Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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André Durand présente
Jorge Luis BORGES
(Argentine)
(1899-1986)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ses nouvelles).
Bonne lecture !


Né le 24 août 1899 à Buenos Aires, Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo était le descendant d’un héros de la guerre d'indépendance qui fut aussi le fondateur de la ville de Cordoba, le fils de Jorge Guillermo Borges, avocat et professeur de psychologie féru de littérature, et de Leonor Acevedo Suárez, à qui son époux avait appris l'anglais et qui travaillait comme traductrice. La famille appartenait à un milieu libéral et aisé. Il fut élevé par une gouvernante anglaise, et parla l’anglais avant l’espagnol, fut donc bilingue, même s'il allait prétendre toute sa vie qu'il n’avait pas une maîtrise parfaite de l'anglais alors qu’elle I'influença profondément.

Il se contenta d’abord des jeux d’enfants avec sa sœur, Norah. Il fut dès ce temps fasciné par les tigres qu’il dessinait maladroitement pour tapisser les murs de sa chambre. Il croyait alors que le sommeil était une machine qui permettait de voyager ; aussi, le matin, à son réveil se dépêchait-il d’aller à la chambre de ses parents en annonçant : «Papa, maman, je suis de retour».

Alors qu’il avait six ans, il découvrit cette chambre toujours obscure et fraîche qui servait de bibliothèque à son père qui lui laissa lire tous les livres qu’il voulait. Aussi lut-il énormément durant toute son enfance, sa préférence allant aux ‘’Mille et une nuits’’ (dans la traduction plutôt salace de Richard Burton) et à ‘’Don Quichotte’’, deux œuvres qui allaient jouer un rôle capital dans la formation de sa sensibilité. Mais il goûta aussi Kipling, Chesterton, De Quincey, Dante, Keats. Cette énergie enfantine étant couplée à une mémoire extraordinaire, il acquit ainsi une culture encyclopédique, un jugement si sûr qu’on le consultait pour juger de la qualité d’une œuvre.

Il déclara aussitôt vouloir devenir écrivain, et, à l’âge de sept ans, avait déjà écrit en anglais un petit résumé de la mythologie grecque ; à l’âge de huit ans, son premier conte : ‘’La visière fatale’’, inspiré d'un épisode de ‘’Don Quichotte’’ ; à neuf ans une traduction du ‘’Prince heureux’’ d'Oscar Wilde (qui fut publiée dans le grand quotidien de Buenos Aires parce qu’il l’avait signée «Jorge Borges» et qu’on avait cru que c’était l’oeuvre de son père !). Il traduisit de nombreux autres ouvrages anglais.

Après la Première Guerre mondiale, la famille Borges habita trois ans à Lugano, puis à Genève où il étudia au collège Calvin (apprenant alors le français [il disait parler «un français un peu helvétique»] et l’allemand), Barcelone, Majorque, Séville et Madrid. En Europe, il acquit une culture cosmopolite. En Espagne, il fut membre d'un mouvement littéraire d'avant-garde, l’ultraïsme, qui prônait la «métaphore à outrance».

Il publia son premier poème :

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‘’Hymne à la mer’’
Poème
Commentaire
Il était écrit dans le style de Walt Whitman.

Il fut publié dans le magazine ‘’Grecia’’.

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En 1921, Borges revint à Buenos Aires et s'y engagea dans de multiples activités culturelles : il fit connaître l’ultraïsme, fonda la revue, ‘’Proa’’, traduisit notamment Kafka et Faulkner, publia des essais, des critiques littéraires et des poèmes où, petit-bourgeois à qui sa mauvaise conscience faisait croire que seule la culture populaire est légitime, il célébra les mythologies créoles, mêla provincialisme et nationalisme, déploya un lyrisme nostalgique et sentimental.

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‘’Martín Fierro’’
Essai
Borges célèbre le gaucho pauvre mais libre, qui parcourt la pampa, qui est illégalement engagé pour défendre une frontière contre les Indiens, qui finalement déserte et devient un brigand.
Commentaire
Martin Fierro avait été le héros d’un célèbre poème épique de José Hernández (1872, 1880) qui était considéré comme la source de la littérature argentine, comme sa ‘’Divine comédie’’ ou son ‘’Don Quchotte’’. Borges allait indiquer, dans le ‘’Prologue’’ d’’’Artifices’’, que c’est «un livre fameux dont j’ai été le premier à approfondir, ou du moins à éclairer le contenu.» Il fit de Martin Fierro le symbole de la sensibilité argentine, sans lien avec les valeurs européennes.

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‘’Fervor de Buenos Aires’’

(1923)

‘’Ferveur de Buenos Aires’’
Recueil de poèmes
On y lit : «Les rues de Buenos Aires

Sont déjà passées dans ma chair

Non pas les rues énergiques

agitées de hâte et de trafic

mais bien la douce rue du faubourg

attendrie d’arbres et de couchers de soleil

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De 1924 à 1926, Borges publia des chroniques dans ‘’Proa’’.

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‘’Luna de enfrente’’

(1925)

‘’Lunes d’en face’’
Recueil de poèmes

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‘’Inquisiciones’’

(1925)

‘’Enquêtes’’
Recueil d’essais
Commentaire
Borges y inaugura le genre de la nouvelle-essai, qui allait le rendre célèbre.

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‘’El tamano de mi esperanza’’

(1926)

‘’La dimension de mon espérance’’
Recueil de poèmes

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De 1926 à 1929, Borges publia des chroniques dans ‘’La Prensa’’.

Il publia aussi :

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‘’El idioma de los Argentinos’’

(1928)

‘’La langue des Argentins’’
Recueil de poèmes

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"La felicidad escrita"
Poème
Commentaire
Borges affirme que le bonheur est une expérience qui a encore à être adéquatement rapportée en poésie.

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‘’Cuarderno San Martin’’

(1929)

‘’Cahier San Martin’’
Recueil de poèmes

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‘’Evaristo Carriego’’

(1930)
Biographie
Le poète Evaristo Carriego, qui vivait à Palermo, quartier populaire de Buenos Aires, fut l’auteur d'un seul petit recueil de poèmes, mourut tuberculeux en 1912 à l'âge de vingt-neuf ans, et était alors quasi oublié.
Commentaire
Borges s'intéressa à Evaristo Carriego parce que c'était son voisin et surtout parce qu'il écrivait sur Palermo et la misère de Buenos-Aires. Il voulut sans doute aussi provoquer ses pairs et parents en affirmant ainsi s'extraire de la vogue moderniste du moment (qu’il connaissait bien par ses précédents et nombreux travaux, études et voyages parmi toutes les avant-gardes) avec un ouvrage consacré volontairement à un auteur mineur, dépassé et inconnu.

Mais le véritable objet de ce livre à la prolixité baroque, qui se révéla au fil de l'écriture puis des rééditions, est la création en spirale à travers la personne d'Evaristo Carriego d'une sorte d’alter ego. Il mêla fiction et réalité historique et passa au prisme de sa poésie la vie des bas quartiers de Buenos-Aires dominés par les «compadritos» (voyous, gouapes, petites frappes) que Borges présenta ainsi : «C'étaient des demi-dieux [...], des hommes extrêmement versés dans l'exercice du couteau, et qui avaient pour habitude de se provoquer à l'envi […] Le compadrito est toujours un homme du peuple, citadin, qui joue les raffinés ; ses autres caractéristiques sont le courage qui s'exhibe, l'invention ou la pratique du bon mot, l'emploi maladroit de mots ronflants. Quant à son vêtement, c'était celui de l'époque, avec l'ajout ou l'accentuation de certains détails : vers les années quatre-vingt dix, on le remarquait à son feutre noir à coiffe haute, raide, sa veste croisée, son pantalon à la française, galonné, à peine cassé sur le coup-de-pied, ses bottines noires à boutons ou élastique, aux talons hauts ; aujourd'hui il préfère le feutre gris rejeté en arrière, le large foulard, la chemise rose ou grenat, la veste ouverte, un doigt lourd de bagues, le pantalon droit, la bottine noire brillante à tige claire.» Dans ces bas quartiers se dansait le tango qui avait alors que peu de rapport avec ce qu'on connaît sous ce nom aujourd'hui : «Le tango était né dans les lupanars [...] ni très avant 1880 ni très après 1890. L'instrumentation primitive des orchestres : piano, flûte, violon puis bandonéon [...] est une preuve que le tango n'est pas né dans les faubourgs qui se sont toujours contentés, comme chacun sait, des six cordes de la guitare. D'autres détails confirment cette thèse : la lascivité des figures, l'évidente connotation de certains titres, ‘’El choclo’’ [‘’L'épi de maïs’’], ‘’El fierrazo’’ [‘’Un sacré coup’’], le fait que j'ai pu observer dans mon enfance, à Palermo et plus tard dans les quartiers de Chacarita et de Beodo qu'il était dansé au coin des rues par des couples d'hommes, parce que les femmes du peuple ne voulaient pas se commettre dans cette danse de filles perdues». Le tango était en effet une affaire d'«hommes», d'où son caractère à la fois sexuel et violent. Le poignard, symbole phallique de puissance et de domination, y jouait un rôle central ; c'est avec lui que tout se réglait et sur lui que se fondait tout honneur. Et Borges ajouta : «Telle est peut-être la mission du tango : donner aux Argentins la certitude d'avoir été valeureux, d'avoir satisfait une fois pour toutes aux exigences du courage et de l'honneur.»

Il précisa : «En ce qui concerne la musique, ce n'était pas le tango qu'on entendait habituellement dans les faubourgs ; on ne l'entendait que dans les bordels. C'est la milonga qui est véritablement représentative [...] parfois elle raconte sans hâte des crimes de sang, des duels qui prennent leur temps, des morts faisant suite à de bavardes provocations pleines de bravoure ; parfois elle se plaît à évoquer le thème du destin. Les airs et les arguments sont variables ; ce qui ne change pas, en revanche, c'est l'intonation du chanteur, aiguë comme une voix de châtré, traînante, avec des sursauts d'impatience, jamais criarde, à mi-chemin entre la conversation et le chant. Le tango est dans le temps, dans ses affronts et ses contrariétés ; le harcèlement apparent de la milonga relève déjà de l'éternité. La milonga est l'une des grandes conversations de Buenos Aires...»

D'un texte à l'autre, le quartier de Palermo se métamorphose en labyrinthe, le crime du petit caïd en violence de tigre, le gaucho en cavalier fantastique, le poète en miroir d'éternité et la cité de Buenos-Aires en livre infini.

Dans une réédition, Borges y ajouta une ‘’Histoire du tango’’.

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À dater de cet ouvrage, Borges fit passer la poésie au second plan, et partagea ses écrits entre les traductions d'auteurs anglais (dont Virginia Woolf), les essais et les nouvelles.

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"Nuestras imposibilidades’’

(1931)
Essai
Borges y étudia les défauts des Argentins, en particulier leur tendance à s’enorgueillir du fait de se mettre l’un sur l’autre, ce qui fait que, chez les gangsters et truands de Buenos Aires, la pratique active de la sodomie n’est pas du tout considérée comme une abomination, mais au contraire vue avec une sorte de vénération ; seul le partenaire passif souffre déshonneur et condamnation..

Commentaire
L’essai parut dans la revue ‘’Sur’’, mais ne figura pas dans les œuvres complètes de Borges.

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"El escritor argentino y la tradicion"

(1932)

"L’écrivain argentin et la tradition"
Essai
Borges admire la façon don’t le poète Hernández fit vivre le personnage de Martin Fierro dans la scène cruciale où il est en compétition avec El Moreno dans l’improvisation de chansons sur des thèmes universels comme le temps, la nuit et la mer.

Il refuse à la littérature argentine la possibilité de se distinguer en privilégiant la couleur locale. Mais il pense aussi qu’elle ne doit ni rester fidèle à l’héritage de la littérature espagnole, ni se définir par son rejet, ni suivre les traces de la littérature européenne. Il affirme que l’écrivains argentin a besoin d’être libre de définir à neuf la littérature argentine, en écrivant sur l’Argentine et sur le monde du point de vue de quelqu’un qui a hérité de l’ensemble de la littérature mondiale.

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Sous le pseudonyme de F. Bustos, il publia :

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‘’Hombre de la esquina rosada’’

(1933)

‘’L’homme au coin du mur rose’’
Nouvelle
Le narrateur fut apparemment, dans sa jeunesse, témoin de l’assassinat de Francisco Real el Corralero. Qui l’a tué? Et pourquoi? Il était allé dans un bal de faubourg afin de prouver son courage en défiant et tuant l’homme réputé le plus vaillant des environs, Rosendo Juarez. Mais, contre toute attente, Rosendo ne répondit pas à la provocation, avec une lâcheté qui pourrait cependant passer aussi pour un acte de courage. Francisco quitta le bal en vainqueur, emmenant la femme de Rosendo (la Lujanera) comme butin de sa facile victoire. Mais, peu après, il revint, blessé à mort. Par qui? par la femme? par Rosendo? ou par un autre, le narrateur qui, ayant toujours admiré le courage de Rosendo et étant désenchanté, se serait substitué à lui pour tuer Francisco Real, qui était à terre et qui l’insulta, non afin de prouver sa propre vaillance, mais afin de faire valoir celle de son héros?
Commentaire
La nouvelle se caractérise par l’ambiguïté du point de vue narratif. Sa chute est, bien sûr, inattendue.

Dans ce texte particulièrement savoureux, Borges transcrivit le parler populaire argentin avec une remarquable perfection.

Dans ‘’L’autre mort’’, Borges allait écrire : «Un homme sous l’emprise de la lâcheté est plus complexe et intéressant qu’un homme simplement courageux

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