 

Dix types de questions sont destinées à enrichir le dialogue avec les élèves au début/en cours/en fin d’activité, pour développer la distance de l’élève à la tâche donnée (qui n’est pas réduite à une consigne à exécuter), pour donner à celle-ci tout son sens scolaire, pour aider l’enseignant à se mettre à la place de l’élève, pour éclaircir la situation scolaire proposée, pour lui donner une « clarté cognitive » et la traduire en termes d’enfant :


Des questions pour dialoguer sur la tâche avec les élèves




1. Quoi ? Qu’est-ce que je dois faire ? (les consignes)




2. Pourquoi le professeur nous donne-t-il cette consigne ? pour apprendre quoi, à être capable de faire quoi ? (les compétences visées, les objectifs de la situation, les raisons du choix du support, de l’installation en groupe, du recours à l’ardoise, etc.)




3. Pourquoi aujourd’hui ? (la place dans la progression soit collective, soit individuelle), Qu’avons-nous déjà appris ? (l’explicitation des acquis par rapport auxquels se situe la séance), Sommes-nous au début de nos découvertes ? (le statut de l’activité : découverte, application, entraînement, remédiation, évaluation)




4. Dans quel cahier, classeur… allons-nous travailler ? (le domaine, la discipline)




5. Comment vais-je m’y prendre ? (avec quel matériel, par quelles méthodes, en passant par quelles étapes, avec quelle modalité de coopération ou de possibilité d’aide)




6. Comment saurai-je que j’ai réussi ? (les critères de réussite qui donneront les critères d’évaluation lors de la correction ou de l’évaluation)




7. Qu’est-ce qui va être ou a été facile et difficile ? (l’appréciation de la tâche donnée ou/et des compétences pour l’effectuer)




8. Comment m’y suis-je pris ? (démarches et stratégies pour réussir, pour surmonter les obstacles, pour les accepter et confrontation avec celles des autres). Si nécessaire, ai-je formulé une demande d’aide ?




9. Que faire pour mieux réussir, m’entraîner à savoir faire ce que je ne sais pas encore bien faire ? (différenciation : les exercices ou situations de remédiation, les modalités d’aide envisagées) Ou pour faire encore plus difficile ? (différenciation : l’approfondissement)




10. Pourquoi plusieurs adultes m’aident-ils ? Pourquoi le professeur me garde-t-il en aide personnalisée ? (explicitation de la complémentarité des aides, des temps, des modalités, rôle de chacun par rapport aux compétences travaillées et selon des situations en rapport avec celles-ci)





V. Les parents : faire alliance autour de l’enfant


  • Les rendez-vous individuels 

  • Le téléphone

  • Les visites au domicile

  • L’accueil dans la classe le matin

  • La transmission du livret d’évaluation

  • La communication autour du PPRE, du projet d’aide en général


Les réunions de parents ne seront pas ici évoquées en détail : seront présentées d’autres modalités de communication, individuelles, entre l’école et la famille, qui permettent de rechercher, notamment lorsqu’elle est difficile à instaurer, une collaboration école-parents.


  • Les rendez-vous individuels 


Le rôle de parent d’élève se construit par l’expérience, d’où l’importance du premier entretien avec le directeur de l’école et de la première réunion de parents d’élèves.

C’est lors de la première scolarisation de son premier enfant qu’un parent devient « parent d’élève ». Cet entretien mérite toute l’attention nécessaire et peut donner lieu à plusieurs étapes (rencontre du directeur, visite de l’école, réunion des parents de la petite section, accompagnement de l’enfant pendant une partie de la journée scolaire, etc.). Il est important que les parents aient la possibilité de visiter l’école maternelle lors de la première scolarisation, de repérer les différents lieux et leurs fonctions, de rencontrer différents types d’adultes exerçant dans l’école. Des initiatives visent à faire vivre au parent, avant l’été précédant la rentrée scolaire, une journée entière d’enfant à l’école (temps de midi compris).
Pourquoi évoquer les relations école-famille et pas seulement école-parents ? La parentalité est une notion qui s’élargit : familles recomposées, homoparentalité, mères célibataires, structures familiales étrangères à notre culture. Les interlocuteurs des enseignants ne sont plus toujours les uniques parents biologiques. L’évolution de notre société demande à l’école de ne pas adopter de positions rigides.
Dans les quartiers en politique de la ville, les associations qui ont parfois une grande connaissance de la situation de la famille et sa confiance peuvent avoir un rôle de médiation.

Le recours au service d’interprétariat ISM (Inter Service Migrants) est très utile pour un entretien important ; chaque école parisienne d’un quartier « politique de la ville » a un « compte » avec un code spécifique qui lui permet de bénéficier de ces interventions32.
Des entretiens : avec qui, quand et pourquoi ?

avec le directeur :

- à l’inscription33 ;

- pour des questions administratives (certificat de scolarité, etc.) ;

- lors de rencontres informelles à la sortie de l’école ;

- pour des rendez-vous concernant la scolarité (difficultés diverses, PPRE, orientations) ;

avec l’enseignant :

- de façon ponctuelle et rapide, à l’occasion de l’accompagnement de leur enfant par les parents à l’accueil du matin entre 8h20 et 8h30 dans les classes maternelles ou certaines classes élémentaires ;

- de même lors de rencontres informelles à la sortie de l’école ;

- pour faire un bilan sur la scolarité de l’élève (avec parfois d’autres membres de l’équipe pédagogique : directeur, RASED) ;

- pour la remise des livrets scolaires ;

avec le RASED :

- pour un rendez-vous avec le maître G, le maître E ou le psychologue scolaire ;

avec plusieurs membres de l’équipe pédagogique :

pour signer un PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Educative)34, dans le cadre d’une équipe éducative en cas de problème, ou d’une équipe de suivi de scolarisation pour un enfant handicapé ;

avec l’équipe médico-sociale :

- pour un rendez-vous avec le médecin scolaire, pour un PAI35, pour un PPS, lors de la visite médicale obligatoire en GS ; en CE2 en éducation prioritaire, le médecin voit l’enfant seul et convoque les parents si un problème est dépisté ;

- pour un rendez-vous avec l’assistant social.
Avant l’entretien

Les parents sont de préférence non pas convoqués mais conviés.

Le motif de la rencontre est porté à la connaissance des parents, brièvement, pour leur permettre de faire le point avec leur enfant et entre eux avant cette rencontre. De même, la nécessité ou non de la présence de l’élève à cette réunion peut être précisée. Si une autre personne que l’enseignant est présente à la rencontre, l’enseignant informe le parent de son nom et de sa fonction. Le directeur peut jouer un rôle de médiateur dans certaines situations.
Pendant l’entretien

Les conditions

Concrètement, le parent est accueilli et « reçu », dans un lieu prévu à l’avance, permettant d’installer une relation de confiance, en toute confidentialité.

Il est souhaitable de s’assurer que l’on ne sera pas dérangé pendant l’entretien.

Chacune des personnes participant à l’entretien est présentée avant que celui-ci ne commence.

Établi sur un sujet de rencontre précis, l’entretien, pour être efficace, se déroule durant un temps donné décidé conjointement. Si la durée est insuffisante et que le besoin se fait sentir, un autre rendez-vous pourra être pris.

Ces aspects concrets de la communication vont créer, s’ils sont bien assurés, des conditions favorables à la communication.
L’attitude, les débuts de l’entretien

L’attitude à rechercher n’est ni compassionnelle, ni culpabilisante, mais professionnelle. Les propos tenus doivent se fonder sur des faits, des constatations et non sur des jugements ou interprétations.

Pour clarifier l’objectif de l’entretien dès le début, le représentant de l’école montre au parent que l’on a besoin d’avoir son point de vue pour réfléchir ensemble (« nous avons un objectif commun : la réussite de votre enfant ») ; l’objectif est vraiment de créer une « alliance ».

Par conséquent, s’il donne des informations, l’enseignant est aussi en situation d’écoute. Ces précautions, cette attention, ne signifient pas pour autant que l’enseignant va réduire ses objectifs ou ses exigences.

Il est nécessaire de commencer l’entretien, quel que soit son objectif, par des propos positifs au sujet de l’enfant.

Le contenu de l’entretien

L’enseignant évite tout jargon de l’éducation nationale. Il s’oblige à un vocabulaire simple mais précis, compréhensible par son interlocuteur. Il s’appuie sur des documents si nécessaire.

En cas de difficultés importantes avec l’élève, l’enseignant veille à ne pas utiliser de qualificatifs dévalorisants. Il essaie systématiquement d’associer le parent : « on va essayer ensemble de comprendre la situation de votre enfant ».

Tout en évitant d’entrer dans la sphère privée de la famille, l’enseignant recueille, auprès du parent qui en fait spontanément part, des éléments qui sont susceptibles d’éclairer les difficultés (conditions de travail à la maison, éléments de l‘environnement familial…) ; mais en même temps, il s’interdit tout questionnement qui aborderait des domaines sans lien avec la scolarité de l’enfant et toute remarque subjective sur l’environnement familial. L’enseignant veille à ne jamais prendre parti en cas de conflit entre les deux parents.

Il est à l’écoute des mesures que le parent a éventuellement prises pour accompagner la scolarité de son enfant.

Il rassure le parent lorsque celui-ci se montre surpris de son comportement à l’école en indiquant qu’il n’est pas rare qu’un enfant semble différent à l’école et à la maison.

Il encourage le parent à donner son point de vue. Il répond aux questions du parent ou les sollicite : « Avez-vous des questions ? Y a-t-il d’autres informations qui vous seraient utiles ? »

L’enseignant essaie de concentrer l’entretien sur les solutions plutôt que sur les problèmes.

Quelle que soit l’attitude du parent, celle du professionnel consiste à rester toujours calme et attentif.

Il évite de juger l’attitude éducative du parent, de se poser en « donneur de leçons », de transformer le parent en élève, de le culpabiliser ; en évitant l’injonction, il suggère d’autres manières de faire : « et si vous… ? ».

Si le comportement de l’élève a été suivi d’une sanction à l’école, l’enseignant s’interdit de suggérer qu’une sanction soit donnée à la maison (« la double peine »).

L’entretien se termine par un résumé de ce qui a été dit ou décidé. La parole est donnée une dernière fois au parent.

Un compte rendu écrit de l’entretien est parfois utile pour garder en mémoire commune le contenu des échanges.



  • Le téléphone


Il est souhaitable que cette modalité de communication soit réservée au directeur et à l’assistant social.

Le téléphone est assimilé à une urgence. Outre un problème médical, il peut concerner un retard, une absence, une demande de rendez-vous.



  • Les visites au domicile


S’il s’avère impossible de joindre la famille par courrier ou téléphone ou en cas d’urgence, la visite au domicile de l’enfant est proscrite pour les enseignants et le directeur. En revanche, l’assistant social est tout à fait habilité à faire ce type de visite.



  • L’accueil dans la classe le matin


Pratiqué dans toutes les classes d’école maternelle et également dans certaines écoles élémentaires, il permet une transition plus aisée entre la maison et l’école, sans la rupture de la récréation. A l’école maternelle, il permet de maintenir le contact avec les parents, de leur rendre familière l’école, de les habituer au cadre de la classe, à ses affichages, aux travaux scolaires, aux habitudes des élèves : placer son étiquette signifiant sa présence, mettre à jour la date, consulter un livre à la bibliothèque, arroser la plante dont on est responsable, terminer une activité en cours, etc.



  • La transmission du livret d’évaluation


La transmission des livrets gagne à donner lieu à l’organisation harmonisée à l’école d’un « rituel ».

Préalablement à des entretiens individuels, une présentation collective peut être envisagée pour les parents lors d’une réunion : l’enseignant voire le directeur (si ce temps est commun à tous, le livret ayant la même organisation dans toutes les classes) peut ainsi commenter l’organisation des documents : le livret, les travaux d’évaluation, la différence entre les consignes et les compétences qui figurent sur les travaux, le codage, etc. Ce « mode d’emploi » facilite les entretiens qui suivront.
Trois modalités principales de remise du livret aux parents existent (qui peuvent varier dans l'année, selon les classes, selon les élèves):

1- Le livret est transmis aux parents sans échange avec l’enseignant.

2- Les parents viennent à l'école pour consulter ou se voir remettre le livret et échanger avec l'enseignant. Ils découvrent le livret à l’école.

3- Le livret est transmis directement aux parents qui le découvrent à la maison ; puis ils ont rendez-vous à l'école pour s'entretenir avec l'enseignant à partir du livret qu'ils ont déjà pu consulter et que l'élève a déjà pu commenter à l'intention de ses parents.



  • La communication autour du PPRE et du projet d’aide en général


Le PPRE est mise en place au cours de la scolarité obligatoire : par conséquent, à l’école maternelle, on parlera de projet ou de programme d’aide. Mais le principe est le même.
Il n’est pas toujours aisé pour des parents de comprendre, d’analyser et parfois même de reconnaître les difficultés de leur enfant à l’école. L’anxiété, compréhensible, constitue parfois un obstacle dans la communication avec les parents. L’école ayant recours à des aides diverses, à des dispositifs quelquefois compliqués, avec des adultes aux statuts différents voir p.26, la compréhension de l’ensemble, à une date donnée ou sur la durée, n’est pas toujours claire pour la famille.

Le PPRE a l’avantage de mettre en lien les différentes actions et acteurs de l’école et de rendre compréhensible le rôle des uns et des autres.
L’objectif est de renforcer le lien école-parents en renforçant l’adhésion aux efforts de l’école d’une part et la collaboration de tous les acteurs d’autre part : le PPRE peut amener les parents à accompagner leur enfant vers une plus grande réussite.

Dans certains cas, le PPRE devra être mené en dépit des difficultés des parents à soutenir leur enfant, voire à collaborer avec l’école.
Le dialogue avec les parents est primordial. Témoigner d’un travail concerté en équipe est un point fort. Le directeur de l’école est un acteur important : il est (ou doit avoir) la mémoire de l’école et peut faire le lien entre les actions engagées l’année précédente et celles de l’année en cours. Il peut être impliqué dans le dialogue avec les parents : mais comme pour l’entretien avec l’élève voir p.64, il sera utile de s’interroger sur les personnes de l’équipe qui vont mener l’entretien ou y participer.
Le PPRE doit être signé, mais « préalablement discuté avec les parents de l’élève »36. Le dialogue s’instaure autour des compétences de l’enfant, suite aux évaluations et aux différentes observations : compétences non acquises, mais également domaines de réussite (il est important que ces derniers figurent aussi sur le document du PPRE). Cette discussion autour des compétences et des connaissances va permettre de centrer la discussion sur des considérations objectives et non subjectives.

Ce projet prend en compte le passé scolaire de l’élève, il acte la situation présente sans la figer et surtout il projette vers le futur. Il est important d’éviter les jugements de valeur sur l’enfant, voire sa famille.

Le PPRE doit contenir des propositions concrètes avec des objectifs simples clairement définis : il « précise les formes d’aides mises en œuvre pendant le temps scolaire ainsi que, le cas échéant, celles qui sont proposées à la famille en dehors du temps scolaire. Il définit un projet individualisé qui devra permettre d’évaluer régulièrement la progression de l’élève. » 37

Durant l’entretien, les différentes étapes du programme ainsi que ses enjeux doivent être bien explicités à la famille.

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