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ENVI-F422

Projet interdisciplinaire 2

Alimentation et Environnement

Feuille de route groupe 7: Azaroual Layla, Borg Greta, L’Hoir Jolan, Legros Nicolas, Aboya Noëlle, Smeets Hadrien, Ribaucourt Vincent, Vandenbroucke Saartje, Vandemeulebroek Felix


ENSEIGNANTS – TUTEURS : MR. ZACCAÏ ET MLLE MUTOMBO

ANNEE 2013-2014

TABLE DES MATIÈRES


Introduction 3

Introduction 3

Définition du circuit-court 3

Contexte socio-politique 4

Analyse des circuits-courts 5

Les difficultés et avantages 5

Typologie des circuits-courts 6

Initiatives Wallonnes liées aux circuits-courts 6
CONCLUSION EN VUE DE LA SUITE DU PROJET 7
Methodologie envisagée 7
Mise en perspective entre le sujet et les disciplines respectives 9
Bibliographie 11




Introduction :

Depuis des temps immémoriaux l’être humain a dû subvenir à ses besoins vitaux ; l’alimentation en est un des plus importants.

Dans les pays industrialisés, au fil du temps, ce besoin a évolué pour une partie importante des producteurs et consommateurs, en un bien de consommation qui se doit de répondre principalement à des critères économiques. Cette distance qui s’est installée entre le travail rémunérateur de biens alimentaire d’un côté et « l’acquisition » de ces biens de l’autre, a fortement augmentée au cours des dernières décennies. Le malaise qui en découle se fait de plus en plus ressentir et interpelle un nombre croissant de consommateur.

Cette situation a engendré de nombreuses dérives. Pour ne citer que les plus médiatisées nous pouvons énumérer:


  • Les rapports socio-économiques inégaux entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement.

  • La quête de productivité et de gains à parfois entrainé des diminutions de qualité et des raccourcis dans les règles sanitaires.

  • Le marché a pu effacer des équations sensées être inébranlable tel que la corrélation entre « distance entre lieu de production et de consommation » avec prix de revente.

  • Les priorités économiques vis-à-vis de la durabilité environnementale de production.

  • Certains maillons de la chaîne alimentaire ont alors pris l’initiative de proposer des alternatives aux modes de production conventionnels en vigueurs. Dans ces démarches notre attention aura été attirée par :

  • Des produits proposant d’équilibrer la balance entre les fragiles producteurs du sud et les consommateurs-décideurs du nord.

  • Des donations de produits non écoulés en fin de vie marchande en vue de diminuer le gaspillage alimentaire.

  • Des initiatives de produire des aliments à nouveau de manière naturelle sans adjonction de substances pétrochimique ni génétiquement modifiées.

  • Un raccourcissement de chaîne entre producteur et consommateur, dits circuits courts, tel que connu traditionnellement.


Ces modifications de comportement sont, pour l’instant, minoritaires par rapport aux quantités produites, mais elles méritent une analyse approfondie. Dans une réflexion de questionnement et d’amélioration des outils à notre disposition, nous proposons une observation rapprochée et critique des systèmes de circuits courts. Leur fonctionnement, leur rayon d’action, leur public, leur efficacité ainsi que leur viabilité dans un monde qui peine à tenir le rythme imprégné des périodes de croissance sans limites.

Définition de circuit court :

Le circuit court est un terme générique désignant un circuit de distribution dont le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur est limité à maximum 1. Force est de constater que cette définition ne peut se cantonner à la simple réduction du nombre d’intermédiaires. Nous remarquons que la littérature n’est pas unanime sur cette définition.

Chiffolau et al (2012, p8) définissent les circuits courts alimentaire comme « une forme de vente mobilisant au plus un intermédiaire entre producteurs et consommateurs ». Allant plus loin dans leur analyse, ils constatent que ceux-ci renforcent les liens sociaux entre les acteurs. En effet, la définition même de circuit court de l’Etat français met en avant les rapports sociaux entre producteur et consommateur : les circuits court sont définis comme « une réponse à une exigence sans cesse grandissante de produits de terroir, de tradition, d’authenticité restaurant le lien social entre consommateur et producteur » (Chiffolau 2012 p90).

Mundler (2013) quant à lui, considère les produits issus des circuits courts comme un gage de qualité et de sécurité alimentaire. Ils constitueraient une alternative au modèle de production standardisé du secteur de l’agro-alimentaire.

Herault-Fournier et al (2012) établissent un cadre théorique sur la notion de proximité des circuits courts alimentaires perçue par les consommateurs. Les circuits courts « sont à la fois un moyen de renouer un contact direct avec le producteur et plus largement avec le monde agricole. Ils expriment, pour une partie d’entre eux, la volonté de « consommer autrement », en opposition au modèle de consommation de masse porté par la grande distribution » (2012, p4). Ils identifient quatre types de proximité vis-à-vis des circuits courts (2012, p6-10):


  • La proximité géographique ou d’accès : c'est-à-dire une proximité entre les acteurs. Il ne faut pas voir cette proximité géographique uniquement en termes de distance mais aussi en termes de facilité d’accès et de temps de parcours.

  • La proximité de processus exprime la connaissance du produit par le consommateur. Ce dernier connaît son processus de fabrication, la provenance des matières premières, etc. Cette proximité rend le produit plus authentique vis-à-vis du consommateur.

  • La proximité identitaire reflète l’appartenance à un ensemble de valeurs et de croyances communes entre producteur et consommateur.

  • La proximité relationnelle, c'est-à-dire la relation que les consommateurs entretiennent avec le producteur sur le lieu de vente. Cette relation est conviviale et facilite l’échange d’information entre les acteurs.

Il n’existe pas de définition « adéquate » des circuits courts car ceux-ci passent aussi par la perception du consommateur par rapport au circuit de distribution choisi. Dès lors, nous proposons une définition permettant de mettre en avant les différentes caractéristiques perçues pas le consommateur. Un circuit court est un circuit de distribution limitant le nombre d’intermédiaire entre le producteur et le consommateur de manière à permettre à celui-ci de se rapprocher géographiquement et socialement du producteur.

Contexte socio-politique :

Les chaînes de distribution alimentaire alternatives font depuis peu l'objet d'une grande attention. Dans un premier temps, il fut supposé que l’occurrence de ces nouveaux développements ruraux correspondait à une spécificité des régions périphériques, mais des études plus récentes indiquent que cette idée était fausse (Renting, Marsden & Banks, 2003, p.395). L'émergence de nouveaux circuits alimentaires dans les économies agricoles mondialisées doit être considérée dans le contexte d'un certain nombre de changements fondamentaux liés aux différents maillons de la chaîne de distribution (Renting et al., 2003). Différents auteurs s'accordent sur l'émergence d'une prise de conscience selon laquelle le productivisme n’est pas le seul but dans l’économie, mais que d'autres valeurs qui jouent un rôle dans la distribution et l’achat d’un produit (Schucksmith, 1993 ; Ilbery & Bowler, 1998 ; Renting et al., 2003 ; Van der ploeg et al., 2000). Un fait que Ilbery & Bowler (1998) décrivent comme un basculement d’un régime productiviste vers un régime post-productiviste.
Du côté de la consommation de la chaîne agro-alimentaire, des transitions importantes ont eu lieu dans les perceptions de denrées alimentaires et de l'agriculture parmi les consommateurs. Ce phénomène peut être vu en partie comme la conséquence d'une augmentation de l'inquiétude du public sur des questions comme l'écologie, la santé et le bien-être des animaux, ce qui entraîne l'émergence d'un marché potentiel pour les produits alimentaires se distinguant de façon crédible sur un ou plusieurs aspects de la qualité. Cependant, l'évolution des perceptions des consommateurs a été surtout alimentée par une méfiance croissante envers la qualité des aliments issus de l'agriculture conventionnelle. Depuis la fin des années 1970, l'image publique de l'agriculture s'est trouvée entachée par une série de `scandales alimentaires’ allant de la salmonelle et l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) aux résidus de dioxine dans le lait. Tandis que les gouvernements et les experts soulignent que les risques pour la santé supposés n'ont aucune base scientifique, la méfiance des consommateurs dans la production alimentaire moderne s'est fermement enracinée (Goodman, 1999; Renting et al., 2003, pp. 395-398). Marsden (1998, p. 107) suggère que la différenciation des marchés alimentaires par rapport à leur situation antérieure à ces crises est attribuable aux critères de qualité de l’alimentation, qui sont des constructions sociales. L'émergence des OGM a renforcé cette dynamique. De telle manière, l’apparence des nouveaux marchés de qualité parallèles aux marchés de masses préexistants est avancée comme un fait.
En ce qui touche à la production de la chaîne agro-alimentaire, l'émergence de nouvelles chaînes d'approvisionnement alimentaire (CAAs) devrait également être considérée en adéquation avec la pression continue et accrue sur les revenus agricoles (Van der ploeg et al., 2000). Un nombre croissant d'agriculteurs sont maintenant prêts à tenter leur chance à travers des formes alternatives de production et de nouveaux modes de commercialisation, convaincus que la production alimentaire de masse n'est pas garante de viabilité pour leur exploitation, ni de revenus suffisants. Les CAACs représentent, dans ce contexte, les tentatives actives de la part les producteurs de récupérer des revenus au sein de la chaîne d'approvisionnement avec l'espoir d'atténuer les problèmes classiques de la compression des prix. Néanmoins, ces processus de chaînes courtes prennent une diversité de formes dans le temps et l'espace (Renting et al., 2003, pp. 395-398).

Analyse des circuits courts:

Actuellement, les circuits courts connaissent un énorme succès. Ce type d'initiative met en place une relation de proximité et de confiance entre producteur et consommateur, entre producteur et territoire (Delhommeau, 2009). De plus, elle répond à de nombreux défis de nos sociétés et s'inscrit dans une démarche de développement durable.

Le circuit court fait partie des modes de valorisation des produits du terroir.
Les difficultés et avantages :

Les difficultés rencontrées pour la mise en place de circuits courts sont différentes pour les producteurs et les consommateurs. Du côté des producteurs, il leur est souvent difficile de fournir une offre régulière et en adéquation avec les habitudes des consommateurs (Delhommeau , 2009).

Pour les projets comme la restauration locale et/ou collective, les problèmes se situent souvent au niveau de l'approvisionnement en grandes quantités de la part de l'agriculteur. De plus, les coûts de production sont très souvent supérieurs pour les producteurs s’engageant dans ce genre de filière. En effet, l'acquisition de nouvelles compétences est nécessaire, telles que la vente, la communication, la transformation des produits, etc. Ces métiers requièrent un apprentissage, du temps, de la main d’œuvre et des investissements pour de nouveaux espaces ou/et équipements. Le producteur a donc besoin de formations complémentaires, de programmes et de cours ciblés ainsi que l’accès aux informations sur les réseaux déjà existants, les démarches à suivre aux différentes étapes de l’activité, etc. (Delhommeau, 2009). Les nouvelles réglementations imposées aux producteurs sont généralement aussi très coûteuses.

Du côté du consommateur, s'engager dans une consommation de produits de proximité entraîne de toute évidence des changements d'habitudes. De plus, une consommation responsable implique généralement un budget plus important que dans le cadre d'une consommation en filières longues. Mais ces affirmations restent à nuancer: certaines initiatives de circuits courts en vente directe (notamment les ventes en ligne), proposent des prix inférieurs à ceux de produits retrouvés en circuits longs (Clavreul, 2009). Également, pour qu’un circuit court ait son succès, le consommateur doit avoir accès aux informations concernant les filières se trouvant dans sa région.

Les avantages potentiels des circuits courts s’articulent autour des trois piliers du développement durable. La diminution des transports permet, à priori, d’améliorer l’empreinte carbone des aliments. Toutefois, il est important de nuancer ces propos car le mode de production peut avoir un impact considérable sur l’environnement. Notons que les circuits courts ne vont pas spécialement de paire avec une agriculture respectueuse de l’environnement (Maréchal & Spanu , 2010).

Les circuits courts permettent une meilleure valorisation économique et sociale du travail de l’agriculteur. En créant une réelle valeur ajoutée, les paysans peuvent prendre leur indépendance par rapport aux quotas et subventions européennes.
Typologie des circuits courts :

Concernant la typologie, une première distinction est à préciser ; les circuits courts de vente directe et les circuits cours de vente indirecte. La vente directe considère que les producteurs et agriculteurs vendent les produits qu’ils ont récoltés directement aux consommateurs. Pour la vente indirecte, les produits passent d’abord par un intermédiaire (restauration, artisanat, grande distribution) avant d’être proposés aux consommateurs.



Fig1 : Typologie des circuits courts (Chiffoleau & Maréchal, 2008)
Initiatives Wallonnes liées aux circuits courts :
Promotions des circuits courts :

Différentes initiatives ont vu le jour en Wallonie afin de proposer aux consommateurs une alternative aux circuits de distribution classiques (constitués de plus d’un intermédiaire).
Saveurs paysannes, est une association sans but lucratif soutenue par le Ministère de l’Agriculture et de la Région Wallonne, qui a vu le jour afin de promouvoir les circuits courts.

En effet, cette association a pour objectif de promouvoir des produits locaux et par là même soutenir l’agriculture paysanne en privilégiant les circuits courts. Leurs actions se situent à plusieurs niveaux :

Le développement de comptoirs fermiers, localisés à des endroits stratégiques et proposant les produits artisanaux. Ces comptoirs ont pour objectif de faciliter l’accès aux produits paysans pour les habitants des grandes agglomérations. C’est aussi dans cette optique que sont créés des marchés proposant des produits issus des producteurs locaux. De plus, un partenariat est établi avec des parcs naturels afin de proposer des marchés du terroir dans toute la Wallonie.

  • Toutes les informations concernant les producteurs, comptoirs fermiers et marchés sont répertoriées dans une base de données.

  • L’association met aussi en contact les restaurateurs et les producteurs locaux.

  • Elle propose et met en place des actions de promotions des circuits courts ainsi que des actions de sensibilisation basées sur la thématique de l’alimentation.

Leurs actions s’inscrivent dans une démarche d’échanges transparents, où le lien social est primordial. Le respect de l’environnement et l’importance d’assurer des revenus équitable pour les producteurs font aussi partie de leurs objectifs.
L’office des produits Wallon(OPW) est une a.b.s.l. dont l’objectif principal est de promouvoir les produits wallons et d'aider les producteurs wallons à mieux les faire connaître. Tout comme Saveurs paysannes, l’OPW tente de mettre en relations les différents producteurs, consommateurs et restaurateurs. Ils mettent aussi à disposition de manière comparable à Saveurs paysannes, les coordonnées des producteurs Wallons et proposent en plus de cela un service marketing destiné à la promotion des produits de la Région Wallonne.
L'Agence Wallonne pour la Promotion d'une Agriculture de Qualité (APAQ-W) a mis en place différents outils afin de promouvoir des produits locaux et régionaux à travers des circuits courts.
C’est ainsi que les centrales de marché ont vu le jour. Ce système vise à encourager la consommation de produits locaux par les collectivités en diminuant la charge administrative relative aux commandes. Les difficultés qui existent entre collectivités et producteurs sont ainsi réduites. L’APAQ-W gère les appels d’offre notamment via une interface électronique. De plus, ce système garantit la traçabilité des produits consommés par et au sein des collectivités.
Avec sa campagne «  Au camp, on mange Wallon », l’APAQ-W cible aussi un public plus jeune en proposant aux mouvements de jeunesse de se procurer les aliments pour leurs camps d’été auprès de producteurs locaux en privilégiant la viande bovine wallonne. En échange, ces mouvements bénéficient d’une aide financière. Les membres des mouvements de jeunesse doivent donc se rendre directement chez le producteur pour trouver leurs aliments.
Des groupements d’achats communs (GAC) existent en Wallonie. Le Réseau de Consommateurs Responsables (RCR) propose aux personnes intéressées de se rassembler afin de s’approvisionner directement chez le producteur.
Dans le privé, les groupes Carrefour et Cora ont également décidé de favoriser les circuits courts. Tous les producteurs locaux de taille familiale situés dans un rayon de 40 km de l’Hypermarché le plus proche de chez eux peuvent venir déposer leurs produits au magasin, qui les revend à ses clients. Un rayon spécial est attribué aux produits issus de ces petits producteurs. Afin de garantir un certain niveau de qualité, de transparence et de bon fonctionnement, une charte a été rédigée. Selon cette charte, le groupe de distribution n'est pas en droit d'imposer par exemple des volumes minimum de marchandises ou garantit aux producteurs d’être payés dans les 30 jours. Le prix doit aussi être égal ou supérieur au prix pratiqué chez le producteur, assurant ainsi un revenu décent aux dépositaires des produits. Cette initiative a reçu le soutien des provinces qui s’assurent que la charte, le contact entre l’hypermarché et les petits producteurs se déroulent bien.
Tout ce travail de mise en contact pourrait être facilité par une structure unique à laquelle s’inscriraient les producteurs. Le site Topino.be est un peu la synthèse des initiatives citées ci-dessus. En effet ce site internet permet de commander ses produits en ligne directement aux producteurs et de les réceptionner dans un point de réception. En plus de cela il répertorie tous les producteurs qui font de la vente directe pour entrer en contact avec eux.
Conclusions en vue de la suite du projet :

Cette approche a pu montrer l’existence de différentes plateformes de mise en commun de données concernant les opérateurs des circuits courts. La suite de ce travail sera maintenant de mettre en évidence l’existence d’un système global d’organisation et d’unification pour faciliter la vue d’ensemble des possibilités et dans le cas contraire d’en proposer les lignes directrices. Ce système ou ce niveau d’organisation devra rester neutre par rapport à toutes les parties concernées et devra respecter les mesures et normes imposées par l’Europe, la Belgique ainsi que la Wallonie.
Cette première mise en contact a également fait ressortir un manque de simplicité et d’accessibilité fonctionnelle des outils actuellement mis en œuvre. Dans une aire d’interconnections et de mise en commun d’informations quasiment permanente il est dommage que ces possibilités ne soient pas utilisée à plein escient.

Nous pensons ici que la Wallonie, et pourquoi pas la Belgique toute entière, doit se tourner vers ses voisins européens pour analyser, comparer et s’inspirer d’initiatives étrangères. Il serait incompréhensible, dans une Europe qui se doit d’être unie, qu’il n’y ait pas de mise en commun des meilleures pratiques européennes en la matière. Ces possibles améliorations pourraient peut-être faire en sorte qu’un nombre croissant d’acteurs se sentent impliqués dans ces démarches environnementales et par la même occasion accélérer le changement de mentalité. Cette stimulation serait accueillie à bras ouvert par rapport à l’espérance d’un changement profond des habitudes de consommation actuelles.
Méthodologie Mobilisée:

Au vu des différentes dynamiques transversales et des différents enjeux (économiques, politiques, sociaux, comportementaux et éthiques) dans lesquels s’inscrivent les circuits courts , la méthodologie adoptée dans le cadre de ce travail de recherche s’articulera autour d’une approche descriptive et comparative des circuits courts répartis sur le territoire wallon et à l’étranger. La proximité et la familiarité de notre groupe de travail avec les réalités locales wallonnes permettront notamment d’effectuer un travail de recueil de données et d’enquête de terrain. Notre groupe de travail pourra ainsi se positionner alternativement dans le rôle d’observateur et « d’acteur » des circuits courts.

Il s’agira de souligner l’aspect transdisciplinaire de cet enjeu de développement durable, en combinant les outils méthodologiques offerts par nos cursus respectifs. Nous effectuerons le recueil de données quantitatives et qualitatives (au travers d’interviews de personnes clefs, acteurs locaux, consommateurs, distributeurs, acteurs politiques engagés sur le terrain de la diffusion ou de la modération des circuits courts). Ainsi, il s’agit de poursuivre les objectifs suivants :

  • Recenser les initiatives existantes sur le territoire wallon afin de dégager une cartographie des circuits courts sur une échelle géo localisée. Cette cartographie permettra notamment de visualiser les ensembles spatiaux sur lesquels se déploient les circuits courts, comprendre la territorialité du phénomène et circonscrire les limites au sein et au-delà desquelles les circuits courts se développent.

Au travers de cet inventaire, une typologie des types de produits commercialisés pourra être élaborée, laquelle permettra d’identifier les préférences et les comportements alimentaires des consommateurs. L’approche quantitative et qualitative sera ainsi mobilisée au travers de :


  • Observations participantes de vente en circuits courts (permettant ainsi la prise de contact avec les personnes qui constitueront le groupe témoin et l’échantillon de notre étude)



  • Questionnaires tests et entretiens semi-directifs réalisés auprès des consommateurs et des producteurs afin d’observer in situ la réalité des stratégies de commercialisation, des habitudes alimentaires et des représentations qui y sont liées. Il s’agira notamment de comprendre comment la production commercialisée en circuits courts modifie ou confirme les comportements alimentaires locaux par rapport aux circuits longs. Inversement, comment les désirs des consommateurs influencent-ils les choix de vente des producteurs. Le marché du circuit court subit-il la loi de l’offre et de la demande ?

Cette approche de terrain permettra de collecter des éléments objectifs et d’ajuster régulièrement méthode et réalités de terrain. L’élaboration d’un journal de terrain pourrait être envisagée afin de faciliter la collecte de données.


  • Construction d’un échantillon d’étude (catégorisation des personnes interrogées et observées : âge, niveau de ressources, CSP, etc) en prenant en compte les critères d’espace et de temps (observation de la répétitivité ou de la variabilité des schémas de commercialisation et de consommation)



  • Recenser les initiatives existantes en dehors du territoire wallon et a fortiori de la Belgique afin de dégager des points de comparaison et de construire une 1ère grille d’analyse de la diversité des circuits locaux.

Cet inventaire tentera de souligner les particularismes culturels et économiques dans lesquels les circuits courts sont créés afin de mieux comprendre la dynamique locale – globale du phénomène. La diversité des formes que prennent les circuits courts fait apparaître au sein des différents pays dans lesquelles ils sont pratiqués, des convergences et des divergences. L’inventaire, à la fois chiffré et cartographié, permettra de mieux appréhender les particularités du phénomène et d’organiser des bases de comparaison.

  • Déterminer et circonscrire le champ politico-social local dans lequel les circuits courts évoluent par les moyens suivants :



  • Identification du cadre juridique dans lequel les circuits courts sont promus sur le territoire wallon. Quelles sont les normes qui permettent aux circuits courts de se développer. A contrario, quels sont les freins identifiés à son expansion ? Quels sont également les vides juridiques existants en cas de litiges découlant de ces circuits de commercialisation ? (exemple de procès en cas d’intoxication alimentaire due au nom respect de la chaîne du froid)



  • Identification des acteurs politiques locaux en charge de la promotion des circuits courts afin de comprendre les stratégies et les arguments d’élus locaux représentant l’intérêt public

Analyse des interactions entre circuits courts, législation et actions politiques locales. Il s’agira d’identifier les actions citoyennes menées par les consommateurs via l’analyse des mouvements de soutien organisés ou informels puis de confronter ces actions aux initiatives menées par les élus locaux. L’analyse des profils politiques promouvant ou refusant les circuits courts pourrait être envisagée afin de savoir si la gouvernance locale instrumentalise la question des circuits locaux selon les appartenances politiques.

Cette démarche visera à dégager les dynamiques et les rapports de force qu’engendrent les circuits courts dans les schémas de gouvernance locale.

  • Elaborer une grille d’analyse forces/faiblesses des circuits courts au regard des résultats collectés



  • Identifier des alternatives au modèle analysé sur le terrain

Mise en perspective entre le sujet et les disciplines de spécialité respective:


  • Cursus communication: Concernant la communication, il serait envisageable de voir quels sont les outils de communication utilisés pour promouvoir les circuits courts. Sont-ils efficace, quel public cible touchent-ils, par quel moyen ? Est-ce que le message communicationnel est adapté aux publics? Quelles seraient les techniques de communication à mettre en œuvre afin de sensibiliser un public plus large ? Quelles seraient leurs implications pour la plateforme et les retombées ?




  • Cursus architecture : Analyse qualitative de la gestion logistique et organisationnelle des circuits courts, entre le point de vue actuel et une situation idéalisée. La notion de proximité devra être vérifiée dans la recherche de « désert de circuits court » pour optimiser les moyens de production et distribution existants et les attentes des éléments en bout de chaîne.




  • Cursus biologie : Analyse qualitative du type de produits alimentaires provenant des circuits-courts : qualité, fraicheur, diversité de la gamme des produits pour voir l’apport réel des circuits-court à l’alimentation du citoyen dans le bût d’éventuellement suggérer des améliorations dans la manière de conserver, transporter les produits et d’élargir/centraliser la gamme afin de pouvoir offrir de meilleurs produits.




  • Cursus socio-anthropologique : Approche ethnographique des acteurs des circuits courts. Le but est de réaliser une typologie des consommateurs et des producteurs. Quels producteurs sont amenés à travailler en circuits courts ? Y a-t-il des profils types ? Idem pour les consommateurs.




  • Cursus business management : Focus sur le côté financier et management. il serait pertinent d'analyser la gestion de ses ASBL-label (ou en tout cas comment cela pourrait fonctionner), leurs avantages et inconvénients financiers (par rapport au label, fonctionnement d'une ASBL, ...), les améliorations possible du système au niveau de son fonctionnement, etc…




  • Cursus sciences politiques (Etudes Européennes) : Dans la partie politique on va explorer les différentes législations qui s'occupent des circuits alimentaires (UE, la Belgique et la Wallonie). Quels sont les objectives ? Est-ce qu’il y a une évolution dans le temps de l’approche de l’UE, de la Belgique et de la Wallonie ?




  • Cursus juridique et géopolitique : Sur le plan juridique, les circuits courts constituent un enjeu d’analyse au niveau de la labéllisation des produits commercialisés. Le risque d’accident sanitaire et l’absence de traçabilité – par voie normée (c’est à dire via l’intervention d’autorités sanitaires nommément désignées par la loi) – constitue un vide juridique pour le consommateur. L’analyse juridique rejoint l’analyse géopolitique dès lors que l’on examine le cadre juridique international qui réduit les marges de développement de ce type de circuits de commercialisation. Au niveau international, les règles de l’OMC favorisent le dumping sur les produits agricoles et la baisse des prix agricoles ; ayant un impact par conséquent sur les prix de vente au niveau local. Au niveau supranational, la PAC protège et subventionne les grands producteurs agricoles sur des catégories de produits agricoles identifiés, étouffant ainsi les productions locales dont les marges se répercutent sur le consommateur.


Sur le plan géopolitique, les circuits courts se prêtent particulièrement bien à la méthode d’analyse géopolitique; laquelle est multi-scalaire (cf. raisonnement développé par Yves Lacoste). Plusieurs échelles et niveaux d’analyse se combinent lorsqu’il s’agit de comprendre la dynamique de développement des circuits locaux. L’analyse multi-scalaire permet de comprendre la construction et l’articulation du phénomène des circuits courts. Celle-ci combine en effet l’examen du territoire géographique sur lequel se trouve l’objet d’étude, l’analyse du contexte historique ainsi que celle des rapports de force existants entre les différents acteurs des circuits courts. Elle permet de comprendre pourquoi sont nés les circuits courts, comment, où et dans quelle mesure leur développement ou leur restriction est encadrée par des rapports de force politiques (à noter également le rôle des médias dans la prise de conscience des modes de production et de commercialisation alternatifs – l’analyse géopolitique étudie les rapports de force sur un territoire donné mais également les représentations qui en sont faites par les parties en présence. Ces représentations sont d’ordre symbolique, identitaire, culturelle, etc et sont notamment véhiculées et accentuées par les médias). Bien que les circuits courts ne constituent pas a priori une source de conflits – au sens de guerre – ils n’en illustrent pas moins l’architecture générale et l’interconnexion des problèmes de réglementation du commerce international des denrées alimentaires, de pollution des sols et des eaux, de crise foncière (accaparement des terres et incitation à l’exportation dans les pays en voie de développement au détriment du soutien à l’agriculture locale et aux circuits de distribution locaux).

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