Cours d’immunologie generale








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Les chaînes lourdes peuvent être réunies à 2 types de chaînes légères :et (kappa et lambda).

Les immunoglobulines ont une structure en "Y" :

  • les deux branches de l'Y constituent les fragments Fab (fragment antigen binding) dont les extrémités sont les sites de fixation à l'antigène,

  • le pied de l'Y est appelée fragment Fc (fragment cristallisable). Il porte la spécificité de classe de l'anticorps, support des fonctions effectrices spécifiques.

  • Le paratope est constitué par l'ensemble des trois régions hypervariables de la chaîne légère et des trois régions hypervariables de la chaîne lourde.

  • Ces molécules sont bifonctionnelles. La partie N-term porte le paratope et assure la reconnaissance spécifique. La partie C-term déclenche des signaux biologiques induits par la liaison du paratope à l'épitope.

  • Certaines classes d'immunoglobulines polymérisent la structure de base : les IgM sont des pentamères, les IgA sont le plus souvent des dimères (mais il existe des trimères et des tétramères).

  • Dans les Ig polymériques, les unités sont réunies par des ponts disulfures et par une chaîne J.

On trouve des boucles qui représentent des ensembles maintenus par des S-S de 110 AA. La boucle faisant 60 AA. Il existe des analogies de séquence entre les différentes boucles et ceci même entre des Ig d'espèces différentes. Cette structure est omniprésente dans l'immunité.

B-2-1 Modèle des IgM

http://lea.univ-lille1.fr/menu_du_site/cours%20d\'immunologie/frame/immunologie_fondamentale/ac_fichiers/ac4.jpg

  • PM : 900 kDa.

  • Structure pentaradiaire.

  • 15 g/l de sérum.

  • 5 unités d'Ig réunies par des liaisons S-S et par une chaîne J de jonction.

  • 10 chaînes légères.

  • Partie Fc : comporte 3 domaines. Présente une glycosylation importante : 12% du PM de la molécule.

Cette structure existe chez tous les vertébrés à l'exception des vertébrés les plus primitifs (La lamproie) qui n'ont que des IgM uniques et non avec des structures pentamériques.

  • Rôle biologique : importantes capacités d'agglutinations.

    • Possibilité d’agglutination entre les branches des IgM.

    • IgM fixent fortement le complément.

    • Ils exercent une activité lytique et bactéricide.

    • C'est la classe la plus ancienne.

    • C'est la classe qui se différencie en 1ér lors d'une infection, ce qui permet de dater une infection.

B-2-2 Modèle des IgG

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  • PM : 150 kDa

  • 12 g/l de sérum

  • Représente 75% du total des Ig

  • Fc contient des sucres 3% du PM de la molécule, ne contribue pas à la spécificité.

  • 4 classes d'IgG qui ont le même PM et le même coefficient de sédimentation. Les différences sont portées par la région Fc.

    • Les IgG1 sont les plus nombreux 70%, ils se fixent au complément et sont transférés au travers du placenta.

    • Les IgG2 dont le nombre est un peu plus faible que les autres présentent une spécificité élevée vis à vis des Ag. Ce sera l'agent essentiel de la neutralisation des toxines bactériennes, l'élément prédominant pendant la réaction secondaire.

    • Les IgG4 n'activent pas le complément et ne se lient pas aux macrophages.

B-2-3 Modèle des IgD

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  • PM : 180 kDa

  • Peu abondants.

  • Permet d'identifier dans le sérum d'un patient si atteint de myélome.

  • Sa teneur 1% des protéines plasmatiques.

  • Localisés sur la membrane des lymphocytes et semble jouer un rôle dans la différentiation des lymphocytes B.

  • pas d'activité bactéricide.

B-2-4 Modèle des IgA

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  • entre 1,4 et 4 g/l

  • 2 formes :

    • IgA sécrétoire : possède une pièce sécrétoire en plus de la chaîne J. La pièce sécrétoire d'un PM de 64 Kda, protège des protéolyses (augmente la durée de vie des IgA).

    • IgA sérique : représentés par 2 molécules opposées reliées par une chaîne J de jonction.

IgA sérique = 20% des IgA

  • Il existe 3 sous-classes chez l'homme : IGA1, IGA2 et IGA3.

  • Les IgA ne fixent pas le complément.

  • Pas d'action bactéricide.

  • Ils empêchent l'adhérence des bactéries aux surfaces muqueuses et donc limitent l'invasion bactérienne importante dans le colostrum, dans la montée de lait après l'accouchement. Ils tapissent le Tube Digestif des nouveaux nés.

  • On les retrouve dans le mucus intestinal, le mucus bronchique, dans les larmes et dans la salive.

B-2-5 Modèle des IgE

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  • Teneur faible dans le sérum 200 µg/l

  • Rôle important dans les infections parasitaires: leur dosage sert à déterminer l'infection parasitaire par des helminthes dont le ténia.

  • Ils activent différentes cellules cytotoxiques dont les éosinophiles dits IgE dépendants.

  • Agents importants pour la lutte contre les schistosomules.

  • Ils interviennent également dans la réaction allergique, ils se fixent sur la paroi des mastocytes.

B-3. Le complément (C)

En 1888, Nuttal fait une constatation fondamentale à l'origine de l'identification du complément, autre facteur de l'immunité : le sang de certains animaux peut spontanément tuer les bactéries. Cette propriété disparaît après chauffage à 56°C pendant 30 mn. Cette constatation est suivie des travaux de Büchner et Bordet. Le facteur thermolabile responsable de ce phénomène est nommé alexine (Alexein = défendre). C'est Bordet qui fait plus tard la différence entre les Ac appelés alors sensibilisatrices et le complément (C), en montrant que le phénomène de Pfeiffer (lyse du vibrio cholerae) est dû à l'action conjointe de l'Ac spécifique thermostable et du C non spécifique thermolabile. Le C, constituant normal de tous les sérums, est fait d'un ensemble complexe de facteurs de nature protéique agissant enzymatiquement les uns sur les autres en cascade. On parle de « système du Complément ».

Le complément est un système d’une vingtaine de protéines qui vont réagir en cascade les unes avec les autres. En effet certaines de ces protéines sont zymogènes, autrement dit des protéines circulant à l’état inactif et activées par clivage protéolytique.

Le but du complément est d’activer la réponse inflammatoire, de faciliter la phagocytose des bactéries virulentes non phagocytables directement et plus particulièrement de détruire la cellule cible.

a) Les voies d’activation et les molécules du complément

On distingue 3 voies d’activation du complément :

  • La voie classique est activée par la fixation de la protéine C1q soit directement sur l’agent infectieux, soit sur la protéine CRP (pour « C-Reactive Protein »), ou soit sur une paire d’anticorps déjà fixé à la surface de l’antigène.

  • La voie MBP (ou voie MBL, ou encore voie du mannose) est activée par la fixation de la protéine MBP au niveau de résidus mannose présent à la surface de l’agent infectieux.

  • La voie alterne est activée par la fixation de la protéine C3b à la surface de l’agent pathogène.

Le but de ces trois voies est l’activation d’une protéine zymogène, la C3 convertase, et la libération de différents composants du complément :

  • Les molécules C3a, C4a, et C5a sont des anaphylatoxines, molécules responsables de l’activation de l’inflammation.

  • Les molécules C3b ont une triple action en permettent tout d’abord l’opsonisation de l’agent pathogène en se fixant directement à sa surface, puis en activant la suite de la cascade d’activation entrainant la formation du complexe d’attaque membranaire, et finalement en amplifiant l’activation du complément par la voie alterne.

  • Les molécules C5b, C6, C7, C8 et C9 permettent la destruction des agents pathogènes par la formation du complexe d’attaque membranaire.

voies d\'activation du complément

b) Activation du complément par la voie classique

L’activation du complément par la voie classique démarre avec la protéine C1q qui est constituée de 6 sous-unités formées chacune de 3 chaînes peptidiques.

Dès que C1q se fixe sur l’antigène via la paire d’anticorps, il va y avoir activation de C1r par changement conformationel, qui va lui-même activer C1s qui devient une protéase active. De cette manière on observe la formation d’un complexe de 5 molécules (C1q, 2C1r, 2C1s) que l’on appelle le complexe C1 et qui sera à l’origine de l’activation en cascade des différents constituants du complément.

  • C1s clive C4 entraînant la production de deux molécules :

    • C4b qui se fixe sur la surface de l’agent infectieux par une liaison covalente,

    • C4a qui est une anaphylatoxine qui va activer la voie inflammatoire.

  • C4b fixe ensuite C2 et l’expose à l’activité de C1s qui clive C2 en deux molécules :

    • C2a qui reste attaché à la C4b formant ainsi un nouveau complexe C4b, C2a que l’on appelle la C3 convertase.

  • La C3 convertase clive C3 en deux molécules :

    • C3b qui se fixe soit au complexe C3 convertase formant un nouveau complexe C4b, C2a, C3b que l’on appelle la C5 convertase, soit directement à la surface de l’agent infectieux jouant le rôle d’opsonines qui serviront de ligands de reconnaissance aux récepteurs présent à la surface des macrophages.

    • le C3a qui est aussi une anaphylatoxine.

Le C5 convertase permettra la formation du complexe d’attaque membranaire.

c) Voie MBP (« Mannose Binding Protein »)

L’activation du complément par la voie MBP démarre avec la protéine MBP qui est structurellement très proche de C1q. C1s et C1r sont remplacées par les protéines MASP-1 et MASP-2 (« MBP associated sérine protease »). La MBP est une opsonine qui permet également d’activer le complément.

Cette voie est différente de la voie classique dans le sens où la MBP ne se fixe pas sur des anticorps mais sur des résidus mannose présent à la surface des agents pathogène. Ces résidus mannose sont en effet masqués chez l’Homme.

d) Voie alterne

La voie alterne démarre avec C3b en absence d’anticorps. En effet une certaine proportion de C3b formé par la voie classique se fixe à la surface de l’agent pathogène permettant ainsi l’activation de la voie alterne. C3b s’associe avec le complexe B qui est alors exposé à l’action du facteur D qui est une sérine estérase circulant sous forme active. On obtient un complexe C3b, Bb que l’on appelle la C3 convertase alterne, ainsi qu’un petit fragment Ba. La C3 convertase alterne joue le même rôle que la C3 convertase permettant la formation de C3a et de C3b, permettant ainsi la formation du complexe C3b, Bb, 3b que l’on appelle la C5 convertase alterne.

mécanismes de l\'activation du complément

e) Le complexe d’attaque membranaire

Les C5 convertase et C5 convertase alterne clivent C5 en C5a (anaphylatoxine) et C5b qui reste en solution et qui recrute C6 et C7. Le complexe formé s’insère dans la double couche lipidique de l’agent pathogène et recrute C8 qui va lui-même permettre la fixation et la polymérisation du complexe C9. Cette polymérisation entraînera la formation d’un port à l’origine de la lyse de l’agent pathogène.

formation du complexe d\'attaque membranaire

B-4 Les cellules de la réponse immunitaire
Alors que les auteurs précédents, se fondant sur leurs découvertes, développaient la théorie humorale de l'immunité, à la même époque, Metchnikoff défendait une théorie tout à fait différente, celle de l'immunité cellulaire. Pour Metchnikoff, le substratum de l'immunité était représenté par les cellules aptes à la phagocytose. Pour cet auteur, les Ac n'intervenaient qu'exceptionnellement. Il s'appuyait sur une observation qu'il avait faite chez un crustacé microscopique, la Daphnie. Les spores d'un champignon primitif Monospora bicuspidata peuvent tuer la Daphnie en pénétrant dans sa cavité cœlomique, or le crustacé peut résister à cette maladie lorsque certaines cellules de son organisme captent et détruisent les spores de ce parasite. Ces cellules sont douées d'une activité phagocytaire. Chez les mammifères de telles cellules existent aussi : les polynucléaires et les macrophages.

Par la suite, Almroth Wright a montré que l'immunité est en fait mixte et qu'il existe des Ac capables d'accroître et de faciliter la phagocytose des germes par les polynucléaires et les macrophages. Il nomme ces Ac les opsonines du grec opsonos "je prépare la nourriture pour...". Le C favorise cette phagocytose. Ac et cellules agissent conjointement pour éliminer les agents pathogènes.

Ultérieurement, a été découvert, notamment dans la tuberculose et les affections virales, une immunité uniquement cellulaire où les Ac ne jouent aucun rôle, mais dans laquelle intervient un type particulier de lymphocytes ne produisant pas d'Ac : les lymphocytes T originaires du thymus. Ces lymphocytes T agissent soit en produisant des lymphokines (interleukines ou cytokines) qui activent les macrophages rendant ceux-ci aptes à détruire les bactéries ou parasites, soit en détruisant directement les cellules hébergeant des micro-organismes tels que les virus. Seule l'immunité dépendant directement des T mérite le nom d'immunité cellulaire. Les cellules NK (Natural Killer) sont des lymphocytes ni T, ni B (lymphocytes nuls) qui naturellement ont une activité lytique vis-à-vis de certaines cellules tumorales ou de cellules infectées par des bactéries, des parasites et surtout des virus. Elles ont en plus un rôle de régulation de la réponse immune. Par extension, cette immunité mérite aussi le qualificatif de cellulaire.

En résumé, plusieurs types cellulaires participent au développement des réactions immunitaires spécifiques. Les principales sont :

    • les lymphocytes,

    • les cellules présentatrices d'antigène.


B-4-1 Les Lymphocytes

Les lymphocytes sont présents dans le sang, la lymphe et dans tous les organes lymphoïdes.

Dans le sang, les lymphocytes représentent 20 à 40 % des leucocytes.

Deux types principaux de lymphocytes coexistent : les lymphocytes T et les lymphocytes B.

Pour distinguer les différentes populations lymphocytaires, on révèle des protéines membranaires CD caractéristiques.

Les lymphocytes T et B doivent leur nom à l'organe où se fait leur maturation :

  • le thymus pour les lymphocytes T.

  • la moelle osseuse pour les lymphocytes B (bourse de Fabricius des oiseaux).

Les lymphocytes B et T sont les cellules effectrices de l'immunité spécifique. L'immunocompétence d'un lymphocyte dépend de la synthèse d'un récepteur membranaire capable de reconnaître spécifiquement un antigène (BCR).

Chaque lymphocyte porte un récepteur lui permettant d'identifier un motif chimique (peptidique : 8 à 15 acides aminés ou polysaccharidique : 5 à 6 sucres). Le motif de l'antigène reconnu par le récepteur s'appelle un déterminant antigénique ou épitope :

http://anne.decoster.free.fr/immuno/orgcelri/image58.jpg

On estime à 107 le nombre de récepteurs différents portés par les lymphocytes.

On distingue ainsi :

  • les lymphocytes B

  • les lymphocytes T

  • les lymphocytes ni T ni B

  1. Les Lymphocytes B

Le site de production se trouve chez l'homme dans le foie fœtal, puis la rate et enfin la moelle osseuse pendant la vie adulte. Ils représentent 5 à 15% des lymphocytes en circulation dans le sang et la lymphe.

le lymphocyte B aura 2 destinées. Il se différenciera :

  • Soit en plasmocytes qui sécrètent les anticorps solubles qui iront se fixer sur l’antigène (opsonisation), facilitant ainsi la phagocytose. Ces cellules ne présentent pas d’anticorps membranaires.

  • Soit en lymphocyte B mémoire qui expriment à leur surface les anticorps spécifique d’un antigène, permettant une réponse plus rapide si une seconde infection se présente.

Avant tout contact avec un antigène donné, les LB présentent chacun un type d'anticorps membranaires.

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Pénétration de l'antigène dans l'organisme

http://freesvt.free.fr/images/partie%207/antigene.gifantigène

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1. Sélection clonale

Seuls les LB portant l'anticorps membranaire correspond à l'antigène reconnaissent cet antigène. Ils sont activés

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2. Prolifération clonale

(Multiplication par mitoses des LB activés, ayant reconnu l'antigène)

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3. Différentiation des LB

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en Plasmocytes ou en LB mémoire

(cellules sécrétrices d'anticorps spécifiques de l'antigène)

http://freesvt.free.fr/images/partie%207/plasmocyte.gif http://freesvt.free.fr/images/partie%207/lb%20anticorps%201.gifLB mémoire

Par leur BCR, les lymphocytes B reconnaissent directement les antigènes, qu'ils soient solubles et circulants dans le milieu intérieur ou qu'ils soient particulaires (parasite, bactérie, virus ou cellule).

Les lymphocytes B possèdent également :

  • des récepteurs CR (CR – complement receptor) pour le composant C3 du complément,

  • des récepteurs pour le fragment Fc des immunoglobulines G (RFc IgG)

Les lymphocytes B expriment aussi les molécules du CMH de classe I (ce sont des cellules nucléées) et les molécules CMH de classe II, ce qui en fait des cellules présentatrices d'antigènes.

  1. Les Lymphocytes T

Les lymphocytes T sont responsables de l'immunité cellulaire et les lymphocytes B de la production des Ac donc de l'immunité humorale. Mais pour la plupart des Ag (qui sont dits pour cela thymodépendants), les lymphocytes B ne peuvent synthétiser les Ac qu'avec l'aide des lymphocytes T. Cette action conjointe nécessaire des B et T constitue la coopération cellulaire, et les T, supports de cette fonction, sont les T coopérants TH2 qui expriment le marqueur de membrane CD4.

Contrairement au lymphocyte B, le récepteur du lymphocyte T ne reconnaît que des antigènes protéiques. Ceux-ci ne sont jamais natifs : les protéines doivent être découpées en peptides qui sont ensuite associés à des molécules CMH.

http://anne.decoster.free.fr/immuno/orgcelri/image60.jpg

Les lymphocytes T expriment également à leur surface :

- la molécule CD3, étroitement associée au récepteur spécifique pour l'antigène (TCR) :

  • le TCR est le module de reconnaissance

  • CD3 est le module de transduction du signal

- la molécule CD2, est un facteur d'adhésion qui se lie au récepteur LFA3 des cellules présentatrices d'antigène. (LFA pour leucocyte function associated).

On distingue deux populations principales de lymphocytes T d'après la présence de protéines membranaires spécifiques :

  • les lymphocytes CD8

  • les lymphocytes CD4

- les lymphocytes TCD8 sont des lymphocytes cytotoxiques (lymphocytes Tc).

Ils reconnaissent l'antigène présenté par une molécule CMH de classe I. Les antigènes présentés sont des antigènes endogènes, produits par la cellule. La reconnaissance est le premier signal d'activation. Un second signal permet l'expression du pouvoir cytotoxique du lymphocyte Tc.

- les lymphocytes TCD4 sont des lymphocytes helpers (lymphocytes Th)

Les lymphocytes Th reconnaissent l'antigène si celui-ci leur est présenté par une molécule CMH de classe II. Les antigènes présentés sont des antigènes exogènes qui ont été endocytés par certaines cellules : les cellules présentatrices d'antigènes (CPA).

Ils ont pour rôle d'activer des cellules de la réaction immunitaire : les macrophages, les lymphocytes B mais aussi les lymphocytes Tc.

Cette fonction leur a donné leur nom : lymphocytes T helpers ou T auxiliaires.

Selon l'environnement dans lequel ils se trouvent, les lymphocytes Th se différencient soit en lymphocytes Th1 soit en lymphocytes Th2 :

  • les lymphocytes Th1 orientent la réponse immunitaire vers l'immunité à médiation cellulaire (lymphocytes Tc),

  • les lymphocytes Th2 orientent la réponse immunitaire vers l'immunité à médiation humorale (production d'anticorps).

  1. Les Lymphocytes ni T ni B : cellules K, NK et LAK (Lymphokine activated killer)

Les lymphocytes ni T ni B sont des lymphocytes ne portant aucun des marqueurs B ou T.

Les cellules à activité K (K pour killer = tueur) sont des cellules qui détruisent, sans intervention de la phagocytose, des cellules cibles recouvertes d'Ac de classe IgG grâce à l'ADCC (Antibody Dependent Cellular Cytotoxicity). Ces cellules appartiennent à différentes populations, mais ont toutes des récepteurs pour le Fc des IgG. Parmi ces cellules, on trouve des cellules nulles (qui n'ont ni marqueur T ni marqueur B), des cellules T, des macrophages et des polynucléaires. Le nom de cellules K s'applique plus particulièrement aux lymphocytes nuls responsables de l'ADCC.

Les cellules dénommées cellules NK (pour Natural Killer) ont été qualifiées de cellules tueuses naturelles parce qu'elles exercent un effet cytotoxique direct sur les cellules anormales : cellules infectées par des virus ou cellules cancéreuses. Un récepteur membranaire détecte l'absence de molécules CMH de classe I à la surface des cellules cibles.

Les NK proviennent d'un précurseur commun avec la lignée T. Après libération de la moelle osseuse, la plupart des cellules NK circule dans le sang périphérique ou migre vers la rate. Peu de cellules NK sont détectables au niveau du thymus ou des ganglions périphériques. La durée de vie d'une cellule varie de quelques jours à quelques mois.

Les cellules NK expriment également des récepteurs pour le fragment Fc des IgG (RFc Ig) : des anticorps reconnaissent un antigène fixé sur la cellule-cible, permettant la fixation de la cellule NK et son activité cytotoxique : c'est la cytotoxicité cellulaire anticorps dépendante ou ADCC (pour antibody-dependant cell cytotoxicity).

Les LAK, correspondent à des NK ou des NK-like activées principalement par l'IL2 et l'IL4, qui prolifèrent sous l'influence de ces lymphokines.

B-4-2 Les Cellules Présentatrices d’Antigènes (CPA)

Toutes les cellules nucléées de l'organisme, exprimant les molécules CMH classe I, sont aptes à présenter l'antigène aux lymphocytes cytotoxiques (Tc). Ce ne sont pas, stricto sensu, des CPA mais des cellules cibles puisque la reconnaissance est la première étape de leur destruction.

Les cellules présentatrices d'antigène (CPA) sont des cellules diverses qui ont en commun la faculté d'exprimer les molécules CMH de classe II.

http://anne.decoster.free.fr/immuno/orgcelri/image63.jpg

Ces cellules peuvent endocyter les antigènes protéiques exogènes, les découper en peptides, les associer aux molécules CMH de classe II.

L'ensemble migre vers la membrane cytoplasmique pour être présenté aux lymphocytes T auxiliaires ou T-helper (Th).

La plupart des CPA expriment également sur leur membrane des molécules d'adhésion ICAM (Inter cellular adhesion molecule) ou LFA3 (lymphocyte function associated).

Les principales cellules présentatrices d'antigène sont :

  • le système des phagocytes mononucléés, comprenant les monocytes (c'est la forme circulante) et les macrophages (c'est la forme tissulaire). Les macrophages tissulaires adoptent des morphologies spécifiques de l'organe où ils ont élu domicile : les histiocytes du tissu conjonctif, les cellules de Kupffer du foie, les macrophages alvéolaires du poumon, les astrocytes du système nerveux central.

  • les cellules dendritiques présentes dans les zones T des tissus lymphoïdes : les cellules de Langerhans de la peau captent l'antigène et le transportent par voie lymphatique vers les zones T des tissus lymphoïdes où elles se différencient en cellules dendritiques.

  • les lymphocytes B captent l'antigène par le récepteur BCR.

  • les cellules dendritiques folliculaires des ganglions lymphatiques et de la rate possèdent des récepteurs pour le fragment Fc des IgG (RFc Ig ) ou pour le fragment C3 du complément (RC). Grâce à ces récepteurs, elles peuvent fixer les complexes antigène-anticorps et présenter l'antigène aux lymphocytes B, renforçant ainsi la production d'anticorps et la pérennisant car ces antigènes peuvent persister plusieurs mois à la surface des cellules dendritiques folliculaires.

  • des cellules endothéliales ou épithéliales qui, après stimulation par l'interféron, expriment les molécules CMH de classe II.

B-5 Le Complexe Majeur d’Histocompatibilité

Le Complexe Majeur d’Histocompatibilité (CMH) est une région du génome dont les gènes codent pour les molécules d’histocompatibilité qui sont présentent à la surface de cellules présentatrices d’antigène et qui assurent la présentation des antigènes aux lymphocytes T afin de les activer. Certains des gènes faisant partie du CMH n’ont pas de fonction de présentation de l’antigène mais codent pour d’autres molécules jouant un rôle dans les défenses immunitaires. Tous ces gènes du CMH sont présents sous une forme poly-allélique à expression codominante.

Le complexe majeur d’histocompatibilité humain est appelé le système HLA qui est présent au niveau du bras court du chromosome 6. Ces gènes sont extrêmement polymorphique au sein de l’espèce humaine et ceci d’autant plus que chaque individu possède un haplotype (combinaison de gènes) de la mère et un haplotype du père.

Les gènes du CMH sont répartis en trois classes :

  • Les gènes de classe 1 codent pour les molécules de classes 1 du CMH. Les plus importants sont les gènes HLA-A, HLA-B et HLA-C qui codent pour les molécules du même nom. Les molécules de classes I du CMH permettent la présentation du peptide antigénique aux lymphocytes T CD8.

  • Les gènes de classe 2 codent pour les molécules de classes 2 du CMH. Les plus importantes sont les gènes HLA-DP, HLA-DQ et HLA-DR qui codent pour les molécules du même nom. Les molécules de classes II du CMH permettent la présentation du peptide antigénique aux lymphocytes T CD4.

  • Les gènes de classe 3 codent pour des molécules n’intervenant pas dans la présentation de l’antigène.

structure des molécules des complexes majeurs d\'histocompatibilité

Attention, il est important de préciser que les molécules du CMH de classe I et de classe II ne présentent que des peptides et donc des molécules de nature protéique ; certains polysaccharides peuvent tout de même être présentés.

L’interaction entre le peptide et le CMH est extrêmement peu spécifique, permettant aux molécules du CMH de présenter des milliers de peptides différents. Un peptide peut se fixer sur des molécules différentes, on parle de reconnaissance dégénérée.
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