De la linguistique générale à la linguistique cognitive








télécharger 100.14 Kb.
titreDe la linguistique générale à la linguistique cognitive
page2/7
date de publication31.03.2017
taille100.14 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5   6   7

Les grandes problématiques de la linguistique cognitive


Adopter une perspective cognitive en linguistique, c’est s’interroger sur l’ensemble des connaissances spécifiques que maîtrise l’esprit humain au travers de la faculté de langage, elle-même appréhendée à partir du système des langues ; et c’est se demander comment ces connaissances sont organisées pour pouvoir être acquises et mises en œuvre dans l’activité de langage. De là découle toute une série de questions, auxquelles des éléments de réponse différents seront apportés selon le type de paradigme épistémologique retenu (voir plus loin).
Un premier ordre de questions concerne la nature même des connaissances linguistiques constitutives de la faculté de langage : combien de types et de niveaux différents de connaissances (phonétiques, morphologiques, syntaxiques, sémantiques, …) sont-ils intériorisés dans l’esprit des sujets parlants ? la pragmatique (calcul de la référence, du sens non littéral, prise en compte du co-texte linguistique dans le calcul du sens, etc.) en fait-elle partie ? la syntaxe en constitue-t-elle le « noyau dur » ? toutes ces connaissances peuvent-elles à elles seules caractériser entièrement la faculté de langage ?, …
Un deuxième ordre de questions a trait à l’architecture fonctionnelle de ces connaissances  dans l’esprit et le cerveau humain (par opposition avec leur architecture structurale) : sous quelle forme sont-elles organisées ? s’il s’agit de « modules » (c’est-à-dire de sous-systèmes fonctionnellement et informationnellement spécialisés), ceux-ci sont-ils « encapsulés » (c’est-à-dire totalement autonomes) ou bien sont-ils interdépendants ?  et le langage lui-même constitue-t-il un module « périphérique » de simple entrée / sortie d’informations (comme les modules de perception, ou d’action motrice), totalement indépendant du système « central » (qui serait le siège de la pensée) ? par ailleurs, à quels types de calculs la maîtrise effective de ces connaissances correspond-elle, et comment ces diverses connaissances peuvent-elles être représentées, simulées ou émulées artificiellement ?, …

Un troisième ordre de questions touche à ce que l’on pourrait appeler « la dynamique du langage », qui engage à plusieurs titres la dimension de la variabilité linguistique. Derrière la diversité des langues, peut-on postuler l’existence d’universaux ou bien d’invariants interlangues ? subsidiairement, quelle est la marge des variations interlangues  et celles-ci ont-elles un quelconque impact cognitif ? S’agissant de l’évolution des systèmes linguistiques au cours du temps, quelle place faire à la diachronie dans une perspective cognitive ? et que peut-on dire de l’émergence de la faculté de langage au cours de l’évolution phylogénétique ? Enfin, au plan ontogénétique, la rapidité et la relative uniformité de l’apprentissage du langage par l’enfant s’expliquent-elles par la simple répétition ou imitation, ou par le fait que les connaissances linguistiques seraient constitutives de l’équipement biologique de l’espèce, ou bien encore pour d’autres raisons ? à l’inverse, comment ces connaissances peuvent-elles se dégrader accidentellement ou sous l'effet du vieillissement ?, …
Un quatrième ordre de questions est relatif aux liens entre le langage et d’autres facultés humaines, caractéristiques du fonctionnement symbolique de l’esprit (pensée, raisonnement, mémoire, …) : le langage est-il une condition nécessaire de la pensée ? les processus de traitement du langage sont-ils radicalement différents de ceux qui sont engagés dans d’autres activités cognitives, notamment dans la perception (vision, audition, …) ? quels rapports peut-il y avoir, par exemple, entre la compréhension du langage oral et la perception de la musique ? les émotions interfèrent-elles avec la faculté de langage ?, …
Ces grandes questions engagent, on le voit, la façon dont la linguistique s’articule aux autres disciplines des sciences cognitives travaillant sur le langage (psychologie, philosophie, neurosciences, intelligence artificielle, …), et la nature du paradigme épistémologique qu’elle partage avec celles-ci.
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

De la linguistique générale à la linguistique cognitive icon1. 1 La linguistique cognitive existe-t-elle ?

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconA mon avis nous courons vers un véritable Wall Street linguistique

De la linguistique générale à la linguistique cognitive icon404 la norme linguistique
«national» parce que la textualité confère à cet usage de la langue la légitimité qui lui fait défaut à l'oralité

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconÉ dition – Diffusion
«humaines» (histoire, géographie, linguistique, littérature, anthropologie, politique…) ou non (mathématiques, biologie, droit…),...

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconLa morphologie, étymologiquement est la branche de la linguistique...

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconThèse de science de l’éducation sous la direction de M. Jacques natanson...

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconI. fiche d’identite de la formation
«Linguistique, Analyse du Discours et Didactique») et le parcours mcc («Médiation Culturelle et Communication»). Dans le projet actuel,...

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconLa Sémiologie est une méthode d’analyse qui va être en priorité celle...
«Opus» se réfère à la création et la construction de ce fait musical, de sa facture. IL rajoute un autre niveau à cette étude, l’importance...

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconLes deux théories (la dissonance cognitive et l’influence minoritaire)
«Le tout est plus important que la somme des parties.» (Exemple : la disposition des sièges des députés à l’assemblée nationale peut...

De la linguistique générale à la linguistique cognitive iconChantal Rabourdin-Combe (Prof. Ucb; rabourdin@cervi-lyon inserm fr)
«recherche», au même dea de Différenciation – Génétique – Immunologie (dgi) puis à la même école doctorale pour les étudiants restant...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com