Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Gerard CLEMENT Page du 19/01/2015 AU 26/01/2015 4516.doc14/05/2017





CENTRE RHONE –ALPES D’INGENERIE SOCIALE SOLIDAIRE & TERRITORIALE


REVUE DE PRESSE

DU 19 AU 26 JANVIER 2015


  • Conjoncture : les freins à la croissance commencent à se desserrer...un peu

  • Les CCI de Rhône-Alpes visent 3,3 millions d'économie supplémentaires d'ici 2016

  • Merci l’euro, merci Mario !

  • Les taux de syndicalisation en Europe

  • Charlie et les partenaires sociaux

  • Représentativité globale des syndicats : Trois organisations dominent le paysage

  • Charlie et la société du risque

  • Quelle entreprise pour le XXIème siècle ?

  • Les règles du jeu : des gagnants, des perdants

  • Alerte sur les CHSCT (Comités hygiène sécurité et conditions de travail)

  • Quatre fantasmes démographiques et économiques sur l’immigration

  • Apartheid ou relégation.

  • Après le 11 janvier : quel itinéraire jusqu’à République ?

  • Pas d'amalgame

  • L’heure de vérité, par Michel Leis






Conjoncture : les freins à la croissance commencent à se desserrer...un peu

Dominique Largeron

Et si enfin l'économie commençait à repartir ? L'insee Rhône-Alpes annonce un taux de croissance de 0,3 % au cours des deux premiers trimestres de 2015, tandis que la succursale régionale de la Banque de France voit se multiplier des indicateurs encourageants. Rien de fulgurant, mais une inflexion semble se dessiner.

Avec l'aide de la baisse de l'euro, l'export est en train de repartir : + 0,3 % en Rhôine-Alpes au 3ème trimestre 2015.

Après trois années de quasi-stagnation avec des croissances très faibles (*), 2015 sera-t-elle enfin l'année du redémarrage de l'économie française ?

Jamais, au cours des trois dernières années, on a assisté en même temps à une telle accumulation de facteurs positifs : baisse de l'euro qui favorise l'export, baisse du prix du baril qui donne du pouvoir d'achat aux ménages, taux d'intérêt jamais aussi bas, plan d'investissement européen proposé par Jean-Claude Juncker et enfin, cerise sur le gâteau, jeudi 22 décembre, une injection massive de liquidités dans l'économie européenne par la Banque Centrale Européenne.

Si avec tout ça, l'économie ne redémarre pas !

Eh bien, cela va peut-être être enfin le cas. Pour l'Insee, selon sa dernière Lettre de conjoncture, « Les freins se desserrent un peu ».

+ 0,3 % de croissance aux 2ème et 3ème trimestres 2015

Qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas un démarrage en flèche, loin s'en faut. Mais, après un décevant 0,1 % de croissance au quatrième trimestre 2014, l'institut statistique prévoit 0,3 % de croissance aux 1er et 2ème trimestre 2015. Si l'économie ne poursuit pas sa progression au 3ème et 4ème trimestre et stagne, l'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année 2015 serait tout de même de 0,7 %.

Si les facteurs favorables énoncés plus haut accentuent leurs effets et que la croissance poursuive sa lente ascension lors de ces mêmes 3ème et 4ème trimestres, on pourrait atteindre le 1 % de croissance annoncé par le gouvernement et un certain nombre de conjoncturistes.

Si c'est le cas, Rhône-Alpes qui est une région industrielle pourrait même accentuer, comme souvent cette tendance haussière.

Cette vision optimiste se lit dans les derniers chiffres de l'Insee et de la succursale régionale de la Banque de France.

Baisse de l'euro aidant, les exportations reprennent du poil de la bête. Elles ont crû en Rhône-Alpes de 0,3 % au troisième trimestre 2014 (+ 1,4 % au niveau hexagonal). Manifestement, l'effet euro n'avait pas encore totalement joué, puisque c'est surtout vers l'Union Européenne que les exportations ont le plus augmenté (+ 0,8 %).

Les « autorisations de construire » repartent

Enfin autre signe intéressant, alors que le Bâtiment devrait afficher son plus bas niveau de constructions neuves depuis longtemps (300 000 logements seulement pour 500 000 espérés), les autorisations de construire, prémisses de futurs chantiers, ont commencé à repartir au 3ème trimestre 2014.

Ainsi l'activité du BTP rhônalpin pourrait s'afficher en (petite) hausse au 1er trimestre 2015. « Ce sont les entreprises réalisant plus de 750 000 euros de chiffre d'affaires qui connaissent les tendances les plus favorables, les TPE et les petites PME continuent de souffrir », reconnaît-on du côté de la Banque de France.

On est loin d'un ras de marée : + 1,8 % ; mais après une baisse de - 4,4 % au 2ème trimestre 2014, on tient peut-être là une inversion de tendance.

Côté industrie, l'indicateur synthétique du climat des affaires de la Banque de France a retrouvé en décembre une tendance haussière et dépasse l'indicateur national. « Les carnets de commande se regarnissent, alors que les stocks sont à un niveau relativement bas  », constate-t-on à la Banque de France

Il en est de même pour les services marchands.

Enfin, « les incidents de paiement déclarés par les banques concernant les entreprises restent à un niveau moyen : la situation est contenue. »

Ceci dit, il faudra attendre de longs mois, si ce redémarrage progressif se confirme, pour qu'il se traduise en termes d'emplois.

La raison tient au fait que la situation au 3ème trimestre 2014 était particulièrement mauvaise. Rhône-Alpes a ainsi perdu 6 200 postes de travail au cours de ce trimestre (- 0,4 %). Les services étaient le seul secteur à créer des emplois (+ 1 150), alors que l'industrie en détruisait (- 1 900), de même que le commerce (- 600) ou la construction (- 1 100).

Forte chute de l'intérim

Quant à l'intérim, considéré comme un indicateur avancé, il connaissait une de ses plus fortes chutes de ces dernières années : - 5,6 %, soit 3 700 emplois détruits. On comprend mieux dès lors les derniers chiffres du chômage rendus publics par Pôle Emploi à la fin d'année 2014, particulièrement mauvais.

Même avec la petite embellie annoncée, les chiffres de l'emploi devraient prendre du temps pour se redresser. Selon l'Insee ils devraient tout de même « progresser légèrement d'ici la mi-2015 »

Reste tout de même que Rhône-Alpes affiche un taux de chômage inférieur d'un point au taux national (8,8 % contre 9,9 %) ; tandis que des départements comme l'Ain (7,1 %) et la Haute-Savoie (7,5 %), sont relativement préservés.

L'investissement des entreprises toujours au point mort

Autre point négatif : si la consommation des ménages tend à accélérer, l'investissement des entreprises reste et devrait rester faible.

Pour qu'il redémarre, il manque encore un ingrédient primordial : la confiance. Celle-ci pourrait peut à peu revenir si le scénario vertueux, dessiné par l'Insee se confirme, permettant aux freins à la croissance de se desserrer définitivement...

(*) 0,3 % de croissance du PIB en 2012 et 2013, probablement 0,4 % en 2014.
Les CCI de Rhône-Alpes visent 3,3 millions d'économie supplémentaires d'ici 2016

Plus de 170 collaborateurs sont concernés par la mutualisation des fonctions supports qui s'est intensifiée et va encore s'accentuer.

Après avoir réalisé près de 2 millions d’euros d’économies sur la période 2011-2014 en multipliant les services, le réseau des CCI de Rhône-Alpes vise 3,3 millions d'euros d’économies supplémentaires d’ici fin 2016.

 C'est ce qu'annonce Jean-Paul Mauduy, président de la CCI régionale.

 Il précise qu'en ce début d’année 2015, une étape très importante vient d'être franchie avec la mutualisation de quatre fonctions supports : les ressources humaines ; les systèmes d’information ; les fonctions administratives et financières ; ainsi que la gestion des marchés publics et des achats.

 Plus de 170 collaborateurs du réseau sont concernés par ce programme piloté par la CCI de région Rhône-Alpes.

 Cela signifie que ces collaborateurs, dont beaucoup étaient jusqu’à maintenant rattachés spécifiquement à l’une des onze CCI territoriales de Rhône-Alpes, « mettent leurs compétences au service de l’ensemble du réseau régional dans le cadre d’une organisation repensée et optimisée. »

 L'objectif d’optimisation fixé est de 11,5 % des coûts de fonctionnement et de 24% des investissements informatiques.

 « Avec cette étape, les CCI de Rhône-Alpes marquent leur détermination à conserver un rôle central dans le développement économique de la région, au plus près des réalités du terrain, tout en fournissant un effort important de rationalisation de leurs modes de fonctionnement », assure Jean-Paul Mauduy.

Il conclut : «  Ce processus de mutualisation a été engagé avant les récentes décisions budgétaires de l’Etat. Pour autant, l’impact de ces décisions le rend plus que jamais nécessaire car c’est par la rationalisation du fonctionnement plus que par n’importe quel autre moyen que passera l’essentiel des économies du réseau. »

Publiée le 24 janv. 2015 par LARGERON Dominique.
Merci l’euro, merci Mario !

Alain Malégarie | Ancien directeur de l'Institut de l'euro à Lyon

Le président de la Banque Centrale européenne (BCE), Mario Draghi, avait promis, dès 2012, qu’il « ferait tout pour sauver l’euro ».

Il l’avait promis… et il l’a fait. Depuis quelques années, il pilote avec maestria, doigté, et opportunité la BCE qui gère la deuxième monnaie du monde (27% des réserves mondiales de change après seulement 16 ans d’existence), en baissant les taux directeurs, en réalisant des rachats - jusqu’alors indirects – d’actifs d’Etat en difficulté, ou en sachant passer les bons messages aux marchés….

La date du jeudi 22 janvier 2015 marque une nouvelle étape, historique, de cette politique audacieuse et volontariste, qui sait prendre des mesures importantes et « non conventionnelles ».

La BCE va, en effet, injecter 1.140 milliards d’euros et racheter des dettes publiques d’Etats et des dettes privées, au rythme de 60 milliards d’euro par mois dès mars 2015, et jusqu’à septembre 2016 .Ce plan représente quand même 12% du PIB de la zone euro et 14% de son marché obligataire, même si c’est moins que ce qu’ont fait les Etats-Unis (25%) ou le Japon (26%).

En rachetant des emprunts d’Etat de la zone € tous les mois, elle privilégiera les rachats de dettes allemandes et françaises car la répartition des achats se fait en fonction de la part de capital détenu par chaque Etat (ce qui limite le risque pour la BCE).

Ce sont bien sûr le sEtats les plus importants en terme de PIB qui détiennent le plus de capital de la banque centrale (8 milliards €) : Allemagne 25,6% ; France 20,1% ; Italie 17,5% ;Espagne 12,6 % ; Belgique 3,5 % etc…

Après les astuces non-conventionnelles déployées par Mario Draghi depuis deux ans, il s’agit cette fois de rachat direct de dette, massif, continu.

Voilà un très fort signal envoyé aux marchés, que cette création monétaire (vulgairement appelée parfois « planche à billets », et qui aura trois effets : sur le taux de change, en faisant baisser l’euro durablement ; sur le taux d’inflation, l’objectif de la BCE étant de l’augmenter et de le rapprocher de son taux maximum autorisé, à savoir 2%, ce qui d’ailleurs entrainera un surenchérissement de tous nos produits importés (puisqu’achetés avec une monnaie plus faible) et même un peu de nos produits exportés (car ils contiennent aussi environ 20% de produits importés) ; le troisième effet sera la baisse des taux des obligations souveraines, ce qui orientera les capitaux vers des produits plus risqués.

Tous les gouvernements de la zone euro ont salué ce plan de la BCE, ainsi que les bourses, y voyant un effet à terme sur l’économie réelle et sa relance.

Ce tournant historique a certes beaucoup d’avantages, pour contribuer à la relance de la croissance, et au retour de la compétitivité des entreprises, créatrices d’emploi, mais j’y vois quand même quatre bémols, toute mesure, si bonne soit elle par ailleurs, pouvant avoir des effets secondaires :

- une inflation, même modeste, passant de 0,5% à 1,5% ou 2% est une perte de pouvoir d’achat pour les particuliers et alourdit la charge des dettes pour les Etats, les collectivités, les entreprises, vu que l’on rembourse dans une monnaie plus faible. Sans préjuger de la remontée inéluctable (dans un an ou deux) des cours des matières premières énergétiques. Or, lorsqu’une monnaie dévisse, on ne sait jamais jusqu’où elle va… et quand ça s’arrête.

On est déjà à 1,1456 $ pour 1 €, soit le niveau de plus bas de l’euro contre dollar… depuis 2003 ! D’ailleurs vous verrez que tous ceux qui veulent toujours le beurre et l’argent du beurre, après avoir seriné pendant des années que « l’euro était trop fort » (Ndlr : trop fort pour qui ?...) ne tarderont guère à déblatérer sur l’euro faible !...

- seulement 20% des achats d’actifs (de dettes) seront sous garantie commune, les 80% restant étant couverts par … les banques centrales nationales. Là, la BCE a fait trop de concession aux « Etats-nations ». On sent bien là la pression de l’Allemagne, légitime leader de la zone euro. Ou bien est-ce que la BCE commence par 20%, pour augmenter progressivement ensuite ?

Toujours est-il que c’est un peu choquant : l’euro est une monnaie fédérale, aves son instance de gouvernance et de pilotage fédéral, la BCE. Là, on brouille les pistes et l’image.

La BCE incarne la solidarité entre tous les membres de la zone euro (337 millions de personnes, à ce jour, ont l’euro), or là il redonne la gestion et le risque aux pays, pour 80% !

Et en laissant la garantie aux banques centrales nationales pour 80% des rachats de dette, on prend le risque de faire augmenter les primes demandées par les investisseurs dans les pays où ils ont moins confiance.

En clair, il y a risque que le « spread » (l’écart) du taux d’intérêt entre l’Allemagne par exemple, et certains pays fragiles et mal vus (Europe du Sud) se creuse. Ce qui n’était pas ou peu le cas depuis quelque temps.

La France, par ailleurs, sans réformes, continue à séduire les prêteurs du monde entier, pour descendre à un taux d’intérêt d’emprunt à 10 ans à … 0,6% ! Jusqu’à quand ?

Et puis, non seulement ce partage du risque avec les Etats est un contresens à la solidarité communautaire, mais aussi les Etats, non vertueux feront payer leurs contribuables…

- le rachat de la dette grecque sera-t-il possible dans cette opération d’assouplissement monétaire ? Or, c’est elle qui en a le plus besoin, devant le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France ! Le problème est qu’en principe la BCE ne peut racheter que des emprunts d’Etat sûrs, notés en catégorie  « investissement » bref les titres de qualité,. Ce qui n’est pas le cas de la « mauvaise » dette grecque…

Cela marche pour la France, pas pour la Grèce, ou Chypre. Comment sortir de cette impasse ? Super Mario a évoqué « certaines conditions spéciales ». On peut compter sur lui pour trouver encore une astuce… et convaincre le FMI qu’il faut aider les Grecs..

Le fait de bénéficier du programme d’aide du FMI contre les réformes (la Grèce a d’ailleurs fait des efforts, et a même retrouvé un peu de croissance, 0,6%, en 2014. La BCE détient déjà un stock de 27 milliards € de dette grecque. Cela dépendra aussi de la « modération » ou pas du gouvernement d’alliances que devra construire le leader de Syriza après sa victoire probable. Pendant les campagnes électorales, on promet la lune, après la victoire, on redescend progressivement sur terre (cela ne vous rappelle rien ?...).

Il y aura donc pression indirecte sur le futur gouvernement grec, quel qu’il soit, puisque Alexis Tsipras a affirmé que la Grèce ne quitterait pas l’euro (comme on le comprend ! )

On ne laissera pas tomber la Grèce, même si la BCE achetera en priorité de la dette allemande, puis française (donc sûre). Pour amadouer Karlsruhe (la cour constitutionnelle allemande).

- « Last but not least », ce montant de rachat de dettes (1140 milliards) n’est, quand même, pas si astronomique que cela. Il est le fruit d’un compromis, comme toujours. Je passe sur les 60 milliards d’euros qui sont en fait… 50, car ils comprennent 10 milliards de rachats de crédits titrisés (ABS) et d’obligations sécurisées déjà annoncées. Sur les 20% sous garanties communes, le journal « La Tribune » du 23 janvier voit, dans l’annonce de Draghi, un « chef d’œuvre de marketing » puisque je cite : « 8% seulement concerneront les dettes des Etats, le reste sera la dette des institutions européennes, donc de la dette déjà mutualisée ». En effet, 60% de ces 20% concernent les dettes des institutions européennes, donc déjà mutualisées.

Ceci affaiblit donc la mutualisation des rachats annoncés, la solidarité communautaire. Il fallait sans doute l’aval de la Bundesbank (« Buba ») ; et dans la foulée, celui de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe. La Buba a validé ce plan, puisque la décision de la BCE d’injecter des liquidités a été prise à « l’unanimité », signal fort pour les marchés. Décidément, il est très efficace et très bon communiquant, ce Draghi ! Et la communication et la psychologie, ça compte pour la confiance et la valeur d’une monnaie…

On montre ainsi au monde entier que la BCE veille au grain, défendra toujours l’euro. Depuis déjà 6 semaines, les marchés avaient anticipé la décision du 22 janvier, en baissant les taux de prêts de la zone euro (jusqu’à 7% en Grèce, et 0,6% n France pour les taux à 10 ans !).

Mais, en même temps, on n’affole pas les bailleurs de fonds, ni la Buba, ni surtout la Cour de Karlsruhe en limitant à 8% seulement la mutualisation, par la BCE, du rachat de la dette souveraine.

Pourquoi 8% ? Parce que jusqu’à ce seuil, le contribuable européen, donc allemand, premier prêteur en zone euro, est à l’abri. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe exige que l’on « ne fasse pas prendre des risques non mesurables au contribuable allemand ».

Car le fonds de réserve de la BCE, d’un montant qui se situe entre 8 et 9 milliards d’euro, peut donc couvrir, en cas de pépin (non remboursement par un pays irresponsable, par exemple) une perte de 8,22% sur le montant en dette souveraine mutualisée. Tout le monde est donc rassuré… Et bravo, encore, l’artiste Draghi !

Mais attention aux fausses illusions : cette politique monétaire innovante, jamais essayée par la BCE jusqu’alors, est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour relancer la croissance. Ce n’est pas la BCE qui crée des emplois. Ce sont les entreprises, dans les Etats qui ont fait des réformes nécessaires. Le « Quantitative Easing », ou l’assouplissement monétaire, aura certes des effets sur l’économie européenne, mais à long terme.

Profiter de l’aubaine pour ne rien faire serait tragique pour les pays cigales. C’est ce qu’ils ont fait après la naissance réussie de l’euro. La Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et bien sûr la France ont vécu et dépensé à tout va, à l’abri d’une monnaie solide et reconnue, qui ne dévaluait pas.

Ainsi, il n’y avait plus de sanctions. On a vu la suite : un endettement phénoménal et croissant, et une perte de confiance des marchés, donc des prêteurs, avec des taux d’intérêts qui s’envolèrent à partir de 2008 et un chômage de masse.

Espérons que ces Etats, non encore réformés, auront compris la leçon.

La BCE leur facilite le travail, mais les Etats malades doivent, à présent, prendre le relais. Ils doivent engager résolument leurs réformes. Ils n’ont plus le choix, tous les ingrédients positifs sont là.

Sinon la zone euro sera à nouveau le révélateur de performance des uns et de la faiblesse des autres. L’euro, ça se mérite ! Ils doivent sans tarder passer au fédéralisme économique, social, budgétaire, fiscal. Il y a longtemps que les économistes sérieux le disent, et les faits le démontrent chaque jour.

Ici, on ne peut que remercier la BCE, et Draghi, mais ils ne peuvent tout faire. On est dans un « entredeux ».

On le voit bien avec le plan Juncker, insuffisant dans son montant (311 milliards) et problématique dans son financement. La zone euro doit financer des gros projets d’investissements sérieux et durables, avec des eurobonds (bons du Trésor communs). Or, nous n’avons toujours pas, à l’instar des Etats-Unis, un « Trésor européen » fédéral pour cela, ni un budget européen. Les Etats-Unis, avec la FED et le Trésor fédéral, pilotent une économie dynamique, certes avec un « moteur » le gaz de schiste. Idem pour la Grande-Bretagne, avec le secteur immobilier.

En UE, il nous faut aussi un ou des moteurs (industrie européenne, plan Juncker) et des projets innovants .Personne ne devrait se dérober aux réformes structurelles, ni à des plans de relance par l’investissement. Nous sommes tous interdépendants….

Tant que l’on n’aura pas franchi ce pas décisif, il y aura les bons et les mauvais « Etats », qui se neutralisent par une concurrence absurde et suicidaire. L’esprit communautaire ne doit pas être une option, mais une évidence. Le fédéralisme, c’est pour tout de suite.

La BCE nous montre la voie. Il faut à présent que ces liquidités déversées sur les marchés se transforment en investissements massifs en zone euro. Saisissons cette chance !

Publiée le 25 janv. 2015 par LARGERON Dominique.
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